21.01.2010
15 propositions pour sortir plus forts de la crise
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a dévoilé au cours d'une conférence de presse les propositions de la CFDT pour sortir réellement de la crise tout en oeuvrant à la mise en place d'un nouveau modèle économique.
Voici ces propositions telles qu'elles sont indiquées dans le dossier de presse édité à cette occasion.
traduisent pas, loin s’en faut, par l’amélioration de la situation des salariés. Certains ont perdu leur emploi, d’autres subissent le chômage partiel, la baisse du pouvoir d’achat. Les nouvelles organisations du travail dans le secteur privé comme dans les fonctions et services publics engendrent le stress et le mal être. Les jeunes sont les premières victimes de l’augmentation du chômage.
La crise sera finie lorsque le chômage connaîtra une baisse sérieuse et que la croissance sera durablement rétablie. Une croissance synonyme de développement, respectueuse des hommes et de l’environnement.
Cette crise, on peut s’en sortir plus forts !
Dans l’urgence, il faut poursuivre et améliorer les dispositifs obtenus en 2009 par la mobilisation syndicale, pour soutenir les salariés les plus touchés par la crise.
Sans attendre, il faut jeter les bases d’un nouveau modèle de développement dans lequel les salariés et leurs représentants seront bien plus qu’aujourd’hui écoutés, consultés et partie prenante des profondes mutations qui les concernent.
Pas question enfin de tourner la page de cette crise, la plus grave depuis 80 ans, comme si de rien n’était. Comme si des milliers de salariés n’avaient pas chèrement payé les défaillances accumulées au fil des ans : spéculation financière, creusement des inégalités, gestion à court terme. Il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé pour ne pas retomber dans les mêmes errances. Il est nécessaire de construire les règles et les pratiques dont le monde a besoin : réinventer l’entreprise, réduire les inégalités et donner à chacun des raisons d’espérer.
C’est le sens de cette plateforme de 15 propositions. Elles relèvent de la responsabilité de l’Etat, du patronat, des syndicats, de nous-mêmes.
La CFDT ne baisse pas les bras.
Réparer aujourd’hui
• Former plutôt que licencier
Face à la crise, le chômage partiel sauve des emplois et les formations permettront aux salariés et aux entreprises de rebondir quand la reprise arrivera. Ces solutions restent à privilégier, notamment via le Fonds d’investissement social, obtenu grâce à la CFDT.
• Donner à Pôle emploi les moyens nécessaires
L’accompagnement des demandeurs d’emploi doit porter sur un projet et pas seulement sur leur indemnisation. Pour cela, les conseillers de Pôle emploi doivent être suffisamment nombreux. Cela passe par l’embauche en CDI d’un plus grand nombre de conseillers. L’organisation du travail doit leur permettre de mener à bien leur mission.
• Soutenir les demandeurs d’emploi en fins de droits
Il faut élargir les aides aux chômeurs en fins de droits et assouplir l’entrée dans l’Allocation de solidarité spécifique (ASS) afin qu’ils ne se retrouvent pas sans ressources. Il est nécessaire de leur ouvrir l’accès à une mutuelle dans les mêmes conditions que les allocataires du RSA et de reconduire le dispositif Allocation équivalence retraite pour les seniors.
• Ouvrir l’accès au RSA à tous les jeunes précaires
18 % des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté, mais avec les dispositions actuelles, seuls 3 % pourront prétendre au RSA. La CFDT revendique l’ouverture de ce dispositif à tous les jeunes précaires.
• Poursuivre l’aide aux ménages modestes
Les aides obtenues grâce aux syndicats (prime aux demandeurs d’emploi non indemnisés, suppression des deux derniers tiers de l’impôt pour les faibles revenus, distribution de chèques service à la personne) ont permis de maintenir le pouvoir d’achat des ménages modestes en 2009. Il faut poursuivre ces mesures en 2010.
Préparer demain
• Proposer des actions de formation aux demandeurs d’emploi et aux salariés
Cela doit permettre d’élever les compétences des demandeurs d’emploi et d’offrir aux salariés de secteurs en forte évolution les moyens de préparer leur reconversion.
• Privilégier l’emploi stable
Dans chaque entreprise, les évolutions en termes d’emplois, d’organisation, de charge de travail et de compétences doivent faire l’objet d’une négociation et d’un suivi régulier pour limiter le recours aux heures supplémentaires et aux contrats précaires.
• Maintenir le pouvoir d’achat
Les négociations d’entreprise sur les salaires doivent prioritairement maintenir le pouvoir d’achat des plus bas salaires dans le secteur privé et dans la fonction publique. Les négociations salariales doivent inclure l’ensemble des éléments de la rémunération (heures supplémentaires, primes, intéressement…). Elles doivent encadrer les parts variables et l’individualisation.
• Intégrer la question de l’égalité professionnelle dans les négociations
Toutes les négociations interprofessionnelles et d’entreprise doivent intégrer la question de l’égalité professionnelle et salariale entre hommes et femmes.
• Donner réparation aux victimes d’accidents du travail
En cas d’arrêt de travail, les indemnités journalières doivent représenter 100 % du salaire net. Il faut faire reconnaître pleinement les pathologies liées au stress au travail comme maladies professionnelles.
• Renforcer le lien entre jeunes et entreprises
Il convient de redynamiser l’alternance, notamment par un dispositif de préembauche, et de mieux encadrer le statut des apprentis. L’alternance offre une bonne insertion mais ne doit pas être une variable d’ajustement pour les entreprises.
Construire l’avenir
• Redonner du sens au travail
Les salariés et leurs représentants doivent pouvoir agir sur le contenu du travail et son organisation, dans le public et dans le privé. Il faut ouvrir des espaces qui leur permettent de s’exprimer sur ces questions. Le malaise croissant au travail empêche des salariés d’assurer leur mission dans des conditions décentes.
• Mettre en place des politiques économiques dynamiques et coordonnées
Les états généraux de l’Industrie, les décisions à venir sur le grand emprunt ou la croissance verte sont une opportunité pour créer les conditions du développement de l’emploi et donner des perspectives pour chaque secteur. Les aides publiques aux entreprises doivent être accordées de manière ciblée et conditionnée.
• Réinventer l’entreprise
Les choix stratégiques des entreprises doivent prendre en compte l’intérêt des salariés et le développement à long terme. Il faut lier les rémunérations des dirigeants à des critères sociaux et environnementaux débattus avec les représentants des salariés.
• Redistribuer les richesses
Il est urgent d’abolir le bouclier fiscal et d’imposer les revenus du capital autant que ceux du travail. Une tranche d’imposition supplémentaire pour les plus hauts revenus doit être créée.
07:16 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, syndicalisme, emploi, chômage, formation, pouvoir d'achat, égalité professionnelle, travail
19.01.2010
Lier environnement et emploi
Depuis plus d’un an, la CFDT Ile de France travaille sur le thème de la sécurisation des parcours professionnels, un dossier phare pour l’ensemble de l’organisation.
Derrière une dénomination quelque peu « techno », se cache un concept qui permet d’aborder de manière globale et pragmatique la question de l’emploi. L’objectif pour la CFDT est de mettre en place de nouvelles garanties destinées à mieux protéger les salariés face aux aléas de la vie professionnelle. Les parcours professionnels ne sont plus aussi linéaires qu’autrefois et les transitions, positives ou négatives, sont de plus en plus nombreuses. Un salarié au parcours ainsi chaotique est susceptible de connaître un ou plusieurs changements de métier, des reclassements, des phases de mobilité, différents statuts au sein même de la même société etc. La CFDT considère aujourd’hui que les droits des salariés ne sont plus adaptés à cette évolution et ne sont plus aussi protecteurs car trop attachés à l’entreprise. Par conséquent, il est nécessaire d’adapter ses revendications pour obtenir de nouveaux acquis touchant plusieurs domaines mais qui, reliés une fois entre eux, constitue un système cohérent et protecteur. Celui-ci doit permettre ensuite d’aider les salariés à affronter des mutations ou à gérer leurs choix : c’est la sécurisation des parcours professionnels.
Le travail de la CFDT Ile de France sur ce sujet a pour objectifs d’apporter une aide aux équipes syndicales afin que celles-ci y soient mieux sensibilisées et qu’elles l’intègrent dans leurs axes revendicatifs. La réflexion est même poussée plus loin en direction des adhérents de l’organisation afin de leur proposer une gamme de services facilitant leur gestion de carrière.
Il s’agit concrètement de créer des outils ludiques, simples d’information, de sensibilisation et de construire un réseau de militants experts qui viendra en soutien des syndicats et des sections syndicales.
Ce projet qui a pour nom de code SECAPP a été entre temps validé sur la plan politique par le congrès de juin 2009 qui a fait de la sécurisation des parcours professionnels un dossier majeur du plan de travail régional pour les 4 ans à venir.
Autre thème important intégré aux orientations fixées par le Congrès : le développement durable.
Face à la crise écologique actuelle, il est nécessaire aujourd’hui d’œuvrer à la mise en place d’un modèle économique radicalement différent car beaucoup plus respectueux de la planète. La CFDT Ile de France a intégré cet impératif dans ses orientations notamment en ce qui concerne l’aménagement du territoire francilien. Dans son organisation, le secrétariat exécutif régional a d’ailleurs fait du développement durable un dossier à part entière.
Conformément à cette volonté, le groupe de travail consacré à la sécurisation des parcours professionnels a décidé de plancher sur deux questions importantes :
- comment lier enjeux environnementaux et gestion de l’emploi ?
- comment faire pour que les équipes syndicales se saisissent de la notion de développement durable pour agir syndicalement et ainsi tenter de rendre leur entreprise, leur administration, ou leur collectivité plus vertueuse.
Ce fut un débat très intéressant et très prometteur car à travers les expériences de chacun, il existe des pistes d’action qu’il faudra développer : travail au sein des instances représentatives du personnel avec l’aide d’experts, mise en place d’un plan de déplacement, négociation d’un accord de RSE, promotion de l’Investissement Socialement Responsable etc.
Il y a beaucoup à faire sachant que la première priorité est de sensibiliser les syndicats et les équipes d’entreprise à la nécessité d’intégrer les thématiques environnementales dans leurs revendications. La CFDT a la légitimité d’intervenir sur ce sujet dans les entreprises, dans les collectivités, dans la fonction publique car les salariés et les agents seront inévitablement impactés. Il s’agit également de répondre à des préoccupations citoyennes soucieuses de bâtir un monde meilleur, plus à l’écoute de son environnement. Même si c’est de manière différente, cette problématique touche tous les secteurs d’activité nécessitant à la fois une réflexion dans les fédérations professionnelles et dans les unions régionales interprofessionnelles. C’est ainsi que l’on imagine aisément les impacts de la lutte contre le réchauffement climatique et de l’obligation de diminuer la part des énergies fossiles sur le secteur automobile. Les obligations de rénover les bâtiments très énergivores et de construire des logements HQE vont faire évoluer les emplois dans le BTP avec la mise en place de formations adaptées à ces nouveaux enjeux. Par contre, le développement durable sera abordé différemment dans les banques pourtant reconnues dans une étude du cabinet Vigeo comme un des secteurs les plus polluants du fait de leur rôle en matière de financement. Les banques ont donc la possibilité de favoriser le développement d’activités vertes grâce au crédit et à l’épargne collective (l’investissement socialement responsable). Cela permettrait l’émergence de nouveaux métiers et nécessiterait de développer la formation des salariés.
Ces mutations en lien avec l’environnement doivent être prises en compte dans la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences car elles participeront à la création des emplois de demain que l’on peut appeler « emplois verts »
La prochaine réunion du groupe de travail prévu en février sera consacrée au réchauffement climatique, une actualité toujours très présente surtout après l’échec de Copenhague. Une synthèse sera ensuite élaborée en mars mais il semble que l’on s’achemine, je l’espère, vers la création d’un groupe de travail consacré au développement durable.
16:56 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, environnement, écologie, bilan carbone, sécurisation des parcours professionnels, rse, gpec, emplois verts, réchauffement climatique, développement durable
18.12.2009
Retour sur le congrès 2009 de la CFDT Banques (2ème partie)
- Bilan 2005-2009 : une activité marquée par la crise
Il est de tradition dans les congrès syndicaux de demander aux participants de voter ce que l’on appelle le quitus sur l’activité. Il s’agit d’approuver ou non l’action menée lors de la mandature précédente par l’exécutif qui avait été élu lors du dernier congrès. C’est là un moyen d’accorder la confiance permettant de repartir ensuite sur les meilleures bases possibles.
Séquence habituelle, il est revenu à la secrétaire générale de la CFDT Banques de tirer le bilan des 4 ans qui se sont écoulés depuis le congrès de Dourdan de 2005. Cette période fut notamment marquée par le départ en 2004 d’un certain nombre de responsables et de militants qui, par désaccord politique, préféré quitter la CFDT pour rejoindre la CGT. Cela a obligé la Confédération à mettre sous tutelle la fédération afin de l’aider à passer le cap en attendant le congrès de 2005. Malgré les nombreuses difficultés, les militants qui se sont impliqués dans ce lent travail de reconstruction ont permis à la CFDT de redevenir la 1ère organisation de la profession grâce notamment à des analyses très pertinentes de l’évolution d’un secteur bancaire touché par la crise. La crise, justement, parlons-en car elle a bien sûr été le fil rouge de la 2ème moitié du mandat. La CFDT Banques a prouvé son leadership en délivrant de très bonnes analyses et des propositions à la hauteur des enjeux. Au final, la CFDT Banques a retrouvé une place centrale au sein de la Confédération. Les syndicats ne si sont pas trompés puisqu’ils ont approuvé le rapport d’activité avec 77 % des mandats.
- Des débats, toujours des débats
Un congrès est un moment privilégié pour débattre d’un certain nombre de sujets, on vient de le voir. En plus des échanges habituels, on se réserve pour discuter de manière moins informelle sur des thèmes d’actualité ou des responsables nationaux viennent s’exprimer devant des militants.
C’est ainsi que François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, avait fait le déplacement pour écouter ce qu’avaient à dire les syndicats à l’approche du congrès confédéral qui aura lieu l’an prochain à Tours. Petit clin d’œil aux responsables confédéraux : organiser le congrès national de la CFDT dans la même ville que celui qui s’est tenu 90 ans plus tôt aboutissant à la création du PCF, ça, c’est de la référence ! J
Comme lors du congrès de la CFDT Ile de France, j’ai trouvé F.Chérèque à l’aise dans un exercice pas forcément facile surtout quand on connaît l’histoire de la CFDT Banques. Dans son intervention, Il a évoqué la crise systémique qui touche le monde entier, les perspectives du syndicalisme défendu par la CFDT face au faible taux d’adhésion des salariés, le changement des règles de représentativité etc. Au cours des échanges avec la salle, j’en ai profité pour l’interpeller sur la nécessité de sensibiliser les équipes syndicales afin qu’elles essaient de mieux intégrer les questions liées à la responsabilité sociale et environnementale des entreprise alors que la conférence de Copenhague bat son plein. F.Chérèque a répondu en insistant sur la nécessité que les politiques mises en place par les entreprises se fixent des objectifs sociaux et environnementaux, ce sera d’ailleurs un des enjeux du prochain congrès confédéral.
Mis sur le devant de la scène à cause de la crise actuelle, il a été question des paradis fiscaux au cours d’une table ronde avec notamment la présence d’Elisabeth Guigou, députée et ancienne ministre. Ces états voyous privent les états de ressources fiscales si précieuses aujourd’hui pour combattre efficacement la crise ou la pauvreté. Cela explique que la CFDT soit partie prenante de la campagne Stop Paradis Fiscaux afin de sensibiliser tous les acteurs concernés. Les organisations syndicales sont légitimes à intervenir sur le sujet en interpellant les directions sur leur présence au sein de ces paradis fiscaux et en leur demandant de les quitter au plus vite, un travail de longue haleine.
- Un projet de résolution massivement adoptée
Le point d’orgue d’un congrès est le plus souvent les débats autour du projet de résolution c'est-à-dire les orientations politiques proposées par l’exécutif sortant. Les syndicats élaborent des amendements à ce texte qui peuvent être refusés, intégrés ou soumis au vote au moment du congrès. Mon syndicat, le syndicat des Banques Ile de France, avait transmis des modifications concernant la responsabilité environnementale des entreprises bancaires et qui ont été ajoutées en partie au projet de texte. Un autre amendement a été inscrit au débat à Nîmes car il touchait à une question importante pour la CFDT, les rémunérations. Il s’agissait d’intégrer dans les revendications la problématique de certains métiers qui pouvaient être défavorisés par rapport à d’autres car soi-disant réputés moins nobles. Cette modification a été largement adoptée par les congressistes.
Quant à la résolution elle-même, elle était bien en phase avec les préoccupations de la profession bancaire et celles de l’ensemble de la CFDT. On y retrouve bien sûr les sujets importants aux yeux de l’organisation avec notamment l’emploi en lien avec les restructurations et la sécurisation des parcours professionnels, les conditions de travail, le développement syndical, la diversité des équipes syndicales etc. Lors de leur vote, les syndicats se sont particulièrement reconnus dans ces orientations puisque le texte a été massivement validé avec près de 87 % des mandats.
Or, ce n’est qu’une étape et le plus dur commence maintenant avec la mise en œuvre effective des décisions prises dans un contexte fragile encore marqué par la crise. Il faut espérer qu’avec un conseil fédéral renouvelé et quelque peu rajeunit, la CFDT Banques soit en capacité de représenter encore plus efficacement les salariés du secteur bancaire.
Difficile de ne pas parler, en conclusion, de la traditionnelle soirée festive qui conclut généralement un congrès. Nîmes n’a pas faillit à la tradition grâce surtout à une fanfare locale qui m’a donné l’impression, moi le natif du sud-ouest, d’assister à une féria. Ce fut aussi l’occasion d’un concours de chants entre les parisiens et les toulousains sans déboucher sur un vainqueur si ce ne sont la bonne humeur et la convivialité.
07:07 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicalisme, fédération banques, congrès, débats, syndicats
17.12.2009
Retour sur le congrès 2009 de la CFDT Banques (1ère partie)
J’étais la semaine dernière à Nîmes pour participer au 24ème congrès de la Fédération CFDT des Banques et des Sociétés Financières. J’ai préféré scinder mon compte-rendu en 2 parties afin de ne pas être trop long. La 2ème partie sera publiée demain.
Comme pour les autres structures de la CFDT, ce fut l’occasion pour la CFDT Banques de faire le bilan de son activité passée et de déterminer ses orientations politiques pour les 4 ans à venir.
Comment est structurée la CFDT ?
Avant d’évoquer ce qui s’est passé au cours de ce congrès, il me parait important d’expliquer encore une fois la structuration afin que mes nombreux lecteurs puissent mieux comprendre comment fonctionne la CFDT.
Lorsqu’un salarié décide de rejoindre la CFDT (bravo !!), il adhère d’abord à un syndicat en fonction de son activité professionnelle et de la situation géographique de son lieu de travail.
C’est ainsi que j’ai rejoint le syndicat CFDT des Banques de l’Ile de France car je travaille dans une banque située dans les Hauts de Seine.
Un syndicat, tel que le définit le Code du Travail, regroupe en son sein les salariés adhérents selon la branche professionnelle et un critère géographique qu’il soit national, régional, départemental ou multi-départemental.
Chaque syndicat est ensuite rattaché à une fédération professionnelle et à une union régionale après s’être affilié à la confédération CFDT à l’échelon national.
La fédération est chargée de coordonner l’action syndicale sur un champ professionnel donné sur le territoire national. L’Union Régionale s’occupe des dossiers interprofessionnels sur son champ territorial en s’appuyant notamment sur les unions départementales alors que la Confédération fait de même mais à l’échelle nationale. C’est ainsi qu’en fonction de ce système, mon syndicat se retrouve au sein de la fédération des Banques et de l’Union Régionale Ile de France.
Comme se passe un congrès ?
Les syndicats participent tous les 4 ans au congrès de chaque structure qui se déroule de la même manière.
- Présentation par l’exécutif sortant du bilan de l’activité de la structure au cours du mandat précédant. Les syndicats peuvent intervenir à la tribune pour donner leur avis avant de voter pour ou contre ce rapport d’activité.
- Présentation, toujours par l’exécutif sortant, du projet d’orientation politique pour les 4 ans à venir, un texte soumis à l’approbation des syndicats. Ces derniers ont pu déposer des amendements dont ceux censés être les plus intéressants sont mis en débat au cours du congrès.
- Election de l’organe politique de la structure par les syndicats qui doivent choisir entre plusieurs candidats et candidates qui se répartissent dans différents collèges. Pour la Confédération, il s’agit du Bureau National, pour l’Union Régionale Ile de France, du Bureau Régional et pour la Fédération des Banques, du Conseil Fédéral.
Chaque syndicat détermine en son sein une délégation dont la taille dépend du nombre de ses adhérents. Ces mêmes syndicats détiennent aussi des mandats, dont le nombre est proportionnel à celui de leurs adhérents, qui leur permettent de voter. Je vous fais grâce de la formule de calcul qui comporte des seuils.
La reconnaissance des groupes bancaires
Le congrès 2009 de la CFDT Banques a en fait commencé par un congrès extraordinaire suite à la volonté de l’exécutif sortant de mettre en débat des modifications statutaires. Le plus important changement consistait à faire évoluer la structuration du Conseil Fédéral. En effet, ses membres sont élus par les syndicats selon 3 collèges :
- le 1er collège est composé de candidats désignés par le Conseil Fédéral sortant et appelés à faire partie de la Commission Exécutif, le « gouvernement » de la Fédération alors que le Conseil Fédéral est le « parlement ».
- le 2ème collège est composé de candidats désignés par les syndicats
- le 3ème collège est composé de candidats désignés par les structures d’entreprise (BNP Paribas, Société Générale, LCL, Caisses d’Epargne etc)
C’est ce 3ème collège qui était appelé à changer avec le remplacement des équipes d’entreprise par des coordinations de groupe.
Cette nouvelle disposition fait suite à l’évolution du secteur bancaire qui a vu, depuis de nombreuses années, l’émergence de grands groupes suite à de nombreux regroupements : Crédit du Nord-Société Générale, CIC-Crédit Mutuel, BNP-Paribas, LCL-Crédit Agricole, Banques Populaires-Caisses d’Epargne.
Cette concentration a modifié au sein de ces grands groupes considérablement les relations entre les maisons-mères et les filiales. Que ce soit en matière de stratégie, d’organisation ou de politique sociale, ces dernières ont perdu leur autonomie au profit de leur actionnaire qui décide tout. Par conséquent, les organisations syndicales qui défendent les intérêts des salariés n’ont plus en face d’eux le véritable responsable de la bonne marche de leur entreprise. Chez Cortal Consors, filiale du groupe BNP Paribas, les exemples attestant de cette perte de marge de manœuvre sont nombreux : décisions stratégiques soumises à l’approbation de l’actionnaire, restructurations calquées sur celles de la maison-mère, négociations en réalité pilotées par BNP-Paribas.
Cette évolution de notre secteur d’activité nécessite dès maintenant la coordination des équipes syndicales d’un même groupe. Cela doit permettre de développer une cohérence, d’élaborer des revendications et une communication communes. L’objectif principal est de construire de nouvelles solidarités au sein d’un groupe grâce notamment à un dialogue social redynamisé. Pour l’instant, il faut bien reconnaître que la mise en œuvre de ce processus ne repose pour l’instant que sur la bonne volonté des partenaires sociaux. Le législateur, ce n’est pas étonnant, est particulièrement en retard sur ce sujet car les outils qu’il propose pour construire une politique sociale de groupe ne reposent que sur le comité de groupe, une instance qui a moins de pouvoir qu’un comité d’entreprise.
De ce fait, il s’agit pour l’instant de s’organiser pour ensuite pouvoir peser et ainsi convaincre les directions de la nécessité d’un dialogue social de groupe.
C’est pourquoi la CFDT Banques a proposé aux syndicats la création de Commissions Nationales de Groupe qui auront à organiser l’action syndicale de la CFDT à l’échelon des groupes. Il s’agit de faire preuve de pragmatisme en adaptant son organisation aux évolutions du secteur et ainsi mieux représenter les salariés. Cette proposition a été acceptée avec 57 % des mandats détenus par les syndicats mais il reste un long chemin à parcourir car la représentativité au sein de certaines CNG doit être grandement améliorée. Ceci étant dit, il était très important que cette 1ère étape soit validée par le plus grand nombre de militants. Un bilan sera tirée au bout des 4 ans afin de savoir si l’opération a été une réussite.
07:41 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicalisme, fédération banques, congrès, débats, syndicats
12.12.2009
Sommet de Copenhague : les états doivent s'engager !
Depuis lundi dernier, l'ensemble de la communauté internationale a les yeux tournés vers Copenhague qui accueille la conférence sur la lutte contre le réchauffement climatique qui fait suite à celle de Kyoto. Jusqu'au 18 décembre, les dirigeants de tous les pays vont tenter de trouver, sous la pression de la société civile (ONG environnementales, syndicats, partis politiques), un accord mondial sur une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre et sur la manière de soutenir financièrement les pays les plus pauvres dans cette lutte. Les échos avant le sommet n'étaient pas optimistes quant aux chances d'aboutir à un tel consensus et devant l'importance des enjeux pour la planète, cela nécessite une mobilisation citoyenne la plus forte possible.
Par conséquent, la CFDT, qui a toujours été en pointe sur les questions environnementales, a décidé de participer à cette mobilisation autour de Copenhague en diffusant un tract appelant les états à s'engager dans un véritable processus de réduction de leurs émissions de CO2.
Voici ci-dessous le texte de ce tract :
Le sommet de Copenhague rassemble du 7 au 18 décembre 2009 les dirigeants de tous les pays qui devront trouver un accord pour limiter le réchauffement climatique et la perte de biodiversité. Consciente des dangers que représente le dérèglement climatique pour l’avenir de la planète, la CFDT, avec de nombreux syndicalistes de toutes les régions du monde, y fera entendre la voix des salariés.
- Tous concernés
Les scientifiques ne cessent de nous alerter. Au rythme actuel d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, nous risquons, à la fin du siècle, un réchauffement de la planète de près de 6 degrés. Or, un réchauffement de seulement 2 degrés aurait déjà des conséquences très graves.
Tous les impacts pour l’Homme et son environnement ne peuvent être complètement prévus. Mais la montée des eaux, les sécheresses, les catastrophes naturelles s’amplifieront et auront des conséquences économiques, sociales et sanitaires de grande ampleur. Notre mode de croissance, fondé sur la hausse continue de la productivité, et notre modèle social n’y résisteront pas. Les réfugiés
climatiques se compteront par dizaines de millions, voire plus. La recherche de ressources devenues rares pourrait menacer la paix.
- La position de la CFDT et du syndicalisme international
Pour la CFDT, le Sommet de Copenhague doit absolument déboucher sur un accord qui engage les Etats, dans des délais courts et de façon précise et chiffrée.
Les engagements doivent viser à :
• réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre ;
• investir massivement dans les technologies permettant d’éviter les émissions ;
• différencier les efforts attendus par pays selon leur niveau de développement ;
• prendre en compte la situation des pays pauvres qui risquent de payer le plus lourd tribut au changement climatique : exonération de toute contrainte, aides financières, transferts de technologie, ... ;
• assurer à tous les salariés des transitions professionnelles équitables.
La CFDT a pris une part active au Grenelle de l’Environnement. Elle est engagée dans la lutte contre le changement climatique aux côtés des ONG environnementalistes : signature par François Chérèque, au nom de la CFDT, de l’ultimatum climatique (www.copenhague-2009.com), coopération avec France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot etc.
- Pour un autre mode de développement
Avec tous les syndicalistes de la Confédération européenne des Syndicats et de la
Confédération syndicale internationale, la CFDT sera présente à Copenhague. Elle y défendra un autre mode de développement respectueux de l’environnement qui préserve l’emploi, la qualité et le niveau de vie des salariés, au Nord comme au Sud.
Avec la Confédération européenne des Syndicats, la CFDT revendique notamment la mise en place d’une taxe d’ajustement aux frontières de l’Europe, afin qu’une politique volontariste de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre ne constitue pas une contrainte insupportable pour les entreprises, ni ne se traduise par des délocalisations « environnementales ».
Tous les secteurs d’activité vont être impactés par la lutte contre le changement climatique. Il faut en faire une opportunité en recherchant, à tous les niveaux, de l’entreprise à l’échelle de la planète, des solutions qui conjuguent développement économique, respect de l’environnement et progrès social.
Un accord à Copenhague, prenant en compte les enjeux du futur et engageant les pays riches à aider les pays les moins développés, serait un signe positif pour l’humanité, la marque d’une nouvelle solidarité entre catégories sociales, entre régions du monde et entre générations.
06:44 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, écologie, réchauffement climatique, solidarité, pays pauvres
27.11.2009
Non à l’instrumentalisation des travailleurs sans-papiers
Editorial de Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, publié dans le dernier numéro de Syndicalisme-Hebdo, une revue de la CFDT
Ils sont cachés dans l’ombre d’activités aussi importantes que la restauration, le bâtiment, le nettoyage, la sécurité, le service aux particuliers et tant d’autres. Ils sont arrivés chez nous, comme certains de nos parents ou grands-parents, en souhaitant fuir la misère chez eux et travailler ici pour subvenir à leurs besoins, à ceux de leur famille. Ils sont souvent déclarés, contribuent au financement de la protection sociale, paient leur loyer et leurs impôts. Ils travaillent dur et gagnent peu. Le fait d’avoir un emploi pourtant utile à notre société ne les protège pas. Ils vivent au jour le jour avec la peur au ventre du contrôle policier qui brisera tous les efforts consentis. Face à eux, l’hypocrisie atteint des sommets quand les employeurs, sous-traitants ou donneurs d’ordre, connaissent pertinemment leur situation, en usent et en abusent.
La CFDT est aux côtés de ces salariés. Indépendamment des formes d’action qu’ils ont décidé de mettre en œuvre et qui, pour certaines, peuvent nous inquiéter pour leur propre situation et sécurité, nous avons le devoir d’agir. Des militants et équipes CFDT assument au quotidien la défense individuelle et collective de ces salariés afin de régulariser leur situation en recherchant l’efficacité, souvent au prix de la discrétion. Comment ne pas évoquer aussi le travail difficile des fonctionnaires chargés d’examiner leur situation en l’absence de critères justes, réalistes et objectifs refusés par le gouvernement et ses représentants ?
C’est dans cet esprit, avec pragmatisme et volontarisme, que la CFDT participe, avec d’autres syndicats et avec le soutien d’associations, à la concertation engagée par le ministère de l’Immigration afin de clarifier les critères de régularisation. Dans ce contexte, les récentes déclarations de M. Besson sur les mariages “gris”, les projets de celui-ci et du ministre du Travail amalgamant travail non déclaré et immigration, et l’instrumentalisation de la question de l’identité nationale à des fins électoralistes, sont autant de manœuvres dilatoires. Nous ne sommes pas dupes. Elles ont pour objectif d’éluder les véritables questions posées : celle de la dignité et du respect des droits de ces salariés.
07:07 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : immigration, sans-papiers, conditions de travail, régularisation
26.10.2009
Agir pour un travail de qualité
Les thèmes des risques psychosociaux et du stress du travail sont actuellement au devant de l'actualité sociale à cause notamment des évènements tragiques qui touchent les salariés de France Télécom. Or, dans certaines entreprises, le sujet est abordé par les représentants du personnel dans le but d'améliorer les conditions de travail et d'éviter l'irréparable. C'est le cas chez Cortal Consors qui a toujours connu cette problématique mais qui ne s'est jamais donné les moyens de la régler. Aujourd'hui, la CFDT a décidé d'agir face à des urgences et pour que le dialogue social au sein de l'entreprise intègre réellement la question des conditions de travail.
Depuis plus d'un an, les élus CFDT de Cortal Consors interpellent régulièrement la direction sur le service Informatique. Les conditions de travail se sont en effet dégradées surtout depuis la mise en place du projet d'externalisation de notre Back Office et qui consiste aussi à mettre en place un nouvel ouil informatique de gestion des titres.
Surcharges de travail, pressions de la part de la hiérarchie, organisation inadaptée, difficultés de tenir les délais, voilà à quoi sont actuellement confrontés les salariés du service informatique France, une situation qui génère énormément de stress.
Devant un tel malaise qui ne fait que croitre, la CFDTa rencontré à plusieurs reprises la DRH afin de la sensibiliser sur un problème qui s'aggrave et qui nous incite à anticiper.
Prenant alors conscience de la nécessité d'agir, la DRH a pris des mesures devant améliorer la communication interne, des mesures insuffisantes car incapables de corriger les véritables causes : une organisation déséquilibrée, des effectifs sous-dimensionnés par rapport à la charge de travail, des salariés soumis à une pression constante de la part des responsables hiérarchiques.
Résultat : une situation qui malheureusement perdure et des salariés au bord de la dépression. La CFDT se devait donc d'accentuer la pression pour que cela change vraiment.
Des moyens légaux qui ne demandent qu'à être utilisés
Les élections professionnelles de mars dernier n'ont pas seulement permis de renouveler les membres du Comité d'Entreprise et des délégués personnel mais aussi de mettre un nouveau CHSCT suite au vote des représentants du personnel.
Sous l'impulsion de la CFDT, avec le soutien du SNB et des autres élus non syndiqués, le CHSCT a décidé d'agir de manière plus volontariste en utilisant les moyens légaux à sa disposition pour trouver des solutions au malaise grandissant au sein de l'Informatique.
C'est ainsi qu'au cours de la réunion du 25 septembre, les élus CHSCT se sont prononcés à l'unanimité en faveur de la mise en place d'une expertise extérieure sur les risques psychosociaux sur le périmètre du service IT Local France. Lors d'un second vote, ils ont confié au cabinet ARETE le soin de mener cette enquête qui devrait commencer vers la mi-octobre.
La réunion a également permis de mesurer le gouffre qui sépare la direction de l'Informatique et les élus du CHSCT quant à l'appréciation de la situation au sein des équipes concernées. Le CHSCT avait en effet accepté, à la demande de la DRH, de débattre avec le Directeur de l'Informatique mais les élus ne s'attendaient pas au mépris et au déni total de sa part. Une attitude qui a envenimé les débats et renforcé la volonté des membres du CHSCT d'aller jusqu'au bout de la démarche.
La DRH semblait elle-même embarrassée par la tournure prise par les échanges alors qu'elle allait proposer l'intervention d'un médecin spécialiste de la souffrance au travail. Cette proposition révélait enfin une véritable volonté d'agir. Or, Le CHSCT l'a rejeté car elle était trop tardive et le consultant en question n'est pas un spécialiste de l'organisation du travail, élément indispensable dans une étude sur les risques psychosociaux.
Comment va être conduite l'expertise ?
Le CHSCT a d'abord tenu à rencontrer les salariés des équipes directement concernés par l'étude. Cette réunion a permis aux élus d'expliquer les raisons d'une telle démarche inédite au sein de Cortal Consors.
Après un historique, les membres du CHSCT ont expliqué le fonctionnement de l'étude qui va reposer sur une collecte importante de documents mais aussi sur des entretiens avec des collaborateurs.
Les élus ont beaucoup insisté sur cette partie car elle doit rendre l'expertise crédible à partir du plus grand nombre de témoignages. Il a donc fallu rassurer les personnes quant à la confidentialité des interviews qui est garanti par les experts. De plus, ces derniers ne doivent rendre des compte qu'au CHSCT étant donne que c'est ce dernier qui les a missionnés.
Dès que l'expertise est terminée, les conclusions seront remises aux élus du CHSCT qui auront alors un outil sur lequel se baser pour faire des propositions.
Agir pour améliorer les conditions de travail
Un constat s'impose. Aujourd'hui, 30 % des salariés européens déclarent que leur travail est source de stress.
L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) estime à 1,6 milliard d'euros le coût direct et indirect du stress pour les entreprises françaises. En Europe, ce coût s'élèverait à 3 % du PIB.
Une réalité qui touche tous les milieux du travail : salariés du secteur privé comme du secteur public, qu'ils soient issus de l'industrie, du commerce, qu'ils soient ouvriers ou cadres. Même si Cortal Consors fait partie d'un grand groupe avancé socialement comme BNP Paribas, elle ne fait pas exception et cette problématique ne concerne pas uniquement l'Informatique.
Pour la CFDT, la question des conditions de travail est donc un dossier très important. Le CHSCT est un acteur indispensable permettant d'intervenir à partir des situations vécus réellement par les salariés.
L'objectif final est de chercher avec ces derniers à trouver des pistes d'action permettant d'améliorer leurs conditions de travail pour leur bien-être, pour les préserver. L'expertise au sein de l'Informatique n'est qu'une première étape dans ce travail de terrain.
Parce qu'il en va de la santé des salariés, la CFDT souhaite que les réflexions soient élargies à l'ensemble de l'entreprise.
La CFDT a décidé d'être présent en nombre au CHSCT afin que le sujet des conditions de travail soit une priorité de la nouvelle instance.
09:33 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cortal consors, conditions de travail, qualité au travail, chsct, stress, risques psychosociaux, expertise, santé
06.10.2009
La CFDT à la rencontre des salariés
Une actualité particulièrement chargée ne m’a pas permis de parler des 3 journées d’action organisées par la CFDT du 29 septembre au 1er octobre. La CFDT avait en effet décidé de partir à la rencontre des salariés partout en France à la fois pour échanger et débattre avec eux. L’objectif était aussi de présenter, de valoriser les résultats obtenus.
Depuis quelques temps, le dialogue social a permis de mettre en place de nouvelles garanties pour les salariés qu’il faut maintenant traduire en avancées concrètes au sein des entreprises. C’est notamment le cas avec :
- l’accord sur la modernisation du marché du travail qui enclenche un processus de sécurisations des parcours professionnels,
- la nouvelle convention Unedic qui améliore les conditions d’indemnisations pour les nouveaux chômeurs,
- la revalorisation du chômage partiel,
- la création du Fonds d’investissement social ...
C’est ainsi que l’ensemble de la CFDT s’est mobilisée au cours de ces trois jours, que ce soit les unions régionales, les fédérations mais aussi les membres de la commission exécutive confédérale. En Ile de France, plusieurs sites ont ainsi été le théâtre de distribution de tracts, de rencontres entre militants et salariés, de Paris à Vélizy en passant par Massy Palaiseau ou par la Défense.
J’étais d’ailleurs présent à la Défense pour participer au nom du syndicat des banques Ile de France à une diffusion de tracts présentant l’action de la CFDT et incitant les salariés à venir discuter avec des responsables et des militants, voire d’exposer leurs éventuels problèmes.
Or, c’est surtout au sein de mon entreprise, Cortal Consors, que j’ai mis en œuvre cette volonté d’être à l’écoute des salariés en organisant 3 réunions d’information avec les personnes touchés de près par les restructurations actuelles.
Comme beaucoup d’établissements bancaires Cortal Consors connaît une crise sans précédent même si l’entreprise ne commercialise pas de crédits et n’a pas touché aux subprimes. Spécialiste de l’épargne et surtout de la bourse, Cortal Consors doit faire face à un manque de confiance de la part des épargnants français que le récent rebond du CAC40 n’a pas permis d’effacer. Par conséquent, la direction s’est lancée dans un plan de réduction de coûts qui implique de nombreuses réorganisations. Il est clair que la crise a accéléré un processus auquel nous aurions été de toute façon confrontés. La CFDT Cortal Consors est bien sûr intervenue tant sur les aspects économiques que sociaux de ces réorganisations qui alimentent les interrogations et les inquiétudes légitimes des salariés concernés. Conformément à sa volonté d’être sur le terrain, la CFDT est partie à la rencontre de ces salariés pour leur transmettre les positions de la CFDT, les écouter et être leur porte-parole auprès de la direction.
Plusieurs services subissent plus particulièrement les contrecoups de la crise et la volonté de la direction de les réorganiser pour tenter d’en enrayer les effets.
- la direction de l’administration commerciale se rapproche du middle office du partenariat. Ce sont deux services qui s’occupent de la gestion administrative des comptes clients, l’un pour la clientèle directe, l’autre pour les partenaires (Axa, B Capital …). Comme ils utilisent les mêmes outils informatiques et occupent peu ou prou les mêmes fonctions, il a été décidé de les fusionner afin de mutualiser (réduire en fait) les coûts et harmoniser les procédures. Cette réorganisation n’est pas en fait une nouveauté et cela fait longtemps que l’on en parlait sans que l’on passe aux actes «étant donné les bons résultats jusqu’à présent. Comme par hasard, il a fallu la crise pour que cette restructuration se fasse avec comme 1er objectif la recherche de synergies de coûts. Devant de telles motivations et le flou de la nouvelle organisation, la CFDT a voté contre le projet et s’en est expliqué devant les salariés.
- 5 agences commerciales de province sur 9 vont fermer afin que Cortal Consors puissent se recentrer sur son cœur de métier comme l’affirme la direction. Il s’agit d’un véritable plan social qui va voir les activités commerciales de face se regrouper autour de 4 sites entraînant des fermetures d’agence et donc des reclassements concernant une vingtaine de personnes. Pour l’instant, rien n’est officiel car le CE n’a toujours pas été consulté alors que la direction a rencontré des salariés et semble même organiser des mutations, ceci dans l’illégalité. N’ayant pas les moyens de se rendre en province, la CFDT a réunit les salariés de l’agence de Paris qui, même si elle est maintenue, sera quand même impactée.
- le service informatique voit ses conditions de travail se dégrader avec des surcharges de travail, du stress, des pressions de la part des responsables hiérarchiques. Cette situation est d’autant plus d’actualité que le projet d’externalisation du service titres est sur les rails. Devant l’urgence de la situation causée par une forte dégradation des conditions de travail, la CFDT, très présente au sein du CHSCT, a agit pour faire voter la mise en place d’une expertise sur les risques psychosociaux qui sera menée par le cabinet ARETE. C’est une grande première dans l’histoire de Cortal Consors mais il nous fallait réagir avant que l’irréparable n’arrive comme à France Télécom. La aussi, la CFDT a tenu rencontrer les salariés pour leur expliquer la démarche et les inciter à participer le plus possible à l’étude afin que celle-ci soit véritablement crédible.
A chaque fois, la CFDT Cortal Consors a fait preuve de pédagogie pour expliquer les enjeux de ces réorganisations, les positions qu'elle a prise, tout en réaffirmant sa volonté d’être à leurs côtés face à la crise comme voulait le prouver la CFDT lors de ses 3 journées de débats.
07:28 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, emploi, information, salariés, cortal consors, restructurations, réorganisations
02.10.2009
Un budget injuste socialement et fiscalement
Editorial de Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT, paru dans le Syndicalisme Hebdo du 1er octobre 2009
Alors que la crise met au grand jour de graves problèmes d’inégalité dans notre pays, il est regrettable que le gouvernement ne saisisse pas ce projet de budget présenté en Conseil des ministres pour rétablir une dose de justice fiscale en matière de prélèvements.
Au contraire, ce projet de budget continue de placer les différents types de revenus en situation d’inégalité devant l’impôt. En effet, bien que le Premier ministre assure qu’aucun revenu – du travail, de remplacement ou bien du capital – ne doit échapper à l’impôt et aux contributions sociales, force est de constater que, si les revenus des dividendes bénéficient d’un abattement de 40 %, ceux du travail n’ouvrent droit qu’à 10 % d’abattement. Dans ces conditions, mieux vaut être rentier et vivre de ses dividendes que de se lever tôt pour vivre de son travail…
Par ailleurs, les entreprises bénéficieront de 6 Md€ d’exonérations de charges du fait de la réforme de la taxe professionnelle, qui interviendra sans contrepartie pour les entreprises. Cela laisse présager des mesures difficiles pour les salariés, pour les contribuables, et plutôt des cadeaux aux entreprises. D’autant plus que, sous l’effet des réductions de la progressivité de l’impôt au profit des prélèvements proportionnels, toutes ces exonérations de charges sont financées par les salariés de classes moyennes.
De même, si la CFDT se félicite de la mise en place de la taxe carbone dès ce budget 2010, sa compensation de façon uniforme soulève de vraies questions d’équité fiscale, notamment en l’absence de remise en cause du bouclier fiscal.
De plus avec un déficit prévu de 110 Md€, après un dérapage à 140 Md€ cette année, on ne peut que regretter le manque d’ambition de ce budget dont il est difficile d’appréhender la répartition entre le fonctionnement ( notamment les mesures pour amortir les conséquences de la crise ) et l’investissement, qui doit permettre la relance en misant sur des secteurs d’avenir. Sans compter qu’il est difficile aujourd’hui de voir le lien avec le grand emprunt, pourtant annoncé comme levier de l’aide à l’investissement.
Enfin, si l’on peut se réjouir que le Fiso soit confirmé avec un budget de 1,4 Md€, ce projet de budget manque singulièrement de colonne vertébrale et fait plutôt penser à une succession de mesures, souvent injustes tant fiscalement que socialement, qu’à un tout cohérent. Le maintien de la suppression de 33 000 postes de fonctionnaires en est un exemple symptomatique qui renforce l’impression que l’État n’est géré qu’en vertu de règles strictement comptables au détriment de débats de fond.
07:00 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : budget, fiscalité
29.09.2009
Retrouvez la CFDT Cortal Consors sur Twitter
Parce que l’information circule de plus en plus vite, il est aujourd’hui nécessaire de se doter des moyens les plus modernes de communication.
Après avoir créé son propre blog, la CFDT Cortal Consors de son côté continue d'investir l'internet 2.0 en rejoignant le réseau Twitter.
Plusieurs raisons expliquent cette décision :
- la volonté de se doter d'une plus large palette d'outils de communication permettant une grande complémentarité,
- la nécessité d'être en phase avec les salariés d'une entreprise à la moyenne d'âge peu élevé et qui utilisent beaucoup internet,
- la possibilité de réagir très rapidement aux évènements en diffusant des informations brèves
Or, il faut faire très attention quant à l'utilisation de ce genre de moyens de communication car ils ne doivent pas se substituer aux outils traditionnels que sont les tracts et les réunions d'information. Ils ne sont pas capables de développer le vrai contact physique avec les salariés qui est la base du travail de tout bon syndicaliste qui se respecte. Twitter est ainsi pratique pour coller à une actualité particulièrement chargée en ce moment mais ne va pas remplacer les rencontres que va mettre en place la CFDT pour échanger avec le personnel de Cortal Consors et ainsi expliquer ses positions sur cette actualité. Cela s'accompagne également de distributions de tracts. On pourrait dire que Twitter amorce la pompe en quelque sorte, sert de "teaser" à condition bien sûr que les salariés soient au courant et se connectent.
Une question peut se poser : pourquoi ne pas être présent également sur Facebook ? Nous y avions pensé mais pour pouvoir diffuser les informations aux personnes ciblées, à savoir les salariés de Cortal Consors, il faudrait que ces derniers soient des utilisateurs en masse du site. Ce n'est pas évident à aujourd'hui, chaque chose en son temps.
Twitter, qu’est-ce que c’est ? C’est un site de microblogging qui permet à ses utilisateurs de diffuser des messages très courts de 140 caractères maximum sur n’importe quel sujet. Les internautes, selon leurs centres d’intérêt, peuvent suivre en s’abonnant tel ou tel blogueur.
Vous pourrez désormais retrouver la CFDT Cortal Consors sur le site internet de Twitter à l’adresse suivante :
Or, rien n’est jamais facile en matière de syndicalisme. En effet, il n’est pas possible de se connecter à Twitter à partir d’un poste de Cortal Consors faisant partie du réseau BNP Paribas. Notre chère maison-mère a bloqué un certain nombre de sites internet comme Facebook, Myspace, des sites de messagerie et bien sûr Twitter. Pour pouvoir les consulter, il faudra utiliser les micros en libre service à la cafétéria du 7ème étage de Rueil ou un ordinateur personnel. Cela ne doit pas pourtant nous arrêter dans notre volonté d'informer le plus et le mieux possible les femmes et les hommes qui travaillent chez Cortal Consors.
PS : vous pourrez maintenant voir à la droite de la page d'accueil de mon blog un widget qui affiche les derniers messages enregistrés sur le site Twitter de la CFDT Cortal Consors
07:42 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cortal consors, internet, twitter, communication, réseau social













