11.02.2010
Déclaration intersyndicale du 8 février 2010
Communiqué commun des organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, CGT, FSU, Solidaires et Unsa suite à la réunion intersyndicale du 8 février 2010
Elles constatent que la situation économique et sociale reste très dégradée et très préoccupante pour les salariés, les retraités, les chômeurs et les jeunes qui subissent encore durement les conséquences d’une crise qui s’installe dans la durée.
La situation de l’emploi s’aggrave : plus de 4 millions d’inscrits à Pôle Emploi, 1 million de chômeurs en fins de droit sont annoncés pour 2010.
Le secteur privé continue de subir des plans de suppressions d’emplois. Le gouvernement, au nom de la révision générale des politiques publiques, supprime des emplois au détriment des missions des services publics. La vie au travail se détériore pour les salariés du privé comme du public. Les travailleurs sans-papiers sont dans une situation de non-droit intolérable.
La protection sociale accuse un manque crucial de moyens. Cette situation sociale tendue, faite parfois de violence aux salariés, exige une réorientation des politiques publiques pour réduire les inégalités et renforcer les dispositifs solidaires. Elle nécessite que le patronat assume ses responsabilités sociales et change d’attitude.
Lors du sommet social le 15 février, les organisations syndicales exprimeront leurs exigences d’ouverture de vraies négociations sur ces sujets et d’un véritable dialogue social.
Elles réaffirment, comme elles l’ont déjà fait en 2009, que la sortie de crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, des salaires et pensions, une fiscalité plus juste, des politiques publiques en faveur d’une relance économique respectueuse des impératifs écologiques.
Concernant les retraites, elles exprimeront leur volonté que toutes les conditions soient créées pour un vrai débat. Nous sommes bien face à un choix de société. C’est notamment la question des solidarités intergénérationnelles qui est posée. Les organisations syndicales n’accepteront pas une mascarade de concertation. Elles ne se laisseront enfermer ni dans un calendrier ni dans un débat qui ne prendraient pas en compte l’ensemble des questions, notamment le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité.
Cette situation économique et sociale nécessite l’intervention convergente des salariés du public comme du privé, des retraités, des privés d’emplois, pour porter avec force leurs attentes et défendre leurs intérêts communs.
Les organisations syndicales conviennent de se revoir le 15 février pour analyser le contenu du sommet social et envisager les perspectives d’action et de mobilisation dès le mois de mars 2010.
Elles souhaitent parvenir à des constructions unitaires les plus larges possibles pour obtenir des résultats redonnant confiance et espoir au monde du travail.
06:35 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cfdt, intersyndicale, crise, protection sociale, retraites, emploi, chômage
01.02.2010
Soutien aux salariés d'Unicrédit en grève
J’ai passé la mâtinée de jeudi dernier avec les salariés de la société Unicrédit, une succursale française de la banque italienne Unicredito. Je tenais à leur apporter mon soutien ainsi que celui du syndicat CFDT des banques Ile de France alors qu’ils doivent faire face à la fermeture de leur entreprise. Leur activité consiste à encaisser des créances dans plusieurs pays européens au nom de plus de 1600 entreprises italiennes qui exportent dans le monde entier. Il s’avère que celle-ci est particulièrement rentable surtout du au grand professionnalisme des 28 salariés qui ont su bâtir au fil des ans une véritable expertise. Malgré cela, ils doivent subir les effets de plus en plus pervers de la mondialisation suite à la décision d’actionnaires basés en Allemagne de fermer les 3 sites français. Ultime paradoxe qui se transforme en injustice : les 3 succursales que comptait la banque italienne vont être fermés mais le même plan social ne serait pas appliqué partout, les salariés d’Unicrédit étant les dindons de la farce. Encore une fois, des salariés vont perdre leur emploi à cause des petits jeux d’un système qui consiste à toujours favoriser l’actionnaire et ainsi permettre de gagner davantage d’argent. Les salariés d’Unicrédit ont décidé de se rebiffer, de se battre et d’utiliser toutes les armes à leur disposition pour faire valoir leurs droits. Cela s’est notamment traduit par une manifestation devant la célèbre salle Pleyel lors d’un concert sponsorisé par la banque Unicredito qui a trouvé là l’occasion de dépenser des fonds alors qu’elle met au chômage des dizaines de personnes en France. Cela n’a pas malheureusement suffit et devant le refus de la direction d’accéder aux revendications des salariés, ces derniers ont saisit l’inspection du travail et se sont mis en grève à partir du 27 janvier dernier. Le soutien des pouvoirs publics est d’autant plus nécessaire que le mutisme de l’employeur s’accompagne de menaces envers les représentants du personnel ce qui attise les tensions.
La CFDT des banques Ile de France et la Fédération CFDT des Banques ont répondu à l’appel à l’aide des salariés d’Unicrédit majoritairement adhérents de la CFDT. Cela consiste à apporter un soutien logistique et juridique puis à relayer les messages auprès des médias.
C’est ainsi que je suis allé les rencontrer jeudi dernier pour les soutenir et discuter avec eux afin de voir plus précisément ce que le syndicat pouvait faire de plus. Hasard du calendrier, se déroulait en même temps les représentants du personnel rencontrait la direction en présence de l’inspectrice du travail. Comme je partais au moment où cette réunion se terminait, je n’ai pas pu prendre connaissance des résultats mais il semble que la situation n’ait pas évoluée.
La Fédération CFDT des Banques a diffusé un communiqué de presse (voir le texte ci-dessous) et nous suivons particulièrement ce dossier qui illustre bien les dérives d’un système ultralibéral.
Communiqué de presse de la Fédération CFDT des Banques
Les 28 salariés de la succursale française d’UniCredit ont voté ce jour, à l’unanimité, une grève de 24 heures reconductible. UniCredit, filiale du Groupe UniCredit, premier groupe bancaire italien, quatrième européen, a annoncé le 14 mai 2009 la fermeture de ses trois filiales françaises : UniCredit, HVB et Bank Pekao. Une centaine de salariés vont être licenciés. Tous ne sont pas traités de la même façon.
La CFDT Banques considère que les salariés d’UniCredit sont victimes d’une double injustice :
- La première vient de la fermeture d’UniCredit France, économiquement injustifiée. UniCredit est rentable en France, avec 0,78 million d’euros de résultat net après impôts en 2008 et 1,35 million de résultat net après impôts en 2009. Avec 1600 entreprises clientes, UniCredit France gère annuellement 5,5 milliards d’euros de flux d’encaissement. La CFDT est choquée de constater qu’un groupe bancaire qui affiche un profit net de 1,3 milliard d’euros sur les neuf premiers mois 2009 cherche à accroître sa rentabilité en détruisant une activité et des emplois qui participent au bon fonctionnement de l’économie européenne.
- La seconde repose sur le refus d’accorder au personnel d’UniCredit France des conditions de départ identiques à celles obtenues par les salariés d’HVB Paris. Ce traitement est discriminatoire pour des salariés qui appartiennent pourtant au même groupe.
La CFDT Banques s’élève en outre contre les menaces répétées subies par les délégués du personnel. Elle condamne les propos tenus par la direction d’UniCredit, dans plusieurs courriers d’intimidation envoyés en novembre et décembre. Face à cette situation bloquée, les salariés ont commencé une grève chez UniCredit. La CFDT Banques les soutient.
06:49 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : unicrédit, unicredito, banques, italie, cfdt, emploi, plan social, restructurations, grève
07.01.2010
Bonne année ! Les perspectives pour 2010
Après avoir fait le bilan de mes activités militantes pour 2009, passons à la nouvelle et ce qui m’attend alors que la crise est toujours présente.
Sur le plan politique, les échéances les plus importantes seront bien sûr les élections régionales du 14 et 21 mars. Seul scrutin avant les présidentielles et les législatives de 2012, elles seront l’occasion d’évaluer les forces politiques en présence et notamment les écarts entre la gauche et la droite. Est-ce-que la gauche conservera les 20 régions (sur 22) gagnées en 2004 ? Est-ce-que la droite va parnir à faire démentir les sondages qui affichent régulièrement un taux de popularité pour Nicolas Sarkozy très bas.
L’une des attractions de ces élections sera la bataille en Ile de France, la 1ère région en terme de poids économique et démographique. Elle opposera plusieurs personnalités comme Jean-Paul Huchon, président socialiste sortant du Conseil Régional, Valérie Pecresse, ministre UMP de la Recherche, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts et tête de liste pour Europe Ecologie. Les enjeux sont nombreux : le choix de V.Pécresse indique la très forte volonté de Nicolas Sarkozy de « nationaliser » un scrutin local au risque de constituer un échec personnel en cas de mauvais résultats. Jean-Paul Huchon n’incarne pas une démarche de renouvellement en se présentant pour un 3ème mandat et doit également tenir compte d’un PS affaibli pas ses querelles internes qui lassent de plus en plus. Quant à Cécile Duflot, elle peut bénéficier de la dynamique d’Europe Ecologie dont les bons scores ont marqué les dernières élections européennes. Pour ces régionales, le même processus de rassemblement a été enclenché et se traduit par des candidatures non seulement des Verts mais aussi du monde associatif comme Augustin Legrand, Emmanuelle Cosse, Pierre Larroutourou.
Il s’agira également de proposer un véritable projet pour l’Ile de France axé sur des politiques plus volontaristes concernant l’environnement, la justice sociale, les transports, le logement etc.
Le 1er rendez-vous a été fixé au 16 janvier avec le meeting de lancement de campagne qui aura lieu à l’Espace Paris Est de Montreuil à partir de 14h30.
De mon côté, comme à chaque élection, je vais m’engager dans la campagne surtout à Paris et dans le 17ème arrondissement avec la volonté de faire aussi bien aux européennes 2009.
Autre échéance politique : l’assemblée générale des Verts Paris en novembre au cours de laquelle les adhérents auront à définir de nouvelles orientations et élire un nouvel exécutif. Cela me concerne d’autant plus que je suis membre de l’actuel secrétariat exécutif chargé de la communication. J’espère pouvoir présenté un bilan positif.
Après la politique, évoquons le domaine syndical et là aussi, 2010 sera une année aussi chargée que 2009.
Les sujets de négociation chez Cortal Consors sont nombreux et va nécessiter la mise en place, comme l’année dernière, d’un véritable agenda social afin de prioriser les sujets grâce à un planning. La liste est longue :
- Négociations salariales : elles ont lieu traditionnellement en janvier et risquent d’être aussi difficiles qu’en 2009. Même si les résultats de l’entreprise se sont améliorés au cours du dernier trimestre 2009, la direction sera sans doute réticente à accorder des mesures collectives significatives. La CFDT va insister sur la nécessité de reconnaître l’investissement des salariés dans un contexte difficile marqué par la crise et les restructurations.
- Renouvellement de l’accord d’intéressement : conformément à la législation, l’accord arrive à échéance en juin prochain. Par conséquent, les partenaires sociaux auront à discuter de son renouvellement en renégociant la formule de calcul et les modalités de répartition sachant que la direction se base sur une enveloppe globale. Comme cela concerne les rémunérations, les discussions seront aussi délicates que pour les salaires.
- Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences : Une loi oblige les entreprises à négocier tous les 3 ans un dispositif de GPEC destiné à anticiper les impacts sur l’emploi de la stratégie de l’employeur et d’éventuelles mutations. Cortal Consors a pris beaucoup de retard et n’a toujours pas négocié un accord de ce type. L’année dernière fut l’occasion d’aborder ce sujet à travers une session de formation de l’ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) à l’initiative de la CFDT.
Ces 3 négociations auront lieu essentiellement au cours du 1er semestre 2010 avec en plus, le suivi des restructurations enclenchées en 2009, les suites de l’expertise sur les risques psychosociaux qui elle va se dérouler sur le 1er trimestre.
Mon implication dans les structures de la CFDT va continuer mais celle-ci a de fortes chances d’évoluer radicalement en fonction de récentes opportunités. J’y reviendrai ultérieurement.
L’évènement le plus important sera certainement le 47ème congrès confédéral, c'est-à-dire le congrès national de la CFDT, qui se tiendra à Tours début juin. Ce sera un moment fort pour l’ensemble de l’organisation puisqu’il décidera des orientations pour les 4 ans à venir et de l’équipe qui devra les mettre en œuvre. Petite précision : ce congrès est organisé de façon à dégager une empreinte écologique la plus faible possible. Cette démarche démontre bien la volonté de la CFDT de mettre les questions environnementales au cœur de son fonctionnement et de ses pratiques syndicales.
En conclusion, une année 2010 qui s’annonce intéressante
06:59 Publié dans Militantisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe ecologie, ile de france, élections régionales, verts paris, cortal consors, négociations, dialogue social, cfdt, congrès, rémunérations
03.01.2010
Bonne année ! Mon bilan 2009
Je profite de ces premiers jours de 2010 pour transmettre mes meilleurs vœux à celles et è ceux qui s’aventurent sur mon blog. L’occasion à la fois de faire le traditionnel bilan de l’année écoulée.
L’activité syndicale en 2009 fut dense notamment à cause de la crise économique qui a débuté en août 2007 mais qui a connu une accélération en septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers. 2009 a donc été l’occasion de vivre les conséquences de cette crise avec les problèmes d’emploi liés aux multiples restructurations.
L’actualité sociale de Cortal Consors en 2009 fut dominée, à l’instar de beaucoup de sociétés, par les impacts de la crise qui ont fait chuter les résultats. Ce processus a alourdit le climat social à cause des nombreuses restructurations censées améliorer les finances de l’entreprise grâce à des économies de coûts. En tout cas, jamais Cortal Consors n’avait connu un tel nombre de réorganisations dans un délai aussi court : externalisation du service Back-Office Titres, d’une partie de la Comptabilité, de l’activité des apporteurs d’affaires Cardif (une autre filiale de BNP-Paribas), fermeture de plus de la moitié des agences, rapprochement des services après-ventes de la clientèle directe et du Partenariat. Alors que les représentants du personnel n’ont pas été écoutés lors des phases de consultations, l’inquiétude est aujourd’hui grande au sein des salariés qui s’interrogent sur l’avenir de leur entreprise. La stratégie déclinée par la direction ne parait pas répondre à ces préoccupations.
Autre sujet très sensible, la dégradation des conditions de travail liée à des baisses d’effectif, effectifs qui ne sont plus (l’ont-ils été vraiment avant ?) adaptés aux charges de travail. Cela s’accompagne d’un grave problème de management mettant en cause des responsables hiérarchiques qui mettent la pression pour mener à bien les objectifs. L’augmentation du stress qui en résulte a décidé le CHSCT à agir avec plus de fermeté en mandatant une expertise sur les risques psychosociaux au sein de 2 équipes informatiques. L’expert désigné, le cabinet Arete, va commencer à interviewer les personnes tirées au sort la semaine prochaine.
Une autre facette du dialogue social concerne les négociations collectives dont le bilan est mitigé. Les discussions sur les salaires, menées en début d’année, furent le théâtre de débats vifs avec la direction. Celle-ci invoquait les mauvais résultats financiers et la baisse de l’inflation (comme par hasard !) pour lâcher un minimum. Un accord fut finalement signé par la seule CFTC qui a préféré quitter l’intersyndicale faisant ainsi le jeu de la direction. L’accord, jugé insuffisant par la CFDT et le SNB-CGC, octroyait une augmentation de 500 € pour tout le monde.
Les autres négociations ont débouché sur la signature d’un accord sur l’insertion des personnes handicapées. Même si elle le juge insuffisant, la CFDT l’a néanmoins signé car il a le mérite d’exister et qu’il doit être possible de l’améliorer.
Dernier sujet abordé en 2009, l’emploi des seniors, ceci à cause d’une mesure gouvernementale qui oblige les entreprises à mettre en place un dispositif en faveur des seniors au 1er janvier 2010 sous peine de s’acquitter une taxe. Alors que nous avions prévu d’intégrer le sujet dans la Gestion Prévisionnel des Emplois et des Compétences (GPEC), l’oukase des pouvoirs publics nous a obligés çà traiter ce sujet à part. Contrairement à d’autres négociations, les discussions furent plus ouvertes et le projet de texte est plutôt intéressant. Le problème vient de la prime prévue pour le tutorat et dont le calcul reste encore à clarifier mais j’aurai l’occasion d’y revenir. Dénouement courant janvier.
La grosse déception de 2009 provient du résultat des élections pour le Comité d’Entreprise et les Délégués du Personnel qui ont eu lieu en mars dernier. Pour la 1ère fois, nous avons utilisé internet afin de faciliter les opérations et de faire en sorte que le scrutin dure plus longtemps. Il s’avère que ces nouvelles modalités de vote n’ont pas modifié le comportement des électeurs qui se sont surtout déplacés le dernier jour. La CFDT a malheureusement fait un mauvais score passant de 33 % (score de 2006) à 21 % même si, en fonction des nouvelles règles, nous furent reconnus comme étant représentatifs. Ces mauvais résultats sont dus principalement à un manque de diversité de nos candidatures et aux pratiques clientélistes de la CFTC qui a mis en place de nouvelles prestations dans le cadre des activités sociales et culturelles. Malgré nos efforts pour améliorer notre communication et pour défendre les droits des salariés, il nous reste beaucoup à faire sur le terrain pour renverser la tendance. Rendez-vous en mars 2013 pour les prochaines élections.
Mon activité fut aussi dense en dehors de Cortal Consors avec la participation aux nombreuses manifestations organisées au cours du 1er semestre par l’intersyndicale. L’objectif était d’obtenir de la part du gouvernement et du patronat des mesures concrètes destinées à combattre efficacement les effets destructeurs de la crise. Pour la CFDT, la priorité était de mettre en place de nouvelles garanties collectives leur permettant de faire face aux nouveaux enjeux : amélioration de l’assurance-chômage pour les plus précaires, du chômage partiel pour éviter aux salariés les plus touchés de se retrouver au Pôle Emploi, mise en place du FISO pour favoriser la formation professionnelle etc.
J’ai également continué à animer des stages de formation pour l’IREFE, l’institut de formation de la CFDT Ile de France. C’est une activité très importante car elle me fait rencontrer des militants venant d’horizons différents : c’est très enrichissant. De plus, travailler avec l’équipe de l’IREFE est un véritable plaisir (n’y voyez là aucune flagornerie). Grande nouveauté en 2009, j’ai commencé à assurer la séquence « histoire de syndicalisme » au sein du module de base qui fait découvrir la CFDT aux nouveaux militants. Je me suis à chaque fois « éclaté » en renouant avec ma passion pour l’histoire et en essayant de faire constamment le lien avec le paysage syndical actuel. Cela permet de constater que celui-ci est le fruit de mouvements en lien avec l’histoire politique de la France et donc quelque peu obsolète. Est-ce-que les nouvelles règles de représentativité sont déclencher une réelle recomposition ? La suite au prochain épisode.
2009 fut également l’occasion de travailler à renforcer la cohésion du Bureau Syndical, l’organe politique décisionnel de mon syndicat, deux ans après avoir été élu par le dernier congrès. Les congrès, parlons en justement puisque j’ai participé à ceux de la CFDT Ile de France et de la fédération CFDT des Banques. Je retiendrai du 1er le lien important des orientations politiques avec les questions environnementales et du 2ème l’officialisation des structures de groupe au sein de la fédération même si ce fut chaotique et à vraiment améliorer.
Côté politique, le grand évènement de l’année dernière fut bien sûr les élections européennes et le très bon résultat du rassemblement des écologistes Europe Ecologie que j’ai soutenu. C’est ainsi que par exemple, dans le 17ème arrondissement de Paris où j’habite, Europe Ecologie a obtenu près de 21 % des voix, loin d’un PS resté scotché à 11 %. Le succès des écologistes a permis de mettre en avant un projet politique novateur qui a séduit, malgré le fort taux d’abstention, un grand nombre d’électeurs très sensibles aux sujets écolos et particulièrement déçus par un PS englué dans ses querelles internes. Ce succès permet de donner des bases solides pour l’écologie politique qui va continuer pour les élections régionales.
S’agissant d’écologie, difficile de ne pas parler de l’échec du sommet de Copenhague et de l’incapacité de la communauté internationale à trouver un accord pour lutter contre le réchauffement climatique. Pourtant porté par une médiatisation sans précédent, à l’image de la prise de conscience écologique, les pays les plus concernés, (USA, Chine, Union Européenne etc) ont préféré privilégier leur opinion publique plutôt que de trouver un consensus permettant de combattre l’irréparable.Tous les observateurs indépendants (ONG, syndicats, scientifiques) ont surtout fustigé Barack Obama dont le blocage était très loin de ses déclarations préalables. Nous sommes très loin des espoirs que son élection avait fait naître dans le monde entier. La Chine, devenu le 1er pays pollueur de la planète, a de son côté fait preuve de son habituel nationalisme en refusant toute mesure contraignante accompagné de contrôles extérieurs.
Un mot de mon activité en tant que membre du secrétariat exécutif des Verts Paris chargé de la communication. Devant la nécessité de revoir en totalité notre architecture internet, j’ai mis en place un groupe de travail réunissant des militants désireux de participer à la création de nouveaux sites web pour les Verts Paris et les sections d’arrondissement. Nous avons ensuite fait appel à un prestataire professionnel qui a su traduire parfaitement nos orientations surtout basées sur la mutualisation et la mise en réseau des compétences. Le résultat est vraiment sympa : http://paris.lesverts.fr/
2009 a donc été une année particulièrement chargée avec des hauts et bas mais finalement enrichissante. Comme beaucoup, je me demande ce que réservera 2010 et la nouvelle décade. Vous le saurez en lisant mon prochain billet.
13:30 Publié dans Militantisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cfdt, cortal consors, restructurations, crise, ile de france, fédération banques, congrès, formation, irefe, conditions de travail, les verts, europe ecologie, réchauffement climatique
22.12.2009
Trouver ensemble des solutions à la crise économique, sociale et écologique
Communiqué de presse de la CFDT et de France Nature Environnement


A l’heure où le changement de modèle de développement et la lutte contre le réchauffement climatique sont dans tous les esprits, France Nature Environnement (FNE) et la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT) décident de travailler ensemble afin de construire un discours cohérent et fort sur le plan économique, social et environnemental.
09:55 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cfdt, france nature environnement, écologie, crise
07.10.2009
Agenda-Journée pour le travail décent-mercredi 7 octobre 2009
A l’appel de la confédération syndicale internationale (CES), les Organisations syndicales franciliennes (CFDT, CGT, CGC, UNSA, FSU, Solidaires) ont décidé d’un rassemblement devant le siège du MEDEF.
Ce rassemblement se tient dans le cadre de la journée mondiale du 7 octobre pour le travail décent décidée par la CES. Le contexte de crise impacte tout particulièrement les pays et les populations les plus pauvres. Sur notre territoire francilien, il touche aussi bon nombre de bassins d’emplois et de salariés dans leur emploi, dans leurs conditions de vie au travail, dans leurs droits, dans leur famille.Cette journée est importante et doit montrer un mouvement syndical international en capacité de faire pression, partout dans le monde, et à commencer par notre région, pour des mesures favorisant le respect des droits fondamentaux au travail, une croissance économique soutenable, des réformes financières efficaces, la justice sociale et le développement.
Appel des organisations syndicales d'Ile de France CFDT-CFE/CGC-CGT-FSU-Solidaires-UNSA
ENSEMBLE EN ILE DE FRANCE COMME PARTOUT DANS LE MONDE POUR LE TRAVAIL DECENT
Participez massivement au rassemblement unitaire à Paris devant le siège du MEDEF
Mercredi 7 octobre 2009 de 15h30 à 17h30
55 avenue Bosquet-75007 Paris-métro Ecole Militaire
organisations syndicales d’Ile-de-France
Face à l’ampleur de la crise, le patronat et le gouvernement n’apportent pas les réponses économiques et sociales à la hauteur des attentes des salariés, notamment en ce qui concerne l’emploi, la formation tout au long de la vie, la lutte contre le chômage et la précarité et la défense des demandeurs d’emploi.
Les mesures prises au coeur de l’été sur le travail du dimanche sont un exemple caricatural des dispositions inefficaces sur le plan de l’emploi, injustes pour les salariés. La véritable raison d’une telle loi a pour but de précariser davantage les salariés et de les fragiliser face au patronat… Des avantages sont accordés aux entreprises sans aucune contrepartie aux salariés et sont coûteux sur le plan fiscal alors que les déficits publics se creusent.
Les grandes mobilisations du premier semestre 2009 ont montré la volonté des salariés, du public et du privé, des retraités, des chômeurs et des étudiants, de ne pas se résigner à payer les conséquences d’une crise dont ils ne sont pas responsables.
Le 7 octobre devient, à l’initiative de la CSI et relayée par la CES, une date majeure de solidarité et de mobilisation des travailleurs du monde entier. Déjà, l’an dernier des centaines de rassemblements, de manifestations partout dans le monde ont mobilisé des centaines de milliers de travailleurs.
Le rassemblement devant le siège du Medef permettra aux salariés franciliens d’apporter leurs témoignages et d’exprimer leurs revendications sur la qualité de vie au travail, le respect, les salaires et aussi leur solidarité avec les salariés des autres pays.
Il doit être une nouvelle occasion de porter ces revendications dans le contexte de crise économique avec les conséquences sociales graves que vivent les franciliens dans leur emploi, leur revenu (salaire, retraites, chômage…), leur protection sociale.
organisations syndicales d’Ile-de-France
organisations syndicales d’Ile-de-France
07:10 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, conditions de travail, salaires, emploi, intersyndicale, medef, cfdt, ces
22.09.2009
Stop aux paradis fiscaux
Stop paradis fiscaux : c’est le nom de la campagne de mobilisation citoyenne contre les paradis fiscaux, lancée le 21 septembre au siège de la CFDT, à Paris. Dix organisations sont à l’origine de cet appel qui repose sur dix propositions ; un appel à signer au plus vite.
On compte aujourd’hui 72 paradis fiscaux dans le monde, un nombre multiplié par trois en trente ans : ils abritent 11 000 milliards de dollars, cinq fois le PNB de la France. Selon une enquête du magazine Alternatives Économiques, toutes les entreprises et banques françaises du CAC40 auraient des filiales dans les paradis fiscaux ; parmi elles, BNP Paribas en compterait 189, auxquels s’ajoutent désormais celles de Fortis qui en possèderait 300. En France, la fraude fiscale coûterait trois fois le déficit de la Sécurité sociale, et les paradis fiscaux y participent grandement. Base-arrière pour le blanchissement d’argent sale de trafiquants et dictateurs, ces « paradis » menacent la paix et la démocratie dans le monde.
Établir des listes de suffit pas
Le traitement du problème proposé au G20 d’avril 2009 est insuffisant. Trois listes ont été dressées par l’OCDE, noire, grise et blanche. Elles classent les pays non coopératifs en fonction des conventions fiscales passées entre les États : passer douze conventions de coopération suffit pour se trouver sur la liste blanche. Le secret bancaire reste bien gardé et la concurrence fiscale demeure avec ses effets pervers. Quant aux sanctions, elles ne sont encore qu’évoquées…
La CFDT Banques en tête de pont
Dans le secteur bancaire, la CFDT Banques est à l’origine d’une action intersyndicale menée avec la CGT, la CFTC, FO et le SNB : leurs militants siégeant dans les comités d’entreprise des banques françaises ont demandé un état des lieux précis de leurs implantations dans les paradis fiscaux. Les banques sont aussi appelées à cesser toute communication incitant à l’évasion fiscale et à dresser un calendrier de désengagement des paradis fiscaux. Si les banques ne coopèrent pas, l’appel à des experts indépendants est prévu. Leurs réponses sont encore rares. La mobilisation de tous est donc nécessaire.
Tous mobilisés
Alors qu’un nouveau G20 s’ouvre cette semaine, dix organisations* appellent donc tous les citoyens, consommateurs, militants syndicaux, élus locaux, dirigeants d’entreprise, à agir pour plus de transparence et pour la suppression des paradis fiscaux. La mobilisation doit être totale : alors rendez-vous sur le site http://www.stopparadisfiscaux.fr pour vous informer sur les paradis fiscaux, connaître les dix propositions détaillées et pour signer l’appel « Stop paradis fiscaux ». Ensuite, faites suivre l’appel sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook, ou par le biais de votre messagerie électronique.
* ces organisations sont la CFDT, la CGT, Solidaires, le SNUI, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement-Terre Solidaire, Oxfam France-Agir ici, Attac et la Plateforme paradis fiscaux et judiciaires.
Article paru sur le site internet de la Fédération CFDT des Banques
07:49 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paradis fiscaux, mondialisation, finance, fiscalité, cfdt, banques
11.09.2009
Les vacances sont (bien) finies !
On dit souvent que les meilleures choses ont une fin. Voilà une affirmation que j'ai pu vérifier cette semaine puisque j'ai repris le travail lundi dernier après 3 semaines de congés dont 15 jours passés en Grèce. Encore une fois, je n'ai pas fait dans l'originalité en passant mes vacances d'été dans la patrie d'Aristote, de Mélina Mercouri et de Zorba. Il est vrai que je suis devenu un amoureux de la Grèce étant donné que c'était mon 5ème séjour en 6 ans. Après les Cyclades, l'île de Rhodes et 2 fois la Crête, j'ai pris cette année la direction de la Grèce continentale en faisant le choix du Péloponnèse, plus précisément la partie est de cette région : l'Argolide. Cette région présente tous les avantages de la Grèce avec la mer à proximité, d''importants sites archéologiques comme la cité de Mycènes ou le théatre d'Epidavros ainsi que des villages typiques. J'ai séjourné dans 3 lieux différents : la ville de Nauplies avec ses vieux quartiers d'inspiration vénitienne, la charmante station balnéaire d'Archea Epidavros et l'insolite île d'Hydra qui a interdit tout véhicule à moteur hormis le camion des poubelles. J'ai particulièrement apprécié Hydra dont le village éponyme fait beaucoup penser à St Tropez à cause notamment des nombreux yachts luxueux qui mouillent dans son port. Il y aurait beaucoup à dire que cette petite île qui ayant bannit les voitures et autres scooters, assure le ravitaillement de ses habitants par des ânes qui n'ont pas la vie facile. A noter que l'île tient son nom du fait qu'elle possédait un réseau importants de rivières et de cours d'eau aujourd'hui complètement disparu et qui l'oblige à importer l'eau par bateau citerne. En tout cas, dans mon palmarès personnel des plus beaux sites grecs, Hydra arrive en 2ème position derrière Santorin. Cela me donne envie d'y retourner.
Les vacances sont malheureusement de l'histoire ancienne alors que j'ai repris non seulement le boulot mais aussi les réunions qui se succèdent à un rythme infernal : la rentrée est bien là et il faut s'y remettre. L'actualité syndicale est particulièrement chargée et mon agenda se remplit à vu d'oeil. Jugez plutôt :
- mardi 8 : réunion du Bureau Syndical du syndicat CFDT des banques Ile de France
- mercredi 9 : réunion le matin de la section syndicale CFDT de Cortal Consors et réunion l'après-midi à l'IREFE afin de préparer le module de formation sur le rôle du délégué syndical que je vais co-animer la semain prochaine
- jeudi 10 : séminaire sur le projet SECAPP piloté par la CFDT Ile de France qui consiste à sensibiliser les équipes syndicales sur la sécurisation des parcours professionnels, un sujet majeur pour la CFDT. Il est aussi prévu de mettre en place des services permettant de mener des actions syndicales dans ce domaine
- vendredi 11 : réunion de négociation le matin chez Cortal Consors sur l'insertion et le maintien dans l'emploi des personnes handicapées
- du mardi 15 au jeudi 17 : co-animation de la formation IREFE sur le rôle et les missions du délégué syndical
- vendredi 18 : réunion le matin dans les locaux de la CFDT Ile de France pour débattre sur l'offre de formation de l'IREFE pour l'année 2010
- jeudi 24 : réunion le matin du secrétariat exécutif du syndicat CFDT des banques Ile de France et réunion l'après-midi du Comité d'Entreprise de Cortal Consors
Je devrai ajouter à cette longue liste une réunion du CHCST mais je connais pas encore la date. Cela me permet de faire un point sur la situation de Cortal Consors qui connait une année 2009 difficile du fait de la crise économique actuelle. Comme dans d'autres entreprises, cette situation a des conséquences dans le domaine social avec de nombreuses restructurations anciennes ou nouvelles comme un plan de fermeture touchant 5 agences sur 9, la réorganisation des services de middle office de la clientèle directe et du partenariat, l'externalisation du back office titres. Nous sommes également particulièrement inquiets par rapport à la dégradation des conditions de travail notamment au sein de l'Informatique qui doit faire face à une surcharge de travail et à un management incompétent. En matière de négociations, nous allons nous pencher à partir du mois d'octobre sur le compliqué dossier de la Gestion Prévisionnelle de l'Emploi et des Compétences, la fameuse GPEC. Bref, je n'aurai pas le temps de m'ennuyer.
Ce billet de rentrée ne parle que de mon activité syndicale mais pour être vraiment complet, je devrais évoquer aussi mon activité politique chez les Verts. Etant en Grèce, je n'ai pas pu assister aux traditionnelles journées d'été qui cette année se sont tenues à Nîmes mais j'ai pu prendre connaissance via la presse des échos favorables. Les Verts sont entrés dans la phase des élections régionales de mars 2010 avec la mise en place de groupes de travail sur le futur programme et la désignation des candidatEs. Devant le succès d'Europe Ecologie lors des élections européennes, il a été logiquement décidé de renouveler l'expérience pour les régionales avec l'ouverture de nos listes à des personnalités non adhérentes. Etant membre du secrétariat exécutif des Verts Paris, je suis particulièrement le processus pour l'Ile de France.
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23.07.2009
L'Histoire pour mieux comprendre le syndicalisme (2)
2ème partie du billet du 22 juillet 2009
- le syndicalisme français a toujours plus ou moins revendiqué son indépendance vis-à-vis des partis politiques. La CGT s’est ainsi toujours méfié des, ou du selon la période, partis socialistes car il considérait la seule capable de mener à bien l’émancipation totale de la classe ouvrière. La célèbre charte d’Amiens de 1906 illustre parfaitement cette défiance. A sa création en 1895, la CGT réunissait plusieurs tendances en son sein : les réformistes, les tenants du marxisme et les anarchistes.
Son apolitisme revendiqué ne l’a pas empêchée de connaître les mêmes débats idéologiques que le parti socialiste de l’époque et d’en subir les mêmes conséquences. C’est ainsi que les différentes scissions de la CGT correspondent aux évolutions de la situation politique et
- création de la CGTU d’obédience communiste en 1921 après le congrès de Tours qui fut l’acte de naissance du parti communiste
- création de la CGT-SR en 1925 par les anarcho-syndicalistes qui refusaient les pratiques des réformistes et la mainmise du PCF
- création de la CGT-FO en 1948 en pleine guerre froide par l’aile réformiste de la CGT qui ne supportaient plus de voir cette dernière sous la coupe du PCF.
- La même année, la FEN (Fédération de l’Enseignement Général) préfère quitter la CGT pour ne pas avoir à choisir entre les 2 camps
- le syndicalisme français a du toujours composer avec l’Etat. Voilà un élément qui a toujours caractérisé l’histoire du mouvement ouvrier depuis la création des syndicats. Il faut remonter à 1791 avec l’adoption de la loi Le Chapelier pour comprendre que les syndicats n’allaient pas avoir la partie facile avec l’Etat. En effet, cette loi interdisait la constitution d’associations professionnelles destinées à défendre les intérêts des salariés. Par ce texte, les révolutionnaires ont voulu marquer dans le marbre la toute puissance de la Nation seule capable de s’occuper des citoyens.
A partir de ce moment, les syndicats ont du attendre le bon vouloir étatique pour faire avancer les droits sociaux comme la reconnaissance officielle du syndicalisme en 1884 (1824 pour l’Angleterre et 1869 pour l’Allemagne !). Les grandes négociations sociales de 1936 et 1968 ont été menées sous l’égide du pouvoir politique. Les partenaires sociaux qui se sont mis à gérer la protection sociale après la 2ème guerre mondiale devaient tenir compte de la délégation donnée par l’Etat. L’élaboration des normes sociales passe obligatoirement par le Parlement et les lois après que syndicats et patronat se soient mis d’accord.
L’histoire du syndicalisme permet aussi de s’interroger sur l’avenir de ce même syndicalisme et de se demander si certains éléments historiques sont toujours d’actualité.
- Est-ce que la CGT va continuer son évolution réformiste ou perpétuer son syndicalisme protestataire ?
- Le maintien de FO qui fut créé par anticommunisme au début de la guerre froide est-il toujours d’actualité ?
- Même question pour la CFTC qui est l’héritière d’un syndicalisme chrétien anachronique surtout que l’église ne remet plus en cause la laïcité.
- Le syndicalisme de transformation sociale prôné par la CFDT depuis la fin des années 70 va-t-il se développer ? Un enjeu essentiel quand on connaît l’extrême frilosité du patronat et le fait que l’Etat laisse peu d’espace aux corps intermédiaires. En tout cas, moi, je l’espère.
- La FSU va-t-elle réintégrer le syndicalisme confédéré afin d’éviter d’éventuelles dérives corporatistes ? Par comparaison, le SGEN (Syndicat Général de l’Education Nationale) n’a jamais quitté la CFTC puis la CFDT.
- L’UNSA a-t-elle les moyens de concurrencer les grandes centrales ou ne doit-elle pas rejoindre un pôle réformiste à construire ?
- Les syndicats SUD vont-ils remplacer la CGT sur une stratégie syndicale de contestation radicale ?
- Le syndicalisme catégoriel de la CGC est-il justifié alors que les cadres aspirent à être considérés comme des salariés comme les autres.
-Les nouvelles règles de représentativité signifient-elles la mort annoncée des syndicats plus faibles, voire des syndicats d’entreprise autonomes ?
- Est-ce que les syndicats dans leur ensemble vont pouvoir enrayer la baisse du taux d’adhésion ?
Certaines questions ont trait à une éventuelle recomposition du paysage syndical que pourrait initier la nouvelle loi sur la représentativité. D’autres concernent plus une nécessaire refondation des pratiques syndicales. La CFDT a déjà entamé un débat interne sur ces sujets avec la diffusion du rapport « Le syndicalisme à un tournant…Osons le changement » qui va durer au moins jusqu’au prochain congrès confédéral de juin 2010 (qui aura lieu à Tours, aucun rapport bien sûr avec un autre congrès célèbre qui s’est tenu dans la même ville en 1920).
J’aurai l’occasion d’en reparler. En attendant, rendez-vous le 23 septembre pour ma 1ère intervention sur l’histoire du syndicalisme.
06:46 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, syndicats, mouvement ouvrier, cgt, cfdt, fo, cftc, fen, cgc, mai 68
22.07.2009
L'Histoire pour mieux comprendre le syndicalisme (1)
En plus d’être animateur pour l’IREFE, l’institut de formation de la CFDT, j’ai intégré l’année dernière un petit groupe de militant volontaires pour animer la séquence histoire prévue dans certaines formations. Il s’agit du stage d’initiation à la CFDT au cours duquel les stagiaires font connaissance avec les origines et les évolutions du syndicalisme ouvrier. L’autre module concerné porte sur le rôle du délégué syndical mais la séquence est plus axée sur l’histoire de la CFDT.
J’ai répondu favorablement à l’appel de l’IREFE car j’ai toujours aimé l’histoire même si aujourd’hui cette passion s’est quelque peu estompée ou bien consacré spécifiquement à la politique et bien sûr au syndicalisme.
Cela remonte en fait à l’époque où j’habitais avec mes parents juste à côté de l’école primaire de mon petit village du Gers. Il m’arrivait de jouer dans les classes qui n’étaient pas fermées à clé ou de lire surtout les manuels d’histoire dont les images me fascinaient. C’est ainsi que je me suis progressivement mis à adorer l’histoire au point d’en faire ma matière préférée tout au long de mon parcours scolaire. J’étais tellement un « fondu » qu’il m’est arrivé de corriger mon professeur d’histoire en 5ème qui s’était trompée de roi d’Angleterre au moment de la guerre de cent ans. En 4ème, le prof devait m’interdire de répondre à ses questions afin de permettre aux autres élèves d’intervenir. C’était l’époque où comme Alain Decaux ou Jacques Castelot, je voulais devenir historien jusqu’au jour où j’ai abandonné l’idée car je ne voulais pas devenir enseignant comme mes parents.
Après m’être beaucoup intéressé à l’époque napoléonienne, je me suis tourné vers le 19ème siècle, une période fort intéressante qui a vu la naissance de notre société moderne.
Pas étonnant donc que je me sois lancé dans l’histoire du syndicalisme français. Ce n’est pas uniquement par amour pour le côté purement historique mais aussi afin de mieux comprendre le paysage syndical et les relations sociales que nous connaissons aujourd’hui. Il est ensuite très intéressant de faire des comparaisons avec nos voisins européens marqués par une culture et des pratiques différentes.
En attendant de pouvoir enfin faire ma 1ère intervention, normalement prévue en septembre, je lis tous ce que je peux trouver sur le sujet.
A mes yeux, les plus importantes caractéristiques qui ont accompagnées notre syndicalisme sont au nombre de 4.
- le syndicalisme français a toujours eu des relations conflictuelles avec le patronat. D’un côté, le patronat qui n’avait que la répression pour répondre aux aspirations du mouvement ouvrier. De l’autre côté, un syndicat majoritaire, la CGT, d’obédience révolutionnaire qui ne veut pas faire confiance, et on le comprend, aux employeurs. Il n’est donc pas étonnant que les progrès sociaux les plus significatifs aient été réalisés suite à de grands conflits sociaux comme en 1936 et en 1968. A noter que la 2ème guerre mondiale fut également un facteur important d’avancées sociales avec notamment la mise en œuvre du programme du Conseil National de la Résistance. Aujourd’hui, malgré des progrès, les négociations interprofessionnelles sont difficiles à cause d’un patronat peu désireux de lâcher du lest et d’une CGT encore sur le mode protestataire.
- Le syndicalisme français n’a jamais été un mouvement de masse comme dans les pays scandinaves, même si à la fin de la 2ème guerre mondiale, la CGT a bénéficié d’une forte augmentation de son nombre d’adhérents liée à la très bonne image du parti communiste. Les historiens ont annoncé un certain nombre d’explications mais la plus intéressante, à mon avis, concerne les relations entre les syndicats et le mutualisme. En effet, contrairement aux syndicats belges et anglo-saxons, les syndicats français ont refusé par idéologie de se consacrer à la gestion des institutions de protection sociale au moment où celles-ci se sont développées. Par conséquent, la CGT, hégémonique à cette époque s’est privée d’un outil de syndicalisation qui fait aujourd’hui la force de nos voisins. Les possibilités étaient pourtant à sa portée avec notamment les bourses du travail créées par Fernand Pelloutier, grande figure du syndicalisme anarchiste. Celles-ci avaient pour objectif initial d’aider les salariés privés de travail de retrouver un emploi sur une ville en particulier. Les syndicats pouvaient ainsi chercher à se substituer à un Etat peu soucieux d’offrir des garanties à une classe ouvrière qui lui était opposée. Les bourses du travail ont décidé d’intégrer la CGT au moment de sa création par soucis d’unité. Il n’est donc pas étonnant aujourd’hui de voir la CFDT entamer une réflexion sur la notion de services aux adhérents afin de rendre son syndicalisme plus attractif et plus utile.
A jeudi prochain pour la 2ème partie de ce billet
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