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07.06.2008

Grève chez Cortal Consors : la direction sourde face à des salariés mobilisés

b8997bcfba8d0eecf42577e52c5c835c.jpgLe mécontentement subsiste chez Cortal Consors après que près de 130 salariés aient suivi le 1er mouvement de grève de l’histoire de la société. Cela représente 26 % des effectifs, un chiffre honorable pour une entreprise sans aucune culture de conflit. Cela démontre un climat social tendu que les organisations syndicales n’ont pas arrêté de signaler depuis des années.
La rencontre entre partenaires sociaux de mercredi dernier n’a pas malheureusement apporté de solutions à la crise malgré la volonté affichée des syndicats de maintenir le dialogue.
Au cours de cette réunion qui a duré plus de 3 heures, la direction a refusé de satisfaire la revendication des syndicats tout en essayant de diluer les discussions en évoquant des thèmes annexes (intéressement, gestion des carrières). De plus, elle n’a pas même jugé utile de faire une proposition alternative qui aurait pu relancer les négociations et prouver qu’ils ont entendu quand même le message des salariés. Il aura fallu que j’insiste, et d’autres représentants syndicaux avec moi, pour obtenir une suspension de séance permettant à la direction de travailler sur un nouveau projet. Cette attitude montre que nos dirigeants comptent plutôt sur le pourrissement du conflit en jouant la montre plutôt que sur l’amélioration du dialogue social.
Les nouvelles mesures issues de leur réflexion semblent hélas confirmer cette stratégie.
C’est ainsi qu’ils nous ont proposés les mesures suivantes :
- début de la renégociation de l’accord d’intéressement en février 2010 : il s’agit uniquement de respecter le calendrier légal des négociations,
- la négociation des salaires 2009 aura lieu en janvier 2009 : même si l’intersyndicale demande depuis longtemps de débuter les négociations le plus tôt possible, cela ne nous assure pas d’aboutir à un bon accord
- les mesures salariales 2008 ont été modifiées : application de la rétroactivité au 1er mars sans modifier les taux pour la 1ère tranche et revalorisation de 0,5 % pour les taux de la 2ème tranche.
C’est bien sûr la dernière proposition qui nous a le plus déçu car non seulement elle est loin de nous satisfaire mais elle favorise encore plus les salaires les plus hauts. Difficile de nous faire croire que l’on veut améliorer la situation des bas salaires quand on augmente les rémunérations supérieures au plafond de la sécurité sociale et on ne touche pas celles qui sont en dessous.
Cette journée de mercredi a été particulièrement longue et difficile car après avoir ferraillé plus de 3 heures avec la direction, il a fallu aussi la confronter lors des réunions de service qu’elle avait décidé de tenir. C’est ainsi que les débats ont continué une partie de l’après-midi dans mon service. Ces débats ont permis pour la 1ère fois à de simples salariés de tenir tête à une direction venue essayer de les convaincre de la justesse de leurs propositions.
De mon côté, j’ai tenté d’intervenir le moins possible afin de laisser la parole au personnel. Or, vous connaissez l’expression « chassez le naturel, il revient au galop », je n’ai pas pu m’empêcher de m’exprimer pour clarifier certaines choses et ainsi démontrer que les organisations syndicales, la CFDT en particulier, étaient bien présentes.
L’intersyndicale a ensuite organisé le lendemain une nouvelle assemblée générale des salariés afin de faire le point sur les « avancées » et de débattre sur la manière d’envisager l’avenir.
Les 1ères réactions ont été de rejeter en bloc les dernières propositions de la direction et de continuer le mouvement en programmant une 2ème journée de grève à une date restant à fixer.
Il a été également prévu de mettre en place des débrayages reconductibles pour tenter d’accentuer la pression sur une direction qui n’a toujours pas répondu aux attentes. La 1ère action a commencé dès vendredi avec le rassemblement de plus de 50 personnes sur le parvis de l’immeuble.
Le combat continue et c’est toujours unie que l'intersyndicale compte le mener aux côtés des salariés.

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