27.02.2009

Fusion Caisses d’Epargne-Banques Populaires : et les salariés dans tout cela ?

2079966767.jpgEtant syndicaliste au sein d’une banque, je prête une attention toute particulière à l’actualité autour de la fusion des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.
Il est vrai que j’ai été confronté dans le passé à ce genre d’opération : fusions Compagnie Bancaire/ Paribas puis BNP/Paribas. Elles modifient systématiquement le visage des entreprises concernées avec des impacts importants pour les salariés en matière d’emploi, de conditions de travail, de garanties collectives.
Par exemple, le groupe BNP Paribas est en perpétuelle restructuration depuis la fusion de la BNP et de Paribas en 1999. Après s’être occupée des maisons-mères, la direction du groupe s’est attaquée à la réorganisation de ses filiales en fonction de pôles d’activité. Elle a ainsi regroupé ses filiales spécialisées dans l’assurance (Cardif, Natio Vie, Natio Assurance) dans une seule et même entité BNP Paribas Assurance. Plus récemment, Cetelem, spécialiste du crédit à la consommation, et l’UCB, qui travaille sur le crédit immobilier, ont fusionné pour former BNP Paribas Personal Finance. D’autres entreprises s’attendent à être touchées.
BNP Paribas a non seulement restructuré ses sociétés mais en a profité pour refonder en profondeur son réseau d’agences. Elle a en effet séparé les fonctions commerciales et les fonctions administratives en regroupant ces dernières sur plusieurs plateformes afin de générer des économies d’échelles et des gains de productivité. Cela a eu pour conséquence, du côté des salariés, de modifier leurs conditions de travail et la manière d’appréhender leur métier.
Tout cela pour dire que la constitution du 2ème groupe bancaire français n’a pas que des conséquences sur la répartition du capital et donc du pouvoir mais aussi sur l’emploi. Or, le rapprochement des 2 banques mutualistes n’est pour l’instant envisagé que sous l’angle d’une réponse à la crise actuelle, sans savoir réellement si celle-ci est la bonne. En effet, il s’agit plus ou moins d’entreprendre le sauvetage de 2 entreprises qui ont été particulièrement frappées par la crise. Vous avez des groupes bancaires importants qui se sont lancées de façon hasardeuse dans la banque d’investissement afin de moderniser leur image de marque (souvenez-vous ! L’écureuil symbole de placements de père de famille). Comme beaucoup d’autres, elles ont cédé à l’appât du gain, à la perspective de l’argent facile généré par une nouvelle génération de placements financiers toujours plus complexes. Les résultats n’ont pas été malheureusement à la hauteur des attentes et les profits attendus se sont en fait transformés en pertes.
C’est à ce moment qu’il faut parler de Natixis qui a défrayé l’actualité bancaire en pleine crise financière. Fruit de la fusion de 2 filiales (Ixis côté Caisses d’Epargne, Natexis côté Banques Populaires), Natexis devait constituer le fer de lance d’un développement économique sans frontières. La montagne a malheureusement accouché d’une souris après avoir succombé aux sirènes du marché immobilier américain avec toutes les conséquences que l’on connaî aujourd’hui. Pour information, l’entreprise a déclaré une perte nette de 2,8 milliards d’euros pour l’exercice 2008.
De ce fait, les Banques Populaires ont affiché une perte historique de 468 millions d’euros en 2008 alors que les Caisses d’Epargne faisaient encore plus fort avec un résultat déficitaire de 2 millions d’euros.
C’est là où entre en scène le pompier Nicolas Sarkozy qui se targue de pouvoir à lui tout seul sauver le système financier français, voire mondial. Il décide envers et contre tout de procéder au mariage, que certains qualifient de forcé, des 2 établissements bancaires.
Même si l’opération était plus ou moins prévue, Nicolas Sarkozy décide, fidèle à ses méthodes, de brûler les étapes. Il confie à François Perol, son plus proche conseiller pour les affaires économiques, la tâche de mener à bien cette opération qui remet au goût du jour certaines liaisons dangereuses. Encore une fois, ce dossier symbolise les contradictions d’un Sarkozy capable de mener de front déréglementation sociale et interventionnisme étatique en matière économique.
Cerise sur le gâteau, il s’arroge le droit de faire nommer à la tête du nouveau groupe la personne qui était chargée de piloter le dossier. Sans attendre l’avis de la commission de déontologie, François Perol a été imposé comme nouveau responsable alors que du fait de son travail et de son statut, sa nomination nécessite l’avis de ladite commission : une nouvelle preuve d’abus de pouvoir de notre omni président qui n’a pas hésité encore une fois à passer outre une institution de contrôle et de régulation.
Au delà de ces querelles éthiques, les militants syndicaux des 2 entreprises concernées par la fusion s’interrogent sur l’avenir des salariés. L’opération aura quelles conséquences sur les emplois, les conditions de travail, les statuts d’un personnel qui n’a rien demandé et qui est aucunement responsable de la situation actuelle.
Seul l’avenir pourra nous le dire mais mon expérience personnelle m’incite à penser que les salariés risquent de payer le prix fort à la place des véritables responsables du fiasco actuel.

23.02.2009

Sommet social du 18 février : le détail des propositions de la CFDT

1494345673.jpgVoici le détail des propositions CFDT concernant le plan de relance face à la crise actuelle :

La CFDT demande la mise en place d’un fonds d’investissement social
Il est le pendant social des fonds publics accordés aux banques et aux entreprises, via, entre autres, le fonds d’investissement stratégique.
Ce fonds d’investissement social doté de 5 à 7 milliards € pour la période 2009-2010 doit permettre:
- de développer les qualifications des salariés et des demandeurs d’emploi pour les emplois dont notre économie a, et aura, besoin et renforcer ainsi la compétitivité des entreprises ;
- de mettre en place une politique ambitieuse pour l’accès à l’activité des jeunes ;
- de mettre en œuvre la solidarité nationale pour les demandeurs d’emploi non indemnisés par l’assurance chômage.
Ce fonds doit être clairement « conjoncturel » comme le fonds d’investissement stratégique. Pour être très réactif, il doit être piloté par un comité politique fort associant l’Etat et les partenaires sociaux et être distinct des circuits habituels de l’assurance chômage ou de la formation professionnelle.
Ce fonds a vocation à compléter ce qui est déjà mis en place soit par l’Etat soit par les partenaires sociaux et doit être coordonner aux initiatives des régions (Franche-Comté, Lorraine …).
La CFDT propose un financement du fonds d’investissement social par la suspension de certaines dispositions de la loi TEPA
- La suspension du bouclier fiscal apporte 1 milliard d’euros
- La suspension des réductions de droits de succession apporte 1,5 milliard d’euros
- A cela la CFDT revendique d’ajouter un contingentement des heures supplémentaires défiscalisées, ce qui peut dégager un peu plus de 3 milliards d’euros
Le total représente potentiellement près de 6 milliards d’euros.

La CFDT revendique une double relance par l’investissement et la consommation
Le soutien de la demande globale doit passer simultanément par l’investissement dans un objectif de moyen terme, mais aussi par la consommation des ménages à court terme car cette dernière représente les deux tiers de la demande adressée aux entreprises.
Pour empêcher que nombre de salariés tombent dans la pauvreté et soutenir les salariés de la classe moyenne, la CFDT revendique une action publique dans trois directions:
1-Soutenir et augmenter les revenus :
- une revalorisation immédiate du SMIC (sans attendre le 1er juillet 2009). Cette mesure concerne près de 2 millions de salariés (hors apprentis), dont 870 000 sont à temps partiel
- le RSA pour les jeunes en emploi de moins de 25 ans
- le versement de la prime de solidarité active à compter du 1er avril tous les mois jusqu’à la mise en place effective du RSA.
2-Limiter les dépenses contraintes des salariés et des ménages :
- distribution immédiate de chèques emploi services universels en direction des classes modestes et moyennes (tous services à la personne comme garde d’enfant, ménages, personnes dépendantes...).
- généralisation du crédit d’impôt pour aider au paiement des services à la personne aujourd’hui réservé aux seules personnes en activité.
3-Des mesures fiscales qui allient efficacité économique et justice sociale
- une suppression partielle du 2ème tiers pour les 1ères et 2èmes tranches
- des baisses de TVA ciblées sur les « dépenses contraintes » (électricité, gaz, accès internet voire téléphonie) avec un contrôle des répercussions effectives sur les prix, les produits propres (qui peuvent néanmoins être faites via le bonus/malus écologique).
Ces mesures d’urgence de soutien au pouvoir d’achat, pour certaines conjoncturelles, ne se substituent pas aux revendications constantes de la CFDT qui portent sur :
- l'obligation de contreparties aux aides des entreprises
- la négociation des grilles de classification
- la généralisation des dispositifs de participation aux entreprises de moins de 50 salariés.
- l’obligation d’une prime de transport pour tous
- la généralisation de la complémentaire santé
- la limitation et l’encadrement des dépassements d’honoraires
- l’accélération de la réforme du 5ème risque, perte d’autonomie
- une réflexion sur l’ensemble de la politique familiale
- la construction de logements économiquement accessibles

L’agenda social 2009 :
Les réponses à la crise économique et sociale, leur suivi et leur ajustement vont être l’axe central de l’agenda social 2009.
Mais pour la CFDT, d’autres sujets devront être également traités :
1-la question de la gouvernance des entreprises
Il s’agit pour la CFDT de mettre en œuvre une nouvelle gouvernance qui associe les représentants des salariés aux choix stratégiques des entreprises. Et pour cela nous demandons :
-L’ouverture de négociations sur l’extension du rôle et des responsabilités des instances de représentation du personnel (IRP) qui doivent doit s’étendre à plusieurs domaines : la stratégie économique de l’entreprise, l’origine et la qualité de l’actionnariat (p.ex. fonds spéculatifs, paradis fiscaux), la politique environnementale (rapport annuel), l’échelle de rémunération des salariés et des dirigeants, le partage de la valeur ajoutée.
- La mise en place des chartes de la sous-traitance négociées avec les IRP pour les grands donneurs d’ordre
- Le conditionnement des aides publiques à un comportement socialement responsable de l’entreprise
- L’arrêt des délocalisations fiscales (appelées communément paradis fiscaux)
2-La question du développement du dialogue social
Des négociations et travaux sont d’ores et déjà prévus dans le cadre de la loi du 21 juillet 2008 :
– les modalités du dialogue social et de représentation des salariés dans les T.P.E,
– l’évolution des IRP (en lien avec la nouvelle gouvernance des entreprises)
– les mesures favorables au développement de l’adhésion aux organisations syndicales, financement du dialogue social,
– la reconnaissance dans le parcours professionnel de l’exercice des mandats de représentant des salariés et conditions, permettant de les concilier avec l’activité professionnelle.
3-La question de l’évolution du paritarisme
Son rôle et ses missions doivent être clarifiés. Sa nécessaire articulation avec des dispositifs publics et la solidarité nationale doivent être affirmée.
L’objectif général est de parvenir à un système simple, transparent au service des objectifs qui lui sont assignés avec une gouvernance visant cette efficacité.
L’utilisation des ressources financières doit être clairement identifiée et le financement du dialogue social doit être abordé dans ce cadre afin d’assurer notamment :
– un financement transparent et reposant sur des critères objectifs ;
– un abondement à l’adhésion syndicale,
– une égalité fiscale pour les adhérents aux organisations syndicales

21.02.2009

Sommet social du 18 février : le point de vue de la CFDT

1662878940.jpgLors du sommet social qui s’est tenu le 18 février sous la présidence de Nicolas Sarkozy accompagné du Premier ministre et de plusieurs de ses ministres , les organisations syndicales ont imposé en début de réunion que la situation de la Guadeloupe soit abordée.
Sur ce point, François Chérèque a exprimé sa profonde préoccupation et rappelé que dans une économie locale quasi administrée durant des décennies, les partenaires sociaux ne peuvent pas, seuls, trouver une solution au problème des salaires. L'Etat doit, au moins d'une façon provisoire, aider les entreprises à répondre à la revendication salariale non satisfaite qui bloque aujourd’hui le processus de négociation en attendant une remise à plat indispensable du système de production et d'approvisionnement qui remette en cause les situations de monopole.
Il a ensuite insisté sur l’importance que revêtait cette rencontre, dans la préparation de laquelle la CFDT s’est fortement investie.
François Chérèque a souligné l’extrême gravité de cette crise inédite qui frappe déjà de nombreux salariés et leur entreprise. Une crise qui risque de s’avérer longue et dont les effets les plus durs se feront sentir de manière croissante dans les prochains mois.
Il a rappelé le sentiment insupportable des salariés de payer le prix fort d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.
Relevant que le discours politique ne cesse de rappeler aux salariés que le monde a changé, que « rien ne sera plus comme avant », il a dénoncé que dans le même temps le gouvernement réaffirme avec obstination que, crise ou pas, il conserve le même cap : celui du refus d’une relance par la consommation, du maintien des cadeaux fiscaux aux plus favorisés, de la suppression d’emplois publics …
Soulignant qu’à l’incompréhension de ces choix s’ajoute le sentiment accru d’injustice sociale qui vient renforcer la défiance, la perte de sens, l’absence de perspectives et la colère des salariés, il a rappelé que leur mobilisation massive le 29 janvier dernier est l’expression déterminée d’un profond mécontentement, d’un besoin de protection et d’une inquiétude grandissante en l’avenir, que la forte et sérieuse alerte sociale que plus de 2 millions de salariés ont lancé, appellent des réponses du gouvernement, du patronat et des organisations syndicales, des réponses concrètes, à la hauteur de la gravité de leur situation.
Pour la CFDT, c’est notre cohésion sociale qui est en jeu et qui doit être préservée a souligné François Chérèque en rappelant que l’accroissement des inégalités déjà fortes, le risque d’exclusion et de pauvreté que craignent légitimement nombre de salariés appellent des réponses rapides et fortes fondées sur plus de justice sociale, sur une solidarité nationale réactivée et une efficacité économique coordonnée, notamment au niveau européen.

Forte de la déclaration intersyndicale du 5 janvier, François Chérèque a réaffirmé les trois objectifs prioritaires de la CFDT:
1-mettre en place un fonds d’investissement social, véritable plan d’urgence pour répondre aux besoins immédiats des salariés victimes de la crise permettant de créer les conditions d’une sortie de crise favorable à l’économie, la compétitivité des entreprises et l’emploi.
2- soutenir le pouvoir d’achat pour relancer la consommation et l’économie en empêchant que nombre de salariés ne tombent dans la pauvreté et en soutenant les salariés de la classe moyenne sur lesquels repose le poids de la solidarité nationale.
3-reprendre la réforme de l’Etat et des fonctions publiques en ouvrant un dialogue spécifique à la Fonction publique sur l’emploi, la qualification, le pouvoir d’achat et en reprenant la réflexion sur la RGPP assortie d’un gel des suppressions d’emploi.

Face à la crise, il a en outre formulé deux exigences :
- la mise en place d’une cellule de suivi qui permette de suivre et faire évoluer les mesures sociales appropriées.
- une coordination renforcée des politiques européennes, comme nous la souhaitons depuis des années sur les politiques économiques et fiscales, qui permette à l’Europe, par une démarche commune, de se préparer positivement à la sortie de crise comme s‘y préparent activement les Etats-Unis.

Déclaration de François Chérèque à la sortie de la rencontre :
« Le gouvernement disait qu'il ne changerait pas de cap. Les annonces d'aujourd'hui montrent que les syndicats ont obtenu un début d'inflexion de sa politique.
Les premières mesures annoncées, en particulier la création du fonds d'investissement social et les aides financières aux familles modestes vont dans ce sens mais ne sont pas à la hauteur de la situation que vivent les salariés.
Elles montrent que l'action syndicale commence à payer, ce qui nous engage à maintenir nos propositions et à maintenir la pression sur le gouvernement et le patronat.
La CFDT regrette que le patronat refuse de débattre de la répartition des profits dans les entreprises, ce qui montre une incapacité de sa part à tirer les leçons de la crise financière.
Je regrette le désaccord que nous avons eu avec le gouvernement sur la manière de gérer la crise en Guadeloupe. Cependant le président de la République a indiqué qu’il ferait des annonces politiques et sociales dès demain. »

18.02.2009

Hold-up

2008236950.jpgCause ou symptôme de la crise ? La question des rémunérations dans les banques est au cœur du débat médiatique depuis des mois. Et de découvrir ce dont la CFDT parle depuis longtemps : l’opacité des modes d’attribution de la rémunération variable, l’énormité des bonus dans certains métiers, l’indécence des dirigeants s’auto-augmentant sans vergogne…
Cette question a été centrale dans le déclenchement des crises, de l’affaire Kerviel à celle des « subprimes ». C’est l’appât du gain qui a poussé un trader peu scrupuleux à détourner les procédures de sécurité de la banque pour « jouer » et tenter de remporter de gros bonus. Une loterie un brin truquée, puisque qu’à ce petit jeu-là, il ne risquait jamais de perdre… le trader ne rend jamais l’argent perdu.
C’est le monde de l’argent facile et de la spéculation qui a pudiquement fermé les yeux de la chaîne de contrôle de la banque sur les dépassements ordinaires des encours joués, cloué le bec des back-offices, ébloui les États-majors. C’est l’attrait du commissionnement qui a poussé les organismes financiers américains à endetter les particuliers les plus pauvres, les agences de notations et les banques à disséminer la patate chaude dans le monde entier, les banques d’investissement à pousser jusqu’au délire les techniques de LBO…
Le salarié de la banque, lui, regarde incrédule sa fiche de paie. Il n’est pas forcément diplômé de polytechnique mais il fait tout de même de savants calculs. Pour évaluer le montant de son solde à la banque une fois qu’il aura payé loyer, charges, carte orange et autre cantine des enfants. Le salarié de la banque, lui, ne va plus sur internet consulter son épargne salariale. Il évite de se souvenir des projets partis dans la fumée de son portefeuille d’actions de la banque, dont 60% à 90% est désormais en cendres.
Du quasi-smicard au multimillionnaire, voici la réalité de ce que l’on appelle pudiquement « l’échelle des rémunérations » dans la banque. L’échelle ? Ou l’ascendeur, qui n’a rien de social, menant au dernier étage de la tour Société Générale à La Défense ? C’est donc à la fois un enjeu de gouvernance des entreprises – cesser de favoriser l’endettement et la spéculation, d’éthique – cesser de payer ceux qui mettent en péril les entreprises, et de justice sociale – donner à chacun les moyens de vivre dignement de son travail, qui est au cœur de la question des rémunérations.
C’est pourquoi la CFDT Banques a réclamé au gouvernement une table ronde pour aborder cette question. La négociation avec les employeurs ne peut en effet à elle seule régler le problème, qui est aussi un problème de régulation économique et sociale. Nous devons aussi agir via notre organisation syndicale internationale UNI finances pour faire avancer le dialogue social européen sur le sujet, et faire cesser le hold-up des banques par leurs dirigeants.

Texte de Véronique Descacq , secrétaire générale de la Fédération CFDT des Banques

13.02.2009

Le gouvernement doit apporter des réponses concrètes le 18 février

328421527.jpgSuite à l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy du 5 février dernier, les 8 organisations syndicales, à l'origine de la journée de mobilisation du 29 janvier, se sont réunies le 9 février pour faire le point sur l'intervention du président de la république.
Elles ont donné leur accord pour une rencontre le 18 février mais ont convenu en même temps d'organiser une nouvelle journée d'action interprofessionnelle le 19 mars afin de maintenir la pression en faveur de mesures favorisant le pouvor d'achat et l'emploi.
Voici le communiqué de presse rédigée en ce sens après la réunion de l'intersyndicale :

Communiqué commun des organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA
L’intervention télévisée du président de la République a été marquée par la force de la mobilisation du 29 janvier. Cependant les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA considèrent que les réponses apportées jusqu’à présent restent loin des attentes et des exigences portées par la mobilisation du 29 janvier et leur déclaration intersyndicale du 5 janvier.
L’annonce d’une réunion des partenaires sociaux le 18 février avec la formulation d’un certain nombre de pistes constitue un élément important. Mais malgré un changement de ton le président de la République maintient pour l’essentiel ses orientations en matière de politique économique et sociale.
Les organisations syndicales attendent de la réunion du 18 février que le gouvernement apporte des réponses concrètes et engage les discussions nécessaires à l’ensemble des revendications de la déclaration intersyndicale. Elles attendent également que le patronat prenne ses responsabilités.
C’est pourquoi les organisations syndicales estiment indispensable de maintenir la pression dans l’unité d’action. Elles appellent à poursuivre les actions engagées dans les secteurs professionnels et les entreprises et à prendre toutes les initiatives pour construire les mobilisations nécessaires.
Elles décident d’une nouvelle journée d’action interprofessionnelle le 19 mars. Elles se retrouveront le 23 février pour évaluer les résultats de la réunion du 18 février et préciser le sens, le contenu et les modalités de cette journée sur la base de leur déclaration intersyndicale du 5 janvier :
- donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique ;
- améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités dans les politiques salariales ;
- orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat ;
- préserver et améliorer les garanties collectives ;
- réglementer la sphère financière internationale.

06.02.2009

Les négociations salariales 2009 ont commencé chez Cortal Consors

374253322.jpgLa 1ère réunion de négociations sur les salaires pour 2009 a eu lieu la semaine dernière.
Cette démarche s’inscrit dans les négociations annuelles obligatoires fixées par le Code du Travail. Lors des négociations précédentes qui se sont tenues en juin 2008, les organisations syndicales ont obtenus l’avancée des réunions 2009 au mois de janvier afin de donner plus de temps aux discussions et d’appliquer plus tôt les mesures prises.
Comme les débats ne tournent pas uniquement autour des salaires, nous avons commencé la concertation par un point sur l’emploi pour l’année 2008. Nous aurons l’occasion d’en reparler lors de l’examen du bilan social annuel mais ce fut l’occasion d’aborder des thèmes importants. Il fut notamment question de la GestionPrévisionnelle de l’Emploi et des Compétences qui doit faire l’objet d’une négociation particulière obligatoire au sein des entreprises. La CFDT a encore demandé que ce sujet soit mis à l’ordre du jour de l’agenda social de Cortal Consors car il s’agit d’anticiper du mieux possible les évolutions de l’emploi en fonction des différentes mutations. Il va s’en dire que c’est un domaine cher à la CFDT et même prioritaire quand on pense au futur proche de l’entreprise.
L’état des lieux remis en séance fait également apparaître la nécessité d’harmoniser vers le haut les basses qualifications dans certains services, comme le courrier entrant et sortant, qui ont évolué du fait de l’introduction de nouvelles technologies.
Nous sommes ensuite entrés dans le vif du sujet en abordant les salaires. La DRH a alors fait un rappel de ce qui avait été négocié en 2008 avant de donner ses orientations pour l’année à venir.
Elle a invoqué la baisse des résultats ainsi qu’un niveau plus faible de l’inflation pour justifier sa proposition d’augmentation générale d’1 % quelque soit le niveau de salaire.
Un chiffre d’autant plus dérisoire que l’enveloppe consacrée aux augmentations individuelles a été diminué dans les mêmes proportions par rapport à 2008. Voilà un « geste » qui ne coûtera pas grand-chose grâce au principe des vases communicants.
Malgré des résultats moins bons par rapport à une année historique, la CFDT a indiqué que Cortal Consors restait profitable du fait des efforts des salariés. De plus, à l’instar de BNP Paribas, la direction affirme constamment que l’entreprise est solide financièrement et a bien résisté à la crise.
Quant à l’argument de la hausse des prix, il n’est pas étonnant de voir la DRH l’utiliser comme paravent lorsqu’elle est au plus bas et l’évacuer quand elle atteint des niveaux record.
Comme à chaque négociation, le rôle de la maison-mère a de nouveau été abordé par le biais de son interventionnisme de plus en plus pesant dans la politique sociale des filiales. La DRH n’a pas manqué d’invoquer BNP Paribas pour justifier certains choix qui auraient pour effet de brider des sociétés désireuses d’aller plus loin.
Pour clarifier la situation, la CFDT a donc proposé de s’appuyer sur l’accord salarial de BNP Paribas SA qui a octroyé, entre autres, une augmentation collective de 1,6 % avec un plancher de 500 € bruts. La direction nous bien sûr transmis une fin de non recevoir en indiquant que c’est un accord propre à la maison-mère et qu’il ne pouvait pas s’appliquer chez Cortal Consors : deux poids, deux mesures !
La CFDT a alors répondu que le fait de mettre en place des négociations salariales à l’échelon du groupe permettraient de mettre fin à toute cette hypocrisie si savamment entretenue.
Toujours en lien avec l’actualité de BNP Paribas, la CFDT a demandé si le comité de direction avait décidé d’abandonner ses primes ou ses bonus conformément aux souhaits des pouvoirs publics et afin d’imiter Michel Pébereau et Baudoin Prot. La DRH a répondu que cette question était à l’étude mais rien n’avait encore été décidé.
A ce jour, nous n’en savons toujours rien.
Le prochain rendez-vous des négociations est prévu pour le vendredi 6 février.


04.02.2009

Quelles suites à donner à la mobilisation massive du 29 janvier 2009

1522738057.jpgLes organisations syndicales se sont rencontrées lundi pour faire le point après les manifestations monstres du 29 janvier dernier qui ont vu près de 2 millions de personnes réclamer plus de justice sociale de la part du gouvernement.
La question est maintenant de savoir comment faire fructifier ce succès et obtenir de probantes réponses aux légitimes inquiétudes de la majeure partie de nos concitoyens. En tout cas, la balle est maintenant dans le camp du Président de la République qui doit utiliser son habituel activisme à autre chose qu'à promouvoir son image de marque et à modifier sa politique inefficace face à la crise.
Alors que le gouvernement n'a qu'une confiance toute relative dans son propre plan de relance, il est temps pour les pouvoirs publics de se pencher réellement sur les effets désastreux de la crise actuelle en matière d'emploi et de pouvoir d'achat. Il s'agit dès maintenant de consacrer de l'énergie et des financements à lutter contre la montée inexorable du chômage après avoir généreusement aidé les entreprises et notamment les banques sans contreparties. Or pour cela, il s'agit de sortir des idéologies ultra-libérales qui ont plongé le monde dans une crise systémique. Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin de nouvelles formes de régulation qui rapidement doivent nous mener vers un autre mode de production qui préserve nos ressources naturelles et empêche toute inégalité.
Les syndicats ont convenu d'attendre l'allocution de Nicolas Sarkozy avant de s'engager éventuellement dans de nouvelles actions.
Voici le communiqué de presse adopté et diffusé hier :

Communiqué commun des organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA
La mobilisation du 29 janvier 2009 a connu un succès incontestable dans toute la France : des millions de salariés du privé et du public, parmi lesquels de nombreux jeunes, des demandeurs d’emplois, des retraités ont manifesté, fait grève, soutenu le mouvement.
L’ampleur de ces manifestations confirme leurs inquiétudes et leur exaspération face aux injustices sociales. Ils exigent d’autres réponses à une crise dont ils ne sont pas responsables.
Il est urgent que le gouvernement d’une part, le patronat et les employeurs d’autre part, assument leurs responsabilités, répondent aux demandes formulées dans la déclaration intersyndicale du 5 janvier 2009 et reçoivent les organisations syndicales.
Les organisations syndicales décident de maintenir leurs rencontres afin de prendre toutes les décisions et initiatives, notamment en matière d’actions et de mobilisations.
Elles appellent les salariés et leurs organisations à rester mobilisés et à s’appuyer sur la force de la journée du 29 janvier pour obtenir partout des négociations sur les revendications.
La puissance du mouvement conduit le président de la République à s’exprimer jeudi. Les organisations syndicales en attendent des réponses aux revendications par l’annonce de mesures concrètes et immédiates et par l’ouverture de discussions avec elles. Elles se réuniront le 9 février 2009 pour en apprécier la portée et en tirer les conséquences.

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