06.07.2009

Soutien aux salariés de Wolters Kluwer France en lutte

367827726.jpgDepuis plus d’an, le monde connaît une crise économique et financière sans précédent due à un capitalisme totalement dérégulé. Cela s’accompagne malheureusement d’une liste de plus en plus longue de plans sociaux synonymes de destruction d’emploi et de montée du chômage.

Le quotidien Le Parisien avait un jour dessiné la carte de France des plans de restructurations avec le nombre de salariés licenciés. Le triste constat est que plus personne n’est à l’abri et que tous les secteurs d’activité sont touchés quelque soit le bassin d’emploi. De plus, ces plans sont d’une grande variété : fermetures d’usine, délocalisations, externalisations, départs dits volontaires etc. Au final, ce sont toujours les salariés qui constituent la principale variable d’ajustement au profit des actionnaires qui veulent conserver leurs privilèges.

Il est néanmoins intéressant d’analyser plus précisément les véritables causes de certains plans d’adaptation de l’emploi qui est le terme politiquement correct qui remplace plans sociaux. En effet, on constate que dans beaucoup de cas, il s’agit de mener des politiques à court terme destinées à maintenir une forte rentabilité afin de satisfaire les actionnaires toujours aussi exigeants ainsi que les analystes financiers.

Prenons par exemple le cas du groupe de presse et d’édition hollandais Wolters Kluwer dont le siège en France est situé à Rueil Malmaison juste à côté de l’immeuble occupé par Cortal Consors où je travaille.

Ce groupe est très connu par les représentants du personnel et les militants syndicaux car il édite entre autres plusieurs publications spécialisées dans le droit du travail : les éditions Lamy, Liaison Sociale, Social Pratique etc.

Or, les dirigeants ont annoncé début juin la mise en place d’un plan de restructuration devant entraîner la suppression de 184 emplois sur un effectif total de 1116 salariés. Cette nouvelle nouvelle fit l’effet d’un coup de massue d’autant plus que Wolters Kluwer France est en fait bénéficiaire. Il est vrai qu’avec la crise actuelle et l’évolution de la législation sur le travail, l’entreprise est placée sur un marché porteur qui lui ne connait pas la crise. Il s’agit ni plus, ni moins que de maintenir à tout prix une rentabilité grâce à un programme drastique de réduction des coûts (55 millions d’euros en 2009 puis jusqu’à 120 millions à partir de 2011).

Difficile, par conséquent, d’invoquer la crise pour justifier un tel plan de restructuration surtout lorsque Wolters Kluwer France emprunte près de 500 millions d’euros auprès de sa maison mère et dont le remboursement capte tous les bénéfices. Difficile aussi de se justifier quand le PDG du groupe s’octroie un salaire annuel de 5,5 millions d’euros comprenant un bonus de 628 000 euros. A quand une intervention européenne comme aux USA pour limiter la rémunération des dirigeants d’entreprise ?

Depuis l’annonce du plan social, les syndicats se sont regroupés en intersyndicale afin d’organiser la résistance et s’opposer au plan inique de la direction. C’est ainsi que les assemblées générales, les débrayages, les journées de grève se sont multipliés pour mobiliser les salariés. L’intersyndicale a également contacté l’inspection du travail dans l’espoir de faire retoquer le plan social et mandater des experts afin de travailler sur le volet économique ainsi que sur les conditions de travail. Il faut noter que ces actions s’inscrivent dans un climat détestable marqué par les blocages de la direction qui refuse de dialoguer.

Un appel a aussi été lancée à des militants syndicaux d’entreprises extérieures dans le but de faire partager leur propre expérience en matière de restructurations ou tout simplement pour témoigner de leur solidarité. Il était tout a fait naturel que je participe vendredi dernier à l’assemblée générale pour affirmer le soutien de la CFDT Cortal Consors dans leur combat. De plus, en discutant avec les camarades de Wolters Kluwer, je me suis rendu compte qu’il existait des points communs dans nos situations. Même si nous travaillons dans des entreprises différentes, les deux sociétés connaissent des difficultés d’emploi liées à des réorganisations imposées par des directions sans visions à long terme. Comme chez Wolters Kluwer, les salariés de Cortal Consors se posent beaucoup de questions sur l’avenir de leur entreprise dans un environnement qu’ils ne maîtrisent pas.

J’invite toutes les personnes qui seraient intéressées à soutenir la lutte des salariés de Wolters Kluwer France pour la pérennité de leur entreprise et la maintien des emplois.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site internet http://wkfdegraisse.wordpress.com/ qui vous donne toutes les informations sur le conflit au jour le jour.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://christopherieuze.rsfblog.org/trackback/1636636

Écrire un commentaire