07.05.2008

Campagne pour le respect des libertés syndicales en Chine

b0c232cb32a903c3c3c1efb31d33de9b.jpgDans le cadre de son partenariat avec Amnesty International, et quelques semaines avant l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, la CFDT organise une campagne de pétition pour le respect des libertés syndicales en Chine.
L’objectif général de ces pétitions conjointes est de permettre aux militants et aux adhérents de se mobiliser et de participer directement aux campagnes. Pour cela, il est essentiel que les fédérations et les URI ainsi que les syndicats diffusent largement les pétitions et encouragent leurs militants à les signer et à les faire signer.
La pétition pour le respect des libertés syndicales en Chine vise à se saisir de l’occasion des Jeux Olympiques et de l’espace médiatique aujourd’hui ouvert pour exercer une pression supplémentaire sur les autorités pour le respect des droits de l’homme.
Outre la CFDT, Amnesty International a récemment conclu des partenariats avec la FSU et l’Unsa Education. Les revendications contenues dans le texte de la pétition sont pleinement partagées par Amnesty et l’ensemble de ses partenaires syndicaux. Pour cette seule action, CFDT, UNSA Education et FSU participent donc conjointement à la campagne.
Vous avez jusqu’au 25 juin pour signer la pétition et la retourner au Service international et Europe de la CFDT. Les quatre organisations participantes rassembleront ensuite l’ensemble des signatures pour les porter à l’Ambassade de Chine.

Cliquez sur le lien pour télécharger la pétition

21.03.2008

Halte à la répression au Tibet !

b5b032abb96e46ca0283080185d93e06.jpgLa CFDT et les Verts se sont exprimés pour dénoncer la répression déclenchée par la Chine depuis quelques jours.
Vous trouvez ci-joint leur communiqué de presse respectif

Mouvement de protestation au Tibet : La CFDT appelle à la fin de la répression et à une enquête de l’ONU
La CFDT exprime sa plus vive préoccupation face aux violences qui sévissent au Tibet depuis plusieurs jours, et à la répression exercée par les autorités chinoises.
La CFDT déplore les actes violents commis par les manifestants tibétains. Ils sont néanmoins l’expression du sentiment de frustration et de désespoir de la population tibétaine, opprimée depuis des décennies et victime de politiques conduisant à l’appauvrissement de sa culture et de son identité.
Seul le respect des libertés fondamentales et de l’identité culturelle de la population tibétaine pourra apporter une réponse durable à cette crise.
La CFDT demande aux autorités chinoises de cesser immédiatement toute répression, et d’ouvrir le dialogue avec le gouvernement en exil en vue d’une réelle autonomie du Tibet et de répondre aux causes profondes du mécontentement de la population.
Elle demande en outre aux Nations unies de mener une enquête indépendante sur les évènements qui se sont déroulés au cours de la semaine passée au Tibet.
Pour la CFDT, le boycott des Jeux Olympiques ne constitue pas une réponse appropriée. C’est aux Etats et à la communauté internationale qu’incombe la responsabilité de profiter de cette occasion pour agir afin que la Chine respecte les droits fondamentaux.
Communiqué de Jacky Bontemps secrétaire-adjoint de la CFDT


Vive le Tibet libre !
Les Verts expriment horreur et indignation face à la brutale répression par les autorités chinoises des manifestations nationalistes au Tibet, répression qui a fait au moins une centaine de morts.
Ces manifestations démontrent qu’un demi-siècle d’annexion, de répression, d’acculturation et de colonisation par les autorités chinoises n’a pu venir à bout de l’aspiration à la liberté du peuple tibétain, ni de sa capacité de résistance.
Les Verts réaffirment leur soutien au droit à l’autodétermination du peuple tibétain.
Ils soutiennent la demande d’une commission d’enquête de l’ONU sur la répression au Tibet exprimée par Amnesty Internatioonal.
Les Verts appellent la communauté internationale à réagir avec la plus grande fermeté contre la répression du peuple tibétain, qui constitue une illustration particulièrement dramatique de la triste situation des droits de l’Homme et de la liberté en Chine : arrestations systématiques et camps de travail pour les opposants milliers d’exécutions annuelles, censure de la presse, monopartisme du Parti communiste un mépris qui se reflète à l’extérieur par le soutien aux régimes criminels de Birmanie ou du Soudan.
Pour les Verts, les Jeux olympiques de 2008 doivent être l’occasion pour chacun, particulièrement pour le monde sportif, de faire entendre sa voix en faveur des droits de l’Homme et de la démocratie en Chine, en faveur du peuple tibétain. Ils soutiennent toutes les manifestations de défense des droits humains, sociaux et environnementaux qui pourront avoir lieu.
Communiqué d'Anne Souyris porte-parole nationale des Verts

28.12.2007

Ils ont tué Massoud, Daniel Pearl, ils ont tué Benazir

e05f370dc9e4900e94ab87fe129fe990.jpgBernard-Henri Lévy philosophe, directeur de la Règle du jeu
LIBERATION-REBONDS : vendredi 28 décembre 2007


C’est une femme, d’abord, qu’ils ont tuée.
Une femme belle.
Une femme visible, et même ostensiblement, spectaculairement visible. Une femme qui mettait son point d’honneur, non seulement à tenir meeting dans l’un des pays les plus dangereux du monde, mais à le faire à visage découvert, dévoilé - l’exact contraire de ces femmes honteuses, cachées, créatures de Satan et donc damnées, qui sont les seules femmes que tolèrent ces apôtres d’un monde sans femmes.
Ils ont tué un Juif avec Daniel Pearl.
Ils ont tué un musulman modéré, un lettré, un esprit libre, avec le commandant Massoud.
Ils ont tenté, avec Salman Rushdie, de tuer, pendant des années, un homme qui osait dire qu’être homme c’est aussi, parfois, choisir de choisir son destin.
Eh bien, avec BB, Benazir Bhutto, ils ont tué un peu tout cela ; mais ils ont aussi tué une femme, cette femme, ils ont éteint cette intolérable provocation qu’était l’éclat de ce visage montré, juste montré, exposé dans sa nudité sans défense et magnifiquement éloquente - ils ont tué celle qui, parce qu’elle était cette femme, parce qu’elle était ce visage de femme à la fois démuni et d’une force sans réplique, parce qu’elle vivait son destin de femme en refusant cette malédiction qui pèse, selon ces nouveaux fascistes que sont les jihadistes, sur le visage humain des femmes, ils ont tué, donc, celle qui était l’incarnation même de l’espoir, de l’esprit et de la volonté de démocratie, non seulement au Pakistan, mais en terre d’islam en général.
Pervez Musharraf était un faux adversaire d’Al-Qaeda. Il feignait de les combattre alors que, par son double jeu, ses alliances occultes, sa façon de tenir sous le coude son stock de terroristes et de les lâcher un à un, au compte-gouttes, selon les besoins de son alliance compliquée avec son grand ami américain, il faisait leur jeu en sous-main.
Benazir, si elle avait gagné, que dis-je ? si elle avait vécu, simplement vécu, n’aurait cessé de dire, par sa vie même, son être, sa présence, bref, son témoignage, qu’elle était leur adversaire résolue, absolue, irréductible : elle était, pour ces gens, une menace, mieux que politique, ontologique ; elle ne leur aurait pas fait de quartier, ils le savaient, ils l’ont tuée.
Je repense à elle, cet après-midi de décembre 2002, à Londres, à l’époque où j’enquêtais sur la mort de Daniel Pearl et, donc, sur cette poudrière, cette base arrière d’Al-Qaeda, parfois même cette base avancée qu’était déjà le Pakistan : belle, oui ; incroyablement courageuse dans sa volonté, coûte que coûte, de revenir dans ce pays qui lui avait déjà arraché, dans un parfum de tragédie shakespearienne, ses deux jeunes frères et son père.
Je revois son père, Zulfikar Ali Bhutto, il y a trente-cinq ans maintenant, juste avant la libération du Bangladesh et l’éclatement de ce Pakistan dont il était déjà le Premier ministre - je le revois tel qu’il était alors, ignorant du destin qui l’attendait, élégant, raffiné, pakistanais et anglophile, musulman et occidental, croisée vivante des deux cultures, enfant naturel et réussi de deux grands lignages culturels dont nul, en ce temps-là, n’imaginait que tant de forces allaient, si vite, tenter de les opposer.
Ils étaient, ces gens, le sel de la terre pakistanaise.
Ils étaient de ceux qui pouvaient empêcher, non seulement ce pays, mais cette région du monde de sombrer dans le chaos.
Benazir Bhutto est morte et, un peu comme le 9 septembre 2001, jour de la mort de Massoud, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le scénario macabre qu’ont, forcément, en tête ses assassins - je ne peux m’empêcher de me demander de quoi cet événement énorme, cet autre coup de tonnerre, peut bien être le prélude.
La meilleure façon de répondre c’est d’agir, et d’agir vite. La meilleure, la seule façon de répliquer à ce nouveau et terrible défi c’est de donner, tout de suite, toute son importance symbolique à l’événement.
Mme Bhutto sera inhumée dans les tout prochains jours dans ce pays martyr qu’est, plus que jamais, le Pakistan.
Il faut que soient là, pour l’accompagner dans ce voyage ultime, Angela Merkel, George Bush, Gordon Brown, les autres.
Il faut que notre président, Nicolas Sarkozy, consente à interrompre ses vacances pour aller dire, au cœur de cette fournaise où une religion devenue folle nourrit de plus en plus souvent le crime, que l’espérance des peuples est moins, comme il l’a imprudemment déclaré il y a quelques jours, dans la foi que dans la démocratie et le droit.
Il faut que derrière la dépouille de cette grande dame, comme jadis derrière celle d’Anouar al-Sadate ou de Yitzhak Rabin, soit présent le plus grand nombre possible de chefs de gouvernement et d’Etat, faisant de cette célébration funèbre une manifestation silencieuse et mondiale en faveur des valeurs de la démocratie et de paix.
Benazir Bhutto n’était chef ni de gouvernement ni d’Etat ? C’est vrai. Mais elle était davantage. Elle était un symbole. Et elle est, désormais, un étendard. Derrière son nom vont désormais se ranger tous ceux qui n’ont pas fait leur deuil de la liberté en terre d’islam. Et derrière son linceul doivent, d’ores et déjà, se tenir et se recueillir tous ceux qui croient encore que l’emportera, en Islam, le bon génie des Lumières sur celui du fanatisme et du crime.

31.10.2007

Birmanie : maintenons la pression sur la junte !

Editorial d’Anousheh Karvar, secrétaire nationale de la CFDT
Syndicalisme Hebdo du 2/11/2007


ead779f2a68d8eed9160127c1bab30b1.jpgLa répression de ces dernières semaines en Birmanie a replacé cet État d’Asie du Sud-Est sous les feux de l’actualité. Cette répression a fait suite aux manifestations pacifiques du peuple birman, emmené par les moines bouddhistes, contre l’aggravation des conditions de vie dans un pays aux sous-sols d’une richesse inestimable, mais où les trois quarts de la population survivent en deçà du seuil de pauvreté.
La CFDT s’est associée, dès l’origine, aux protestations de la société civile internationale pour appeler la junte militaire – qui fait peser une chape de plomb sur le pays depuis 1962 – à faire cesser la répression meurtrière et à ouvrir des espaces de dialogue pour démocratiser le pays. Désormais, la Confédération souhaite agir avec le ministère des Affaires étrangères, qu’elle rencontrera dans les prochains jours, en faveur du respect des droits de l’homme et pour l’amélioration de la situation humanitaire en Birmanie. La CFDT réclame de la diplomatie française toutes formes d’action concertées, y compris sur le plan économique, pour maintenir et accroître la pression sur la junte. Le premier objectif est d’obtenir la libération des prisonniers politiques et l’accès du CICR (Comité international de la Croix-Rouge) aux lieux de détention. Il faudra ensuite travailler à l’ouverture d’un processus de réconciliation nationale, premier pas indispensable vers la démocratie.
La CFDT entend peser de tout son poids syndical sur les treize entreprises multinationales françaises présentes en Birmanie. En effet, le contexte fait resurgir le débat sur les conséquences politiques de la présence d’entreprises occidentales au sein des dictatures. En association avec les fédérations concernées, la Confédération va exiger des directions des entreprises françaises implantées en Birmanie des informations sur la nature et le niveau de leurs investissements et ainsi évaluer les conséquences économiques, sociales et politiques de leur présence.
Si nombreux sont ceux qui, dans le syndicalisme européen et international, appellent à un embargo, le retrait pur et simple de ces entreprises pourrait se révéler contre-productif. Certains pays asiatiques moins regardants sur le respect des droits fondamentaux des travailleurs seraient à même de les remplacer. La CFDT souhaite étudier avec les entreprises tout moyen d’action qui permettrait de maintenir la pression sur la junte. Des premiers signes encourageants nous parviennent ces derniers jours. Ainsi, l’opposante historique au régime, le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, a rencontré la semaine dernière un représentant du régime. De telles avancées, certes modestes, tendent à démontrer que la pression de la communauté internationale commence à infléchir les positions radicales de la dictature. Cela ne peut que nous encourager à poursuivre dans cette voie.

28.09.2007

Manifestations en Birmanie, La CFDT se mobilise

18a185b9fb1b519b3037ac413391ec25.jpgDepuis plusieurs semaines, des milliers de personnes manifestent pacifiquement en Birmanie pour protester contre la hausse du prix de l’essence et ses répercussions sur le coût de la vie.
Malgré les appels au calme lancés au régime par la communauté internationale, la junte a commencé à réprimer les participants, et on compte déjà plusieurs morts et des centaines d’arrestations.
Les forces de l’ordre ont aujourd’hui dispersé les manifestants en menaçant de tirer à vue sur la foule. Il est à craindre que la répression s’intensifie au cours des prochains jours.
La Confédération syndicale internationale (CSI) appelle ses affiliées à maintenir une pression constante et maximale, et à organiser manifestations et rassemblement devant les représentations diplomatiques birmanes à l’étranger.
La CFDT condamne avec la plus grande fermeté les mesures de répression exercées par les militaires à l’encontre des manifestants ne faisant qu’exercer leur droit le plus fondamental à la liberté d’expression et de rassemblement.
Elle se félicite qu’une réunion d’urgence ait eu lieu au Conseil de sécurité sur la situation birmane. Il est néanmoins à déplorer que ses membres n’aient pu s’accorder sur une condamnation ferme et officielle par l’ONU du recours à la force.
La présidence de la France au Conseil de sécurité lui confère une responsabilité particulière. La France doit jouer un rôle de premier plan afin que l’Union européenne s’exprime d’une seule voix. Mais il est également primordial de s’assurer du soutien de la Russie et de la Chine, ainsi que des voisins asiatiques de la Birmanie.
Un courrier a été envoyé en ce sens à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.
La CFDT a également sollicité le Représentant permanent de la France auprès des Nations unies à New York, et l’Ambassadeur français en Thaïlande, pour recevoir des représentants de la FTUB (Federation of Trade Unions – Burma), syndicat birman en exil et organisation associée à la CSI.
A l’appel de plusieurs ONG (FIDH, RSF, LDH, Info Birmanie), un rassemblement a eu lieu hier en face de l’Ambassade de Birmanie à Paris. La CFDT était représentée à ce rassemblement, en solidarité avec le mouvement de protestation, et pour s’opposer à tout nouvel acte de répression de la part des autorités birmanes.

20.09.2007

Rapport annuel de la CSI : 144 syndicalistes assassinés dans le monde en 2006

a4b4210cbc6247136391c920681be9e5.jpgLe rapport mondial de la CSI lève le voile sur les meurtres et l’intimidation à l’encontre de syndicalistes.

En 2006, 144 syndicalistes ont été assassinés pour avoir défendu les droits des travailleurs et plus de 800 autres ont été battus ou torturés. C’est le constat que fait le Rapport annuel des violations des droits syndicaux dans le monde, publié par la Confédération syndicale internationale (CSI), organisation forte de 168 millions de membres de par le monde. Le document de 379 pages signale près de 5000 cas d’arrestations et plus de 8000 licenciements de travailleurs pour leurs activités syndicales. Toujours d’après le rapport, pas moins de 484 nouvelles incarcérations institutionnelles de syndicalistes ont eu lieu au cours de l’année. « Dans un nombre croissant de pays, les travailleurs qui tentent d’améliorer leurs conditions de vie en recourant aux activités syndicales se trouvent confrontés à une recrudescence de la répression et de l’intimidation. « Ce qu’il y a de plus choquant, c’est l’augmentation d’environ 25% du nombre de personnes assassinées par rapport à l’année précédente », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la CSI. « Pour bon nombre des pays figurant dans le rapport, la répression s’est poursuivie en 2007 », a-t-il ajouté.

La Colombie continue d’être l’endroit le plus dangereux du monde pour l’exercice de l’activité syndicale, avec 78 meurtres perpétrés en toute impunité par des escadrons de la mort paramilitaires ayant des liens avec des responsables du gouvernement ou agissant au service d’employeurs. Sur les 1165 meurtres documentés entre 1994 et 2006, seul 56 auteurs ont été traduits en justice et 14 condamnés. Le Rapport évoque également la vague de violence antisyndicale qui a déferlé sur les Philippines où 33 syndicalistes et défenseurs des droits des travailleurs ont été assassinés, dans certains cas avec la complicité de l’armée et de la police. Le rapport dénonce le recours parfois systématique aux licenciements collectifs, aux sévices physiques, aux détentions et aux menaces à l’encontre de travailleurs et de leurs familles, et ce, aux quatre coins du monde.

L’activité des syndicats indépendants est frappée de lourdes restrictions sous les régimes dictatoriaux et autoritaires de Biélorussie, de Birmanie, de Chine, de Cuba, de Guinée Equatoriale, d’Iran, de Corée du Nord, ainsi que dans plusieurs pays du Golfe. Plus de 100 travailleurs chinois ont été incarcérés dans des conditions inhumaines, dans des centres pénitentiaires ou des camps de travaux forcés. Au Zimbabwe, le gouvernement a poursuivi sa campagne de répression à l’encontre du mouvement syndical national. A la suite de l’arrestation par les autorités de 265 syndicalistes lors d’une manifestation, 15 des syndicalistes, parmi eux les principaux dirigeants du Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU), ont été violemment battus alors qu’ils se trouvaient en garde à vue.

Le Rapport fait état de l’hostilité grandissante des gouvernements à l’égard des droits fondamentaux des travailleurs dans certains pays industrialisés. C’est notamment le cas en Australie, où la promulgation de la nouvelle loi sur les relations professionnelles ironiquement nommée « Work Choices » ou « Choix au Travail » a dépouillé les travailleurs de toute une série de droits et de prestations et imposé de lourdes restrictions à l’activité syndicale. Parmi celles-ci, la possibilité pour un employeur d’imposer des sanctions sévères aux travailleurs et aux responsables syndicaux. Le gouvernement a engagé des poursuites à l’encontre de 107 ouvriers de la construction condamnés à payer des amendes salées pour avoir pris part à une action collective organisée en solidarité avec un responsable de la santé et de la sécurité congédié arbitrairement. Aux Etats-Unis, des millions de travailleurs se sont vus privés du droit d’organisation suite à une ordonnance du Bureau national des relations du travail qui a considérablement élargi l’interprétation du terme « superviseur », tandis qu’en Suisse, le gouvernement a entrepris des démarches visant à annuler l’autorité du Comité sur la liberté d’association vis-à-vis de la législation du travail suisse. Ces démarches ont depuis été mises en échec par l’affiliée suisse de la CSI.

Les activités antisyndicales de diverses entreprises multinationales ont également été mises en lumière. Parmi celles-ci figurent des récidivistes de marque comme Coca Cola, Wal-Mart, Goodyear, Nestlé et Bouygues, pour n’en citer que quelques-unes. Le rapport dénonce aussi la répression à laquelle se livrent des fournisseurs de marques mondialement connues, particulièrement dans les secteurs textile et agricole. Plusieurs sociétés multinationales ont tiré parti de l’environnement de plus en plus hostile qui règne en Pologne pour imposer des restrictions aux droits et aux conditions de travail.

Les travailleuses sont particulièrement affectées par la répression, dès lors qu’elles constituent la majorité de la main-d’œuvre exploitée dans les zones franches d’exportation d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, où de nombreux employeurs ont procédé à des licenciements arbitraires et ont refusé de reconnaître les droits le plus fondamentaux de leurs employés. Au Maroc, des travailleuses du textile ont été traduites en justice pour avoir organisé une grève alors qu’à Maurice, des femmes qui participaient à une grève ont été passées à tabac par la police. Les abus dont sont victimes les travailleuses domestiques, notamment dans les pays du Golfe, occupent une place importante dans le rapport. Les travailleuses domestiques se distinguent comme étant les plus exploitées de toutes les catégories de main-d’œuvre migrante. A l’heure actuelle, le nombre de travailleurs migrants dans le monde est estimé à 90 millions.

En Asie-Pacifique, et plus particulièrement au Bangladesh, au Cambodge, en Inde, en Indonésie, en Malaisie et au Sri Lanka, la répression des droits des travailleurs s’est traduite par le licenciement de plus de 5000 travailleurs pour leurs activités syndicales. Cela, sans compter la mort de plusieurs travailleurs au Bangladesh, en Inde et au Népal, où deux syndicalistes ont été abattus par les forces de l’ordre lors de manifestations en faveur de la démocratie organisées collectivement par le mouvement syndical national. De nombreuses personnes ont été blessées au cours d’attaques brutales menées par la police au Cambodge, pays notoire pour les atteintes aux droits des travailleurs, et en Malaisie. Au Cambodge, la violence contre les syndicalistes s’est poursuivie en 2007 avec, notamment, l’assassinat en février du dirigeant syndical Hy Vuthy. En Thaïlande, le coup d’Etat militaire a été assorti d’une vague de harcèlements et de licenciements arbitraires de membres et de dirigeants syndicaux. A l’instar de ce qui se passe dans bon nombre d’autres pays de la région, les travailleuses et travailleurs immigrés ont été particulièrement vulnérables à l’abus et à l’exploitation.

Parallèlement au bilan meurtrier accablant de la Colombie, la violence à l’encontre de syndicalistes dans les autres pays d’Amérique latine inclus une attaque policière meurtrière au Mexique au cours de laquelle deux mineurs ont été tués et 41 autres blessés. En Equateur, 15 personnes ont été grièvement blessées lors d’une attaque violente des forces armées et de la police contre une manifestation organisée par les syndicats contre l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Une dirigeante du syndicat des enseignants a échappé à une tentative d’assassinat au Guatemala, où la violence antisyndicale s’est poursuivie en 2007 avec le meurtre, le 15 janvier, de Pedro Zamora, dirigeant du syndicat des dockers. Le rapport mentionne aussi les actions antisyndicales du patronat dans des zones franches d’exportation et des plantations d’Amérique centrale, notamment plusieurs cas de licenciement collectif et d’intimidation de travailleurs au Costa Rica, en République dominicaine, au Salvador, au Honduras et au Nicaragua. Des travailleurs qui tentaient de s’organiser dans des syndicats ont également été victimes de licenciements en masse en Argentine, au Pérou et dans plusieurs autres pays. La participation aux activités syndicales a conduit à l’arrestation de travailleurs dans pas moins de neuf pays de la région.

L’Afrique n’a pas été épargnée par les violations flagrantes des droits d’organisation et de représentation des travailleurs. Les forces de l’ordre ont mené une offensive contre une manifestation syndicale en Guinée, faisant 20 morts et de nombreux blessés parmi les manifestants. Au Maroc, un employé municipal a été tué et plusieurs autres blessés au cours d’une manifestation syndicale, tandis qu’en Afrique du Sud, la police a ouvert le feu sur les employés en grève d’un journal et 18 autres syndicalistes ont été blessés par la police au cours de divers incidents. Comme en Asie, les licenciements collectifs ont été monnaie courante, principalement au Kenya, où plus de 1000 travailleurs de plantations de fleurs ont été mis à pied, dont certains ont été blessés par la police. Les salariés de la fonction publique et de l’éducation nationale ont été victimes de discrimination en Algérie, au Bénin et en Ethiopie, où le gouvernement a poursuivi sa campagne de harcèlement à l’encontre de l’Association des enseignants. La Confédération syndicale du Djibouti, l’UDT, a fait l’objet d’un harcèlement débridé de la part du gouvernement. Craignant pour ses jours, un des chefs de file de l’organisation s’est vu contraint à l’exil. Les gouvernements de la Libye et du Soudan ont, eux aussi, maintenu des restrictions sévères à la liberté d’association tandis que l’Egypte a, pour sa part, imposé des limites aux droits syndicaux.

Les premiers pas vers l’instauration de droits syndicaux à Oman et les développements encourageants intervenus au Bahreïn ont été éclipsés par le maintien de restrictions sévères, voire la prohibition pure et simple de toute activité syndicale dans une bonne partie du Proche-Orient, et plus particulièrement en Arabie Saoudite. Ainsi, les atteintes à la liberté d’association se sont poursuivies en Jordanie, au Koweït et au Yémen, alors qu’en Syrie, les autorités ont exercé une main-mise quasi-totale sur la seule organisation syndicale officielle du pays, qui est aussi la seule organisation autorisée. Partout au Proche-Orient, les travailleuses et travailleurs migrants ont été soumis à des conditions de travail relevant de l’exploitation, sans le moindre droit de recours. Les syndicalistes irakiens ont été victimes d’une violence systématique et ciblée. Parmi la longue série de crimes commis à l’encontre de syndicalistes, un des pires cas a été celui d’un dirigeant syndical de la santé publique qui a été enlevé, torturé au moyen d’une foreuse électrique et ensuite abattu par balle. Les droits fondamentaux des travailleurs continuent à être bafoués en Iran où la répression à l’encontre de l’activité syndicale indépendante se poursuit sans relâche. Le rapport signale notamment des arrestations en masse et des détentions, y compris une fillette de 12 ans qui a été battue avant d’être jetée sans ménagements dans un fourgon de la police. Mansoor Osanloo, dirigeant du Syndicat de la compagnie des bus de Téhéran a été maintenu en isolement durant quatre mois et a été une nouvelle fois battu et arrêté en novembre. Il fut à nouveau arrêté par les autorités en juillet 2007. A l’heure de rédiger ces lignes, il croupissait toujours en prison aux côtés de plusieurs de ses collègues. La violence incessante en Palestine a également touché le mouvement syndical. Un groupe d’assaillants masqués a pénétré dans un bâtiment abritant une station de radio appartenant à un syndicat. Ils ont d’abord lancé une grenade, blessant quatre personnes, avant de mettre le feu aux locaux. Les restrictions imposées aux déplacements des Palestiniens dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie, ainsi qu’entre ces territoires occupés, rendent les activités syndicales encore plus difficiles.

En Europe, la répression systématique du syndicalisme indépendant a représenté une constante en Biélorussie. L’Union européenne a annoncé la suppression de ses préférences commerciales à ce pays suite au refus du régime d’Alexander Lukashenko de se conformer aux normes fondamentales de l’OIT. En Azerbaïdjan et en Turquie, plusieurs employeurs ont été accusés de harcèlements aggravés à l’encontre de syndicalistes. Des cas d’intromission par des gouvernements dans les activités légitimes de syndicats ont été dénoncées, preuves à l’appui, en Bosnie-Herzégovine, en Lituanie et en Moldavie. Les amendements apportés à la législation du travail en Russie et en Géorgie ont entraîné une détérioration en terme de respect des droits de représentation syndicale et de négociation collective.

Il existe cependant un signe encourageant : Secrétaire général de la CSI, Guy Ryder signale dans la préface du rapport annuel que : « En dépit de toutes ces difficultés, des millions de femmes et d’hommes se maintiennent fermes dans leur engagement en faveur de l’action syndicale ou en découvrent les bienfaits. »

Saluant le courage de toutes celles et de tous ceux qui luttent contre la répression antisyndicale malgré le risque que cela implique pour leur vie, Ryder a ajouté : « L’action de solidarité internationale des syndicats à l’échelon international s’est traduite par un soutien inestimable en faveur des travailleuses et des travailleurs dont les droits sont bafoués. Dans bon nombre des cas figurant dans notre Rapport annuel, la pression syndicale mondiale exercée sur les gouvernements et les entreprises a produit des résultats. » « Toutefois », a-t-il averti, « il n’y a pas eu d’amélioration globale tangible depuis la fin de 2006 et il incombe aux gouvernements d’assumer leurs responsabilités pour faire en sorte que les normes mondiales adoptées au sein de l’Organisation internationale du travail soient pleinement respectées partout dans le monde. »


Pour consulter le rapport, ci-joint le lien

10.08.2007

Appel mondial pour la libération de deux syndicalistes emprisonnés en Iran

390ed380b03103ad9fe6b4cce52c53fa.jpg
4b32ce0218711fc7cd1ba5aa8b95e07e.jpg
À l'appel de la CSI (Confédération syndicale internationale), la confédération CFDT et sa fédération des transports (FGTE) ont participé, jeudi 9 août, à la journée d'action pour demander la libération de Mansour Osanloo et de Mahmoud Salehi. Mansour Osanloo et Mahmoud Salehi sont deux dirigeants du syndicat des chauffeurs de bus de Téhéran et Faubourgs (SHERKAT-E VAHD) qui ont été emprisonnés le 10 juillet dernier.
Des représentants de la CFDT, CGT et de FO se sont présentés ce matin à l'ambassade d'Iran pour remettre un courrier demandant la libération de nos amis syndicalistes.
L'ambassade a refusé de recevoir une délégation.
La CFDT va poursuivre son action avec la CSI pour obtenir le respect des droits fondamentaux et la libération des syndicalistes en Iran et partout où les libertés sont bafouées.

Voici la lettre transmise par Jacky Bontems secrétaire-adjoint de la CFDT

Paris, le 9 août 2007

M. Mahmoud Ahmadinejad
Président de la République
Palais de la Présidence
Avenue de la Palestine,
Intersection Azebaijan
Téhéran
République Islamique d'Iran



Objet : Droits syndicaux


Monsieur le Président,

La Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT)
s'associe à l'action de la Confédération Syndicale
Internationale (CSI), dont elle est membre, et de la
Fédération Internationale des Travailleurs du Transport
(ITF) pour la libération des syndicalistes détenus en Iran.

Nous avons été informés que M. Mansour Osanloo, dirigeant
du syndicat des chauffeurs de bus de Téhéran et Faubourgs
(SHERKAT-E VAHD) a été enlevé, battu et emprisonné. M
Osanloo avait déjà été privé de liberté pendant huit mois
entre décembre 2005 et août 2006 ainsi qu'en novembre et
décembre 2006, en raison de ses activités syndicales et
devait à nouveau comparaître en justice.

Mahmoud Salehi, porte-parole du Comité fondateur pour la
création de syndicats, ancien président de l'Association
des ouvriers boulangers de Saqqez et co-fondateur du Comité
de coordination de création d'organisations de
travailleurs, a été condamné le 11 novembre 2006 à 4 ans de
prison pour « conspiration en vue de commettre des crimes
contre la sûreté de l'Etat », peine réduite à une année
d'emprisonnement et trois ans de sursis lors d'une
procédure en appel en mars 2007.

Gravement malade, Monsieur Sahehi ne reçoit pas les soins
requis par son état de santé et est privé du droit de
recevoir la visite de son avocat et de sa famille.
La CSI, l'ITF et Amnesty international pensent que Mahmoud
Salehi et Mansour Osanloo sont des prisonniers d'opinion,
détenus uniquement en raison de leurs activités syndicales
pacifiques.

La CFDT, en participant à cette journée d'action, demande
leur libération immédiate et inconditionnelle et que les
charges retenues soient abandonnées.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma
haute considération.


Jacky BONTEMS
Secrétaire général adjoint

09.08.2007

Les JO de la dictature

ee44754e835683a13d5c5b524b00f68f.jpegRSF, perquisitionné lundi à Pékin, témoigne sur la liberté d’expression en Chine.
Par Vincent Brossel, chargé du bureau Asie, et Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
LIBERATION : mercredi 8 août 2007


A partir du 8 août 2008, des dizaines de milliers d’athlètes, d’amoureux du sport et de journalistes vont se retrouver à Pékin pour les Jeux olympiques. Un an avant ce qui devrait être une grande fête, beaucoup reste à faire. Certes la construction des stades est bien avancée, mais, dans toute la Chine, les libertés et les droits de l’homme continuent d’être, chaque jour, bafoués. Malgré des engagements clairs pris en 2001 auprès du Comité international olympique lors de l’attribution des Jeux, le gouvernement chinois n’a pratiquement rien fait pour améliorer cette situation. A l’époque, un représentant du Comité de la candidature de Pékin avait pourtant déclaré : «En confiant à Pékin l’organisation des Jeux olympiques, vous contribuerez au développement des droits de l’homme.»

Six ans plus tard, on est loin du compte. Très loin. Dans le seul domaine de la presse, au moins trente journalistes et cinquante internautes sont actuellement emprisonnés en Chine. Certains depuis les années 80. Beaucoup d’entre eux ont été torturés. En vertu de lois qui sanctionnent lourdement la «divulgation de secrets d’Etat», la «subversion» ou encore la «diffamation», ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison, pour avoir simplement écrit un article ou envoyé un courriel. Le gouvernement bloque, d’autre part, des milliers de sites internet d’informations. Les programmes en chinois, tibétain et ouïgour d’une dizaine de radios internationales sont brouillés. Après avoir épuré les forums de discussions des propos jugés dissidents, les autorités se concentrent désormais sur les blogs et les sites d’échange de vidéos. Les outils de blogs du pays incluent tous des filtres qui bloquent des mots-clefs qualifiés de «subversifs» par les censeurs. Bien que les mesures encadrant le travail des journalistes étrangers aient été assouplies, il est toujours impossible pour les médias internationaux d’employer des journalistes chinois, ou de se déplacer librement au Tibet et au Xinjiang.

Tous ceux qui aiment le sport seront choqués de voir les Jeux olympiques et les athlètes instrumentalisés par un gouvernement qui refuse de libérer les milliers de prisonniers d’opinion, de faire cesser la torture ou le travail forcé. Malheureusement, le Comité international olympique reste bien silencieux à ce sujet, au risque de se discréditer.

La charte olympique ne stipule-t-elle pas que le sport doit être mis «au service du développement harmonieux de l’homme, en vue d’encourager l’établissement d’une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine» ? Il n’est pas question de gâcher la fête, ni les compétitions. C’est la Chine et le Parti communiste, au contraire, qui dévoient les Jeux et l’esprit olympique. Un an avant l’ouverture des JO, la mobilisation est plus que jamais nécessaire. Il est encore temps d’exiger du gouvernement de Pékin qu’il respecte ses engagements. Et c’est le devoir du Comité international olympique de s’y employer. Son président, Jacques Rogge, doit faire entendre sa voix. Sinon le slogan des Jeux olympiques de 2008, «One world, One dream», n’aura aucune valeur, et pas d’autre sens que celui de promesses cyniquement trahies.

Aux athlètes, aux journalistes, aux amoureux du sport, et à tous ceux qui sont attachés au respect des droits de l’homme, d’exprimer publiquement leur inquiétude face aux innombrables violations des libertés dans l’empire du Milieu.

Pour que le 8 août 2008, la fête ne soit pas seulement dans les stades. Mais dans toute la Chine.