17.05.2008

PS : le réformisme n’interdit pas le rêve

d797a87236cd7e57d39cec45e2b56836.jpgLaurent Joffrin directeur de la rédaction de Libération.
REBONDS : vendredi 16 mai 2008


Mauvaise foi congénitale des élites libérales… Pendant plus de vingt ans, elles ont taxé d’archaïsme la gauche française trop dévouée à la tradition marxiste. Voyant que le PS adopte une nouvelle déclaration de principes qui le rapproche des réalités contemporaines, elles présentent ce tournant comme un non-événement et le nouveau texte comme la énième mouture d’une idéologie défunte. Les classes dirigeantes, décidément, ne seront satisfaites que lorsque la gauche rejoindra la droite…
Pourtant le texte rédigé par Alain Bergounioux et Henri Weber, proposé aux votes des militants du PS pour remplacer l’ancienne charte adoptée en 1995, mérite qu’on s’y arrête. Il traduit une mutation tardive mais fondamentale du paysage idéologique à gauche. Ce virage, il faut le rappeler, a été pris sous l’égide de François Hollande, dont on dit tant de mal, mais qui a changé en profondeur les idées de son parti.
Quel changement ? La répudiation définitive du marxisme ; l’irruption de l’écologie au cœur de la doctrine ; la critique essentiellement morale du capitalisme contemporain. La rupture se mesure dès la première phrase : «Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières.» On rompt ainsi avec un siècle de manifestes flamboyants fondés sur la lutte des classes. C’est la Révolution française qui inspire les socialistes français et non plus la révolution prolétarienne, celle que Marx a prophétisée et qui n’a débouché que sur la barbarie du goulag, ou celle dont rêvent encore certains militants de la gauche radicale. «L’espérance révolutionnaire», citée dans la précédente charte, disparaît. Pour se référer à un débat fameux des années 1890, Bernstein le réformiste l’emporte enfin sur Kautsky le gardien du temple et a fortiori sur Lénine ou Rosa Luxembourg. Les socialistes français se situent dans le cadre de l’économie de marché, «sociale et écologique», consubstantielle à la démocratie, qui est «une fin et un moyen». Ils veulent améliorer ici et maintenant le sort des plus défavorisés, sans les bercer de l’illusion du Grand Soir, serait-il électoral. «L’égalité est au cœur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les libertés». La liberté est donc une condition de l’égalité et non l’inverse. Confirmation donc : l’individu libre est à la base de l’édifice intellectuel socialiste et non ces structures lugubres et impersonnelles désignées par les marxistes ou par un Pierre Bourdieu comme l’ultima ratio déterminant la vie humaine. Le socialisme n’est pas le produit inéluctable du devenir historique. Il est une quête morale pour la justice que les hommes sont libres de choisir ou de refuser. Ainsi, le réformisme, jusqu’ici pratique honteuse de la gauche de gouvernement, est-il officialisé dans l’opposition. Même si les socialistes de toute l’Europe ont précédé le PS français dans cet aggiornamento, saluons à sa juste valeur l’effort de cohérence…
5c04a6d72660809455a4fa506489e071.jpgQuelle est, dira-t-on, l’importance d’une déclaration générale que personne ne lit, qui n’engage à rien de précis et qui ne manquera pas, à peine publiée, de rejoindre le musée des chartes de principe de la gauche raisonneuse ? Erreur : ce tournant doctrinal recouvre un changement en profondeur de l’idée de gauche en France. Il suffit pour le constater d’ouvrir quelques-uns des livres que les socialistes, laissés oisifs par la défaite, publient ces dernières semaines en rafale. Deux d’entre eux sont particulièrement éclairants. Ancien directeur de cabinet de Michel Rocard, aujourd’hui président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon livre à Denis Jeambar, directeur des éditions du Seuil, ses réflexions sur l’après-défaite (1). Langue claire et tête bien faite d’énarque socialiste et d’élu de terrain : Huchon renvoie aux oubliettes l’ancienne langue de bois des congrès pour dérouler un projet animé avant tout par l’application réaliste des principes de justice. Décideur, gestionnaire, Huchon ne veut que des analyses lucides sur la place de la France dans la mondialisation et des idées applicables pour changer le sort des démunis. Héritier du rocardisme, il plaide pour une France girondine où l’Etat central jouerait un rôle plus limité et où le secteur privé donnerait sa mesure dans une relation de contrat avec la puissance publique. Un socialisme trop recentré et trop raisonnable ? Pas forcément. Huchon, en fédéraliste européen - et en amateur de rock très cosmopolite - se dit prêt à fondre la citoyenneté française dans un ensemble européen politiquement unifié. La démocratie comme seul horizon, loin des vertiges identitaires, dans une Europe devenue nation : le réformisme n’interdit pas le rêve.
Candidat déclaré à la présidence de la République, pressé d’entrer en lice, Manuel Valls, catalan au sang chaud, élu socialiste d’Evry, renverse avec encore plus de désinvolture les totems de sa tribu. Dans un dialogue très direct avec Claude Askolovitch (2), il prend à rebrousse-poil tout ce que la gauche française compte d’orthodoxes et de bien-pensants. Blairiste revendiqué, il défend à la fois le pragmatisme économique, les valeurs du marché, l’autorité dans l’éducation et la fermeté en matière de lutte contre la délinquance. Il veut même que le parti abandonne son nom de socialiste… Comme Huchon, il oppose à la pureté verbale des congrès de parti l’expérience mélangée du responsable de terrain. Il y a, au sein du PS, un socialisme municipal et régional, tout de pragmatisme social-démocrate, qui joue le rôle d’un lobby réaliste de plus en plus puissant. Ainsi, pour la première fois depuis un siècle, le congrès socialiste ne se gagnera pas à gauche. Ainsi la nouvelle charte socialiste couronne-t-elle un édifice que l’expérience de la défaite a transformé en profondeur, qui a définitivement choisi Jaurès contre Guesde, Blum contre Marceau Pivert et même, on le sent, Mendès contre Mitterrand. La première gauche se fond dans la deuxième : cette transmutation aura des conséquences politiques profondes.

(1) De battre, ma gauche s’est arrêtée, Jean-Paul Huchon avec Denis Jeambar, Seuil.
(2) Pour en finir avec le vieux socialisme, Manuel Valls avec Claude Askolovitch, Robert Laffont.

26.04.2008

Interview de Nicolas Sarkozy : "un exercice de justification peu convaincant"

19115c2c9110307d1264316781e89950.jpgDépêche AFP suite à l’interview du président de la République sur les chaînes télévisées

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé jeudi que Nicolas Sarkozy s'était "livré à un exercice de justification peu convaincant, avec des approximations sur des sujets importants" lors de son interview télévisée.
Le président de la République "a reconnu avoir fait des erreurs mais en fait, il ne change rien, en particulier sur le pouvoir d'achat", a déclaré M. Chérèque à l'AFP.
Sur les retraites, selon le leader syndical, Nicolas Sarkozy "ne connaît pas la loi" car il "a oublié un élément important : dans la loi il est marqué que le gouvernement pouvait ajuster le passage à 41 ans s'il n'y avait pas une évolution du taux d'activité des personnes de plus de 50 ans".
"Sur les sans papiers, par deux fois il a confondu devenir Français et avoir l'autorisation de venir travailler en France, alors que les sans-papiers demandent tout simplement l'autorisation de venir travailler légalement", a relevé M. Chérèque.
Le dirigeant cédétiste a aussi reproché au chef de l'Etat d'avoir "eu une phrase terrible vis à vis de la jeunesse : « si on n'est pas inquiet quand on est jeune, alors on n'est pas jeune »".
Enfin, concernant les chômeurs, la CFDT souhaite "que l'offre valable d'emploi soit définie entre le chômeur et le service public de l'emploi" et non "par la loi" comme le veut M. Sarkozy.

20.03.2008

Municipales 2008 (2) : Paris s’affirme à gauche, les Verts en chute libre

0e73853592b5ebc3aab06e32b4def206.jpgDelanoe et le PS sortent renforcés
Bertrand Delanoe n’a pas réussit son pari de gagner des arrondissements traditionnellement situés à droite comme le 1er, le 5ème, le 15ème et le 17ème. En effet, l’UMP a résisté à la 2ème vague rose en conservant ses mairies d’arrondissement malgré le fait d’avoir réalisé leur plus mauvais score.
Un déception de taille avec la réélection de justesse de Jean Tibéri à la mairie du 5ème arrondissement grâce au maintien du Modem qui a perdu des voix par rapport au 1er tour. La stratégie du Modem est décidément difficilement compréhensible.
Le bon score de la gauche dans ces arrondissements lui permet quand même de grappiller des postes de conseiller de Paris supplémentaire. Elle a parallèlement renforcé ses positions avec des scores « soviétiques » par exemple dans le 10ème avec 74,96 % des voix, dans le 18ème avec 72,50 %, dans le 13ème avec 69,88 %. Les deux arrondissements clés du scrutin, à savoir le 12ème et le 14ème, ont été aisément conservés avec respectivement 64,77 % et 57,37 %.
Le maire Vert sortant du 2ème Jacques Boutault, à la tête de la liste d’union PS-Verts-PC, a été brillamment réélu avec plus de 68 % des voix. Une maigre consolation au regard du très mauvais score des Verts au 1er tour qui a vu ses résultats divisés par 2 suite à la perte d’une grande partie de son électorat en faveur des socialistes et,dans une moindre mesure, du Modem.
Cela démontre la plus grande capacité de Delanoe à récupérer à son profit le bilan positif de la mandature passée et de personnaliser le scrutin dans la plus grande tradition de la Vème république.
Pour les Verts, le réveil est douloureux et les légitimes interrogations quant à la pertinence de la stratégie pourraient laisser la place aux règlements de compte. Nous payons notre incapacité à nous développer face au PS qui est de plus en plus hégémonique. Après les échecs des présidentielles et des législatives, il est urgent pour les Verts d’entamer un véritable processus de rénovation en dehors de toute lutte personnelle.
Les chantiers sont nombreux et lourds comme l’élaboration d’une ligne politique claire, un fonctionnement simplifié à travers un exécutif fort, une communication externe cohérente, des militants plus nombreux et plus représentatifs de la société d’aujourd’hui, une ouverture plus large vers la société civile.
Malgré quelques tentatives trop timides, ce travail de refondation a toujours été occulté par les nombreuses séquences électorales ou par la préparation de nos congrès. C’est ainsi que nous nous sommes souvent retrouvés avec des majorités bancales, incohérentes qui ne résistent pas aux divergences politiques et aux attaques personnelles. Il est temps que cela s’arrête afin de laisser la place à de vrais débats de fonds comme la place de l’écologie et des Verts sur l’échiquier politique d’aujourd’hui.

a40e37d173c1b685788a3395d53746da.jpg17ème arrondissement : la gauche perd mais réalise un score historique
Françoise de Panafieu n’a pas finalement bu le calice jusqu’à la lie après avoir difficilement conservé la mairie du 17ème arrondissement. Un succès éphémère puisqu’elle a décidé de ne pas se représenter comme maire suite à sa cinglante défaite sur Paris.
Mis en ballotage pour la 1ère fois, l’UMP a réalisé dimanche son plus mauvais score avec 52 % des suffrages face au PS dont le résultat est historique avec 47 %. L’UMP ne doit son salut électoral qu’aux beaux quartiers du 17ème (Ternes-Monceaux) alors que ceux des Batignolles et des Epinettes sont maintenant ancrés à gauche.
Si l’on examine de plus près les résultats de dimanche dernier, on s’aperçoit que la cassure entre l’est et l’ouest de l’arrondissement s’est accentuée.
- quartier Ternes (bureaux 45 à 59) :
participation = 53,23 % Françoise de Panafieu = 66,07 % Annick Lepetit = 33,93 %
- quartier Plaine Monceau (bureaux 30 à 44) :
participation = 53,53 % Françoise de Panafieu = 67,11 % Annick Lepetit = 32,89 %
- quartier Batignolles (bureaux 1 à 9-24 à 29-60 et 62) :
participation = 57,33 % Françoise de Panafieu = 45,97 % Annick Lepetit = 54,03 %
- quartier Epinettes (bureaux 10 à 23-61) :
participation = 56,42 % Françoise de Panafieu = 34,37 % Annick Lepetit = 65,63 %
Autre facteur de rejet pour Françoise de Panafieu : les quartiers classés à droite (Ternes-Plaine Monceau) ont moins voté que ceux classés à gauche (Batignolles-Epinettes).
Tous ces éléments expliquent sans doute sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat de maire d’arrondissement qui devrait revenir à Brigitte Kuster qui avait été battue par Annick Lepetit lors des législatives 2007. Il semblerait que Françoise de Panafieu soufre du même syndrome que Lionel Jospin après les présidentielles de 2002 puisqu’elle a également décidé de ne pas postuler pour être présidente du groupe UMP au Conseil de Paris.
Avec cette défaite électorale, elle paie son incompétence notoire sur les dossiers, sa totale absence d’écoute et parfois même son mépris pour les habitants du 17ème.
Le succès historique de la gauche se traduit également en nombre d’élus : 3 conseillers de Paris au lieu de 2 en 2001, 9 conseillers d’arrondissement contre 6 en 2001.
Les Verts ne seront pas de l’aventure comme en 2001 où nous avions obtenu 2 conseillers d’arrondissement. Nous serons absents du conseil d’arrondissement car notre score de 4,56 % ne nous permettait pas de fusionner avec la liste d’Annick Lepetit.
Comme je l’avais indiqué dans un post précédent, notre campagne n’a pas bénéficié d’une mobilisation suffisante des militants, elle a été trop tardive sur les dossiers locaux.
Quelques chiffres : une équipe d’une dizaine de militants avec un noyau dur de 6 personnes, 70 tractages et 7 boitages effectués en 3 mois de campagne.
Des efforts mal récompensés, des mauvais résultats difficiles à oublier mais qu’il faudra analyser plus finement afin d’essayer de rebondir.

19.03.2008

Municipales 2008 (1) : la victoire de la gauche confirmée au 2ème tour

eea1758b681f7a7b2875d44b8ad1184e.jpgLes militants des partis politiques vont pouvoir souffler un peu après le 2ème tour des municipales de dimanche dernier qui conclut un calendrier électoral dément.
En effet, 3 scrutins majeurs aux résultats contrastés se sont succédés en l’espace d’un an procurant de grandes joies pour certains et d’énormes déceptions pour d’autres.
Les élections municipales revêtaient une grande importance pour les états-majors des partis politiques, 9 mois après la victoire de Nicolas Sarkozy et sa chute vertigineuse dans les sondages de ces derniers mois.
La gauche espérait se refaire une santé après les échecs aux présidentielles et aux législatives alors que la droite tentait de réduire la portée de l’évènement en la cantonnant à de simples questions locales. C’est ainsi que l’on a vu d’un côté des candidats de l’UMP effacer toute référence à Sarkozy sur leurs documents de campagne et d’un autre côté, le 1er ministre se déplacer pour soutenir les membres de son gouvernement en difficulté.
Il n’y a pas eu de miracle pour la droite au 2ème tour dont les résultats ont confirmé le succès de la gauche au 1er tour. Après Rouen le 9 mars, ce sont Toulouse (un résultat qui me fait chaud au cœur), Strasbourg, Reims, Metz, Caen, Amiens, Quimper, Angoulême, Colombes, Blois, Brive, Cahors, Asnières qui tombent dans l’escarcelle de la gauche. A ces conquêtes, il faut ajouter les villes conservées comme Paris, Lyon, Nantes, Lille, Angers, Tours, Brest, Rennes etc.
Comme lors des législatives 2007, le Modem n'a pas réussit à peser sur le scrutin et la défaite de Bayrou à Pau symbolise l'échec de sa stratégie qui mettait dos à dos la gauche et la droite, stratégie qui n'a jamais permis l'émergence d'une 3ème force politique.
Au total, ce sont 183 communes de + de 300000 habitants, dont 25 de plus de 100000 habitants qui seront gérés par la gauche contre 124 pour la droite et 7 pour le Modem (sources Libération). On observe la même tendance pour les élections cantonales qui devraient permettre à la gauche d’accentuer son avance en nombre de départements gérés
Ces deux succès de la gauche constituent à contrario un cinglant échec pour Sarkozy qui paie à la fois pour sa politique et pour la manière d’occuper ses fonctions. Les leaders de la droite ont bien tenté de minimiser l’importance de la déconvenue électorale mais sans y parvenir. Personne n’est dupe et c’est bien le président de la république qui a été visé par le choix des électeurs.
Même si le PC se maintient et gagne même des mairies, le PS se réserve la part du lion et affirme davantage son leadership (son hégémonie ?) au sein de la gauche. Autre phénomène lié à un vote protestataire, la bonne tenue des listes LCR dans certaines villes.
Le bilan des Verts est plutôt positif avec des élus plus nombreux dus en très grande partie à des alliances avec le PS dès le 1er tour. Or, il devient franchement médiocre à Paris avec des résultats divisés par 2 par rapport à 2001 et un groupe d’élus au Conseil de Paris qui passe de 23 à 9 membres.
Il faut aussi signaler le bon score des listes vertes qui se sont maintenues lors de ce 2ème tour comme à Roubaix (18,06 % des voix), Montpellier (18,62 %), Grenoble (22,49 %). A chaque fois, les Verts ont fait de meilleurs résultats qu’au 1er tour, des signes encourageants pour le mouvement.
La plus belle surprise est venue de Montreuil, la ville la plus importante de Seine-St Denis, qui a vu Dominique Voynet l’emporter sur Jean-Pierre Brard qui était soutenu par les appareils du PS et du PC.
Un grand bravo à Dominique qui a su incarner un renouveau attendu par un grand nombre d’habitants. Pour cela, elle s’est entourée de militants socialistes et écologistes locaux ainsi que de personnes très investies dans le milieu associatif.

Demain : les municipales 2008 à Paris

18.12.2007

Agenda-Débat : Quel avenir pour l'écologie politique en France et en Europe ?

ef181b7dfe8ad21ba2f89a4d062e84ef.jpgA l'invitation d'Horizons Ecologie, venez assister à la conférence-débat :

QUEL AVENIR POUR L'ECOLOGIE POLITIQUE EN FRANCE ET EN EUROPE ?

Avec Dany COHN-BENDIT député européen et Daniel BOY directeur de recherche à Sciences Po Paris
En présence d'Yves COCHET, député de Paris, Marie-Hélène AUBERT et Marie-Anne ISLER-BEGUIN, députées européennes

Jeudi 20 décembre entre 18h et 20h à l'Assemblée nationale
Salle 6217, 126 rue de l'Université, Paris 7e (métro Assemblée nationale ou Invalides)


Après les succès du Pacte écologique de Nicolas Hulot et de l'Alliance pour la planète, et la médiatisation du Grenelle de l'environnement, pourquoi les écologistes ont paradoxalement plus de mal que jamais à émerger dans le champ politique ?
Pourquoi les Verts ont-ils réalisé un si mauvais score à l' élection présidentielle de 2007 ?
La reprise du thème du développement durable par la majorité des partis politiques et l'implication grandissante des entreprises sous l'influence des ONG rendent elles les partis de l'écologie politique désormais moins utiles ?.

Inscription indispensable par mail : ycochet@assemblee-nationale.fr

07.11.2007

15 valeurs pour une gauche moderne

c8e98239fff0061d0d5958ff92fa9916.jpgLes Gracques est le nom collectif choisi par un groupe d'anciens collaborateurs du président de la République François Mitterrand et des gouvernements des premiers ministres Michel Rocard, Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin.
Ils ont rédigé un manifeste en faveur d'une gauche moderne, en phase avec les réalités du monde d'aujourd'hui.
Dans leur texte, ils ont listé des valeurs incontournables qui fondent l'identité d'une gauche réformiste
.


1-La gauche moderne est démocrate, dans la tradition qui va de Rousseau au mouvement anti-totalitaire. Elle croit dans le pouvoir du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple. Il y a encore beaucoup à faire pour que notre pays excelle de ce point de vue, par exemple en matière de juste représentation des courants d’opinion dans le législatif, des travailleurs dans l’entreprise, ou des consommateurs dans les services publics. Le pouvoir du Peuple, ce n’est pas le pouvoir aux populistes. A ceux qui croient que l’on gagne en simplifiant les enjeux, en réveillant les instincts et en enflammant les passions, nous répondons que le Peuple comprend la complexité du réel. Aucune réalité n’est indicible, et seule la vérité fait durer.
2-La gauche moderne est libérale, dans la tradition de Montesquieu ou de Spinoza. Elle refuse d’abandonner à la droite ce beau mot né à gauche. Elle croit à la légitimité de l’Etat de Droit, à l’efficacité des initiatives venues de la société civile et à la nécessité des contre-pouvoirs. Elle respecte les droits individuels. Elle estime que de nouvelles libertés sont encore à conquérir sur l’ignorance et l’oppression, pour les minorités et pour les femmes, et que beaucoup reste à faire pour établir véritablement l’Etat impartial
3-La gauche moderne est intégratrice. Elle croit en la liberté de conscience et d’opinion dans une société multiculturelle. Elle entend en même temps que soit garantie la neutralité laïque de l’espace public. La bonne intégration des communautés d’origine étrangère dans la société française ne justifie aucune exception à ce principe. En revanche, elle exige la mise en place, d’une politique «d’action affirmative » en leur faveur, aussi longtemps que nécessaire, dont la discrimination positive devra être une des facettes.
4-La gauche moderne est travailliste. Elle pense que le travail reste une valeur fondamentale pour l’intégration dans nos sociétés, comme en témoigne le sort funeste de ceux qui n’en ont pas. Elle croit que sa mission est de valoriser le travail et les travailleurs, ouvriers, employés, cadres, et de permettre l’accès de tous à un emploi. Elle sait qu’une économie dynamique n’est pas une économie qui ne détruit pas d’emplois mais une économie qui en crée davantage encore qu’elle n’en supprime. La priorité de la gauche n’est pas de défendre chaque emploi, mais de sécuriser chaque travailleur en lui permettant d’accéder à un emploi, d’en changer s’il le veut, et de ne pas avoir à redouter d’en changer s’il le doit. Elle est aussi de développer les possibilités de progression professionnelle. Elle est enfin de lutter contre les nouvelles souffrances au travail générées par le monde moderne.
5-La gauche moderne est régulatrice. Elle croit au rôle régulateur de la puissance publique et à sa mission de correction des inégalités sociales. Elle pense qu’il faut revoir le fonctionnement et les interventions d’un Etat menacé d’impuissance, et qui compromet, par ses déficits et sa dette, l’avenir de nos enfants. L’argent public est un bien rare et il le restera. Il doit être affecté aux priorités de la croissance et de la justice sociale, pas à la reconduction de l’existant ou à la satisfaction d’intérêts catégoriels. La gauche moderne croit qu’une réforme en profondeur de l’organisation de l’Etat, fondée sur l’autonomie de décision, la mobilité des personnels et leur responsabilisation, est la condition impérative d’une meilleure efficacité de la dépense publique et d’une plus grande satisfaction des consommateurs et des producteurs de services collectifs. Elle entend appliquer cette démarche à toutes les collectivités qui concourent à la mise en œuvre des politiques publiques. Elle pense enfin que de nombreuses missions de service public peuvent être exercées dans un cadre privé sous contrôle public.
6-La gauche moderne est redistributrice. Elle ne croit pas que l’accumulation de la richesse par quelques uns est la condition nécessaire du progrès de tous. Au contraire, elle pense que le combat continu pour l’égalité est socialement juste et économiquement efficace. L’égalité des chances d’abord, à travers la lutte contre la reproduction sociale à l’école. La correction des inégalités ensuite, en matière de revenu mais aussi d’accès à l’emploi, au logement, au transport, à la santé…La gauche moderne pense que ce combat ne passe pas par la hausse des impôts, mais exige de mieux redistribuer la dépense publique : c'est-à-dire de faire payer plus aux riches les services offerts à l’ensemble de la population et d’offrir davantage de service public aux populations qui en ont le plus besoin. Le service public ne doit jamais faire financer par le peuple les besoins des privilégiés; il doit être abondant pour les pauvres et productif pour tous. La gauche moderne est favorable à un impôt élevé sur les successions des foyers riches, l’égalité des chances passant nécessairement par la remise en jeu, au moins une fois par génération, des patrimoines acquis.
7- La gauche moderne est progressiste. Elle croit que le progrès scientifique et l’innovation technologique sont toujours facteur de bien-être pour le plus grand nombre, et parfois l’occasion de remettre en cause des rentes héritées du passé. Elle croit que la compétitivité de notre économie et la capacité à générer durablement le plein emploi dépendent toujours du choix de l’innovation et de l’adaptation plutôt que de la préservation du monde d’hier. Elle pense que l’un des enjeux du combat pour l’égalité est de permettre à tous d’entrer de plein pied dans la société de la connaissance. Elle fait confiance aux chercheurs et aux scientifiques pour produire du savoir sur ce qui nuit à la santé et des avancées sur ce qui la sert. Elle veut que chacun puisse accéder aux progrès thérapeutiques comme aux soins courants.
8-La gauche moderne est le parti de l’éducation. Elle veut à la fois l’excellence académique et la démocratisation de l’accès aux connaissances. Elle refuse d’avoir à choisir entre une éducation de masse médiocre ou une éducation de haute tenue mais réservée à l’élite. La clé de voute du progrès social est dans un système éducatif de masse qui démocratise l’excellence, promeut l’accès de tous à la culture, et lutte contre la reproduction des inégalités sociales en préparant les étudiants à un marché de l’emploi exigeant et mobile. C’est à l’école d’abord, dans l’accès à la formation continue ensuite, que se rebattent les cartes du destin social. La gauche moderne milite pour la recherche de l’efficacité maximale du système éducatif et de formation, au service du combat pour l’égalité des chances.
9-La gauche moderne est pour le droit à la sûreté, qu’elle reconnaît comme un élément essentiel du contrat social. Dure contre les criminels, mais aussi dure contre les causes du crime, la gauche moderne devra s’atteler à une réforme profonde de la justice, de la police et des prisons, dont la fonction éminente de réparer la confiance collective et le tissu social mérite qu’elles soient mises à l’abri des pressions politiques ou d’une gestion médiatique. Elle veut que les Français se sentent en confiance avec la justice de leur pays, en matière civile, commerciale ou pénale.
10-La gauche moderne est écologiste. Elle veut redéfinir durablement les relations de l'homme avec la nature. Notre génération doit dépasser la simple prise de conscience des enjeux. Elle doit agir pour défendre aussi bien notre environnement immédiat et quotidien que le droit de tous les hommes aux biens essentiels que sont la qualité de l'air et l’accès à l'eau. La gauche moderne croit que le développement des sciences et des technologies sera aussi le développement de solutions innovantes au service de l’environnement. Elle soutient une action spécifique orientée vers les puissances économiques émergentes, pour qu'elles intègrent l'environnement dans leur modèle de croissance. Elle croit dans la mise en place de régulations internationales et d’une organisation mondiale de l'environnement.
11-La gauche moderne est européenne. Parce que l’Europe est le moyen de dépasser, à l’échelle du vieux continent, les égoïsmes nationaux. Et pour qu’au sein du concert des nations, une voix s’élève en faveur d’un nouvel ordre mondial de solidarité et de droit. La gauche moderne veut une Europe dont la vie démocratique permette de s’en sentir citoyen, comme on l’est de son pays. Elle veut une Europe qui agisse pour son avenir et pour la paix.
12-La gauche moderne est internationaliste. Elle croit en l’accomplissement collectif d’un Etat de Droit à l’échelle des Nations, et à l’utilité d’organisations internationales puissantes. Elle entend accomplir le vieux rêve d’un nouvel ordre international fondé sur la paix, le droit et le développement. Elle pense que le devoir d’ingérence participe du progrès des civilisations. Elle sait aussi que seule des actions globales sont de nature à répondre efficacement aux effets de la croissance sur le climat, aux migrations de masse, aux conflits régionaux, au terrorisme, à la criminalité internationale, et croit que ces actions sont possibles et doivent être entreprises sans tarder.
13-La gauche moderne est morale. Elle croit en la nécessité de l’exemplarité des classes dirigeantes tant dans le secteur privé que dans la conduite des affaires publiques. Les élites ne peuvent légitimement défendre la mobilité, l’adaptation, la fluidité et bénéficier en même temps de privilèges d’emploi ou de statut d’un autre âge. Elle est ainsi favorable à une certaine sobriété dans le train de vie de l’Etat et des hommes publics, au non-cumul des mandats, à la limitation de la durée des fonctions électives, et à l’extinction des protections d’emploi dont bénéficie la haute fonction publique. Mais elle souhaite aussi l’exemplarité de comportement, ainsi que la transparence et la réglementation des rémunérations et avantages des responsables d’entreprise. On ne fait pas de projet politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans.
14-La gauche moderne est réaliste. Elle croit en la pédagogie du changement, dans le long travail d’explication, soumis à l’exigence de rigueur et de vérité, qui permet finalement d’entraîner l’adhésion. Elle entend assurer un contrat entre les générations, qui protège les jeunes au lieu de les spolier et les encourage au lieu de les freiner.
15-La gauche moderne est transformatrice. Elle veut changer la vie en abolissant l’inacceptable à chaque fois qu’il est évitable. Elle refuse les fausses fatalités. Elle veut porter l’espoir sans semer l’illusion. Elle veut comprendre le réel et le regarder en face, pour mieux agir sur lui et aller vers l’idéal.

Liberté, égalité, fraternité : il y a un pacte séculaire entre l’exemplarité de la France et le progrès du monde, et c’est à la gauche qu’il est revenu de le nouer. Reprenons l’initiative pour défendre une société ouverte, conforme à notre idéal de justice et de progrès.

04.10.2007

Les propositions de la CFDT sur la modernisation des institutions

65c70d395ae9fbb7b408f93ee321377f.jpgLa CFDT a formulé des propositions auprès du « Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République » présidé par Edouard Balladur.
Voici le texte de la lettre envoyée au président de la commission :

Monsieur le Président,

La Confédération française démocratique du Travail se réjouit de la création du Comité de réflexion que vous présidez. Egalement soucieuse de la modernisation et du rééquilibrage des institutions de la Ve République, la CFDT estime que la démocratie sociale ne peut être délaissée dans la réflexion sur les réformes concernant la Constitution et les textes qui la précisent.
C’est pourquoi elle souhaite attirer votre attention sur deux points significatifs à cet égard :

1- Dans la lettre du Président de la République annexée au décret portant création du comité que vous présidez, il est fait référence à « l’attente de nos concitoyens d’une vie politique plus ouverte, plus proche de leurs préoccupations, plus représentative de la diversité de leurs opinions, et où les droits des citoyens seraient renforcés ». A cet effet, il est préconisé d’étudier les moyens d’instiller plus de démocratie directe dans notre fonctionnement institutionnel, sous la forme notamment d’un « droit d’initiative populaire ». Il est enfin proposé de moderniser et de valoriser le rôle du Conseil économique et social, notamment sur les questions essentielles de développement durable.
L’article 69 (Titre X) de la Constitution stipule que « le Conseil économique et social, saisi par le gouvernement, donne son avis sur les projets de loi, d’ordonnance ou de décret ainsi que sur les propositions de loi qui lui sont soumis. ».
La CFDT estime que le CES devra être le lieu privilégié d’organisation de débats sur les problématiques émergentes de société. Il pourra ainsi répondre à des saisines parlementaires et citoyennes, selon des modalités à définir, avec un calendrier, des moyens et des méthodes adaptés à chaque type de saisine.
Les saisines citoyennes peuvent ainsi s’inspirer du modèle des "pétitions citoyennes" telles qu’elles avaient été prévues dans le projet de Traité constitutionnel européen et qui permettent à un million de citoyens de demander à la Commission européenne d’élaborer une proposition de loi, dans un domaine de compétence européenne.
Il pourra s’agir, dans le cas du CES, d’engager une saisine, sur la base d’une demande des citoyens, sur un sujet d’intérêt général et après l’aval d’une commission des pétitions.
Dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, la CFDT a également proposé que le CES devienne un passage obligé pour les projets de loi et le coeur des processus de concertation sur les politiques publiques en matière de développement durable. Cette proposition se trouve également en phase avec la lettre du Président qui stipule que le CES puisse devenir "une enceinte privilégiée de débat et de concertation sur les questions essentielles de développement durable".
A cet effet, la CFDT souhaite voir la mission du CES comprendre la définition de l’agenda de la Commission Nationale du Débat public en étant le réceptacle des demandes de saisine de cette commission (Parlement, gouvernement, partenaires sociaux, collectivités territoriales, pétition citoyenne).
Cette proposition pourrait également trouver une traduction dans les modifications constitutionnelles.

2- Dans le respect de l’article 34 de la Constitution, le Parlement a affirmé par la loi récente de janvier 2007 la place du dialogue social et de la négociation collective. Les conditions de transposition dans la loi d’un accord collectif majoritaire conclu par les partenaires sociaux n’ont pu être totalement traitées, laissant de fait au gouvernement l’unique maîtrise de cette transposition.
La CFDT souhaite que la Constitution affirme la place des partenaires sociaux lorsqu’ils concluent un accord collectif majoritaire, dans la relation avec le parlement qui, in fine, doit conserver sa souveraineté dans la transposition législative.
Pour ce faire, la CFDT propose qu’une modification constitutionnelle puisse garantir une transposition dans la loi d’un accord collectif majoritaire, sans en dénaturer le contenu. À cet effet, le Parlement pourra inviter les partenaires sociaux signataires de l’accord à présenter, en commission, le dit accord et à y apporter, si besoin, d’éventuelles retouches sans remettre en cause l’équilibre général du texte.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

François Chérèque
Secrétaire Général de la CFDT

22.07.2007

Jours de fête pour le Vélib’ parisien

be9ddb82d622627016ef49cdf064916a.jpgSuccès au 5e jour du système de location de vélos. Petit tour de piste des utilisateurs.
Par Alexis Delrieux, , Salomé Legrand et Pierre Perot
LIBERATION : samedi 21 juillet 2007

Le vélo peut susciter encore de l’engouement quand il n’est pas entaché de soupçons (lire aussi le Tour de France et le dopage, page 2) : Vélib’, le vélo en libre-service dans Paris, a dépassé les 200 000 locations, jeudi soir, au 5e jour de sa mise en service. Autour des bornes, les attroupements sont fréquents. Des curieux aux moqueurs, en passant par ceux qui tentent discrètement d’en comprendre le fonctionnement sans se ridiculiser, les vélos gris ne laissent pas indifférents. Revue des utilisateurs.

Les mordus
D’abord, il y a les incondi­tionnels, ceux qui ont troqué leur bicyclette pour celles de­ Véli­b’. ­«Comme ça je ne me le fais pas piquer et il n’encombre plus l’entrée de l’immeuble», confie Anne, ergonome. Lise, 28 ans, ajoute : «C’est pas mal comme système, pas de vol, pas d’emmerde, de réparations en tout genre.» Il y a aussi ceux à qui le vélo en libre-service facilite la vie comme Assadi, 36 ans : «Il me faut vingt-cinq minutes pour venir, c’est beaucoup plus pratique que le bus, y a plus d’embouteillages !» Et ceux à qui Vélib’ évite les pénibles «trois changements de métro». Pour beaucoup, c’est un vrai moyen de transport. Pour leurs trajets professionnels comme personnels, ils ont adopté Vélib’ en quelques jours. De nombreux banlieusards, comme Arnaud, rejoignent le cœur de Paris en train, bus ou RER et finissent le trajet à vélo. «De la gare Saint-Lazare au boulot, et même pour aller chez le médecin, c’est vraiment plus pratique !», déclare Benoît, 42 ans, réalisateur, conquis, tout comme Antoine, 45 ans, qui explique : «Je le prends pour rejoindre le bureau après mes rendez-vous, c’est plus rapide que les transports en commun.»
Pour d’autres, le vélo version Vélib’ reste associé à la détente. Brigitte, 35 ans, explique que c’est l’occasion de «faire des petites balades avec [sa] fille dans le parc de la Villette», tandis que Kamel se réjouit : «C’est terrible, maintenant, je promène mon chien en vélo sur le bord du canal

Les téméraires
L’aventure Vélib’ devrait continuer cet hiver pour les plus téméraires. «J’ai pris mon abonnement à l’année donc pas question pour moi de l’utiliser la moitié du temps», affirme Eric, infirmier à l’hôpital Saint-Antoine. Daniel, Chloé et Paul partagent la même «évidence», contrairement à Catherine : «Je ne suis pas maso, l’intérêt de prendre le vélo, c’est qu’il fait beau temps, alors pour l’hiver

Les malins
Vélib’ a inspiré les jeunes, qui comptent sur ce nouveau moyen de transport pour rentrer éméchés ou après le dernier métro.
Certains malins ont leur méthode. La première demi-heure étant offerte, ils déposent le vélo avant la fin du temps gratuit et en louent un autre, en surveillant leur montre. Seule contrainte, il faut patienter dix minutes entre chaque location.

Les perdus
L’enthousiasme général n’est même pas entamé par les petits soucis dus à la récente installation du réseau. Victimes de leur succès, les bornes Vélib’ ne proposent pas assez de vélos à certains emplacements alors que d’autres, qui affichent complet, n’offrent plus de possibilité de restitution. Au rayon des réclamations, le poids excessif du vélo arrive en premier, suivi par l’insuffisance des vitesses et les subtilités du fonctionnement de la borne.
Si pour les Parisiens l’utilisation n’est parfois pas évidente, les touristes sont complètement perdus : «C’est pas que c’est compliqué, c’est que c’est expliqué nulle part», se plaignent deux Ecossais. Et si le vélo remplace le métro, les accrochages subsistent. De la course pour le dernier vélo disponible à l’irritation des impatients derrière les novices, la mauvaise humeur et les incivilités n’ont pas forcément disparu. «Mais c’est un détail», sourit Antoine : «Cest beaucoup plus convivial, les gens se parlent !»

21.07.2007

Réformes des institutions : vraie rénovation ou simple toilettage ?

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Nicolas Sarkozy vient de désigner les 13 personnalités qui feront partie de la commission chargée de réfléchir sur une réforme de nos institutions.
Même si l'idée est intéressante, on peut déplorer que le Parlement ne soit pas à l'origine de cette commission alors qu'un consensus entre majorité et opposition aurait pu être trouvé.
Le fait que ce soit Sarkozy qui procède aux désignations et donne la feuille de route démontre un peu plus la présidentialisation du régime.

Le problème n'est pas vraiment la composition de la commission qui regroupe des hommes politiques de tout bord (Edouard Balladur, Jack Lang, Jean-Louis Bourlanges), des universitaires, des spécialistes du droit constitutionnel (Olivier Duhamel, Guy Carcassonne, Pierre Mazeaud) etc ...
Par contre, ce qui choque vraiment est la présence d'une seule femme parmi les 13 membres, curieuse conception de la parité.
On peut aussi constater que la pluralité des opinions sera assurée avec notamment Jack Lang, favorable à un président fort, et Olivier Duhamel adepte au contraire d'un système centré sur le parlement.
La seule polémique sur les désignations est venue du PS qui a vu un membre de sa direction être nommé.
Sa réaction, pour moi exagérée, a provoqué une crise de plus qui l'a affaiblit encore plus face à un Sarkozy qui mène le jeu politique comme jamais.

Là où cela se complique, c'est le cadre des travaux du comité qui ne doit faire que des propositions arbitrées ensuite par l'omniprésent Sarkozy.
De toute façon, il n'y a pas lieu d'avoir de doutes si l'on s'en tient à la dénomination officielle de la commission : "le comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème république".
On peut donc déjà tirer un trait sur la rédaction d'une nouvelle constitution, une confirmation puisque Sarkozy a indiqué à plusieurs reprises vouloir conserver la constitution de 1958 facteur à ses yeux de stabilité.
Une telle position n'est d'ailleurs pas étonnante de la part d'un président qui veut s'occuper de tout.

Par conséquent, en fonction de la feuille de route remise à la commission, il faut s'attendre à un simple toilettage plutôt qu'à une réforme en profondeur.
Cela devrait se traduire par l'introduction d'une dose infime de proportionnelle et le maintien du scrutin majoritaire à deux tours, totalement inique en matière de représentativité.
Le Parlement devrait voir certains de ses pouvoirs renforcés comme la suppression de l'article 49-3 mais il resterait à la botte du gouvernement.
La suppression du cumul des mandats sera aussi à l'ordre du jour mais le doute subsiste quand on voit certains élus de droite exercer plusieurs fonctions à la fois.
Certaines questions importantes risquent de ne pas trouver de réponse :
quelle articulation entre Etat et les collectivités locales (région, département) ? Qu'en est-il du vote des étrangers non communautaires ? Quelle place donner à la démocratie sociale et aux corps intermédiaires ? Comment réhabiliter l'action politique vis à vis des citoyens grâce à la démocratie participative ?

De toute façon, le comité de réflexion n'aura pas le temps de s'approprier ces débats car il lui faudra rendre son rapport avant le 1er novembre 2007 pour être suivi d'un vote avant les élections municipales de mars 2008.

La montagne va donc sans doute accoucher d'une souris, ce qui n'est pas surprenant de la part d'un président qui s'est plutôt fait remarqué dans le passé par son activisme médiatique plutôt que par son efficacité concrète.

15.07.2007

Opération Vélib à Paris : c'est parti !

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Aujourd'hui est une date importante pour la politique des transports à Paris menée par le maire-adjoint vert Denis Baupin : c'est l'inauguration officielle de Velib.

Cette opération consiste à mettre à la disposition des parisiens et des parisiennes un très grand nombre de vélos afin de promouvoir le vélo comme moyen de déplacement.

Comme pour le tramway, il s'agit de réduire l'empreinte de l'automobile et obtenir un meilleur équilibre en faveur des modes de déplacement doux tout en luttant contre la pollution et le réchauffement climatique.
Vélib illustre parfaitement qu'une politique volontariste mené par des élus Verts peut contribuer à modifier profondément le visage d'une grande ville.
Or, il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin et continuer à améliorer l'aménagement urbain et l'offre des transports en commun.

Pour savoir plus, vous pouvez consulter le site de la Mairie de Paris sur Vélib

Pour information, voici le communiqué de presse des Verts Paris :

Les écologistes, les premiers promoteurs du vélo en ville, souhaitent la bienvenue aux nouveaux milliers de cyclistes parisiens !
Dimanche, les 10.000 premiers vélos de Vélib’ seront disponibles.

Les Verts se félicitent de cette extension de l’utilisation du vélo dans Paris et manifesteront leur joie …. à vélo


Le vélo, c'est une autre façon de se déplacer, le seul véhicule véritablement propre : l'utiliser n'entraîne ni pollution, ni déchets et c'est bon pour la santé. Il est silencieux, rapide, peu cher et efficace ; parfaitement adapté à la ville. Un Paris cyclable, c'est une ville apaisée, une ville partagée. Le vélo et Paris sont faits pour s'entendre!

Notre ville est compacte, la plupart des distances peuvent être parcourue en moins d'une demi heure à petite vitesse. Pour le travail ou en balade, seulE, avec ses amiEs ou en famille, quelque soit l'âge du capitaine, la bicyclette est LE véhicule de la ville durable.

Depuis 2001, grâce aux élus verts à Paris, près de 200 km d'aménagements cyclables ont été réalisés et créé 36 quartiers où la circulation est apaisée (limitée à 30km/h). Pourtant, les blocages sont nombreux et il reste encore à faire pour que Paris soit totalement « cyclable ». Pour tourner le dos aux années du « tout voiture » léguées par la droite parisienne, nous voulons adapter Paris au vélo, car une ville cyclable est moins polluée, moins chère, moins bruyante, plus belle et plus facile à vivre.

Tout comme le tramway, l'arrivée de 20 000 VELIB va transformer Paris.
Moderne, sûr, pratique et facile, le réseau VELIB complète l'offre de transport public déjà proposée (une des meilleures du monde) et permet d'éviter la voiture pour des déplacements multiples ou complexes dans Paris.

Les revendications des Verts Paris
Parce qu'un cycliste est quelqu'un d'exigeant, nous demandons :
- encore plus de pistes cyclables protégées
- la limitation de la vitesse à 30 km/h dans toutes les rues parisiennes (hors grands axes)
- des contresens cyclables dans tous les quartiers en zone 30
- le respect des pistes cyclables
- des parkings à vélo, dans la rue et dans les immeubles
- l'abonnement annuel à vélib à 10 euros pour les étudiants, chômeurs et précaires
- l'aménagement sur toutes les grandes places d'une piste circulaire protégée à double sens (à Bastille comme à l'Etoile!)
- l'adoption d'un code de la rue pour protéger et favoriser les déplacements doux en ville

Attention, le vélo provoque de nombreux effets secondaires, comme le sourire ou l'envie de chanter. Il peut également provoquer une envie de militer !

Les Verts invitent les parisiens à
- écrire à leur Maire d'arrondissement ou au Préfet pour qu'il débloque les projets de piste cyclable
- demander la création d'un local à vélo dans leur immeuble
- gentiment avertir la grosse voiture garée sur la piste cyclable en utilisant l'autocollant des Verts
- adhérer aux Verts et agir pour un Paris plus écolo et plus solidaire

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