27.03.2008
Environnement, retour au Grenelle
18 organisations syndicales (dont la CFDT), patronales, assemblées de collectivités locales et ONG environnementales ont publié dans le journal Le Monde une tribune sur le Grenelle de l'environnement.
Face à un sentiment d'enlisement et d'essoufflement de la dynamique qui s'est fait jour parmi les acteurs du Grenelle de l'environnement, elles jugent crucial de revenir au plus tôt au Grenelle pour en faire une priorité politique.
Les histoires de nos organisations sont singulières, nos cultures différentes, nos intérêts parfois divergents. Nous représentons pour partie la diversité de la société française, ses richesses et ses complexités. Mais nous avons un point commun et il est essentiel : nous appartenons à la même communauté humaine et à la même planète. Ensemble, dans le Grenelle de l'environnement, dans un effort d'écoute et de dialogue démocratique, appuyés sur l'expertise et l'expérience des uns et des autres, nous sommes parvenus au même diagnostic : la gravité des enjeux écologiques menace de déstabiliser notre économie, de dégrader nos relations sociales et de nuire irréversiblement aux générations futures. Nous sommes à présent sous une contrainte de temps majeure. Il nous faut réagir sans plus attendre.
Chacun à notre façon, nous nous sommes engagés totalement et sans réserve dans cette démarche. Nous avons laissé nos préjugés à la porte, abandonné nos postures, revisité nos certitudes afin de nous concerter sur les remèdes possibles et les réformes nécessaires. Nous le redisons ici avec solennité, au-delà des aléas politiques et des conjonctures partisanes : le bien commun et l'intérêt collectif sont en jeu. Ce défi appelle de nouvelles attitudes et oblige à un choix de société. Il n'y a rien de plus pressant que de garantir à tous un avenir durable.
C'est dans cet esprit que nous avons travaillé ensemble pour que le Grenelle de l'environnement marque une rupture dans le laisser-aller d'un mode de développement qui brûle ses vaisseaux ; et pour qu'il ouvre en même temps des pistes constructives vers de nouvelles façons de produire, de consommer, de se déplacer, d'innover, de se nourrir, de se loger, d'organiser le territoire, de respecter la nature et, in fine, de vivre ensemble.
Autrement dit, cette réflexion ne se limite pas à des mesures écologiques ; elle porte un véritable projet de société. Les mesures adoptées lors de la table ronde finale du Grenelle de l'environnement, à l'automne 2007, visent à répondre aux priorités les plus urgentes. Elles sont sans doute encore insuffisantes et doivent être améliorées dans un processus permanent de réformes négociées, dans le cadre d'autres Grenelle. Certaines peuvent apparaître difficiles.
Mais, pour nous, il n'y a pas d'alternative. Si les 268 mesures adoptées fin octobre 2007 ne sont pas mises en oeuvre résolument, si ce signal pour une profonde mutation n'est pas envoyé, vite, force sera alors de constater que nous aurons consenti à perpétuer les erreurs du passé, avec des conséquences économiques et sociales désastreuses.
Chaque jour apporte la confirmation que, loin de se résorber, la crise des ressources naturelles, de la biodiversité et des équilibres climatiques s'aggrave. La forte hausse (qui pourrait prendre des formes vertigineuses) du prix du pétrole et du gaz comme celle des produits alimentaires sont des révélateurs puissants qui commencent à exercer leurs ravages sur les catégories sociales les plus exposées.
Malgré les initiatives des collectivités territoriales et des entreprises, malgré la prise de conscience et la mobilisation des organisations professionnelles et syndicales, quelles que soient les innovations technologiques, en dépit aussi des efforts individuels et des progrès collectifs, la ligne de front recule. Nous ne nous situerons pas à hauteur des enjeux en agissant à la marge, par des adaptations sectorielles et ponctuelles. Il faut anticiper sur une autre logique et c'est bien l'esprit des négociations du Grenelle. Elles invitent chacun - politiques, administratifs, entrepreneurs et dirigeants d'entreprises, ingénieurs, chercheurs, syndicalistes, acteurs sociaux et associatifs, citoyens - à exercer sa responsabilité, au niveau qui est le sien, pour inverser la tendance. Soyons au rendez-vous !
Voilà pourquoi il nous apparaît crucial de revenir au plus tôt au Grenelle pour en faire une priorité politique. Or, ces derniers temps, un sentiment d'enlisement et d'essoufflement de la dynamique s'est fait jour parmi les acteurs du Grenelle. Des tentations de retour en arrière s'expriment ici et là. Des pressions s'accumulent. Des questions essentielles comme celle des financements ne sont toujours pas abordées. Certes, l'administration a sa feuille de route et elle travaille à rendre opérationnelles la plupart des mesures décidées.
Certes, le ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable est renforcé dans ses attributions et il s'attache à porter les mesures du Grenelle. Mais rien de suffisant ne s'est encore traduit en actes et les résultats se font attendre. De notre point de vue, les engagements du président de la République pris à l'issue du Grenelle sont toujours d'actualité mais force est de constater qu'ils sont absents des récentes déclarations du gouvernement. Il est donc urgent de reprendre la main, d'accélérer le pas, de refuser les dilutions, de bousculer les habitudes.
C'est maintenant aux élus de la nation, après la reprise des travaux de l'Assemblée nationale et du Sénat, qu'il revient de s'impliquer. Une loi d'orientation reprenant les principaux choix arrêtés lors de la table ronde finale va leur être soumise de même que toute une série de mesures concernant de nombreux aspects de la vie quotidienne de nos concitoyens. Les députés et les sénateurs sont, à leur tour, placés devant leurs responsabilités. Elles sont immenses. Dans la suite de l'élan impulsé avec les principaux représentants de la société civile et des forces vives du pays, nous attendons d'eux qu'ils encouragent et renforcent le mouvement vers l'absolue nécessité du changement de société que le Grenelle de l'environnement préconise.
La France va accéder prochainement à la présidence de l'Union européenne au moment où des dossiers décisifs vont être discutés. Elle a fait connaître, par son gouvernement, sa volonté de faire de l'impératif écologique sa priorité. Avec un Grenelle de l'environnement effectivement mis en application à l'échelle nationale, il est évident que sa crédibilité et ses propositions s'en trouveraient renforcées au niveau continental.
Liste des signataires :
Collectivités territoriales :
Marc Censi, Assemblée des communautés de France ;
Claudy Lebreton, Assemblée des départements de France ;
Jacques Pélissard, Association des maires de France ;
Jean-Jack Queyranne, Assemblée des régions de France.
Employeurs :
Jean-Pierre Clamadieu, Medef ;
Guillaume de Bodard, CGPME.
ONG :
Claude Bascompte, Les Amis de la Terre ;
Allain Bougrain-Dubourg, Ligue pour la protection des oiseaux ;
Claude Dumont, WWF ;
Sébastien Genest, France nature environnement ;
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot ;
Yannick Jadot, Greenpeace ;
Hubert Reeves, Ligue-ROC ;
Nadir Saïfi, Ecologie sans frontière.
Syndicats :
Jean-Frédéric Dreyfus, CFE-CGC ;
Marcel Grignard, CFDT ;
Bernard Ibal, CFTC ;
Bernard Saincy, CGT.
09:55 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, ONG, syndicats, MEDEF, développement durable, RSE, énergie
26.03.2008
Plus l’action sera précoce, moins elle sera coûteuse
Selon l’OCDE, les solutions aux problèmes d’environnement sont à la fois économiquement rationnelles et technologiquement réalisables. Et, à long terme, les coûts d’une action précoce sont bien inférieurs à ceux d’un report de l’action.
Dans ses Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2030, l’Organisation de coopération et de développement économiques met en exergue des problèmes prioritaires auxquels il convient de « s’attaquer d’urgence ». Elle en retient essentiellement quatre : le changement climatique, l’appauvrissement de la biodiversité, la rareté de l’eau et, enfin, l’impact de la pollution et des produits chimiques toxiques sur la santé humaine. En effet, faute de mesures appropriées, d’ici à 2030, « les émissions mondiales de GES [gaz à effet de serre] devraient augmenter encore de 37 %, et de 52 % d’ici à 2050 ». Ce qui pourrait se traduire par une hausse de la température mondiale, responsable d’une « augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses, des tempêtes et des inondations, portant gravement atteinte aux infrastructures essentielles et aux cultures ».
Autre conséquence de l’inaction : « Un nombre considérable d’espèces animales et végétales actuellement connues vont probablement disparaître. » Or « la poursuite de l’appauvrissement de la biodiversité risque de limiter la capacité de la Terre de fournir les précieux services écosystémiques sur lesquels reposent la croissance économique et le bien-être humain ». Selon l’organisation économique, « la pénurie d’eau s’aggravera en raison d’une utilisation et d’une gestion non durables de la ressource ainsi que du changement climatique ; le nombre de personnes vivant dans les régions touchées par un fort stress hydrique devrait augmenter d’un milliard, pour atteindre plus de 3,9 milliards. La pollution de l’air aura des effets croissants sur la santé au niveau mondial : le nombre de décès prématurés liés à l’ozone troposphérique quadruplera et celui des décès prématurés liés aux particules fera plus que doubler ».
En termes d’impacts, « les plus grands seront ressentis par les pays en développement, qui sont moins bien équipés pour gérer ces nuisances et s’y adapter. Toutefois, les coûts économiques et sociaux de l’inaction des pouvoirs publics ou du report de leur action dans ces domaines sont importants et affectent déjà les économies – y compris celles des pays de l’OCDE – tant directement (coûts de services de santé publique…) qu’indirectement (baisse de productivité du travail…) ». Or, « une panoplie de mesures visant certains des grands problèmes d’environnement pourrait ne pas coûter plus de 0,03 point de pourcentage de croissance annuelle moyenne du PIB au niveau mondial d’ici à 2030 ».
Mesures envisageables. Aussi, l’OCDE préconise tout d’abord de « veiller à une utilisation rationnelle des ressources et promouvoir l’éco-innovation ». D’ailleurs, remarque-t-elle, certains dirigeants du secteur privé « prennent déjà les devants, encouragés […] par la demande des consommateurs en matière d’innovations et de produits “ écologiques ” ». Si « les entreprises ont un rôle central à jouer » dans l’éco-innovation, elle estime qu’« il appartient aux pouvoirs publics de mettre en place les cadres d’action appropriés en fonction des circonstances nationales ». Notamment « des cadres d’action à long terme permettant d’intégrer les coûts environnementaux dans le prix des activités économiques (par exemple au moyen d’écotaxes et de permis négociables ou par le biais de la réglementation), de manière à assurer la compétitivité économique des technologies vertes, et inciter les entreprises à innover ». Ainsi qu’à travers « des aides publiques bien ciblées en faveur de la R&D fondamentale en matière d’éco-innovation lorsque cela se justifie ».
Une autre mesure proposée consiste à “ renforcer la coopération internationale dans le domaine de l’environnement ” : « Les pays membres et non membres de l’OCDE doivent unir leurs efforts pour atteindre les objectifs environnementaux communs. » Ainsi, « en ce qui concerne le changement climatique, plus les pays participant aux mesures d’atténuation seront nombreux, et plus ces actions couvriront de secteurs et de GES, moins il sera coûteux de réduire les émissions à l’échelle mondiale. D’après les Perspectives, la mise en place en 2008, par les seuls pays de l’OCDE, d’une taxe sur le carbone de 25 dollars par tonne de CO2 aboutirait en 2030 à une réduction de 43 % des émissions de GES dans ces pays. En 2050, toutefois, les émissions globales seraient encore supérieures de 38 % aux niveaux de 2000. Si le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie suivent l’exemple des pays de l’OCDE et appliquent la même mesure en 2020, et le reste du monde en 2030, le niveau global des émissions de GES en 2050 pourrait être ramené aux niveaux de 2000 ».
Enfin, pour l’organisation économique, il faudrait « agir en priorité dans les principaux secteurs affectant l’environnement : énergie, transports, agriculture et pêche ». C’est pourquoi « il est essentiel de fixer les prix de l’énergie en tenant compte du coût intégral du carbone ». Il est également « urgent de promouvoir des mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique […] qui soient d’un bon rapport coût-efficacité, en particulier dans les économies en croissance rapide, où les infrastructures actuellement mises en place dureront plusieurs décennies ».
Lever les obstacles. « Si les réformes sont réalisables et abordables », l’OCDE relève aussi certains obstacles au changement, tels que « les craintes d’impact sur la compétitivité industrielle ; l’incertitude quant à savoir qui doit agir et qui doit supporter les coûts de l’action ; la sous-évaluation du coût représenté par l’utilisation des ressources naturelles et la pollution ». Alors, pour supprimer ces obstacles, elle propose plusieurs approches, notamment d’intégrer « des mesures de transition aux réformes afin de faciliter l’adaptation et d’atténuer les éventuels effets indésirables des mutations structurelles sur des catégories particulières de la société, comme l’augmentation des factures énergétiques pour les familles à faible revenu ». D’une manière générale, elle préconise d’« élaborer des panoplies de mesures, ou des combinaisons d’instruments, adaptées aux conditions particulières de chaque pays ». Et, surtout, de « travailler en partenariat avec les acteurs concernés », notamment les syndicats. Car « le soutien et l’adhésion du public, en particulier des consommateurs et des secteurs d’activité concernés, sont souvent indispensables à une mise en œuvre satisfaisante de politiques ambitieuses ».
Jean-Pierre Bompard, délégué à l’Énergie, à l’Environnement et au Développement durable, estime que ce rapport « tombe bien », au moment où l’Europe définit sa stratégie de lutte contre le changement climatique, « mais il est trop silencieux sur les transitions professionnelles à mettre en place car il faut construire rapidement du dialogue social autour des grandes priorités retenues par l’OCDE », regrette-t-il. La CFDT s’y est préparée.
(1) Mobilisation interne ; EDD et agenda 21 scolaire ; programmes et référentiels ; charte nationale EDD ; agrément, label… ; conventions d’objectif ; chaires universitaires ; IHEDD ( création ) ; ressources ; fondation EDD ; moyens ; évaluation.
Article paru sur le site internet de la CFDT
11:13 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OCDE, réchauffement climatique, écologie, pollution, santé, eau
24.12.2007
Bali : un ouf de soulagement, mais pas un cri de victoire !
Une feuille de route plus qu’un accord a été adoptée le samedi 15 décembre 2007 à Bali au terme de la 13e conférence des nations unies sur le changement climatique. Elle fixe le cadre des négociations pour l’après-Kyoto qui expire en 2012.
C’est à l’arrachée, avec vingt-quatre heures de retard et au bord de la crise de nerfs que les représentants des 187 pays participants à la conférence de Bali sur le changement climatique se sont mis d’accord sur un accord a minima. Celui-ci définit un calendrier pour le prochain cycle de négociations qui devrait aboutir à un nouveau traité destiné à prendre la suite de Kyoto.
La conférence de Bali sur le climat est passée tout près de la catastrophe. Principal responsable : les Etats-Unis. L’obstination des représentants officiels du plus grand émetteur de gaz à effet de serre (GES), a failli faire capoter les efforts de l’immense majorité des pays présents. Pourtant, ce n’est pas toute l’Amérique qui était derrière la position de l’administration Bush. Le premier des opposants, présent à Bali, n’est autre que l’ancien vice-président Al Gore, prix Nobel de la paix. C’est également le cas de Michel Bloomberg, maire de New York, déclarant que nonobstant la position officielle du gouvernement,sa ville, comme sept cents autresvilles aux USA représentant 80 millions d’habitants, ont décidé d’appliquer de manière volontaire les dispositions du protocole de Kyoto.
La feuille de route fixant le début des négociations au plus tard en avril 2008, pour une présentation des résultats en 2009 à Copenhague, représente-elle un verre à moitié vide ou un verre à moitié plein ?
Si l’on considère que les Etats-Unis ont accepté d’entrer dans les négociations pour donner une suite à Kyoto, qu’ils n’ont donc toujours pas ratifié, et de ne pas rester en dehors de discussions qui les concernent au premier chef, on peut estimer que le verre est à moitié plein.
En revanche, l’opposition des représentants états-uniens à toute référence chiffrée dans la feuille de route sur la réduction des gaz à effet de serre (GES), est une mauvaise nouvelle.
Alors même que les experts du GIEC n’ont cessé de marteler l’urgence de s’engager sans tarder à réduire entre 25 et 40% des GES d’ici 2020 et malgré leur détermination,ni les Européens, ni les pays émergents (G77 + la Chine) n’ont pu faire fléchir les Américains. Dans un souci de ne pas quitter Bali les mains vides et ne pas décevoir l’opinion publique mondiale, ils ont fait le choix de maintenir l’espoir.en tablant sur un « changement d’administration » américaine. Car personne ne croit que ceux qui se battent aujourd’hui contre toute mesure pouvant affecter leur croissance économique, accepteront demain dans les négociations ce qu’ils ont refusé à Bali.
Les syndicalistes des fédérations de l’AFL-CIO (principale centrale syndicale états-unienne) confirment les inquiétudes de la communauté internationale. Ils ne croient pas à un engagement des responsables politiques actuels deleur pays en faveur d’une réelle réduction des GES.
La communauté internationale a donc engagé un pari. Mais existait-il un autre choix ? La proposition de Al Gore de laisser son propre pays au bord de la route était peu crédible. Comment en effet laisser le principal émetteur de GES en dehors de la recherche d’une solution globale ? La raison l’a finalement emporté et c’est sans doute ce qu’il faudra retenir.
Au-delà de la feuille de route, Bali a permis de trouver un accord sur les transferts de technologies propres en direction des pays en développement, et sur la mise en place d’un fonds pour l’adaptation des pays les plus pauvres au changement climatique.
La 14ème conférence de l’ONU sur le climat se déroulera l’an prochain en Pologne, à Poznan. Le résultat des élections aux Etats-Unis sera alors connu. La communauté internationale saura alors un peu plus à quoi s’en tenir quant aux chances d’aboutir à une solution globale pour l’avenir de la planète.
Article publié sur le site internet de la CFDT
10:29 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réchauffement climatique, Bali, syndicalisme, Al Gore, GIEC, Kyoto
12.12.2007
Conférence de l'ONU sur les changements climatiques : le temps du passage aux actes
Les 10 000 participants de la Conférence de Bali entrent dans leur deuxième semaine de débats. Les Etats doivent décider de l’intensité avec laquelle ils souhaitent combattre le réchauffement.
Personne à la Conférence des nations unies sur les changements climatiques de Bali n’a jusqu’ici personne émis la moindre réserve sur la pertinence du 4erapport du GIEC (Groupe d’experts internationaux sur le climat), qui sert de référence et de fil rouge aux discussions. Comme l’a souligné le Président du GIEC, Rajendra Pachauri, « Les signaux émanant des dirigeants réunis là-bas sont très clairs : le temps des questions est terminé, ce dont nous avons besoin maintenant, c'est des actes ».
Pour autant, les participants repartiront-ils de Bali en s’étant engagé sur du concret ? Compte tenu de la divergence d’intérêts entre les groupes de pays, il est difficile de l’imaginer. L’adoption d’une feuille de route pour des négociations devant aboutir en 2009 à la conférence de Copenhague, serait déjà un succès. En effet, il est trop tôt pour que les Etats-Unis acceptent des mesures contraignantes de réduction des gaz à effet de serre à Bali. Il est également prématuré pour un grand nombre de pays en voie de développement (PVD) d’accepter de ralentir leur croissance en intégrant des mesures affectant leur activité économique.
Ces difficultés ressortent dansles débats des cinquante réunions quotidiennes de groupe de travail, avant la reprise des travaux en réunion officielle mardi 11 décembre. Ainsi, alors que le déboisement est responsable de 20% des émissions des gaz à effet de serre, les PVD principalement concernés par le phénomène, ne se semblent pas prêts à accepter un changement de politique immédiat. Ils demandent aux pays riches de contribuer financièrement, sous couvert d’aide à l’adaptation, au reboisement des zones les plus touchées.
Durant toute cette seconde semaine où les ministres vont faire leur entrée, la recherche d’un équilibre entre d’une part un engagement plus fort de tous pour lutter contre le réchauffement de la planète, et d’autre part le financement des mesures pour l’adaptation des PVD, sera au cœur des débats.
Les syndicalistes présents à Bali quant à eux, tentent de faire émerger la question sociale dans les réflexions. Pour cela, chacun s’active au nom de la CSI (Confédération syndicale internationale) pour obtenir un rendez-vous avec la délégation officielle de son pays, et tenter d’en convaincre les représentants de réclamer des mesures ambitieuses pour l’après Kyoto (après 2012), et d’anticiper les changements en terme d’emploi. Une délégation de la CSI a rencontré Brice Lalonde, chef de la délégation française, pour lui présenter les attentes du syndicalisme international dans la lutte contre le réchauffement climatique et ses revendications en matière sociale. Mercredi 12 décembre, Jean-Louis Borloo s’exprimera devant la Conférence pour transmettre le message du gouvernement français.
D’ici là, chaque Etat et chaque groupe d’intérêt défend leurs points de vue, parfois contradictoires. Mais personne n’est dupe : si les avis peuvent diverger, chacun sait bien qu’il portera une lourde responsabilité en cas d’échec. Et de ça, personne n’en veut à Bali.
Article paru sur le site internet de la CFDT le 10 décembre 2007
09:00 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réchauffement climatique, CSI, Kyoto, développement durable, écologie
08.12.2007
Agenda-Journée mondiale du climat du 8 décembre 2007
Le changement climatique fait peser de nombreux risques sur notre planète : multiplication des catastrophes climatiques (canicule, inondations, tempêtes...) ; montée des eaux qui menace de disparition certains territoires et provoquera l’exode des milliers de « réfugiés climatiques » ; menace sur la faune et la flore et multiplication des catastrophes alimentaires et sanitaires.
Les fausses solutions que sont l’énergie nucléaire (polluante, dangereuse et proliférante) ou les agrocarburants et les mauvaises orientations comme le « tout autoroute » sont destinées à soutenir un modèle de développement dévastateur. Elles détournent des financements qui devraient être affectés à la promotion des économies d’énergie, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables !
Du 3 au 15 décembre se tiendra à Bali la 13e conférence internationale des Nations unies sur le changement climatique, pour préparer la suite du protocole de Kyoto. Au même moment, la France dévoilera le projet de loi issu du Grenelle de l’Environnement.
Pour une véritable justice climatique, les pays riches doivent s’engager à réduire de 30% leurs émissions de gaz à effet de serre, sans nucléaire, d’ici 2020.
De Grenelle à Bali, agissons contre le changement climatique !
Rendez-vous le 8 décembre 2007 à 14h00 Place du Châtelet à Paris pour la parade climatique
09:00 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : manifestation, réchauffement climatique, écologie, développement durable
18.11.2007
Agenda-festival du livre et de la presse d’écologie
Pour la 5ème année, le festival du livre et de la presse d'écologie se tiendra de 11h00 à 19h30 le 18 novembre 2007 au théatre du Trianon dans le 18ème arrondissement de Paris (80 boulevard Rochechouart).
Au programme, des rencontres avec des éditeurs spécialisés dans les questions d'écologie qui viendront présenter leurs oeuvres, avec des auteurs qui dédicaceront leurs ouvrages, des conférences avec notamment Albert Jacquard, les forums des associations et de la presse d'écologie.
Les plus jeunes ne seront pas oubliés :
- une librairie spécialement réservée,
- la remise du Prix Jeunesse du Festival, décerné par un jury d’enfants, qui distingue le livre parlant le mieux, selon eux, d’écologie et d’environnement aux enfants de 9 à 14 ans,
- un stand sur les formations et des métiers de l’environnement avec une table ronde,
- des magazines et des associations qui s’adressent tout particulièrement à la jeunesse,
- un espace avec un atelier de dessins permettant aux parents de visiter le Festival en toute tranquillité.
08:45 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : festival, littérature, médias, écologie
02.11.2007
Le voyage de "Tara" confirme les craintes sur la banquise arctique
Article paru dans Le Monde du 01.11.07
La dérive du voilier Tara dans les glaces arctiques se terminera avant Noël, soit avec neuf à dix mois d'avance. Ce navire scientifique, qui mène des recherches pour le programme européen Damoclès d'étude de la banquise arctique, "a effectué un trajet trois fois plus rapide que les modèles ne l'avaient prédit", a expliqué, mardi 30 octobre, Jean-Claude Gascard, directeur de recherche au CNRS et responsable de Damoclès. Cela en raison d'une dérive transpolaire très rapide.
Projet pilote de l'Union européenne pour l'Année polaire internationale, Damoclès, lancé en 2005, a déjà permis d'établir que la fonte de la glace de mer en Arctique avait été exceptionnelle pendant l'été (Le Monde du 19 septembre) et que l'épaisseur moyenne de la banquise n'était plus que de 1,5 mètre, au lieu des 3 mètres observés il y a trente ou quarante ans. On constate aussi que "la glace est plus jeune (moins de quatre ans), moins comprimée et donc plus facile à faire fondre", a ajouté M. Gascard. Au 15 octobre, la période de formation de la banquise n'avait pas véritablement commencé, malgré l'arrivée de la nuit polaire.
Au rythme actuel, on peut craindre que la banquise arctique aura disparu en été dans les dix à quinze années à venir, soit beaucoup plus tôt que ne le prévoient les modèles climatiques, qui envisagent plutôt cette disparition pour 2050. "Mais cette date n'est pas certaine", estime Ralf Doescher, du Swedish Meteorological and Hydrological Institute, co-coordinateur du projet Damoclès.
Les scientifiques estiment que la disparition de la glace de mer en été aura pour effet d'accélérer le processus de réchauffement, car l'énergie solaire incidente ne sera plus réfléchie vers l'espace.
Par ailleurs, Peter Schlosser, coordinateur d'un programme américain d'étude de l'Arctique, Search, a indiqué que la glace d'eau douce qui recouvre le Groenland, dont l'épaisseur peut atteindre 3 000 mètres, commence à fondre en surface et sur les pourtours de l'île. Or l'arrivée d'eau douce a pour effet mécanique de relever le niveau de la mer.
Selon un des experts, cette élévation pourrait atteindre un mètre, voire plus, à la fin du siècle, soit davantage que les prévisions du Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui table sur une élévation maximale de 59 centimètres .
Christiane Galus
12:35 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : réchauffement climatique, science, arctique, banquise
28.10.2007
Grenelle de l'environnement : un processus positif pour la CFDT
Le Grenelle de l’environnement s’est révélé un processus de qualité, porteur de progrès. Il a permis à des acteurs d’horizons différents de débattre et de construire des propositions. Elles sont, pour la plupart, reprises par le président de la République
Parmi les mesures annoncées, la CFDT approuve l'exigence de nouvelles normes thermiques pour l'habitat neuf et un effort comparable de rénovation de l'habitat ancien. Elle souhaite que celle-ci inclue la lutte contre les logements insalubres.
La CFDT se félicite également de la création d'une taxe kilométrique pour les poids lourds et de l'ensemble du programme qui vise à réduire le transport routier et ses nuisances. L'éco pastille favorisant les véhicules les moins polluants doit aussi permettre l'acquisition de ces véhicules aux revenus les plus modestes.
Cependant, l’effectivité des engagements pris par le chef de l’État suppose la réunion d‘un certain nombre de conditions.
• Mobiliser les financements nécessaires. Les évolutions de la fiscalité et des prélèvements doivent être décidées dans une cohérence globale préservant le pouvoir d’achat des plus bas revenus. Les politiques en faveur du développement durable doivent comporter l’objectif de réduction des inégalités.
• Inclure les politiques nationales dans une dimension européenne. Les efforts que la France envisage n’auront de portée que s’ils s’inscrivent dans une dimension européenne. L’Europe doit s’engager dans une politique d’harmonisation fiscale avec en priorité la fiscalité des carburants et la création d’une écotaxe européenne sur le carburant et l'énergie.
Après l’adoption du traité de Lisbonne, l’Europe doit impulser des politiques de recherche et des politiques économiques et industrielles relevant les enjeux du développement durable.
• Poursuivre l’engagement des acteurs. Le travail entre les différentes parties prenantes, en particulier avec les ONG environnementales a été efficace. La CFDT agira pour qu’il se poursuive et s’amplifie. C’est à la fois un enjeu de progrès et de démocratie.
La négociation collective, dans les branches, les entreprises publiques et privées, les territoires, doit permettre la prise compte des orientations du Grenelle en incluant la dimension environnementale.
Il faut s'assurer que toute activité préserve l'ensemble des ressources naturelles traduisant ainsi la responsabilité sociale et environnementale des entreprises privées et publiques.
La CFDT fait sienne depuis des années, le développement durable et s’est impliquée dans tous les travaux du Grenelle ; nous devons agir pour assurer un monde vivable pour les générations futures. Cela ne sera possible que si nous parvenons au niveau mondial à faire reculer la pauvreté, à rendre possible l'accès à l’eau potable, à assurer un travail décent pour tous.n
Communiqué de presse du 26/10/07 de Marcel Grignard secrétaire national de la CFDT
09:45 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle, CFDT, développement durable, écologie, syndicalisme, gouvernance, RSE
15.10.2007
Agenda-Grenelle de l'environnement en Ile de France
Comme le prévoyait le processus du Grenelle de l'environnement, une phase de consultation et de débats se tient en régions.
En Ile-de-France, ces débats auront lieu à Drancy le mercredi 17 octobre de 9h30 à 17h (centre culturel du parc, 1 avenue Marceau/120 rue Sadi Carnot - Drancy).
Programme de la rencontre
- Matin (9h30-12h30) : travail en ateliers (déclinaison des ateliers nationaux)
Groupe 1 : lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d'énergie
Groupe 2 : Préserver la biodiversité et les ressources naturelles
Groupe 3 : Instaurer un environnement respectueux de la santé
Groupe 4 : Adopter des modes de production et de consommation durables
Groupe 5 : Construire une démocratie écologique
Groupe 6 : promouvoir des modes de développement écologiques favorables à la compétitivité et à l'emploi
Après-midi : assemblée plénière
Restitution des ateliers, débat et vote du public sur les propositions
Clôture par le Président du Conseil régional et le Préfet de région.
11:18 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle, développement durable, écologie, RSE, débats, démocratie participative
14.10.2007
Al Gore et le GIEC récompensés
Comme chaque année, des scientifiques, des économistes, des écrivains, des hommes politiques se voient remettre le prix Nobel afin de les récompenser pour leurs découvertes ou pour leur oeuvre dans leur domaine de compétence (économie, physique, littérature ...)
Plus précisément, le prix Nobel de la paix célèbre la plupart du temps les efforts de femmes, d'hommes ou d'
organisations pour rendre notre monde meilleur, plus pacifique avec l'ancien président Jimmy Carter qui se bat inlassablement pour la paix dans le monde, plus égalitaire avec Rigoberta Menchu qui lutte pour la reconnaissance des droits du peuple indien guatémaltèque ou plus solidaire avec Médecins Sans Frontières qui soulagent les souffrances des pauvres dans le monde entier.
En 2007, pour la 1ère fois, les membres du comité ont attribué le prix de la paix à Al Gore, ancien vice-présidente des USA, et au GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) un groupe d'experts créé par l'ONU afin d'étudier les changements climatiques.
A travers ce choix, c'est la lutte contre le réchauffement climatique qui est mis en avant comme étant un dossier essentiel pour favoriser la paix dans le monde.
Depuis sa défaite aux présidentielles américaines de 2000, Al Gore a renoué avec sa passion pour les questions climatiques en enchainant les conférences, les rencontres pour démontrer l'urgence de s'occuper du réchauffement climatique. le point d'orgue a été la sortie de son documentaire oscarisé "The Inconvenient Truth".
Quant au GIEC, il a démontré les liens entre l'augmentation des températures et l'activité humaine (transports, industries, énergie).
Voici en VO la video de la conférence de presse d'Al Gore après l'annoce de la remise du prix
16:35 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : récompense, prix, Nobel, GIEC, Al Gore, réchauffement climatique





