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20.07.2008

Négociation Pénibilité : une fin en queue de poisson

f61e399cb3584bfff033c1d650576db0.jpgL’ultime séance du 16 juillet devait permettre un constat partagé sur les avancées et les points de désaccord.
« On a pris acte des propos des organisations syndicales qui conduisent à la fin de notre négociation. » Une demi-heure à peine après le début de séance, le patronat concluait ainsi en une phrase la négociation Pénibilité. Soit trois ans et dix-huit séances d’interminables discussions au cours desquelles le Medef n’aura cessé de se soustraire à ses responsabilités, jusqu’à ce dernier épisode du 16 juillet. « Il y a eu du gâchis dans cette négociation. C'est un mal de notre patronat, sur les questions de santé, il est toujours à la traîne, comme sur l'amiante », a résumé la CFDT.
Au final, le relevé de conclusions des points d’accord et de désaccord n’aura même pas été dressé, ce que regrette amèrement la CFDT qui aurait souhaité ne pas perdre les « quelques convergences sur la prévention et la définition des critères de pénibilité ». Mis devant l’évidence chiffrée – un écart d’espérance de vie de 7 ans entre les ouvriers et les cadres –, le patronat avait fini par reconnaître les réalités que recouvre la pénibilité, défi majeur que les entreprises seront bien obligées de prendre en compte.
Le gouvernement a les mains libres
Désormais, c’est donc au gouvernement que revient la charge de porter ce dossier délicat inscrit dans la réforme des retraites de 2003. Il ne pourra pas s'en tenir uniquement aux conclusions du rapport Poisson remis fin mai, reprenant peu ou prou l’analyse et les recommandations du Medef sur la prévention et les modalités de réparation. Des recommandations qui font craindre des solutions à minima, où la réparation prendrait la forme d’un simple allégement de la charge de travail. Au contraire la CFDT demande une réparation juste et équitable, la possibilité pour un certain nombre de salariés usés par des conditions de travail pénibles, qui ont altéré leur espérance de vie, d'acceder à une cessation anticipée d'activité, ce qui ne serait que justice !

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