21.07.2009
La CES interpelle le nouveau président de l'UE
Conformément aux règles en vigueur, la présidence de l'Union Européenne a changé de mains à partir du 1er juillet dernier. En effet, le 1er ministre de la Suède a remplacé pour une période de 6 mois celui de la République Tchèque au grand soulagement de tous ceux qui soutiennent la construction européenne. Il faut dire que les tchèques n'auront pas laissé un grand souvenir, pas étonnant pour un pays des plus eurosceptiques qui a également connu une crise politique avec la démission du 1er ministre Topolanek. Ce changement a lieu a un moment crucial pour l'Europe qui doit gérer 3 dossiers importants : économique avec la crise qui fait des ravages sur l'emploi, institutionnel avec le prochain référendum de l'Irlande sur le traité de Lisbonne et environnemental avec la conférence de Copenhague de décembre qui doit organiser les suites de Kyoto. Lors de son discours d'investiture, le 1er ministre suédois Frédérik Reindfeld a indiqué que ses priorités durant sa présidence seront l'emploi et la lutte contre le réchauffement climatique.
Or, ces engagements ne sont pas suffisants pour une Confédération Européenne des Syndicats qui a tenu à interpeller le tout nouveau président de l'UE à travers un mémorandum transmis le 7 juillet dernier. Ce texte insiste sur la nécessité de relancer la construction de l'Europe sociale grâce au traité de Lisbonne, de lutter contre le dérèglement climatique et contre une crise économique et financière sans précédent dans notre histoire.
Ci-joint l'article paru sur le site internet de la CES et concernant la diffusion du mémorandum envoyé à la présidence suédoise :
La CES regrette que la dimension sociale de l’Europe ne semble plus figurer parmi les priorités de la Présidence suédoise. John Monks, Secrétaire général de la CES, a déclaré : « A un moment où le chômage augmente, nous pensons que l’Union européenne devrait envoyer un signal clair indiquant qu’elle comprend les préoccupations les plus urgentes des travailleurs européens et qu’est disposée à agir ».
Le premier et le plus grand défi consistera à guider l’Europe à travers la crise financière, économique et sociale, à préserver les emplois existants, à créer les conditions nécessaires à la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité et à proposer la régulation des marchés financiers.
Le deuxième défi majeur consiste à assurer l’issue heureuse du référendum irlandais et une transition sans heurts du traité de Nice au traité de Lisbonne, en d’autres termes : donner à l’Europe un nouvel élan politique. Lorsque le traité de Lisbonne entrera en vigueur, les institutions européennes devront accorder la priorité au « plein emploi » et à la solidarité.
Le troisième défi est l’agenda du changement climatique dans la perspective de la Conférence de Copenhague. Il est temps pour l’Europe d’investir dans des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, d’encourager l’innovation, la recherche et le développement et l’emploi dans les industries clés, d’investir dans de nouvelles technologies vertes et durables, de soutenir les services publics de grande qualité, d’offrir aux travailleurs les qualifications requises par l’économie de demain, à faible teneur en carbone, dans le cadre de la technologie verte et de meilleurs emplois qualifiés.
Afin de regagner le soutien des travailleurs à l’égard de l’UE, il est urgent d’affirmer la primauté des droits fondamentaux sur les règles du marché unique. La CES espère que la présidence suédoise corrigera les jugements de la Cour de justice européenne (CJE) qui ont élevé la libre circulation au-dessus du respect des conventions collectives et permis le développement des réductions et des inégalités de salaires. Pour sa part, la CES a déjà présenté plusieurs propositions en la matière telles que le fait d’annexer un protocole de progrès social au traité de Lisbonne, afin d’affirmer la primauté des droits fondamentaux sur le marché unique, et une refonte de la directive sur le détachement.
La CES appelle la Présidence à annexer aux traités un protocole de progrès social et donc à indiquer à la CJE qu’il convient de respecter les droits fondamentaux dans le marché unique. Sinon, la pression exercée sur les syndicats afin qu’ils se tournent contre le marché unique s’intensifiera encore, ce ne fera que compliquer la crise actuelle. L’impression que le « laissez faire » est le principe directeur en la matière ne cesse de se répandre et la CES espère recevoir suffisamment de soutien pour corriger cette situation.
Consulter le mémorandum syndical de la CES
07:28 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : confédération européenne des syndicats, ces, syndicalisme, union européenne, emploi, crise, réchauffement climatique













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