04.07.2008

Face au discours idéologique sur la RTT : des faits !

722d60808462dc1d2dbae63e216c1879.jpgAu travers de le retranscription législative de la "position commune" adoptée par la CFDT et la CGT concernant la représentativité syndicale, le gouvernement veut vider la loi sur les 35 heures. Les 35 heures ne seraient plus que la base légale horaire (mais pour combien de temps ?) à partir de laquelle seraient payées les heures supplémentaires. Pour tout le reste, un accord dérogatoire, et pas forcement majoritaire, pourrait instituer des horaires au forfait pour tous, des contingents d'heures supplémentaires différents de la loi et des accords de branche, voire l'introduction du gré à gré pour l'horaire de travail de chaque salarié.
Pour justifier cette politique en contradiction formelle avec la loi et même les déclarations des pouvoirs publics sur le nécessaire dialogue social, ceux qui nous gouvernent mettent en avant une série d'affirmations aussi contraires à la réalité les unes que les autres.
La CFDT Ile de France s'est appliquée à démonter les arguments d'un gouvernement plus préoccupé par des considérations politiciennes que par le bien-être des salariés.

- " Les 35 heures ont été imposées par le gouvernement Jospin, sans négociation" : FAUX !
1996 : la RTT est initiée par un ministre de droite, Gilles de Robien, à travers une loi qui prévoyait des négociations.
1998-2000 : les lois Aubry ont également inscrit l'obligation de la négociation entre les partenaires sociaux et conditionnaient les aides de l'Etat à la signature d'un accord. C'est ainsi que, par exemple, plus de 10000 accords ont été signés en Ile de France. La CFDT en a signé près d'un sur deux.
Fait nouveau : des salariés sans responsabilité syndicale ont fait le choix de s'impliquer dans ces négociations en tant que mandatés et ont signé environ 30 % des accords.
Dès la fin 2000, plus de 53 % des salariés d'entreprises de toute taille étaient couverts par un accord de RTT. Ce taux monte à 65 % pour les entreprises de plus de 20 salariés.
Les 35 heures sont donc le résultat d'un long processus de négociation et la loi n'a fait, au final une fois les délais passés, que les imposer aux employeurs récalcitrants tout en leur donnant de multiples possibilités d'application.
- "Les 35 heures ont été imposées de manière uniforme et rigide" : FAUX !
Les accords (et la loi) intègrent plusieurs possibilités de réduction et d'aménagement des horaires, en fonction des besoins des entreprises et des souhaits des salariés.
En Ile de France, compte tenu des temps de transport et des modes de vie, c'est l'ajout de jours de repos supplémentaires qui a été plébiscité dans plus de 55 % des accords. Vient ensuite l'annualisation qui concerne 40 % des accords afin de faire face aux variations de la production sur l'ensemble de l'année.
- "Les 35 heures n'ont pas créé d'emplois" : FAUX !
La condition nécessaire pour obtenir des aides gouvernementales était la création ou la sauvegarde d'emplois.
Selon le Ministère du Travail lui-même, 300 000 à 400 000 emplois ont été créésou sauvegardés en France.
Dans 9 accords sur 10, il s'agissait de créations d'emplois.
La conjoncture économique ne peut à elle seule expliquer ces créations. Les statisticiens du Ministère du Travail ont consciencieusement comparé des entreprises avec un accord RTT à d'autres sans accord RTT. Ils ont aboutit à la conclusion que la RTT avait bien permis de créer et de sauver des emplois.
En Ile de France, ce sont 60 000 à 70 000 emplois qui ont été créés ou sauvegardés
- "Le carcan des 35 heures a pénalisé le développement économique des entreprises" : FAUX !
Adaptation du temps de travail aux contraintes de production, heures supplémentaires et aides publiques pour amortir l'impact de la RTT : tout était prévu dans la loi.
L'annualisation du temps de travail a permis d'adapter les horaires aux aléas de la production.
Le niveau légal des 35 heures n'interdisait pas les heures supplémentaires et des contingents étaient même prévus par la loi. Ils n'ont d'ailleurs pas été utilisés par les employeurs car la situation économique n'était pas favorable.
Des aides financières par poste créé ou sauvegardé ont été apportées aux entreprises. De même, la mise en place transitoire de plusieurs SMIC a permis d'éviter d'augmenter trop brutalement le taux de salaire horaire et amortir l'impact des 35 heures sur les coûts du travail.
- "Les 35 heures ont empêché la progression du pouvoir d'achat" : FAUX !
Le gel des salaires lié aux 35 heures a été extrêmement minoritaire et limité dans le temps (2 à 3 ans). En Ile de France, sur un échantillon de 4700 accords étudiés par la CFDT, 91,32 % des accords ne prévoyaient aucun gel, 5,16 % en prévoyaient et 3,52 % prévoyaient une baisse des salaires. Ce résultat est comparable à celui du niveau national.
-"Même les salariés ne veulent plus des 35 heures" : FAUX !
Selon un sondage des Echos et LH2 Institut de l'entreprise des 30 et 31 mai 2008, 79 % des salariés du privé et du public ne sont pas prêts à monnayer la disparition de leur RTT.
Toutes les enquêtes montrent que les salariés passés aux 35 heures sont satisfaits.

La CFDT considère la RTT comme une avancée sociale majeure.
Elle est tout a fait prête à discuter là où des problèmes se posent, souvent liés à une organisation du travail insuffisamment questionnée.
Dès la signature des accords, la CFDT a d'ailleurs mis en avant la nécessité de commissions de suivi afin d'examiner la situation dans chaque entreprise et faire les ajustements nécessaires.
Toute démarche non idéologique sur cette question présuppose de faire un véritable état des lieux, de ce qui marche, de ce qui ne marche pas, de ce qui doit être modifié.
Cette démarche ne peut se faire que par le dialogue social.

26.06.2008

La CFDT explique pourquoi elle a signé l'accord salarial chez Cortal Consors

1ed8ff39ec89b014b3fc8b78d640e021.jpgAprès un conflit historique chez Cortal Consors, la CFDT a décidé de signer les dernières mesures proposées par la direction. Parce qu'elle veut toujours faire preuve de transparence vis à vis des salariés, elle a expliqué les raisons d'une telle décision lors d'une assemblée du personnel et de la diffusion d'un tract mardi dernier.
En voici le texte :


ACCORD SALARIAL 2008-POURQUOI LA CFDT A SIGNE

La CFDT et les autres organisations syndicales attendaient avec impatience les négociations salariales 2008
Cette année, les discussions se sont déroulées dans un climat social tendu marqué notamment par un contexte défavorable lié à une très forte inflation pénalisant le pouvoir d’achat. De plus, à l’instar des syndicats, les salariés ont très mal accepté le fait de ne pas bénéficier en 2007 d’une augmentation collective alors que les résultats n’ont jamais été aussi élevés.
Après près d’un mois et demi de négociations, un accord a finalement été trouvé par les partenaires sociaux, un accord que la CFDT a finalement signé.
Une mobilisation sans précédent
Le mardi 3 juin 2008 restera dans les annales de Cortal Consors car pour la première fois dans l’histoire de l’entreprise, des salariés se sont mis en grève pour défendre leurs droits.
Par cette action extrême, ils ont voulu faire entendre à la direction une voix trop longtemps ignorée malgré les efforts des syndicats pour faire passer leur message. Le fait que près de 25 % du personnel ait décidé de cesser le travail a mis à jour le fort malaise ressenti sans que la direction apporte des réponses.
La CFDT est fière d’avoir accompagné celles et ceux qui ont accepté de prendre un risque afin qu’ils soient entendus.
Un accord qui concrétise des avancées
Même si nos revendications n’ont pas été entièrement satisfaites, l’action des salariés a permis d’obtenir d’enregistrer des progrès par rapport aux propositions initiales de la direction
- Avant le mouvement social :
+ 1,95 % à + 2,10 % pour la 1ère tranche salariale au 1er juin 2008
+ 1,20 % à + 1,35 % pour la 2ème tranche salariale au 1er juin 2008
+ 0,95 % à + 1,10 % pour la 3ème tranche salariale au 1er juin 2008
- Après le mouvement social :
+ 1,95 % à + 2,10 % pour la 1ère tranche salariale avec rétroactivité au 1er janvier 2008 et une prime de 300 €
+ 1,70 % à + 1,85 % pour la 2ème tranche salariale au 1er juin 2008 et une prime de 300 €
+ 0,45 % à + 0,60 % pour la 3ème tranche salariale au 1er juin 2008
Nous avons aussi obtenu l’engagement de tenir les négociations salariales 2009 en janvier (au lieu d’avril pour 2008) avec un engagement à discuter d’une augmentation collective.
La journée de grève a ébranlé une direction éloignée des aspirations des salariés qui revendiquaient une plus grande reconnaissance de leur travail, une répartition plus juste des richesses créées par l’entreprise.
La CFDT au cœur de l’action
La CFDT s’est attachée à respecter scrupuleusement l’unité d’action avec les autres syndicats selon les engagements pris au début des négociations.
C’est ainsi que nous avons pleinement participé aux actions de communication organisées par l’intersyndicale. Lors des distributions de tracts et des assemblées du personnel, nous avons constamment veillé à être à l’écoute des salariés. Nous avons été en première ligne pour leur permettre de s’exprimer et pour les informer de manière transparente.
Nous avons finalement décidé de signer l’accord car nous avons considéré que c’était le meilleur moyen d’engranger les progrès obtenus et ainsi assumer notre rôle d’interlocuteur responsable.
Cette démarche s’inscrit dans le syndicalisme de transformation sociale prôné par la CFDT qui s’engage pour améliorer au quotidien la vie des salariés.
Cela ne signifie pas pour autant que tout est réglé. La CFDT sera particulièrement vigilante afin que les engagements pris et les droits des salariés soient respectés.

LA CFDT : DES CHOIX, DES ACTES


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19.06.2008

Manif du 17 juin : la CFDT Ile de France s’est mobilisée

4fd77e320f030c81c2813df2c577edf0.jpgC’est sous le soleil que près de 15000 adhérents de la CFDT Ile de France ont manifesté mardi dernier afin de dénoncer le projet du gouvernement de démanteler la durée du travail et son mépris envers les partenaires sociaux.
Les Banques étaient bien sûr bien représentées avec environ 600 personnes qui ont constitué un cortège haut en couleurs, dynamique, faisant entendre sa voix du début à la fin de la manifestation. Sous la banderole de la CFDT des Banques Ile de France, les militants ont répondu nombreux à l’appel de la Confédération afin de faire face aux attaques d’un gouvernement de plus en plus réactionnaire.
Cette forte mobilisation permet à la CFDT de réaffirmer sa volonté de ne pas abandonner les 35 heures, un dossier qu’elle porte depuis des années. Elle n’oublie pas pour autant la question des retraites car le gouvernement apporte de mauvaises réponses à d’importantes interrogations. Le fait de passer outre la position commune sur la représentativité est enfin une atteinte au syndicalisme mis en avant par la CFDT, basé sur la négociation source de progrès social.
L’attitude des pouvoirs publics est une régression car ils refusent d’accorder de la place à la démocratie sociale, aux corps intermédiaires. Alors que le MEDEF et la CGT démontraient une envie d’évoluer, l’Etat aux relents jacobins a tué l’initiative dans l’œuf avec le risque de faire le jeu des plus conservateurs et ainsi « flinguer » un dialogue social qui aura encore plus de mal à s’en relever.
Cette attitude est totalement incohérente. On souhaite d’un côté des organisations syndicales fortes, représentatives pour fortifier un dialogue social mais de l’autre côté on leur coupe l’herbe sous le pied dès que des solutions négociées sont trouvées.
Il est d’ailleurs dommage que l’ensemble des organisations syndicales ne se soit pas engagé dans une démarche unitaire. On peut déplorer que certaines centrales soient plus préoccupées par leur petite personne que par les attaques du gouvernement.
Après un accord sur la modernisation du marché du travail qui jette les bases d’une sécurisation des parcours professionnels chère à la CFDT, nous avions l’impression d’entrer dans une nouvelle ère. Le revirement du gouvernement pour des motivations purement politiciennes permet aux vieux démons de la France de revenir en force. Cela risque d’affaiblir des syndicats qui cherchent un nouveau souffle.
Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie et pour les citoyens.


7ac432ff2fb1629362fb8f2860861ff7.jpgJ'ai trouvé une photo où l'on m'aperçoit dans le cortège de la CFDT (oui, oui, c'est bien moi à droite avec la casquette)

16.06.2008

Un accord salarial est trouvé chez Cortal Consors, la CFDT le signe !

e51b7b2bcbda36bbccec5a12de2f9c0b.jpgLe feuilleton des négociations salariales chez Cortal Consors a trouvé son dénouement vendredi dernier.
En effet, après plusieurs réunions, pas mal de tergiversations, les partenaires sociaux ont finit par trouver un accord.
Nous en étions resté au vendredi 6 juin avec un débrayage organisé par les organisations syndicales qui a vu une cinquantaine de salariés se retrouver devant les bureaux à Rueil.
Cette manifestation avait pour objectif de maintenir la pression sur la direction dont les propositions avaient été jugées peu satisfaisantes.
Même si la mobilisation était moins forte que lors de la grève du 3 juin, elle témoignait toujours d’un climat social tendue. Malgré ses opérations de communication, la direction n’était pas parvenue à bien faire accepter ses nouvelles propositions.
Changement de décor la semaine dernière avec une nouvelle réunion entre les syndicats et la DRH qui dévoile de nouvelles propositions :

Avant :
+ 1,95 % à + 2,10 % pour la 1ère tranche salariale avec une rétroactivité au 1er mars
+ 1,70 % à + 1,85 % pour la 2ème tranche salariale au 1er juin
+ 0,95 % à + 1,10 % pour la 3ème tranche salariale au 1er juin
Après :
+ 1,95 % à + 2,10 % pour la 1ère tranche salariale avec une rétroactivité au 1er janvier et une prime de 300 €
+ 1,70 % à + 1,85 % pour la 2ème tranche salariale au 1er juin et une prime de 300 €
+ 0,45 % à + 0,60 % pour la 3ème tranche salariale au 1er juin

Il est également prévu de commencer les négociations salariales 2009 en janvier (avril en 2008) avec les principes actés de discuter d’une augmentation collective et d’en savoir plus sur le budget consacré aux augmentations individuelles.
FO et la CFTC se sont montrés prêts à signer mais il fut à un moment question d’appliquer un simple relevé de conclusion au lieu d’un accord. Je suis intervenu pour exiger la rédaction d’un véritable accord collectif qui illustre la volonté de la CFDT à aboutir à un compromis, même s’il a fallu passer par un conflit.
Après avoir débattu du projet d’accord au sein de la section syndicale, j’ai annoncé lors d’une réunion extraordinaire du comité d’entreprise la signature de la CFDT.
Conformément à nos engagements pris au début des négociations, ce sont néanmoins les salariés qui ont eu la primeur de cette décision. Au cours d’une ultime assemblée générale du personnel, je leur ai expliqué les tenants et les aboutissants qui ont fondé cette décision.
Un exercice délicat mais au combien nécessaire car je représente les salariés face à la direction tout en étant également le porte-parole de la CFDT dans l’entreprise.
Je suis donc intervenu pour leur dire que même si nos revendications n’ont pas été satisfaites à 100 %, leur mobilisation historique a ébranlé la direction et ses certitudes. Pour la 1ère fois, des salariés se sont manifestés collectivement pour exprimer un malaise resté jusqu’à présent latent. En signant le projet d’accord, nous avons voulu engranger les avancées ainsi obtenues et prendre acte pour les futures négociations.
Autre facteur qui a motivé notre choix : la crainte de voir la mobilisation s’essoufler au fil du temps et à l’approche des congés d’été.
Notre choix a été au final guidé par une évaluation réaliste de la situation et dans le but de mettre en œuvre le syndicalisme de transformation sociale pratiqué par la CFDT.
En agissant ainsi, je pense que nous avons démontré que la CFDT, c’est faire

12.06.2008

La CFDT bouge sur le Web

1f985a67144ca9bd260855f3bdf15ed2.pngMême si le contact avec les salariés reste la priorité de la communication syndicale, internet est devenu un vecteur incontournable pour la diffusion de l’information.
La CFDT a très vite compris la nécessité de faire évoluer son site web afin d’être plus réactive face aux mutations de plus en plus rapides de notre société. Cela est d’autant plus important qu’elle veut attirer particulièrement les jeunes salariés pour lesquels le web n’a plus de secrets.
Cette évolution ne s’est pas faite dans la facilité, je me souviens d’ailleurs de mes critiques transmises lors de la mise en place du site cfdt.fr : peu d’informations, peu de mises à jour.
Or, la confédération a rapidement fait évoluer son site grand public pour qu’il soit le plus complet possible et alimenté de façon régulière. Le site est s’est rendu indispensable pour connaître les positions de la CFDT, pour tout savoir de son organisation et de son fonctionnement.
Autre évènement majeur sur la toile pour la CFDT, la création du site cfdt.net destiné à améliorer la diffusion des informations des différentes structures. L’ensemble des membres de la CFDT, du simple adhérent au responsable national, a accès sur ce portail à tout ce qui concerne bien sûr la Confédération mais aussi sa fédération et son union régional de rattachement. Cfdt.net est devenu pour moi une source précieuse de renseignements que je consulte plusieurs fois par jour.
La CFDT vit actuellement une nouvelle et importante étape de son développement sur la toile.
A partir d’aujourd’hui, il n’existera qu’un seul et unique site (http://www.cfdt.fr) qui sera à la fois le site pour le public et le portail pour les adhérents.
Ce système est à l’image de l’organisation de la CFDT, il renforce l’identité de la CFDT tout en tenant compte des particularités des territoires et des secteurs d’activité.
De plus, il n’est pas figé, il est appelé à encore évoluer dans les prochains mois en se dotant des derniers outils multimédias que l’on peut retrouver sur le web version 2.0 comme des podcast, des webcast, des abonnements à des fils RSS etc. L’interactivité qui était le maillon faible jusqu’à présent sera améliorée grâce à des forums de discussion, des chats et même des blogs.
Pour un utilisateur assidu comme moi, la prise en main a été facile avec les mêmes rubriques qu’avant. L’amélioration la plus notable est désormais l’accès à toutes les informations diffusées par l’ensemble des fédérations professionnelles et des unions régionales.
Hier, je ne pouvais consulter que les pages de la fédération des banques et de l’union régionale de l’Ile de France. Aujourd’hui, je peux aussi bien lire des articles concernant la fédération de l’énergie que d’être informé des activités de l’union régionale de Midi-Pyrénées.
Cette ouverture dans la communication permet d’améliorer sensiblement mes connaissances des autres secteurs, un plus important pour mon activité syndicale.
Conclusion : cette refondation sur le net va dans le bon sens et j’attends avec impatience la suite.

10.06.2008

La formation syndicale pour structurer un collectif

782a4debb01938c385a58e2a73b687fd.jpgL’actualité ne m’a pas encore permis de parler du stage Zoom que j’ai animé pour l’Irefe, l’institut de formation de la CFDT Ile de France, du 27 mai au 30 mai dernier.
Zoom est l’un des modules phares de l’Irefe car il réunit des militants du secteur privé et de la fonction publique afin de les aider à être acteur au sein de leur collectif.
Qu’ils soient isolés ou membres d’une section syndicale, la finalité principale est de leur donner des pistes leur permettant par la suite de créer ou de structurer une véritable équipe.
Ce stage n’a lieu qu’une fois par an car il exige beaucoup de moyens matériels et humains comme les 10 animateurs mobilisés pour faire face aux 80 personnes réparties dans 5 groupes. De plus, cette formation a lieu en internat au centre de formation de la CFDT à Bierville dans l’Essonne dans un cadre champêtre agréable lorsqu’il fait beau.
En ce qui me concerne, je ne devais pas participer à l’animation car j’étais censé m’occuper d’un stage délégué personnel programmé la semaine suivante. Or, devant le nombre élevé de stagiaires, l’Irefe m’a demandé en urgence d’être de la partie, ce qui n’était pas un problème car j’avais vraiment envie d’animer.
Même si c’était la 1ère fois que je participais à l’animation de ce module si particulier, je n’étais pas totalement en terrain inconnu. J’avais suivi cette formation en tant que stagiaire lorsqu’elle s’appelait Energie 2000 mais il y a tellement longtemps que je ne me souviens plus de son contenu.
Comme dans les autres stages, nous utilisons une méthode pédagogique qui mélange théorie et pratique à travers des travaux en ateliers, des mises en situation. Il est surtout mis l’accent sur les échanges, les confrontations sur les expériences des stagiaires et des animateurs. Cela explique que ces derniers sont des militants expérimentés avec une bonne connaissance du terrain et de la CFDT.
Le stage dure donc 4 jours et se décompose à peu près ainsi :
1er jour : présentation de la formation et connaissance des valeurs, des structures et du fonctionnement de la CFDT.
2ème jour : conduite de projet avec travaux pratiques sur la syndicalisation et les personnes handicapées dans le monde du travail. Il est ensuite question de l’animation d’une réunion illustrée par une mise en situation censée reproduire une réunion d’une section syndicale.
3ème jour : travaux en ateliers sur 3 exemples de pratiques syndicales : la rédaction d’un tract, la tournée dans un service et la création d’une permanence syndicale. L’après-midi fut consacrée aux mécanismes de prise de décision avec là aussi une mise en situation sur une négociation aboutissant à une décision. Il s’agissait pour les stagiaires de définir dans leur groupe les 3 affirmations les plus acceptables et les 3 les moins acceptables à partir d’une liste de 15 qui traitait de la question de l’emploi des seniors (un sujet d’actualité !). Chaque groupe désignait ensuite un délégué chargé de porter les positions du groupe face aux délégués des autres groupes. Cet exercice a pour objectif de donner un sens pratique à l’exercice de la démocratie dans un collectif ainsi qu’à la pratique de la négociation avec la problématique du mandat.
4ème jour : travaux pratiques autour des élections professionnelles puis un retour sur l’exercice de la veille qui a beaucoup marqué les esprits. Il est ensuite demandé aux stagiaires de réfléchir à la mise en pratique concrète des connaissances acquises au cours du stage une fois retourné dans sa section syndicale. Le stage se termine sur la traditionnelle évaluation du stage par les « élèves », un moment très attendu par les animateurs qui veulent savoir si leur travail a été apprécié ou non.
2 semaines après la fin de la session, j’en tire un bilan positif même si j’ai des progrès à faire dans l’animation surtout sur les aspects théoriques des thèmes que j’ai abordés comme l’animation de réunion. Or, pour une grande première, je trouve que finalement, je ne m’en suis pas mal tiré mais attendons de lire les évaluations pour en savoir plus.
Autre satisfaction mais cette fois-ci en tant que responsable de syndicat, le nombre important de militants issus du syndicat des banques : une vingtaine représentant 5 sections syndicales.
Cela illustre l’importance accordée par le syndicat, d’une part, à la formation et, d’autre part, à la structuration de ses équipes.
Cette formation est, pour moi, tellement utile pour une section syndicale que je souhaite l’organisation d’une 2ème session dans l’année mais ceci est une autre histoire.
Mais le point le plus positif à retenir est le fait que nous avons accueilli de nombreux jeunes militants ayant l’envie de faire. Comme quoi, le syndicalisme peut encore avoir de beaux jours devant lui à condition de le vouloir.

05.06.2008

"Pourquoi le gouvernement traite-t-il le dialogue social par le mépris ?"

0ad4b0c09f1f27b040deca9d46f7d6d3.jpgTribune de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, parue dans le Monde du 5 juin 2008

Il aura fallu moins de 48 heures au gouvernement pour frapper en plein vol un processus qui pouvait nous conduire à changer d'époque en matière de relations sociales. En moins de 48 heures, nous voilà revenus des années en arrière, des mois de travail peut-être pour rien. Oubliées les leçons du contrat première embauche (CPE), remisées les invitations au dialogue… La vieille vision étatiste selon laquelle seule la voie politique est capable de produire le changement est de retour.
Il y a un mois, les partenaires sociaux s'accordaient sur des nouvelles modalités de la représentativité syndicale et de la légitimité des accords. Pour la première fois dans l'histoire des relations sociales en France, les deux premières centrales syndicales, la CFDT et la CGT, et les principales organisations patronales posaient les jalons d'une culture du dialogue et de la négociation. Cet acte est historique tant on déplore une France championne du monde des grèves, incapable de se réformer. Tant on regrette un dialogue social marqué par l'affrontement et la méfiance, inapte à produire les changements à temps et à les mettre en œuvre efficacement.
La CFDT est la première à l'admettre, notre dialogue social n'a pas été jusqu'à présent à la hauteur des enjeux et des urgences. Le récent rapport Cohen-Tanugi, commandé par le gouvernement, sur "L'Europe dans la mondialisation" y voit une des causes de notre retard sur les objectifs de Lisbonne, des économistes comme Thomas Philippon estiment qu'il en coûte plusieurs points de notre produit intérieur brut.
Quelle en est la cause ? Tous les spécialistes s'accordent pour accuser des règles sociales archaïques, une intervention constante et perturbatrice de l'Etat dans la régulation sociale et des syndicats peu responsables parce que peu responsabilisés, adoptant une attitude de rejet plutôt que de recherche de compromis.
La crise du CPE a souligné à la caricature l'impasse où mène l'absence de dialogue social. Elle a donné naissance en 2007 à la loi de modernisation du dialogue social qui a fait de la négociation entre les partenaires sociaux un préalable à toute nouvelle loi concernant le droit du travail.
Depuis, les partenaires sociaux ont démontré à deux reprises leur capacité à faire. En janvier, un premier accord sur la modernisation du marché du travail initiant a été signé; à la fin avril, une "position commune" sur la représentativité et le financement du syndicalisme incluant un volet sur le temps de travail était adoptée. Le chef de l'Etat s'est félicité d'un tel succès dans une tribune dans Le Monde du 19 avril. Xavier Bertrand et Christine Lagarde ont, pour leur part, déclaré que nous avions réalisé, dans le cadre de la "position commune", une avancée sur le temps de travail.

RENVOYÉS À NOS BANDEROLES

Pourquoi revenir alors sur un travail fait et bien fait ? La position commune répondait aux deux commandes du premier ministre demandant, d'une part, de négocier sur la représentativité syndicale et, d'autre part, de répondre à la question de savoir si le sujet du temps de travail devait être traité par la loi ou dans l'entreprise.
Les négociateurs ont répondu à ces deux attentes et, concernant la question du temps de travail, ils ont dit qu'il y avait de l'espace pour la négociation dans les entreprises, ces dernières pouvant, comme le prévoit l'article 17 de la position commune, "dépasser à titre expérimental le contingent conventionnel d'heures supplémentaires". La question du temps de travail étant cruciale pour la santé des salariés, nous avons soumis cette disposition à une condition : que celle-ci fasse l'objet d'accords d'entreprises conclus avec les syndicats représentant la majorité du personnel.
En ne respectant pas la position commune, le gouvernement nous renvoie, avec un dédain certain, à nos banderoles. Une déclaration et un projet de loi plus tard et nous voici déjà renvoyés à une seule posture possible, celle de la contestation. L'horizon d'un syndicalisme responsable et de réforme s'éloigne.
Pour nous engager à l'avenir, nous avons besoin de garantir à nos militants qu'en signant un accord notre parole sera respectée. Je souligne au passage la position courageuse de la présidente du Medef qui défend, au-delà de sa propre signature, le principe même de la signature. Laurence Parisot a bien compris qu'au-delà d'un contenu qui satisfait sans doute quelques attentes patronales sur le temps de travail, c'est à long terme le respect du dialogue social qui est en jeu.
Car, au bout du bout, comment le gouvernement espère-t-il avancer durant les quatre ans qui viennent en ayant rompu la confiance que nous avons tant de mal à faire vivre en France ? Avec qui le gouvernement veut-il conduire les réformes qu'attendent les Français ? S'il ne s'agissait de sujets graves – la santé des salariés au travail et le respect des acteurs sociaux –, on pourrait opposer au tragique de répétition le comique de situation.
Les prises de position depuis quelques jours se succèdent à front renversé. La patronne des patrons soutient une position commune avec deux leaders syndicaux. Dans le camp syndical, les non-signataires tirent à boulets rouges sur la CGT et la CFDT et leur demandent de renier leur signature en feignant de croire que le gouvernement n'attendait que leur feu vert pour s'attaquer aux 35heures.
Xavier Bertrand, avec légèreté et précipitation, a réussi à stopper une modernisation sans précédent, à cliver et radicaliser les opinions, à provoquer la défiance envers les politiques et la zizanie entre les organisations syndicales.
Le 26 mai, Bernard Thibault et moi avons fait une proposition au président de la République et au gouvernement. Si les parlementaires ou l'exécutif veulent modifier la loi sur le temps de travail, ils peuvent le faire, mais dans le respect des principes de la loi sur le dialogue social de janvier 2007 et appeler les organisations professionnelles à ouvrir une négociation. Revenir au dialogue social, c'est la voie de la sagesse pour sortir du blocage. C'est la voie de la raison pour façonner l'avenir.

18.05.2008

Tous mobilisés le 22 mai pour l’avenir des retraites

Editorial de Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT–Syndicalisme hebdo du 15 mai 2008

7ac72d2a8c3b439f2524b500fb33ebb5.jpgNous serons tous dans l’action le 22 mai. Ce sera l’occasion de donner à voir et à entendre notre expression sur le dossier des retraites. Sous le mot d’ordre unique “Pour la défense de la retraite solidaire”, cette journée va permettre, au-delà des divergences entre organisations que nous ne cherchons pas à minimiser, de dire haut et fort pourquoi, nous CFDT, dénonçons le manque d’ambition du projet gouvernemental. Pourquoi, dans son texte, celui-ci s’en tient aux dispositions prévues par la loi de 2003 et assure ainsi une sorte de service minimum.
Certes, nous soulignons des acquis importants comme le maintien des départs anticipés pour les carrières longues, le transfert à terme des cotisations Unedic sur les caisses de retraite ou la majoration de la surcote…
L’allongement de la durée de cotisation est un paramètre que nous ne récusons pas par principe, mais nous sommes en profond désaccord avec son déclenchement dès 2009, alors que le niveau actuel de l’emploi des salariés de plus de 55 ans rend cet allongement inefficace et injuste. Inefficace parce qu’il ne permet pratiquement aucune rentrée immédiate de cotisation. Injuste parce qu’il pénalise les salariés en activité et ceux dont la carrière est incomplète qui verront leur décote augmenter.
Le taux d’emploi des seniors n’a quasiment pas bougé depuis cinq ans et reste le plus bas d’Europe. Un allongement de la durée de cotisation ne sera profitable aux systèmes de retraite que si l’on garantit aux salariés la possibilité de rester dans leur emploi et si l’on corrige les effets des carrières accidentées.
Nous ne pouvons donc pas nous contenter de belles promesses et d’intentions. Il nous faut des actes et surtout pouvoir en mesurer les effets. Sans ces conditions et une amélioration réelle du taux d’emploi des plus de 55 ans, l’allongement à 41 ans doit être différé.
En outre, la question de la durée de cotisation est en train d’occulter d’autres aspects qui touchent directement nos futures retraites. Pas un mot sur le taux de remplacement qui ne cesse de se dégrader en raison d’un mode de calcul injuste imposé en 1993 et dont les effets s’aggravent. Pas un mot sur la situation des poly-pensionnés – salariés ayant travaillé dans le privé comme dans le public – malgré les engagements pris par le gouvernement au moment de la réforme des régimes spéciaux.
Enfin, le texte d’orientation du gouvernement reste silencieux sur la prise en compte de la pénibilité comme sur la pérennisation et l’alimentation du Fonds de réserve des retraites.
La CFDT sera dans la rue ce 22 mai contre le projet gouvernemental mais surtout pour faire entendre ses propositions, que ses militants ont élaborées collectivement.

05.05.2008

Interview de François Chérèque dans Libération

e57ae7839057355e415a3aeb70e8bf38.jpgDurée des cotisations retraite, nouvelles règles de représentativité, divorce avec l'Unsa... François Chérèque précise les positions de la CFDT.

Vous avez été reçu hier soir par Xavier Bertrand. Quels sont les points d’accord et de désaccord avec le gouvernement ?
Nous avons plusieurs points de désaccord. D’abord, la copie est à revoir sur le déclenchement progressif du passage à quarante et un ans, dès 2009, et sur l’absence de revalorisation des basses pensions. Par ailleurs, je déplore que la question de la pénibilité ne soit pas évoquée et que rien ne soit prévu pour augmenter le Fonds de réserve des retraites. En revanche, la CFDT est satisfaite de la reconduction du départ anticipé des salariés qui ont commencé à travailler jeunes, les fameuses «carrières longues».
La vraie question n’est-elle pas d’abord celle de l’emploi des seniors ?
Elle est centrale. Et c’est bien parce que l’emploi des seniors n’a pas progressé depuis 2003 que nous disons stop. Pas d’allongement de la durée de cotisation tant que des progrès significatifs ne sont pas faits. Je rappelle, qu’en France, seulement 38 % des 55-64 ans sont encore au travail au moment de liquider leur retraite, contre 44 % en moyenne en Europe. Les négociations à venir sur l’assurance chômage, la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC) et la formation professionnelle doivent permettre de changer les mentalités et les pratiques dans ce domaine.
Il est aussi question de basculer une part de la cotisation d’assurance chômage sur l’assurance vieillesse. Où en est la négociation, alors que le gouvernement réunit une table ronde le 6 mai ?
Elle doit se terminer avant la fin de l’année. L’enjeu de la réunion du 6 mai est de déterminer la part de cotisations d’assurance chômage qui doit être affectée au remboursement de la dette de l’Unédic, celle qui sera consacrée à l’amélioration du système, et celle que l’on pourrait transférer vers les retraites. Et ce dernier thème n’est pas négligeable, quand on sait qu’un point transféré permettrait d’améliorer de 40 % le financement de l’assurance vieillesse d’ici 2020.
Sur l’assurance chômage, la CFDT n’est-elle pas échaudée par son expérience de gestionnaire de l’Unédic ?
L’épisode des recalculés en 2004 nous a conduits à nous interroger sur notre rôle de gestionnaire et sur la façon dont ce rôle est compatible avec nos objectifs revendicatifs. Ainsi, nous avons pris la décision de ne jamais confier à la même personne la conduite de la négociation et la gestion d’un organisme. L’autre question importante est celle du partage des rôles entre les partenaires sociaux et la puissance publique. L’Etat doit assurer la gestion de ce qui ressort de la solidarité nationale, qu’il finance avec les impôts. Notre responsabilité est de gérer l’assurantiel, c’est-à-dire le salaire différé.
Le 1er mai, vous défilez à Paris avec Bernard Thibault. Une première depuis 2003. Faut-il y voir le signe de l’alliance des deux grands syndicats contre les petits, résultat de la «position commune» sur la représentativité syndicale signée par la CFDT et la CGT?
Cela n’a rien à voir. Tous les ans, je participe à un défilé du 1er mai, souvent unitaire comme l’année dernière à Metz. Cette année, l’union régionale CFDT d’Ile-de-France a décidé de participer à la manifestation parisienne avec la CGT, la FSU, l’Unsa et Solidaires. J’ai donc choisi de défiler avec eux. Et les sujets d’actualité ne manquent pas.
Le secrétaire général de l’Unsa, Alain Olive, sera lui à Strasbourg. Que pensez-vous d’un éventuel rapprochement entre l’Unsa et la CFE-CGC ?
C’est déjà un premier résultat plutôt positif de la «position commune» ! Deux organisations syndicales envisagent un rapprochement : notre réflexion vise justement à éviter un trop grand morcellement du syndicalisme. C’est le sens de la règle des 10 % dans les entreprises et de 8 % dans les branches ou au niveau interprofessionnel. Mais je suis convaincu que la fusion de deux syndicats par le sommet n’est pas opérante. Nous avons nous-mêmes engagé, il y a quelques années, un travail de ce type avec l’ex-FEN [Fédération de l’éducation nationale, dont est issue l’Unsa, ndlr]. Nous avions mis en place des groupes de réflexion et décidé qu’un rapprochement serait étudié après la création de l’Unsa et une adhésion commune à la Confédération européenne des syndicats (CES). En faisant le choix de se rapprocher de la CGC, l’Unsa met fin à nos réflexions passées.
Donc la CFDT a décidé de virer l’Unsa de la Confédération européenne des syndicats ?
La représentation commune de la CFDT et de l’Unsa s’appuyait sur une démarche de rapprochement de nos deux organisations. L’Unsa a rompu cette dynamique. Nous en prenons acte. C’est dommage car la Confédération européenne des syndicats favorise souvent les convergences entre les syndicats français, y compris avec la CGT.
Quand l’Unsa s’est créée en 1994 après l’implosion de la FEN, il était question de créer, avec la CFDT, un pôle syndical réformiste. N’êtes-vous pas dans le dépit amoureux ?
L’idée qu’il y aurait un pôle syndical réformiste et un pôle révolutionnaire n’est pas forcément très pertinente. Quand en 1990, alors que le mur de Berlin venait de tomber, des militants de la FEN, dont son secrétaire général, Yannick Simbron qui vient de disparaître, se sont rapprochés de nous, c’était un débat de fond qui partait des pratiques syndicales. Aujourd’hui les responsables de l’Unsa, dont une partie est issue de FO et formée au militantisme par le trotskisme, raisonnent uniquement en termes d’organisation sans s’appuyer sur des valeurs et des pratiques syndicales de terrain. Or, entre la CGC et l’Unsa, elles sont bien souvent opposées, et pas uniquement entre leurs syndicats de policiers.
Pourtant ces deux syndicats sont souvent proches de la CFDT. La CGC par exemple sur les retraites, ou l’Unsa sur l’assurance maladie…
Sauf que l’Unsa s’est opposée à la réforme des retraites de 2003 que soutenait la CGC. Et je ne suis pas certain que les militants Unsa qui gèrent la mutuelle de l’Education nationale se retrouvent sur les positions de la CGC en matière de complémentaire santé.
N’êtes-vous pas en train de changer les règles de la représentativité syndicale au profit des deux principales confédérations, la CGT et la CFDT, en reléguant à plus ou moins brève échéance tous les autres dans un rôle marginal ?
Nous voulons changer en profondeur les règles de représentativité, c’est une évidence, et 2008 va marquer un tournant essentiel. Mais les règles issues de la position commune, qui doivent encore être transposées dans la loi, ne sont pas dirigées contre les petits syndicats. Elles remettent en question l’ensemble de nos organisations, y compris la CFDT et la CGT, en fondant leur légitimité sur leur présence et leurs pratiques dans les entreprises et les administrations. Nous risquons tous de nous voir remis en cause dans une entreprise ou une branche professionnelle où nous ne serions pas capables de démontrer la réalité de notre présence. Mais c’est à ce prix que nous pouvons légitimer la démocratie sociale

30.04.2008

Retraites : la CFDT rencontre le gouvernement

d195d19e4059c5b2867a9c7a0d746676.jpgLa CFDT a été reçue le lundi 28 avril de 17h00 à 18h30 par Xavier Bertrand, ministre des Affaires sociales, André Santini, secrétaire d’Etat à la Fonction publique et Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi.
Cette réunion marquait la deuxième étape du cycle de concertation entre les pouvoirs publics et les partenaires sociaux dans le cadre du rendez-vous de 2008, relatif à la réforme des retraites, tel que prévu dans la loi de 2003. Tous les partenaires sociaux, syndicaux et patronaux étaient reçus le même jour.
La délégation CFDT était composée de François Chérèque, secrétaire général, Laurence Laigo et Jean-Louis Malys, secrétaires nationaux, et Alain Petitjean, secrétaire confédéral.

Lors de cette réunion, le ministre des Affaires sociales nous a présenté les propositions du gouvernement.
La CFDT porte un jugement très réservé sur les annonces gouvernementales. Notre principal point de désaccord est le déclenchement du passage à 41 ans de cotisation dès maintenant, alors que le niveau actuel de l'emploi des seniors rend cet allongement inefficace et injuste. Par ailleurs si le maintien du dispositif « carrières longues » est une bonne nouvelle, on peut relever trois absences étonnantes dans le document du gouvernement : la pénibilité, l'alimentation du fonds de réserve des retraites, qui est un élément fondamental pour la période 2020-2050, et les polypensionnés alors qu’un engagement avait été pris lors de la réforme des régimes spéciaux.
De façon plus détaillée, nous avons fait part des appréciations suivantes au ministre.
Nous sommes en désaccord avec :
- l’allongement immédiat à 41 ans de la durée de cotisation, compte tenu du faible taux d’emploi des seniors ;
- l’absence de réponse sur le niveau des pensions ;
- la suppression du délai de 6 mois avant de pouvoir cumuler emploi et retraite.
Nous avons des interrogations sur :
- la poursuite non chiffrée de l’amélioration du niveau des retraites pour les bénéficiaires du minimum contributif ;
- les services actifs dans les fonctions publiques ;
- les dispositifs de réversion et les avantages familiaux dont les éventuelles évolutions doivent faire l’objet d’une étude plus globale ;
- l’accès à l’épargne retraite collective pour tous.
Nous déplorons des « oublis » significatifs sur des points importants pour la CFDT :
- la pénibilité (mais suite à notre interpellation à ce sujet, le ministre s’est engagé à intervenir si la négociation entre partenaires sociaux ne débouchait pas d’ici un mois),
- les carrières accidentées
- les polypensionnés.
- le Fonds de réserve des retraites et son amélioration.
- le régime additionnel de la Fonction publique.
Nous prenons acte positivement de :
- la reconduction du dispositif des carrières longues, tel qu’il avait été obtenu en 2003 ;
- l’amélioration de la surcote et de sa mise en œuvre pour les bénéficiaires du dispositif des carrières longues ou du minimum contributif ;
- l’amélioration du financement des régimes par le transfert, à terme, d’une partie des cotisations Unedic ;
- un calendrier plus approprié pour les revalorisations des pensions.

En dehors des « oublis » sur lesquels il faudra bien que le gouvernement évolue, la question de l’emploi des seniors est centrale. De ce point de vue, si les perspectives de négociations nous semblent pertinentes, le fait d’allonger la durée de cotisation dès 2008 nous semble toujours inefficace et injuste. D’autres éléments doivent être mis en avant, en particulier la pénibilité et le niveau des retraites. Il nous faut donc marquer notre désapprobation

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