27.06.2009

Agenda-Marche des Fiertés à Paris le 27 juin 2009

615301279.jpgSi vous aimez à la fois faire la fête, vous engagez pour l'égalité des droits et contre l'homophobie, je vous invite à participer à la traditionnelle Marche des Fiertés qui aura lieu aujourd'hui à partir de 14h00. Elle partira de la place Montparnasse pour se rendre à la place de la Bastille.

Contrairement aux années précédentes, je ne ferai pas partie, au nom des Verts, du service d'ordre chargé de la protection du carré de tête qui sera placé en début de cortège. Ce service d'ordre sert d'ailleurs plutôt à canaliser des journalistes parfois trop pressants que protéger les personnalités de personnes mal intentionnées.

Cette fois-ci, je serai présent comme simple participants désireux de manifester ma solidarité avec des citoyens et des citoyennes venus réaffirmer leur droit à l'égalité, leur droit à vivre comme ils l'entendent au sein d'une société censée être démocratique. Il s'agit pour moi d'un acte militant contre les discriminations.

La Marche des Fiertés est l'occasion également de vivre un moment festif en musique avec des dizaines de milliers de personnes réunies pour les mêmes causes : la fête et la liberté. Si vous n'avez pas de rendez-vous particulier, je vous conseille d'accompagner le char de la CFDT Ile de France qui participe régulièrement à la Marche dans la cadre de son combat contre l'homophobie dans le monde du travail. Sauf erreur de ma part, il devrait être situé en 26ème position dans le cortège.

- Pour information, ci-joint le communiqué de presse d'Anousheh Karvar secrétaire nationale de la CFDT :

Pour la 7ème année consécutive, la CFDT participera à la marche parisienne avec le char de la CFDT Ile-de-France, et aux côtés des fédérations des Services, du Sgen et de la F3C.

La Confédération sera représentée par Anousheh Karvar, secrétaire nationale.
 
La CFDT est également présente dans plusieurs des marches organisées en province. Cette présence témoigne de l’engagement de la CFDT dans la lutte contre toutes les formes de discriminations, en premier lieu en matière d’accès à l’emploi et d’évolution professionnelle. La lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en fait pleinement partie.
 
C’est pourquoi elle se retrouve complètement dans le mot d’ordre de cette Marche 2009 « 1969-2009 : fière(s) de nos luttes, à quand l’égalité réelle ? ».
 
Dans plusieurs secteurs professionnels, la CFDT mène des actions concrètes, notamment en partenariat avec des associations comme « SOS Homophobie », « Homo-Boulot » et « L'autre Cercle ». L'objectif de cette collaboration est d’agir pour l'égalité des droits dans l'entreprise, la sensibilisation des acteurs et la formation.
 
Rappelons que la CFDT s’est associée, dans le cadre de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai dernier, à l’appel du comité IDAHO (International Day Against Homophobia & transphobia) adressé aux Nations Unies « refusons la transphobie, respectons l’identité de genre ».
- Voici le communiqué de l'Inter LGBT rédigé sur l'évènement :
Quarante ans après Stonewall, un demi-million de personnes sont attendues demain, samedi 27 juin, pour une nouvelle édition de la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Cette année encore, la Marche promet d’être tout autant festive que revendicative. Reposant à 100% sur le bénévolat, non subventionnée, peu sponsorisée, cette marche s’inscrit dans une histoire des luttes que nous revendiquons pleinement.

Avec pour mot d’ordre « 1969 – 2009 : Fier-e-s de nos luttes, à quand l’égalité réelle ? », l’Inter-LGBT consciente de ce que les lesbiennes, les trans, les bis, et les gais doivent aux mouvements féministes et aux luttes des lesbiennes et des trans, fière de cette histoire collective, souhaite attirer l’attention sur la nécessité de faire avancer l’égalité des droits pour les LGBT, mais aussi s’adresser à la société tout entière pour mieux faire connaître le vécu des lesbiennes, des transsexuel-le-s et des homosexuels dans la France d’aujourd’hui. Elle souhaite aussi rappeler que dans 75 pays encore, homosexualité et transidentité sont pénalisées, voire, pour cinq d’entre-eux, punies de mort. Enfin, les trois minutes de silence observées par l’ensemble de la marche à 16h30, en hommage aux victimes du SIDA et à leurs proches, sont aussi le vecteur d’une nécessaire prise de conscience que l’épidémie n’est pas terminée, loin s’en faut. Avec un tiers des nouvelles contaminations en France, les gays restent particulièrement affectés.

La présence à la Marche des Fiertés LGBT de Liza MINELLI qui, à l’occasion de son passage à Paris au Palais des Congrès pendant sa tournée européenne, a souhaité être à nos côtés pour assurer de son soutien nos luttes pour l’égalité des droits et contre les discriminations est pour nous un grand honneur et un grand bonheur, qui nous va droit au cœur. Après les prises de parole associatives qui commencent à 13h30, elle fera un discours à 14h sur le podium situé place du 18 juin 40, et annoncera le départ du cortège.

Dans la nuit du du 27 au 28 juin 1969, à New York, dans un bar homosexuel du Greenwich Village, The Stonewall Inn, une émeute éclata entre les forces de police et la clientèle du bar, composée de gays et de drag-queens.

Ces émeutes et leurs commémorations annuelles suivantes marquèrent une étape importante en matière de symbole de l’émancipation des homosexuels, des lesbiennes et des transsexuel-le-s. Elles sont précurseur de ce qui deviendra la gay pride (fierté gay), puis la lesbian and gay pride, et en France la Marche des Fiertés LGBT. C’est en hommage à cette émeute que de nombreuses marches des fiertés LGBT dans le monde ont lieu le dernier week-end de juin. En France, parallèlement, à la fin des années soixante, les luttes féministes inclurent très vite les combats contre l’homophobie et la lesbophobie et les féministes, lesbiennes ou non, furent aux avant postes des luttes LGBT.

La lutte contre les discriminations nécessite la lutte contre les préjugés. Combien d’hommes, de femmes hésitent à faire connaître leur homosexualité dans leur environnement familial, professionnel ou au sein de leurs activités de loisirs ? Comment les lesbiennes, les transsexuel-le-s, les bisexuel-le-s, les homosexuels sont-ils perçus dans l’espace social ? Comment vivre son homosexualité ou sa transidentité sans risquer d’être agressé ? Le mal-être d’une partie des LGBT dans leur quotidien, dû aux agressions ou à la stigmatisation dont ils font l’objet, témoigne de la nécessité de lutter toujours et encore contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie ou la transphobie.

Malgré un gouvernement qui refuse le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, refus revendiqué par Nicolas SARKOZY pendant sa campagne pour les présidentielles, l’Inter-LGBT maintient la pression pour faire avancer les droits des LGBT jusqu’à l’égalité. Le gouvernement, appuyé par la majorité présidentielle, acceptera-t-il d’enfin de reconnaître la réalité sociale de nombreuses familles homoparentales, pour leur donner la sécurité juridique qu’elles méritent ? L’avant-projet de loi d’un statut du tiers ressortira-t-il des tiroirs de la commission parlementaire Léonetti, que l’Inter-LGBT a rencontré hier et, si oui, y maintiendra-t-il les avancées que nous avions soulignées ? Les revendications fortes des trans, après l’annonce saluée de déclassification de la transsexualité des maladies mentales, seront-elles entendues, qu’il s’agisse de l’accès au changement d’état civil sans nécessité de réassignation sexuelle chirurgicale obligatoire ou d’un accès facilité à un parcours de soin où les personnes prennent toute leur place ?

Même si le gouvernement vient d’accomplir un geste fort pour l’égalité , que l’Inter-LGBT salue avec vigueur pour l’avoir porté à de nombreuses reprises et encore récemment auprès des pouvoirs publics, en accordant enfin la transmission du capital décès dans la fonction publique d’Etat et hospitalière, à l’instar de ce qui se fait déjà dans le régime général et la fonction publique territoriale, la revendication d’égalité subsiste en matière de pension de réversion, de congés pour événements familiaux, de signature en mairie et d’acquisition de la nationalité, mise à égalité promise par Nicola SARKOZY pendant sa campagne pour les élections présidentielles ?

Pendant cette campagne, Nicolas SARKOZY avait également déclaré : « si vous êtes persécuté pour votre orientation sexuelle, vous devez pouvoir bénéficier du droit d’asile », et il ajoutait : « les critères de l’OFPRA doivent donc pouvoir évoluer sur ce point ». Il concluait « Être persécuté en raison de sa sexualité, c’est choquant et inadmissible. La France doit faire sienne cette position chaque fois qu’un homosexuel est martyrisé parce qu’il est homosexuel ».

La réalité française est plus crue, et à l’heure où est écrit ce communiqué, des personnes sont en centre de rétention administrative et s’apprête à subir une expulsion contrainte, vers des pays où l’homosexualité et la transidentité sont punies. Il est temps que cesse ce scandale !

L’Inter-LGBT tient pour feuille de route les engagements de Nicolas Sarkozy, candidat en 2007 devenu Président de la République. Ceux-ci arrivent au compte-goutte. Il est temps d’accélérer le mouvement.

08.09.2008

Le fichier EDVIGE sous haute surveillance

bfe697d539ecbde7c554d83c3208e7d0.pngEn dépit de plusieurs recours devant le Conseil d'État et des condamnations unanimes, le collectif n’entend pas baisser la garde.
Initiée cet été par un collectif d’organisations – au premier rang desquelles la CFDT – la mobilisation contre la mise en place du fichier Edvige enfle chaque jour un peu plus. La pétition «Non à Edvige» dépasse désormais les 100 000 signatures 1 et les recours en Conseil d’État se multiplient, incluant désormais toutes les composantes de la société civile et une grande partie de la classe politique.
Pour la CFDT, cette collecte d’informations personnelles est «non seulement inquiétant mais proprement inadmissible», en ce sens qu’elle «instaure un niveau de surveillance des citoyens disproportionné et incompatible avec une conception de l’État de droit digne de ce nom». Car à y regarder dans le détail, la composition de ce fichier et son utilisation portent de graves atteintes aux libertés individuelles et collectives. Toute personne «ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique, ou qui joue un rôle institutionnel, économique social ou religieux» peut être répertoriée, dans la mesure où «les informations collectées permettent au gouvernement ou à ses représentants d’exercer leur responsabilités». Il en va de même pour le fichage des mineurs dès leur 13e année, sur la seule base de leur «dangerosité supposée». Pour ses partisans, Edvige n’est que le prolongement –voire pour certains la copie conforme– du décret de 1991 établissant les fichiers gérés par les renseignements généraux 2. Les différences sont pourtant bien réelles, notamment en ce qui concerne le cadrage de l’utilisation des données. Aucune garantie n’est apportée sur la durée de conservation et la confidentialité des données répertoriées. Quant à la liste d’informations et les personnes concernées, elle apparaît considérablement plus longue et détaillée.
Un frein porté à l’engagement militant
Cette extension du champ de personnes fichées inquiète la CFDT. «Que va penser un salarié, délégué syndical ou du personnel, en apprenant qu’il va être fiché?» s’interroge Anousheh Karvar, secrétaire nationale. Sans se laisser aller à la paranoïa, chacun est en droit de se demander ce qu’il adviendra de l’engagement militant, et plus généralement de l’engagement citoyen, en cas de généralisation sans limites du fichage dans notre pays? Certes, l’intervention de la CNIL a permis d’établir quelques garde-fous, comme l’impossible interconnexion entre les données d’Edvige et d’autres dossiers, ou encore la suppression des données concernant le comportement, l’orientation sexuelle ou la santé des personnalités. Mais enfin, jusqu’où est-on prêt à repousser les frontières des libertés, au nom de la dérive sécuritaire qui gagne peu à peu notre pays ?

Article paru sur le site internet de la CFDT

25.05.2008

Grenelle de l’insertion, une plate-forme vers l’action

1c8259050bb0a9d1195619d8dec2dde9.jpgEditorial d’Annie Thomas,secrétaire national de la CFDT–Syndicalisme hebdo du 22 mai 2008

Le processus du Grenelle de l’insertion touche à sa fin et se clôturera le 27 mai. Inédite à ce niveau et dans ce domaine, la démarche a impliqué tous les acteurs de l’insertion au niveau national et territorial de façon complémentaire. C’est une réussite au regard des orientations communes auxquelles le Grenelle est parvenu, qu’elles émanent du monde de l’entreprise ou de celui de l’insertion.
Cette nouvelle forme de démocratie par la consultation de la société civile doit au final permettre de faire émerger de nouveaux droits qui vont bénéficier à plusieurs millions de personnes percevant le RMI, en chômage de longue durée ou en situation de grande insécurité professionnelle.
L’un de nos objectifs est de rendre ces droits plus accessibles. D’abord par un guichet et un référent uniques, dont le Grenelle a admis les principes. Aux acteurs de l’insertion de répondre aux demandes et non aux personnes en recherche d’insertion de s’adapter aux arcanes administratifs de services souvent mal coordonnés. Ensuite, cette accessibilité est rendue possible par la simplification des dispositifs. Ainsi, le contrat unique d’insertion, une des revendications CFDT, devrait être l’un des acquis importants du Grenelle : un seul contrat pour le secteur marchand au lieu de quatre, un seul pour le non-marchand au lieu de trois auparavant…
La simplification devrait aussi être rendue possible par une meilleure coordination entre les différents niveaux de décision : État, région, département, bassin d’emploi. Ces quatre niveaux devant à terme travailler ensemble et sortir d’une logique d’empilement, le plus souvent sans grands liens entre eux. Cette nécessité de coordonner l’accompagnement doit aussi se retrouver dans une approche combinant emploi, formation et insertion professionnelle en associant les personnes concernées. Pour la CFDT, le lien doit être trouvé dans les négociations visant à construire la sécurisation des parcours professionnels, en particulier sur la formation professionnelle et l’assurance-chômage.
Concernant la mobilisation des entreprises, l’accord semble trouvé pour introduire le thème de l’insertion dans le champ du dialogue social. Quant au service public, il sera invité à passer d’une conception de l’insertion comme variable d’ajustement à une voie exemplaire de recrutement et de transformation du management.
Si la CFDT salue le processus de concertation, elle prévient toutefois qu’il prendra tout son sens s’il est suivi de réformes législatives et contractuelles. Le Grenelle doit enfin, pour la CFDT, donner lieu à une politique de long terme assortie de clauses de suivi et ainsi donner de nouveaux rendez-vous à la société civile.

25.04.2008

La CFDT et mai 68

d8d05780f86422b4af05847f228a00ac.jpgLivres, DVD, documentaires à la télévision, affiches, débats : difficile d’échapper au 40ème anniversaire des évènements de mai 68. Pour ma part, je conseille vivement la lecture de l’ouvrage en 2 tomes de Patrick Rotman et Hervé Hamon, Génération.
Il semble d’ailleurs qu’un certain candidat aux élections présidentielles de 2007 ait eu envie de fêter en avance l’anniversaire. En effet, Nicolas Sarkozy a mis mai 68 sur le devant de sa campagne électorale en le rendant responsable de toutes les dérives de notre société. Il a conclut sa diatribe en promettant de liquider l’héritage de mai 68 et ainsi résoudre comme par enchantement tous les problèmes. Voilà encore une des nombreuses promesses, comme l’amélioration du pouvoir d’achat, que le président aura du mal à tenir étant donné la régression que serait la remise en cause des apports de mai 68.
Si on applique cette résolution au droit syndical, ce serait la fin pure et simple de la section syndicale qui fut créé suite aux accords de Grenelle. Un comble à un moment où l’on cherche au contraire à renforcer le poids et la représentativité des syndicats.
En ce qui me concerne, étant trop jeune (j’avais 1 an et demi en mai 68), je n’ai pas connu cette période mais cela ne m’empêche pas de m’y intéresser à plusieurs titres. Mai 68 s’inscrit dans une période très riche en matière de politique intérieure, de politique internationale, d’économie, de société. Si l’on regarde les années 60 et 70 dont mai 68 a été l’apogée, on constate les importantes accélérations qui ont fait entrer la France et le reste du monde dans la modernité. On peut citer en vrac la décolonisation, la féminisation du marché du travail, l’industrialisation et l’essor du secteur tertiaire, l’avènement de la société de consommation, le déclin des vieux partis de gauche (parti communiste, SFIO, parti radical), l’espoir éphémère d’un renouveau à gauche avec Mendes-France et le PSU, l’émergence dans la douleur des pays du tiers monde etc.
En tant que militant politique et syndicaliste, tous ces bouleversements font que je m’intéresse énormément à cette période. Le fait aussi que la gauche et l’écologie ne parviennent pas à rénover sa pensée me donne envie de me plonger dans le bouillonnement politique et social des années 60/70. Etudier le passé peut donner des pistes pour l’avenir.
C’est pourquoi j’ai assisté au colloque organisé mardi dernier par la CFDT sur mai 68. L’objectif de cette manifestation était de brosser un portrait le plus complet possible des évènements. Elle a notamment insisté sur la grève massive de près de 7 millions de salariés que l’on a tendance à oublier au profit des barricades et des affrontements entre les jeunes et la police.
Elle a divisé ce colloque en 3 tables rondes en invitant des personnalités dont le profil permettait d’avoir une vision d’ensemble de mai 68.
La 1ère table ronde réunissait des acteurs connus ou inconnus qui ont vécu les évènements à différents niveaux. C’est ainsi que Marie-Colette Patin, bobineuse et délégué CFDT dans une usine du textile, nous a raconté avec enthousiasme et émotion comment elle avait vécu le mouvement de grève dans son entreprise. Les difficiles conditions de travail de l’époque et la chape de plomb instaurée par une hiérarchie pesante. Elle a surtout insisté sur l’effet libérateur qu’a eu le mouvement sur les ouvriers, sur le fait que mai 68 a permis de libérer la parole surtout chez les femmes. De son côté, Edmond Maire, ancien secrétaire général de la CFDT, a rappelé que mai 68 a 2 visages et qu’il s’agit aussi d’un mouvement social massif aussi important et plus dur qu’en 1936. Alain Geismar, ancien secrétaire général du Snesup, a plutôt évoqué l’état de l’université dans les années 60. Dernier intervenant de la table ronde, Edouard Balladur, ancien 1er ministre de 1993 à 1995, était le conseiller social de Georges Pompidou lors des négociations de Grenelle. Il a donné sa propre vision du mouvement en étant du côté du gouvernement et malgré un point de vue logiquement plus nuancé, il est hors de question de liquider l’héritage de mai 68.
Les intervenants ont tous mis en avant l’effet libérateur du mouvement social sur les salariés qui ont pu s’exprimer librement au cours du conflit.
La 2ème table ronde était consacré aux anciens pays de l’est dont certains ont connu à peu près au même moment une période de libéralisation. Jacques Rupnik, historien spécialiste de l'Europe centrale, est intervenu plus particulièrement sur le printemps de Prague, une expérience de « socialisme à visage humain » qui s’est terminée dans le sang. Quant à Bronislaw Geremeck, député polonais au Parlement européen, il a parlé de la révolte des étudiants de Varsovie, une révolte qui n’a pas pu faire la jonction avec le monde ouvrier contrairement à mai 68. Il a profité de l’occasion pour remercier chaleureusement la CFDT pour son soutien à la lutte en faveur de la démocratie en Pologne, particulièrement lors de la grève des chantiers de Gdansk et la création de Solidarnosc.
La 3ème table ronde avait comme difficile mission de débattre de l’héritage de mai 68 pour la CFDT et de dégager ce qui reste aujourd’hui du plus grand mouvement social de notre histoire. François Dubet, sociologue des mouvements sociaux, a livré une comparaison pessimiste entre notre société matérialiste d’aujourd’hui et un mai 68 utopique en insistant sur la faillite de l’éducation. Frank Georgi, historien du syndicalisme, a fait un rapide panorama de l’évolution de la CFDT depuis 1968. Il distingue 2 grandes périodes :
- 1968-1974 correspondant à la mise en avant de l’autogestion avec, comme point d’orgue, le conflit à LIP comme point d’orgue,
- après 1974 correspondant à la phase de resyndicalisation et de recentrage
Françoise Picq, historienne du féminisme, a mis en avant l’apport essentiel de mai 68 en matière de droits pour les femmes mais aussi a déploré le fait que le combat en faveur de l’égalité hommes-femmes connaît quelques ralentissements. François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a fait le lien entre l’actualité syndicale et l’influence de mai 68, en particulier sur l’importance accordée par la CFDT au contrat, à la démocratie sociale.
Même si la CGT est restée la 1ère organisation syndicale suite à la grève, mai 68 a permis l’émergence de la CFDT qui n’avait que 4 ans d’existence suite à un long conflit avec la CFTC. Déjà à l’époque, la CFDT pratiquait un syndicalisme différent, à base d’expertises et de travail sur le terrain. Elle était beaucoup plus en phase avec le mouvement étudiant alors que la CGT, fidèle au parti communiste, était beaucoup plus méfiante.
Cette différence s’est aussi retrouvée dans les revendications portées par les centrales syndicales lors des négociations de Grenelle. Alors que la CGT était plus classique avec des exigences salariales, la CFDT mettait en avant le droit syndical dans les entreprises afin de mieux organiser les salariés, de promouvoir leur droit d’expression et ainsi obtenir un contre-pouvoir plus efficace. Il est d’ailleurs intéressant de faire le parallèle avec les actuelles discussions sur la représentativité des syndicats destinés comme en 68 à améliorer le dialogue social.

Pour consulter la page spéciale mai 68 du site internet de la CFDT, cliquer ici

21.02.2008

Agenda-Nuit solidaire pour le logement

b2173a56a9c77a3d76eea3961c8878fb.jpg27 associations en faveur du logement appellent à une manifestation jeudi 21 février à partir de 18 h 30 place de la République à Paris.
La CFDT appelle à se joindre à ce rassemblement.


Pour la CFDT, il s'agit d’appuyer la demande des associations de compléter les mesures gouvernementales en faveur du logement. Des mesures jugées décevantes car elles ne sont pas de nature à améliorer durablement les conditions de vie des personnes sans abri et mal logées, ou à fluidifier l’ensemble de la chaîne de l’hébergement au logement. Les associations évaluent l’effort nécessaire à 1,5 milliard d’euros pour 2008, or 250 millions seulement sont prévus.
En relayant cet appel, la CFDT veut aussi montrer que le logement est une préoccupation de l’ensemble des salariés et qu’il empiète de façon de plus en plus préoccupante sur leur pouvoir d’achat.
Militants, adhérents et salariés sont invités à se joindre à cette nuit solidaire pour le logement. Anousheh Karvar, Jacky Bontems, et Jean-Louis Malys, secrétaires nationaux se rendront place de la République.

20.02.2008

Le logement doit devenir une grande cause nationale

8816b58338b4fb551caff8c700087d2d.jpgEditorial de Jacky Bontems Secrétaire National de la CFDT–Syndicalisme hebdo du 21 février 2008

En soutenant l’appel de 27 associations de lutte pour le droit au logement qui dénoncent le manque de volonté politique pour permettre aux sans-logis de sortir de la rue, la CFDT réaffirme ses exigences en matière de politique du logement.
Rappelons que la réalité du mal-logement ne concerne pas seulement les personnes à la rue ou en hébergement d’urgence qui sont pour un tiers d’entre elles des salariés, à Paris par exemple. Plus de 600 000 familles vivent dans des conditions d’insalubrité et elles sont de plus en plus nombreuses à consacrer une part, devenue insupportable, de leur budget pour se loger, avec pour conséquence un reste-à-vivre insuffisant pour autre chose que le strict minimum.
L’action menée par ces associations a le mérite de rendre visible l’urgence du problème et de montrer une réalité intolérable. C’est pourquoi la CFDT soutient sans réserve le rassemblement « La Nuit solidaire pour le logement » du 21 février à Paris et appelle ses militants et adhérents à le rejoindre.
Pour autant, il faut insister avec force sur la nécessité de mener une politique qui permette à tous d’accéder à un logement en rapport avec ses besoins et ses revenus et de s’y maintenir. Comment ne pas rappeler qu’en quelques années, sous l’impulsion des partenaires sociaux et en particulier de la CFDT, que le 1 % logement est passé de 200 000 services proposés par an aux salariés, à plus d’un million. Des services qui s’appellent Locapass et garantie du risque locatif [GRL] et qui facilitent l’accès au logement. Précisons aussi que la rénovation urbaine dans les quartiers défavorisés ne se serait pas concrétisée si le 1 % logement ne l’avait pas soutenue financièrement. Soulignons enfin que pendant cette même période l’engagement de l’État est passé de 2,3 % du PIB à 1,78 % aujourd’hui.
Mais le combat principal, celui qui doit permettre de construire beaucoup plus de logements accessibles, est loin d’être gagné. C’est en cela que l’action des associations nous paraît non seulement légitime mais indispensable. Produire plus de logements c’est éviter que la loi Dalo (droit au logement opposable) ne soit pas vécue seulement comme un aménagement des listes d’attente en faveur des plus démunis. Autrement dit, qu’elle ne se concrétise qu’en opposant exclus aux pauvres et pauvres aux modestes. Cela passera notamment par de dissuasives condamnations pour les communes réticentes à produire du logement social.
Pour la CFDT, toutes les actions pour éradiquer le mal-logement, souvent menées en ordre dispersé, devront finir par se rejoindre. Le mal étant tellement profond, tellement banalisé, il est donc nécessaire de faire converger les mobilisations pour qu’enfin le logement devienne une grande cause nationale.

18.02.2008

Nuit solidaire pour le logement

2a1e32cae6249fe27deef3e311cd31ea.jpgA l'appel de 30 associations et fédérations nationales, « une nuit solidaire pour le logement » est organisée le jeudi 21 février prochain à partir de 18 H 00, place de la République.
L’Union régionale CFDT Ile-de-France développe depuis maintenant plusieurs années un important travail autour du logement qui connait une grave crise dans notre région.
Dans ce cadre elle s'est engagée depuis plusieurs années, dans une action commune avec le mouvement associatif afin de mettre fin à des situations inacceptables : personnes sans abri, existence de logements insalubres, insuffisance grave d’hébergement d’urgence...
Dans la suite logique du travail entrepris, la CFDT Ile-de-France appelle l’ensemble des équipes franciliennes à rejoindre l’initiative du 21 février.

Lire le texte de l'appel


Lire le tract des signataires de l'appel

11.02.2008

Sauvegardons la laîcité de la république

2bff62ad48f4731b0bdf33b5ff7833ea.jpgUne pétition en faveur de la laîcité circule actuellement après les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy sur la place de la religion dans notre société.
Dans son discours de Latran, le président est sorti de sa réserve due à sa fonction en critiquant la laîcité pilier de notre république.
Cette critique s'est accompagnée d'une vision positiviste de l'apport des religions, faisant abstraction des millions de victimes dues aux fanatismes cléricaux (guerres de religion, colonisation, inquisition, pogrom).
Voici le texte de la pétition


Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.
La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable. Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quelles que soient ses origines, ses choix philosophiques ou ses convictions religieuses.
Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.
Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute leur place au doute, à l’imagination et à la créativité.
C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité.

Signer la pétition

04.01.2008

L'inquiétant pacte de Sarkozy au Vatican

0b0a40400dc3b4f9675cc61639b9ec0e.jpgLIBERATION-2 janvier 2008-Blog Le Contre-Journal

Dans une analyse du discours et de « l’adoubement » du président français au Vatican, Christian Terras, directeur de la revue Golias, estime que « Sarkozy réimplante quelque chose qu’on croyait d’un autre âge ». « Même s’il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905 », explique-t-il. Décryptant les emprunts idéologiques à Le Pen et Maurras, il estime que Sarkozy est porteur d'une «vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde».
Christian Terras est l’auteur de Benoit XVI ; le pape intransigeant (2005), L’opus Dei, une église dans l’église (2006), Le retour des intégristes (2007) aux éditions Golias. Il dirige le site golias.fr. et l’hebdomadaire Golias, dont un numéro consacré au discours de Sarkozy au Vatican doit paraitre jeudi 3 janvier.

Dans le prochain numéro de Golias, vous analysez la visite de Nicolas Sarkozy au Vatican. Vous l’avez intitulé «Le sermon du Chanoine Sarkozy: catholique et français toujours?»…
Christian Terras. « "Catholique et français toujours" c’est une vieille rengaine qu’on reprenait dans les églises autrefois. La marque, proprement ahurissante, du discours de Nicolas Sarkozy, c’est de ne pas parler au nom de tous les français, mais à partir d’une vision catholique très traditionnelle qu’il assume comme la sienne et celle de l’Etat français. Dans ce discours à l’église, il ne tient aucun compte des apports spirituels, humanistes, culturels non seulement des religions non catholiques, mais des religions chrétiennes – comme la réforme -, sans parler des agnostiques et des athées. Il estime du reste que l’aspiration spirituelle qui est en tout homme ne trouve sa réalisation que dans la religion. C’est donc d’entrée de jeu un parti pris, sur la base d’une sensibilité, d’une vision catholique que l’on peut qualifier de traditionaliste qu’il présente comme celle de la France. Il met aussi gravement en cause l’exercice laïc de la fonction présidentielle puisqu’il identifie son engagement politique à une vocation sacerdotale. Pour parfaire son identification personnelle aux ministres de droit divin, il est allé jusqu’à dire «sachez que nous avons au moins une chose en commun, c’est la vocation. On n’est pas prêtre à moitié on l’est dans toutes les dimensions de sa vie, croyez bien qu’on n’est pas Président de la République à moitié, je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi même, je sais ce que j’ai fait pour réaliser à la mienne». C’est à mes yeux incroyable. La réalisation de sa mission politique, les sacrifices personnels qu’il évoquait durant la campagne électorale, sont dans le droit fil d’une vocation sacerdotale.
On a beaucoup remarqué les signes donnés au Vatican – le baise main au pape, l’allusion au baptême de Clovis…
Il donne des signes de ce qu’on appelait autrefois la chrétienté. Il s’est mis au passage à l’égal du Pape. Quand il dit «comme Benoît XVI je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique religieux spirituel de son histoire commet un crime», ou encore «je partage l’avis du pape quand il considère que l’espérance est une des questions les plus importantes de notre temps»… Non content d’être le premier personnage de la France, il se met à égalité avec le premier personnage de l’église catholique romaine. Ca va très loin puisqu’il se permet de souffrir avec ceux qui ont souffert ou qui souffrent encore des lois de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dont il est théoriquement le gardien! Il dit «je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoqué en France chez les catholiques, les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905»… Dans une espèce d’exhortation urbi et orbi, il va aller jusqu’à pâtir avec les séminaristes du séminaire français comme jamais il ne l’a fait avec aucun sans papier ou autre insignifiant du pays. Il dit aux séminaristes «Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement ou la solitude. Je sais aussi que la qualité de votre formation, la fidélité au sacrement, la lecture de la bible et de la prière vous permettent de surmonter ces épreuves»...
C’est le premier chef d’Etat français qui prend cette position…
Absolument. Dans la tradition radicale socialiste, Chirac qui était un président de droite restait frappé du bon sens de la culture traditionnelle laïque française. Même de Gaulle qui était un catholique très pratiquant ne s’était jamais risqué avec les autorités pontificales romaines ou autres autorités hexagonales à un tel mélange de genre. Jamais. De Gaulle refusait de communier par exemple parce qu’il incarnait la France dans toutes ses composantes et qu’il ne pouvait pas donner un signe ostentatoire d’adhésion à une philosophie à un credo, fusse-t-il catholique, à la nation. Il le faisait en privé. Alors que Sarkozy s’exhibe. Tout en revendiquant, dans le même discours, «la liberté ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires». Il fait allusion à l’islam et au voile islamique. Mais on pourrait se poser des questions sur ses pratiques ostentatoires présidentielles et sa vision sur la religion. Le sommet, c’est la concurrence entre l’instituteur et le curé. Je cite: «dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et la charisme d’un engagement porté par l’espérance». C’est inimaginable d’entendre ça dans la bouche d’un président de la République. Les enseignants, les pédagos de la laïque, engagés dans les écoles difficiles par exemple dans la banlieue où ils donnent de leur vie, de leur temps, de leur exigence familiale, vont apprécier. C’est un discours qu’il n’a pas écrit. Pas plus qu'Henri Guaino. D’après notre enquête, c’est un dominicain qui s’appelle Philippe Verlin. Il pose une vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde. Au final, Nicolas Sarkozy nous en fait une religion à l’américaine. Les communautés avant la citoyenneté, au risque de favoriser le communautarisme.»
Est-ce que ce positionnement est lisible dans le parcours de Sarkozy?
Sarkozy n’est pas un intellectuel, c’est un pragmatique. Et sur la question religieuse, il en est à la religion de son enfance. Il n’y a pas d’évolution dans son intelligence de la foi par rapport à ce qu’on lui a transmis quand il était jeune. Il a sa propre géopolitique religieuse. Pour lui une société qui n’est pas référencée dans le sens ultime du christianisme et du catholicisme, c’est une société qui court à sa perte. Dans son livre sur la religion l’espérance et la république, c’est idéologiquement chevillé au cœur, c’est la conviction que la République ne peut pas avoir un sens ultime pour la cohésion sociale.
L’incursion de la religion en politique évoque beaucoup l’utilisation du catholicisme par Le Pen dans ses meetings…
Sans faire référence au décalogue, c’est la même chose. C’est Le Pen en plus soft. Mais cela rappelle historiquement Charles Maurras. Maurras ne croyait pas, mais il trouvait dans l’église catholique le système parachevé qui pouvait permettre à un Etat de trouver le sens de sa destinée sur terre, par rapport aux missions de Dieu, pour que les responsables politiques puissent vivre en bonne intelligence. Pour moi, Sarkozy emprunte au système maurassien. De l’utilité du système ecclésiastique pour cimenter la cohésion sociale. Je vous donne, je vous délègue, je décentralise la question du sens et cela me permet de gérer les affaires en fonction de mon programme politique. Cela veut dire aussi j’abdique ce que la République en elle même porte comme sens. La dangerosité de ce discours, c’est quelque chose qui est passé complètement sous silence pendant la campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy ne pouvait engager un débat sur la laïcité au moment des élections: cela mettait le feu aux poudres. Il ne peut le faire qu’en le distillant. C’est sa conception de la laïcité. Même s’il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905. C’est la première fois sous la cinquième République qu’un Président de la République écrit au pape - qui l’avait félicité pour son élection -, une lettre de quatre pages pour lui donner son programme politique à la lumière de l’éclairage de l’église et du sens spirituel. D’habitude les présidents font dix lignes.
Au sein du RPR ou de l’UMP, le discours religieux n’avait aucune place jusqu’à présent…
Sarkozy réimplante quelque chose qu’on croyait d’un autre âge. C’est sa propre vision des choses mais c’est aussi l’aspiration d’un certain nombre de catholiques de droite. Même dans un journal comme La Croix, qui conserve un certain pluralisme, on n’a pas trouvé une critique, ni même l’écho d’une critique du discours de Sarkozy. Parce que dans l’église catholique, ce discours porte. Il scelle une espèce de pacte avec les catholiques français de droite. Sarkozy met le curseur sur la religion majoritaire. Il leur promet ses faveurs. Et bien sûr, il attend un retour d’ascenseur. Il leur parle de «participer à la pacification» de l’hexagone. Il leur dit «Je vous soutiendrais pour participer au débat et à la mise en œuvre des lois sur la bio éthique». Et il espère un soutien pour «son grand dessein de la Méditerranée» qui rencontre l’intérêt du Saint Siège par exemple. Rien n’est gratuit. Ce n’est pas uniquement convictionnel. C’est aussi pour obtenir des cathos une alliance et une mobilisation sur les sujets sensibles. Dans certains sites cathos, non pas intégristes mais traditionalistes, Nicolas Sarkozy est présenté comme le personnage providentiel dont la France chrétienne avait besoin. A travers ce discours au Latran, il est perçu comme celui qui sur le plan sociétal et civilisationnel, va faire se rencontrer la République et l’Eglise. On n’est pas dans la théocratie, mais je crains qu’on ne s’oriente à terme à une remise en cause inquiétante de la laïcité française.
Quelle importance accordaient les autres présidents français au titre de chanoine de Latran?
L’insignifiance totale pour les précédents. Par contre, avec l’accueil du cardinal Vicaire de Rome Camillo Ruini à la basilique de Latran, Nicolas Sarkozy s’est glissé dans le lit du corps ecclésiastique. Comme chanoine de Saint-Jean-de-Latran, il a même remercié le cardinal Ruini de le recevoir en son chapitre – c’est la communauté des chanoines, le chapitre. En son chapitre! Il prend possession de Saint-Jean-de-Latran, compte tenu de ce que ce rite désuet lui donne symboliquement comme fonction. Mais de ce rite désuet et symbolique, il en tire un argument politique. Monseigneur Ruini, je vous reçois chez moi à Latran. Et chez moi, à Saint-Jean-de-Latran, je vais vous parler, au sein de mon chapitre, et je vais vous donner mon programme, sur les rapports entre la religion, la politique et l’espérance. Et ça c’est très fort, parce qu’il politise un symbole. Par cette solennité, cette prise de possession des lieux, il en a fait un adoubement. Avec Sarkozy, on a un président qui est missionné presque mystiquement aujourd’hui. La réaction des cardinaux présents montraient qu’il était adoubé pour être pour le Vatican l’un des grands hommes d’Etat de la planète qui portera les valeurs du catholicisme. Cet adoubement là n’a jamais eu lieu avec les autres présidents de la République.

Propos recueillis par Karl Laske

03.01.2008

Adieu 2007, bonjour 2008 !

19c2c0d4a0f960945656368b41f313a1.jpgCa y est, nous sommes officiellement en 2008 et pour moi, cela signifie reprendre le boulot après 10 jours de vacances.
C’est aussi le moment d’adresser mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année en espérant qu’elle apportera un peu plus de bonheur à un monde encore marqué par la pauvreté, le terrorisme, les discriminations et les atteintes à l’environnement.
En dehors que du fait que c’est une année bissextile (une bonne nouvelle pour celles et ceux nés un 29 février), 2008 sera important pour mon activité militante.
Ce sont d’abord les élections municipales du 9 et 16 mars qui retiendront l’attention du monde politique.
Premier test électoral pour Nicola Sarkozy, elles devraient permettre de mesurer l’impact de sa politique auprès des citoyens même si les enjeux locaux sont tout aussi importants.
C’est par contre une échéance essentielle pour les Verts car après les échecs des présidentielles et des législatives, il s’agira de démontrer que les Verts sont toujours présents et restent, malgré les difficultés, indispensables pour faire avancer l’écologie.
A Paris, il nous sera difficile de réitérer les résultats de mars 2001 (12,5 % des voix et 24 conseillers de Paris).
Une bonne valorisation du bilan des élus Verts et un projet mettant l’écologie au cœur des politiques publiques peuvent nous permettre de tirer notre épingle du jeu.
Le principal problème réside actuellement dans la forte personnalisation de la 1ère phase de la campagne qui a bénéficié à Bertrand Delanoe, largement en tête dans les sondages.
Dans le 17ème arrondissement, la situation de 2008 est complètement différente de celle de 2001, la droite étant unie cette fois-ci après que les tibéristes soient rentrés dans le rang.
Même si la gauche a régulièrement progressé, il lui sera impossible de ravir la mairie à l’UMP et très difficile de la défier lors d’un 2ème tout.
L’objectif sera alors que Mme De Panafieu fasse le plus petit score possible et ainsi l’affaiblir en tant que tête de liste parisienne pour l’UMP.
Quant aux Verts, il sera difficile de retrouver nos deux postes de conseillers d’arrondissement sortants obtenus dans une liste d’union de la gauche.
Mais les élections municipales, ce n’est pas uniquement Paris, voici quelques villes que je suivrais plus particulièrement :
- Mauvezin : le village du Gers où j’ai grandit
- Toulouse : j’y ai fait mes études accompagnées de fêtes mémorables
- Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées) : Laurent Grandsimon, un copain de lycée, se présente contre la maire actuel
Autres évènements politiques : journées d’été des Verts au mois d’août, cycle des assemblées générales des Verts en novembre et décembre (AG parisienne, régionale, nationale)
Une autres élection dominera l’actualité syndicale en décembre 2008 : les élections prud’homales.
Les salariés et les employeurs devront élire les conseillers prud’hommes, des juges chargés d’arbitrer les conflits liés à l’exécution du contrat de travail et à l’application du Code du Travail, des accords collectifs.
En l’absence d’autres mesures, il s’agit de juger de la représentativité des syndicats malgré le fort taux d’abstention qui, sans une amélioration, met à mal le processus original de mise en place. Pour cela, on peut noter des modifications par rapport au scrutin précédent : une utilisation facilitée du vote de correspondance, la mise en place du vote électronique pour les salariés basés à Paris (même s’il subsiste des zones d’ombre sur son utilisation)
Pour la CFDT, l’objectif est double : faire progresser son score national de manière significative et conserver son premier rang chez les cadres.
Pour y arriver, la CFDT compte sur son réseau de militants et sur ses infrastructures pour mener une campagne de proximité afin d’inciter en priorité ses adhérents à voter pour ses listes.
Autres dossiers syndicaux : mise en place du plan de travail du syndicat CFDT des Banques Ile de France, négociations chez Cortal Consors (emploi des handicapés, Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, salaires).
Que ce soit dans le domaine politique ou le champ syndical, 2008 sera une année chargée : au boulot !

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