25.06.2008
Les salariés aspirent à une simplification du paysage syndical
Article paru sur le site internet des Echos
En plein conflit sur les 35 heures, François Fillon, Bernard Thibault et François Chérèque confrontent leurs points de vue aujourd'hui, lors d'un colloque sur le dialogue social. Pour 79 % des salariés, l'idéal serait d'« avoir un, deux ou trois syndicats nationaux ».
Le projet de loi sur le dialogue social qui réforme la représentativité syndicale et le temps de travail est examiné à partir de demain en commission par les députés. Les relations entre la CGT et la CFDT et le gouvernement restent au plus bas, les deux principaux syndicats essayant, en dépit de la faible mobilisation de la semaine dernière, de convaincre les parlementaires d'amender le projet de l'exécutif qui permettra aux entreprises, par accord, de s'exonérer largement des 35 heures. C'est dans ce contexte que le Premier ministre, François Fillon, doit retrouver aujourd'hui François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT) lors d'un colloque sur... la promotion de la négociation sociale, organisé par l'association Dialogues, qui regroupe des grands patrons et des experts des relations sociales. A cette occasion, le chef du gouvernement devrait à nouveau insister sur la nécessité de développer la négociation dans les entreprises et vanter une réforme de la représentativité qui vise à renforcer l'assise des syndicats.
Gagner en légitimité
Un sondage, dévoilé par « Les Echos » et réalisé pour le colloque par TNS Sofres auprès de 500 salariés, révèle le chemin que les syndicats ont encore à parcourir pour gagner en légitimité. Les salariés jugent qu'ils ont une approche « trop idéologique » (61 %) et comprennent souvent « mal les réalités économiques » (43 %) et les « vrais besoins » des salariés (41 %). Ils leur reprochent aussi de se préoccuper plus de défendre leurs propres intérêts et ceux des salariés du public (77 %) que ceux des salariés du privé. Le constat est sévère, mais les syndicats trouveront aussi matière à se réjouir. Tout d'abord parce que leur image s'améliore. Par rapport à l'édition 2005 de cette même étude, la quasi-totalité des opinions négatives reculent de plusieurs points. Ensuite, et c'est un vrai signe d'espoir et de reconnaissance, parce que les salariés jugent globalement les syndicats « efficaces » (70 %, + 12 points en trois ans) et sont enclins à leur faire « confiance » (58 %). C'est tout le « paradoxe » que souligne Claude Tendil, président de Dialogues (lire ci-dessous) : les salariés sont sceptiques sur l'attitude des syndicats, mais ils comptent plus que jamais sur eux pour les défendre dans leur entreprise.
Reste que pour retisser des liens solides avec la base, les syndicats devront profondément repenser leur stratégie. Les salariés estiment en effet qu'il y a « trop de syndicats » (53 %) et « trop de concurrence » entre ces derniers (67 %), qui pourtant « se ressemblent » à tel point qu'« on ne voit pas ce qui les distingue » (60 %). Cette confusion explique en partie la réticence des salariés à adhérer à une organisation. Trop de syndicats, en somme, tueraient le syndicalisme. Ce constat sonne surtout comme un plaidoyer pour la position commune sur la représentativité signée par la CFDT, la CGT, la CGPME et le Medef, qui va être traduite dans la loi sur le dialogue social. En fixant des seuils de représentativité fondés sur les résultats aux élections professionnelles, elle pourrait conduire à une réduction du nombre d'organisations. En témoigne la fusion en préparation entre la CGC et l'Unsa. Pour 79 % des salariés, l'idéal serait d'« avoir un, deux ou trois syndicats nationaux, comme ailleurs en Europe ». Une telle évolution ne suffirait cependant pas à faire fortement remonter le taux de salariés syndiqués. Quatre salariés sur dix expriment ainsi leur « peur des représailles » en cas d'adhésion. Cela vient rappeler aux dirigeants qu'eux aussi ont une révolution culturelle à mener.
Cliquer sur l'image ci-dessous pour visualiser les résultats du sondage

10:56 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : représentativité, dialogue social, sondage, syndicats, salariés
17.06.2008
Agenda-Manifestation le 17 juin sur le temps de travail et les retraites
MANIFESTATION INTERSYNDICALE CFDT-CGT-SOLIDAIRES-FSU
LE MARDI 17 JUIN 2008 à 14h30
De Bastille à Richelieu-Drouot
TOUS MOBILISES POUR ETRE RESPECTES !
- Pour la défense de la retraite solidaire
- Pour une règlementation du temps de travail qui protège le salarié
- Pour le respect des salariés et des partenaires sociaux !
En décidant unilatéralement de s’attaquer aux 35 heures, le gouvernement ne respecte pas la position commune du 10 avril et prend le risque de rompre le processus de réforme des relations sociales en France.
Depuis deux ans, il s’est en effet produit dans notre pays une sorte de révolution silencieuse qui, peu à peu, a permis à notre démocratie sociale d’accomplir une mutation à laquelle nous aspirons depuis des années. L’échec du CPE en 2006, les leçons qui en ont été tirées ont permis de lancer une dynamique de dialogue avec le patronat et de modernisation des relations sociales. La loi de janvier 2007 est issue de ce contexte. Elle instaure la concertation entre partenaires sociaux et pouvoirs publics et autorise un espace de négociation avant de légiférer en matière sociale. Élu président de la République, Nicolas Sarkozy s’est engagé au respect de ce texte. Engagement tenu par le gouvernement après la signature de l’accord sur la modernisation du marché du travail qui a ouvert un champ de négociations inédit à même de donner corps à la sécurisation des parcours professionnels.
Et puis, en complément de la loi de 2007, les partenaires sociaux ont trouvé, dans une position commune, les bases d’une réforme de la représentativité syndicale offrant des perspectives de développement du dialogue social. Elle donne aussi dans son article 17 la possibilité de déroger par accord majoritaire et de façon expérimentale au contingent d’heures supplémentaires. Comme pour l’accord de modernisation du marché du travail, le gouvernement devait reprendre cette proposition et la soumettre aux parlementaires.
Malgré ces engagements répétés, voilà que le gouvernement remet en cause les 35 heures pour régler un débat idéologique interne à la majorité, choisissant l’affrontement avec les deux principales organisations syndicales. Alors que la présidente du Medef elle-même demande que le gouvernement s’en tienne au texte du 10 avril. En instrumentalisant la position commune, il prend le risque de tirer un trait sur le processus en cours. Tout cela sur le dos des salariés qui risquent de payer de leur santé la déréglementation du temps de travail.
Les partenaires sociaux ont négocié. Ils sont parvenus en quelques mois à un résultat inédit dans l’histoire sociale de notre pays. Faut-il qu’aux yeux du gouvernement cela n’ait guère d’importance et que les relations sociales demeurent celles d’une époque faite de défiance réciproque que l’on pensait révolue ?
Le gouvernement doit s’en tenir à la position commune. C’est pourquoi nous appelons à une mobilisation massive le 17 juin pour le lui rappeler mais aussi pour la défense des retraites. Il n’est pas dans notre pratique de globaliser les mots d’ordre. Mais le gouvernement nous y contraint et c’est lui qui a choisi l’épreuve de force. Dans les deux cas nous devons le faire bouger
François CHEREQUE
08:30 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : CFDT, retraites, position commune, représentativité, 35 heures, durée du travail, heures supplémentaires
11.06.2008
Retraites, temps de travail : toutes et tous concernés !
MANIFESTATION INTERSYNDICALE CFDT-CGT-SOLIDAIRES-FSU
LE MARDI 17 JUIN 2008 à 14h30
DE BASTILLE A PORT ROYAL
Mobilisons-nous massivement pour faire reculer le gouvernement !
Les Unions régionales syndicales CFDT, CGT, FSU et Solidaires se sont réunies le 4 juin. Elles approuvent l’appel national des confédérations CFDT et CGT pour défendre la retraite solidaire et pour lutter contre la remise en cause du temps de travail et les acquis des 35 heures. Elles considèrent que le gouvernement n’a pas respecté les décisions prises par les partenaires sociaux et appellent à manifester massivement le 17 juin. Le gouvernement veut passer en force pour imposer une déréglementation de l’organisation du travail. Cette dérèglementation aura des conséquences graves pour la santé des salariés.
C’est pourquoi nous demandons à tous les militants de se mobiliser et de mobiliser les adhérents et les salariés dans les entreprises pour être présents à la manifestation.
C’est notre responsabilité et celle de tous nos militants de faire de cette mobilisation un moment fort pour rappeler au gouvernement que la démocratie sociale passe d’abord par le respect du dialogue social.
La parole donnée de transposer la position commune intégralement n’est pas respectée. Pour nous CFDT, le mensonge ne peut pas être une règle de fonctionnement de l’Etat.
Nous serons en première ligne pour défendre les 35 heures. Nous les avons portées, nous les avons obtenues, nous les défendrons, comme nous défendrons les acquis de 2003 pour une retraite solidaire.
13:31 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : représentativité, négociations, dialogue social, 35 heures, durée du travail, retraites
08.06.2008
Réussir la mobilisation du 17 juin 2008
La CGT et la CFDT se sont rencontrées afin de préciser les modalités de la mise en œuvre de la journée d’action du 17 juin décidée le jeudi 29 mai.
Les deux confédérations syndicales confirment leur engagement dans la préparation de cette journée. Elles se félicitent des décisions prises par d’autres organisations de rejoindre cet appel (FSU, Solidaires ...).
Cette journée d’action du 17 juin a trois objectifs :
- la défense d’une retraite solidaire. Le 17 juin fait suite à l’initiative du 22 mai 2008. Depuis, le gouvernement n’a apporté aucune nouvelle réponse.
- le respect du dialogue social et des partenaires sociaux. En décidant unilatéralement de modifier la législation du temps de travail en faisant fi de la position commune sur la « représentativité et le dialogue social », signée par CFDT, CGT, Medef, CGPME, le gouvernement bafoue la démocratie sociale.
- l’opposition à la déréglementation du temps de travail. En imposant une série de mesures touchant aux forfaits, aux repos compensateurs, à l’organisation du temps de travail, le gouvernement permet une plus grande flexibilité, donne plus de pouvoir aux employeurs pour l’imposer. Cela peut avoir des conséquences sur les conditions de vie et de travail des salariés alors que les compensations pour heures supplémentaires vont être réduites.
Le texte de loi prévoyant les modifications visant à déréglementer le temps de travail et à rendre inopérante la durée légale de 35 heures doit passer en Conseil des ministres le 18 juin prochain.
Dans ces conditions, il était indispensable d’élargir l’objectif de la mobilisation sur « la retraite solidaire » à la question du temps de travail. Il est décisif de donner un coup d’arrêt au projet gouvernemental qui doit être discuté au Parlement d’ici l’été.
CFDT et CGT réaffirment leur volonté de faire du 17 juin une grande journée d’action (avec arrêts de travail, manifestations, rassemblements…) pour garantir l’avenir du système de retraite solidaire et s’opposer à l’offensive du gouvernement visant à déréglementer le temps de travail. Elles appellent toutes leurs organisations à contribuer partout au succès de la mobilisation sur ces objectifs et à créer les conditions unitaires d’action les plus larges.
11:15 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : CFDT, retraites, durée du travail, 35 heures, dialogue social, représentativité, démocratie sociale
07.06.2008
Grève chez Cortal Consors : la direction sourde face à des salariés mobilisés
Le mécontentement subsiste chez Cortal Consors après que près de 130 salariés aient suivi le 1er mouvement de grève de l’histoire de la société. Cela représente 26 % des effectifs, un chiffre honorable pour une entreprise sans aucune culture de conflit. Cela démontre un climat social tendu que les organisations syndicales n’ont pas arrêté de signaler depuis des années.
La rencontre entre partenaires sociaux de mercredi dernier n’a pas malheureusement apporté de solutions à la crise malgré la volonté affichée des syndicats de maintenir le dialogue.
Au cours de cette réunion qui a duré plus de 3 heures, la direction a refusé de satisfaire la revendication des syndicats tout en essayant de diluer les discussions en évoquant des thèmes annexes (intéressement, gestion des carrières). De plus, elle n’a pas même jugé utile de faire une proposition alternative qui aurait pu relancer les négociations et prouver qu’ils ont entendu quand même le message des salariés. Il aura fallu que j’insiste, et d’autres représentants syndicaux avec moi, pour obtenir une suspension de séance permettant à la direction de travailler sur un nouveau projet. Cette attitude montre que nos dirigeants comptent plutôt sur le pourrissement du conflit en jouant la montre plutôt que sur l’amélioration du dialogue social.
Les nouvelles mesures issues de leur réflexion semblent hélas confirmer cette stratégie.
C’est ainsi qu’ils nous ont proposés les mesures suivantes :
- début de la renégociation de l’accord d’intéressement en février 2010 : il s’agit uniquement de respecter le calendrier légal des négociations,
- la négociation des salaires 2009 aura lieu en janvier 2009 : même si l’intersyndicale demande depuis longtemps de débuter les négociations le plus tôt possible, cela ne nous assure pas d’aboutir à un bon accord
- les mesures salariales 2008 ont été modifiées : application de la rétroactivité au 1er mars sans modifier les taux pour la 1ère tranche et revalorisation de 0,5 % pour les taux de la 2ème tranche.
C’est bien sûr la dernière proposition qui nous a le plus déçu car non seulement elle est loin de nous satisfaire mais elle favorise encore plus les salaires les plus hauts. Difficile de nous faire croire que l’on veut améliorer la situation des bas salaires quand on augmente les rémunérations supérieures au plafond de la sécurité sociale et on ne touche pas celles qui sont en dessous.
Cette journée de mercredi a été particulièrement longue et difficile car après avoir ferraillé plus de 3 heures avec la direction, il a fallu aussi la confronter lors des réunions de service qu’elle avait décidé de tenir. C’est ainsi que les débats ont continué une partie de l’après-midi dans mon service. Ces débats ont permis pour la 1ère fois à de simples salariés de tenir tête à une direction venue essayer de les convaincre de la justesse de leurs propositions.
De mon côté, j’ai tenté d’intervenir le moins possible afin de laisser la parole au personnel. Or, vous connaissez l’expression « chassez le naturel, il revient au galop », je n’ai pas pu m’empêcher de m’exprimer pour clarifier certaines choses et ainsi démontrer que les organisations syndicales, la CFDT en particulier, étaient bien présentes.
L’intersyndicale a ensuite organisé le lendemain une nouvelle assemblée générale des salariés afin de faire le point sur les « avancées » et de débattre sur la manière d’envisager l’avenir.
Les 1ères réactions ont été de rejeter en bloc les dernières propositions de la direction et de continuer le mouvement en programmant une 2ème journée de grève à une date restant à fixer.
Il a été également prévu de mettre en place des débrayages reconductibles pour tenter d’accentuer la pression sur une direction qui n’a toujours pas répondu aux attentes. La 1ère action a commencé dès vendredi avec le rassemblement de plus de 50 personnes sur le parvis de l’immeuble.
Le combat continue et c’est toujours unie que l'intersyndicale compte le mener aux côtés des salariés.
14:54 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cortal Consors, pouvoir d'achat, salaires, négociations, dialogue social, intersyndicale, grève
04.06.2008
Succès de la grève sur les salaires chez Cortal Consors
Le mardi 3 juin restera dans les annales de Cortal Consors comme étant la date de la 1ère grève de l’histoire de la filiale de BNP-Paribas.
Suite à l’appel de l’intersyndicale CFDT-CFTC-FO-SNB/CGC, ce sont près de 130 salariés sur un effectif total de 500 qui se sont mis en grève hier pour protester contre la politique salariale menée par la direction de l’entreprise.
Le mouvement social a commencé dès 9h00 par un rassemblement au pied du siège administratif de Cortal Consors situé à Rueil Malmaison. Des tracts ont été également distribués par les organisations syndicales y compris aux salariés d’Arval, une autre filiale de BNP-Paribas qui occupe le même immeuble. Comme cette société a entamé ses propres négociations salariales, c’était l’occasion de sensibiliser le personnel d’Arval afin de lui donner quelques idées.
Le rassemblement des grévistes s’est fait autour d’un piquet de grève qui a duré jusqu’aux alentours de 15h00. Deux banderoles ont aussi été déployées dont une insistait sur le fait que Cortal Consors avait réalisé des bénéfices records en 2007 sans en faire profiter pleinement les salariés.
Ces derniers ont profité de l’occasion pour simuler l’enterrement du pouvoir d’achat à l’aide d’un faux cercueil et de vraies bougies. Une manière de dénoncer une politique qui ne permet pas le maintien du pouvoir d’achat pour un grand nombre de personnes exclues du système des augmentations individuelles.
A partir de 10H30, le mouvement s’est poursuivi par une assemblée générale au cours de laquelle plus de 120 personnes ont pu échanger avec les militants syndicaux. Au nom de l’intersyndicale, j’ai remercié les salariés qui se sont mobilisés de manière significative.
Au cours des débats, il a été aussi question de la manière d’envisager l’avenir en fonction des réponses de la direction. Au final, ce fut une grand moment de démocratie qui a permis de libérer la parole de personnes que l’entreprise n’écoute pas généralement.
En tout cas, la mobilisation a fonctionné puisqu’il prévu que les syndicats rencontrent le directeur général de Cortal Consors aujourd’hui mercredi à 8h30.




Pour information, voici le communiqué de presse transmis lundi par l’intersyndicale.
L’AFP s’en est inspiré pour éditer mardi une dépêche.
CORTAL CONSORS
Filiale de BNP Paribas
Négociation Annuelle Obligatoire des salaires
Premier mouvement de grève de l'histoire de Cortal Consors !
Dans un secteur bancaire en perpétuelle réorganisation, la société Cortal Consors - filiale de BNP Paribas - va connaître mardi 3 juin le premier mouvement de grève de son histoire.
A la suite de l'échec des négociations salariales 2008, les 4 organisations syndicales (CFDT, CFTC, FO et SNB) du leader européen de l'épargne et du courtage en ligne pour les particuliers, appellent les salariés de leur entreprise à une journée de grève avec rassemblement devant le siège administratif de l'entreprise au 24 rue des deux gares 92500 Rueil Malmaison le mardi 3 juin 2008.
Les salariés se réuniront de 9h à 12h afin d'exprimer leur désaccord sur la politique sociale et salariale du groupe franco-allemand dont les résultats 2007 présentaient – malgré un second semestre secoué par la crise des subprimes – un résultat d’exploitation de 86 millions d’euros en 2007, en progression de 49% par rapport à 2006 (cf. communiqué de presse de BNP Paribas Personal Investors du 17 mars 2008), les organisations syndicales demandent une augmentation générale des salaires de 1 100 € (+ 3% ).
Malgré l'important développement du Groupe Cortal Consors depuis sa création, le salaire moyen dans l'entité française n'a augmenté que d'un peu moins de 6 % depuis 2005 alors que l'entreprise voyait son résultat d'exploitation multiplié par 3.
La direction reste figée sur une augmentation allant de 0,95% à 2,10% maximum.
09:00 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cortal Consors, pouvoir d'achat, salaires, négociations, dialogue social, intersyndicale, grève
03.06.2008
Grande première chez Cortal Consors : les syndicats appellent à la grève sur les salaires !
Lors d’un précédent billet, je faisais le point sur les négociations salariales 2008 chez Cortal Consors. Après avoir consulté les salariés, l’intersyndicale CFDT-CFTC-FO-SNB/CGC a refusé de signer le projet d’accord de la direction et a décidé au contraire d’organiser une journée de grève pour le mardi 3 juin.
L’objectif de cette opération est de faire pression sur la direction afin de réouvrir les négociations et obtenir une revalorisation des bas salaires de l’ordre de 3 %.
C’est un moment historique dans l’histoire de Cortal Consors car c’est la 1ère fois que les syndicats appellent à une grève locale. Le dernier mouvement social d’envergure remonte à 1999 à propos de la négociation de la nouvelle convention collective des banques. A l’époque, près de 70 personnes avaient fait grève ou débrayé.
Cela démontre le fort mécontentement des salariés qui ont fait de la question des salaires la plus importante de leurs revendications. Les organisations syndicales ont depuis longtemps alerté la direction et l’avaient enjoint d’être offensifs sur ce dossier. Une enquête auprès du personnel sur le climat social avait d’ailleurs révélé les fortes lacunes de la DRH sur la question des rémunérations. Il est intéressant de noter que celle-ci avait prévu un plan d’action dans tous les domaines abordés dans l’enquête sauf celui des salaires : édifiant !
Grâce à la mobilisation du personnel, l’intersyndicale souhaite également remettre en cause la politique salariale de la direction. En effet, celle-ci consiste à négocier tous les 2 ans une augmentation collective en alternance avec une prime qui a souvent fait suite à une décision gouvernementale (prime dite « Villepin » ou « Breton »).
Cette pratique que l’on peut retrouver chez BNP-Paribas et dans d’autres filiales, doit théoriquement s’accompagner d’augmentations individuelles censées compenser l’absence de mesure pérenne. La direction a clairement annoncé à plusieurs reprises vouloir privilégier ce système au détriment des augmentations collectives. Les syndicats ont été unanimes pour dénoncer cette politique synonyme d’injustices. Les règles d’attribution ont été mises en place sans aucune concertation avec les organisations syndicales (ce n’est pas faute de demander). De plus, elles manquent cruellement de transparence.
Ce système a particulièrement montré ses limites en 2007, une année qui a donc vu la direction refuser de négocier une augmentation générale alors que les résultats 2006 n’avaient jamais été aussi élevés. Ils voient comme une injustice le fait de ne pas profiter du fruit de la croissance de l’entreprise alors qu’ils ne sont pas avares de leurs efforts. De plus, le fait de ne pas bénéficier d’augmentations individuelles accentue le phénomène d’exclusion qui alimente leur rancœur.
Voici le résultat des précédentes négociations :
- 2007 : prime exceptionnelle d’intéressement de 800 €
- 2006 : augmentation générale de 1,2 % et une prime de 650 €
- 2005 : 2 primes pour un montant total de 400 €
- 2004 : augmentation générale de 1,9 % pour les bas salaires
- 2003 : aucune mesure
En fonction du taux annuel d’inflation, on constate que le pouvoir d’achat n’a pas été garanti.
Cette question du pouvoir d’achat est, comme dans d’autres secteurs d’activité, un facteur important dans le mécontentement actuel.
Les augmentations du prix des produits pétroliers, des biens alimentaires, des loyers pèsent de plus en plus dans le budget des ménages qui sont à la recherche de moyens supplémentaires pour boucler leur fin de mois.
D’après les échos de ces derniers jours, la direction n’a pas logiquement apprécié la perspective d’être confrontée à un mouvement social. Elle a organisé avec des responsables de service à une campagne afin de convaincre les salariés de ne pas suivre l’appel à la grève.
L’intersyndicale a de son côté constaté que les diverses pressions exercées avaient plutôt convaincus des réticents à se joindre à l’action.
A mercredi pour les résultats.
06:44 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cortal Consors, pouvoir d'achat, salaires, négociations, dialogue social, intersyndicale, grève
31.05.2008
François Chérèque : "Le gouvernement choisit de s'affronter à la CFDT et la CGT"
Le Monde publie sous ce titre, dans son édition datée du 29 mai, une interview dans laquelle François Chérèque réagit au projet de loi du gouvernement sur le temps de travail.
Le gouvernement modifie les règles sur le temps de travail et enterre de fait les 35 heures. Quelle est votre réaction ?
Le gouvernement choisit de s'affronter à la CFDT et la CGT, qui plus est sur un sujet identitaire pour la CFDT, celui du temps de travail. Il organise la fin des 35 heures dans la réalité. Je vis cela comme une mise en cause de la légitimité de nos deux organisations. C'est la première fois dans notre histoire sociale qu'un accord aussi important, la modernisation du dialogue social, est signé par les deux plus grandes organisations syndicales. Et c'est sur ce texte que le gouvernement décide de ne pas respecter la position commune sur la partie concernant le temps de travail et de destructurer totalement l'organisation du travail dans les entreprises. C'est un affront ou un défi, en tout cas une provocation.
Comment la CFDT compte-t-elle répondre à cette "provocation" ?
L'élargissement de la mobilisation sur les retraites à la question du temps de travail est clairement posé. Les militants de la CFDT sont comme moi, ils n'acceptent pas. Avec son texte, le gouvernement nous amène à réagir simultanément sur le temps de travail et les retraites. Cela nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté, y compris dans la CFDT. Avec ces deux sujets, retraites et 35heures, on est au cœur du débat sur la valeur travail et notre métier de syndicaliste.
Xavier Bertrand explique que vous pouviez vous saisir de la question du temps de travail et ne l'avez pas fait…
Nous avons proposé dans le cadre de l'article 17 de la position commune la possibilité pour les entreprises de déroger, avec un accord majoritaire et de manière expérimentale, sur le contingent d'heures supplémentaires. Comme le prévoit la loi sur le dialogue social, le gouvernement devait reprendre cette proposition et la soumettre aux députés. Qu'il existe un droit d'amendement, c'est la règle de la République et nous étions prêts à discuter avec les parlementaires.
Une réunion était prévue, le 10 juin, entre les signataires de la position commune et le groupe UMP. A quoi va servir cette rencontre puisque nous n'avons même plus la possibilité de dialoguer ? De plus, nous avons proposé avec Bernard Thibault l'ouverture d'une concertation, d'une négociation plus globale sur le temps de travail.
Le gouvernement ou l'Elysée vous ont-ils proposé un accord ?
Il ne peut pas y avoir de "deal" sur un accord collectif, ou ce serait la négation du compromis et de l'accord signé, la porte ouverte à toutes les magouilles. Lorsqu'on s'est engagé sur la position commune, le chef de l'Etat a fait une tribune dans Le Monde, se félicitant de la réussite du dialogue social. Xavier Bertrand et Christine Lagarde m'ont dit que nous avions fait une avancée sur le temps de travail. Ils se sont engagés publiquement sur la transcription de l'accord. Le changement d'attitude de M. Bertrand s'est fait après la déclaration de Patrick Devedjian sur les 35 heures.
On est dans l'instrumentalisation d'un accord des partenaires sociaux pour régler un problème entre la majorité et le gouvernement, c'est inacceptable. Ce projet de loi est la réponse du secrétaire général adjoint de l'UMP, M. Bertrand, à son secrétaire général, M. Devedjian.
Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, rend responsable les signataires de la position commune de cette déréglementation du temps de travail.
Le gouvernement, en prenant cette décision, ouvre la porte à ce type de critique. Je me demande comment, demain, je pourrai faire croire à mes militants qu'en signant un accord, on a la parole et la garantie du gouvernement qu'il respectera notre signature. C'est la première fois qu'un ministre du travail rompt cette confiance, alors qu'il est là pour la renforcer.
08:30 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : CFDT, CGT, position commune, représentativité, 35 heures, durée du travail, heures supplémentaires
21.05.2008
Agenda-Manifestation régionale pour la défense de la retraite solidaire du 22 mai 2008
NOMBREUX ET MOBILISES POUR DEFENDRE LA RETRAITE SOLIDAIRE
Manifestation régionale-Jeudi 22 mai 2008 à 14h30
Bastille – République – Saint-Augustin
Le Gouvernement fait le service minimum pour la retraite. Nous n’acceptons pas le l’allongement de la durée de cotisations dès 2009 alors qu’aucune mesure n’est prise pour le développement de l’emploi des seniors. A ce jour, il n’apporte aucune réponse à nos revendications.
Allons clamer haut et fort le jeudi 22 mai notre exigence d’un système de retraite juste et solidaire qui garantisse à tous un niveau de pension décent, un financement stable, la pérennisation du fonds de réserve des retraites, la prise en compte des polypensionnés, des carrières accidentées et de la pénibilité.
Rendez-vous CFDT : 13h30 à l’Angle de la Place de la Bastille et du boulevard Richard-Lenoir
Ordre du cortège : CGT – CFDT – FO – CFTC – CGC – UNEF/JOC – UNSA – Solidaires – FSU
10:49 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : retraites, protection sociale, manifestation, intersyndicale, emploi, seniors
20.05.2008
Les syndicats refusent de signer l’accord salarial chez Cortal Consors
La question du pouvoir d’achat est une préoccupation majeure des salariés qui voit leur rémunération stagner depuis quelques années. Cela est d’autant plus problématique que l’inflation n’a jamais été aussi élevé : 3 à 3,2 % à cause de l’augmentation du prix des matières premières, de celui du baril de pétrole ainsi que des loyers.
Sans attendre les hypothétiques promesses du gouvernement, les organisations syndicales, y compris la CFDT, se mobilisent dans les entreprises pour une répartition des richesses plus juste envers les salariés à travers des augmentations collectives. Ces revendications se heurtent le plus souvent à la logique différente des employeurs qui préfèrent privilégier la rentabilité de l’entreprise, sous les pressions des actionnaires.
Rémunération des salariés contre rémunération du capital : voilà un combat que mène depuis longtemps les syndicalistes.
Cortal Consors n’y dérogent pas et sa politique salariale illustre la difficulté de maintenir le pouvoir d’achat du personnel alors que les résultats croissent régulièrement.
Si l’on examine d’ailleurs l’historique des négociations salariales dans l’entreprise, les mesures négociées ne compensent jamais la hausse des prix.
Autre élément important de ces négociations, le fait que la direction souhaite appliquer une augmentation générale tous les 2 ans, en alternance avec une prime. Ce principe n’est pas du au hasard car il a été également retenu par BNP-Paribas l’actionnaire à 100 % de Cortal Consors. Difficile dans ces conditions d’assurer le maintien du pouvoir d’achat surtout si l’on doit compter sur des augmentations individuelles accordées sans concertation.
En 2008, l’ensemble des organisations syndicales (CFDT, CFTC, SNB/CGC, FO) s’est constitué en intersyndicale pour faire face à la direction. Cela est du au fait que les syndicats partagent les mêmes revendications, à savoir une mesure pérenne significative sous forme d’une augmentation collective qui favoriserait les bas salaires.
L’intersyndicale a tout d’abord demandé d’avancer les négociations normalement prévues en juin. La direction a été d’accord pour les programmer à partir d’avril.
Cela ne voulait pas signifier automatiquement que le dialogue allait être facile et que nous arriverions très vite à un accord. Nous nous en sommes très vite rendus compte lorsque le directeur général s’est invité à la première réunion pour faire le point sur la situation économique. Il en a profité pour nous mettre en garde afin de ne pas mettre en péril l’équilibre financier de Cortal Consors. Nous avons été unanimes pour dénoncer ce procédé qui voulait nous faire croire que des revendications trop radicales allaient mettre en danger la pérennité de l’entreprise. Nous avons aussi rappelé que Cortal Consors restait profitable même si les statistiques de l’activité étaient inférieures aux objectifs fixée en début d’année.
Les discussions ont ensuite porté sur une augmentation générale qui s’articule autour de deux critères : le niveau de salaire et l’ancienneté.
Dans un premier temps, un taux de base est déterminé en fonction du niveau de rémunération puis dans un deuxième temps, s’ajoute une bonification calculée selon l’ancienneté passée dans le groupe BNP-Paribas.
En ce qui concerne le critère de la rémunération, 3 échelons ont été déterminés en fonction du plafond de la sécurité sociale qui se monte à 33 276 € :
1er échelon = salaire brut annuel < ou = 33 276 € soit un effectif de 250 personnes
2ème échelon = 33276 € < salaire brut annuel < ou = 49 954 € (1,5 fois le plafond) soit un effectif de 192 personnes
3ème échelon = salaire brut annuel > 49 954 € soit un effectif de 52 personnes
Pour le critère de l’ancienneté, 4 seuils ont été finalement mis en place :
0 à 2 ans (108 personnes), 3 à 7 ans (169 personnes), 8 à 16 ans (126 personnes), au-delà de 17 ans (91 personnes).
Le principe est que le taux de base est plus important pour le 1er échelon par rapport aux 2 autres afin de favoriser les salaires les plus bas. Parallèlement, plus l’ancienneté est importante, plus la bonification est élevée.
La vraie négociation a porté sur le taux de base que l’intersyndicale voulait au moins égale au dernier taux d’inflation déterminée par la direction. Comme à son habitude, la direction a inauguré les discussions avec un proposition ridiculement basse avec un taux de base de 1,00 % pour les bas salaires. Devant le refus unanime et catégorique de l’intersyndicale, la direction a revu à plusieurs reprises sa proposition a la hausse avec une dernière proposition allant de 1,95 % à 2,10 % pour la 1ère tranche.
Conformément à ses engagements pris en début de négociation, l’intersyndicale s’est tournée vers les salariés pour les informer de la situation et pour recueillir leur avis.
C’est ainsi qu’une assemblée générale s’est tenue la semaine dernière avec la participation d’une centaine de personnes, un chiffre record qui illustre les grandes attentes du personnel.
Je fus chargé, au nom de l’intersyndicale, d’introduire les débats en faisant le point sur les négociations et leur contexte. Pour la 1ère fois, un nombre non négligeable de salariés se sont vivement opposés à la proposition de la direction et se sont prêts à s’engager dans une action pour obtenir davantage.
Lors de la dernière réunion avec la direction, la CFDT et les autres organisations syndicales ont refusé de signer le projet d’accord de la direction. Chaque camp a ressorti les mêmes arguments : la direction considère avoir fait un geste significatif au regard des résultats moins bons du 1er trimestre 2008 alors que les syndicats jugent qu’il n’y a pas maintien du pouvoir d’achat. Le fait que la direction de Cortal Consors ait refusé de négocier une augmentation collective en 2007 malgré des résultats excellents reste en travers de nos gorges.
09:15 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cortal Consors, négociations, salaires, dialogue social, pouvoir d'achat, intersyndicale





