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12.07.2008
Pour une nouvelle donne écologiste
Pour les Verts, l'été a toujours été synonyme de débats, d'échanges, de contributions diverses et variées.
Les journées d'été, organisées fin août, constituent le moment privilégié pour confronter toutes les idées issues de ces temps de réflexion.
En tant que militant des Verts depuis quelques temps, je ne déroge pas à cette règle en participant à la rédaction du texte qui suit. Il s'agit de relancer les discussions sur une nécessaire rénovation des Verts et de l'écologie.
Les résultats des municipales, dans lesquels la gauche et les Verts trouvent une satisfaction, ne doivent pas masquer le manque de propositions du camp progressiste.
Les Verts peuvent trouver dans l’échéance européenne le réconfort d’une grande alliance des écologistes. Une échéance électorale implique d’accepter et d’assumer dans le temps le jeu des clivages et des alliances politiques. Nos candidatEs se doivent d’être des candidatEs qui acceptent ce jeu. Nous constatons que seul Dany Cohn-Bendit l’assume pleinement aux côtés des Verts à ce jour.
Mais les Verts ne peuvent se satisfaire à long terme de cette perspective en sous-traitant la refondation de leur corpus idéologique. L’urgence est d’abord de reconstruire un rapport de force conséquent.
Pour cela, les Verts doivent reformuler une proposition politique en phase avec les défis écologiques et sociaux de notre temps et, au delà, une perspective pour chaque individu et la collectivité sans laquelle le pacte républicain se délite.
Ce texte est notre contribution à cette démarche véritablement « refondatrice » de notre parti.
L’écologie, c’est le primat du politique
Dans un contexte économique bouleversé par l’émergence de nouveaux acteurs continentaux (Chine, Inde…), la démonstration est faite du caractère non reproductible de nos modes de consommation et de production. Cette prise de conscience peut nous donner des raisons d'espérer, mieux encore : de proposer une nouvelle donne écologique. Par exemple, la construction d’un avenir énergétique doit à la fois permettre de relever les défis planétaires et d'en tirer parti pour vivre mieux et plus solidairement.
Face à la tentation du repli sur soi, c’est en investissant, en innovant et en réformant les outils de discussion et de négociation avec lesquels les pouvoirs publics peuvent agir que nous changerons le réel.
L’écologie ne se soumet pas au diktat de l’immédiateté
Si nous nous réjouissons que la nécessité d’un développement durable a franchi les frontières des partis politiques pour être portée par un nombre croissant d’acteurs, nous gardons à l’esprit que l’action publique est celle qui cristallise et favorise les compromis sociaux. Elle a le primat de la vision stratégique et vise à changer d’échelle la volonté collective.
L’innovation en terme de développement durable ne peut être laissée aux seuls investisseurs privés, la puissance publique doit contribuer à la mise en oeuvre des alternatives nécessaires, via la recherche, ainsi que par le biais des collectivités territoriales.
Si les écologistes doivent se situer à gauche, c’est précisément parce qu’ils-elles entendent que la politique prime sur l’économie et non l’inverse. Les Verts doivent porter les politiques alliant humanisme et sobriété. L’économie des ressources est une dynamique pour le corps social.
Nous sommes porteurs d’un nouveau mode de « développement à bas niveau de carbone » : c’est celui que nous voulons et que nous pouvons mettre en oeuvre !
Notre parti intègre l’universalisme parmi ses valeurs. Reconnaissant que tous les êtres humains « naissent libres et égaux en droit », les membres de notre Parti sont des laïcs conséquents. Ils-elles doivent être capables de parler avec touTEs et de s’adresser à touTEs, artistes, ouvrierEs, salariéEs précaires, chefEs d’entreprises, chercheur-se-s etc. Ils-elles doivent aussi nouer un dialogue constructif avec toutes les forces sociales, qu’elles soient associatives, politiques, confessionnelles ou athées, économiques, syndicales…
Cette démarche implique que nous remettions d’abord en route la « machine à penser ». La création d’un think tank, véritable Cercle de réflexion, à la bonne distance du parti, doit être d’utilité générale. A visée
opérationnelle, il s’adresse à nos militantEs, nos éluEs mais il doit être également un outil destiné à influencer l’agenda des décideur-se-s..
Notre communication doit avoir pour but de susciter l'adhésion à nos analyses et propositions. Pour cela, sans être une plainte, ni une crainte, l'écologie que nous prônons doit être positive, propositionnelle, capable de s'inscrire dans des mouvements d'opinion fédérateurs, pédagogique sans être réductrice.
Les écologistes agissent localement. Ils-elles doivent redonner la primauté à l’exemple : à partir du logement, de l’alimentation, du cadre de vie, des déplacements, de la santé, de la culture… les Verts pourraient davantage impliquer des couches importantes de la population.
Il nous faut également accepter de développer des adhésions de sympathie et de proximité, plus que de militantisme. La sociologie des Verts doit se rapprocher davantage de celle de la société. Et pour cela, le parti doit se caler sur ses rythmes.
L’autonomie comme outil, sans le dogme
L’écologie politique a besoin d’un parti autonome, qui rassemble touTEs les écologistes, assumant des différences de sensibilités tout en assurant une cohérence. Mais l’autonomie n’est pas l’isolement. Pour pouvoir mettre en oeuvre nos propositions de politiques publiques, il faut chercher des alliances en fonction des enjeux et des réponses à leur apporter.
En notre sein, un nouveau fédéralisme responsable doit tirer les leçons des échecs passés. Nos décisions nationales seront d’autant mieux mises en œuvre qu’elles auront remis au premier plan nos échelons locaux.
L’autonomie politique des Verts peut s’exprimer dans les scrutins comportant une dose de proportionnelle. Cette autonomie doit porter ce qui fait notre distinction, mais doit aussi être couplée d’un appel sans équivoque à la constitution après le scrutin d'une coalition collective pour faire changer les choses: c’est le défi des élections européennes, dans une tendance actuelle où les sociétés nationales et les partis invitent au repli sur soi.
Mais il est nécessaire de passer à une autre stratégie tant que seront maintenus les scrutins uninominaux à deux tours qui nous éliminent de la vie politique. Pour cela, il faut envisager au niveau national la constitution d’une coalition qui prépare en amont les élections législatives, sans fermer la porte au dialogue avec ceux-celles qui sont susceptibles de s’y inscrire.
Les Verts sont arrivés à une période charnière. Pour briser ce « plafond de verre » atteint lors des élections législatives sans tomber dans le statut de parti local et urbain, il s’agit à présent de reconstituer un parti
politique écologiste autonome, en phase avec la société.
La période qui s’ouvre doit nous être propice pour refonder notre parti qui aspire à transformer la société ici et maintenant à partir des réalités, avec les politiques publiques.
08:00 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, politique, rénovation, refondation







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