08.11.2008
Non à la dérèglementation sociale pour payer la facture de la crise financière
La crise, qui secoue le secteur bancaire mondial, est celle d’un capitalisme financier sans aucune régulation qui a imposé ses règles de rentabilité à tous prix à l’ensemble de l’économie.
En France, comme en Europe et partout dans le monde, les salariés ont un énorme sentiment d’injustice : ils vont payer, par leurs impôts, par la réduction de leur pouvoir d’achat, par la perte possible de leur emploi, des décisions prises depuis une vingtaine d’années.
Cette recherche d’un profit maximum à court terme pour l’actionnaire a produit de nouvelles inégalités entre les pays et en leur sein.
À l’automne 2008, cette crise financière commence à s’étendre à l’ensemble de l’économie, celle des entreprises de toutes tailles, et à devenir une crise sociale avec suppressions d’emplois et nouvelle perte de pouvoir d’achat des salariés en perspective.
Le gouvernement encourage la déréglementation sociale (heures supplémentaires défiscalisées, négociation de gré à gré du temps de travail et des salaires, travail le dimanche généralisé…).
La CFDT, hostile à cette déréglementation, milite pour une croissance durable et équitable au bénéfice de tous dans le cadre d’un dialogue social de qualité.
La CFDT attend des réponses européennes et internationales
Elle réclame :
• des réglementations bancaires et financières dans l’Union européenne déployées de manière urgente et dotées de dispositifs de contrôle de leur application ;
• l’harmonisation dans l’Union européenne de la fiscalité pour lutter contre le dumping fiscal et faire disparaître au niveau mondial les «paradis fiscaux» ;
• un plan de relance budgétaire européen et des investissements dans la recherche, l’innovation, l’université, la formation et les transports durables ;
• de nouvelles régulations du système bancaire et financier international via notamment la Banque mondiale et le FMI favorisant des activités économiques échappant aux seules politiques de court terme.
La CFDT attend des réponses en France
Elle interpelle l’État et le patronat, et réclame :
• une politique fiscale redistributive avec suppression du «bouclier fiscal », révision et redéploiement des exonérations de cotisations sociales pour favoriser l’emploi, notamment des seniors et des jeunes ;
• la réorientation du budget de l’État vers l’emploi, le logement et la politique de la Ville : de plus grands investissements dans l’élévation des qualifications comme dans l’innovation et la recherche, plus à même de positionner l’économie française dans la mondialisation que les politiques de réduction du coût du travail ;
• la participation responsable du patronat dans les trois négociations en cours (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, formation professionnelle, assurance chômage) pour apporter des réponses concrètes en matière de sécurisation des
parcours professionnels ;
• l’engagement des entreprises à relancer les négociations salariales et réduire les écarts salariaux.
La CFDT appelle tous les salariés à se rapprocher de ses élus dans les entreprises pour rechercher avec eux les meilleurs moyens de se faire respecter et entendre auprès de leurs employeurs au cours des prochaines semaines et des prochains mois.
09:33 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, finances, crise financière, banques, dérèglementation





















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