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03.06.2008

Grande première chez Cortal Consors : les syndicats appellent à la grève sur les salaires !

3ccb875268484576d73939552c692ed6.jpgLors d’un précédent billet, je faisais le point sur les négociations salariales 2008 chez Cortal Consors. Après avoir consulté les salariés, l’intersyndicale CFDT-CFTC-FO-SNB/CGC a refusé de signer le projet d’accord de la direction et a décidé au contraire d’organiser une journée de grève pour le mardi 3 juin.
L’objectif de cette opération est de faire pression sur la direction afin de réouvrir les négociations et obtenir une revalorisation des bas salaires de l’ordre de 3 %.
C’est un moment historique dans l’histoire de Cortal Consors car c’est la 1ère fois que les syndicats appellent à une grève locale. Le dernier mouvement social d’envergure remonte à 1999 à propos de la négociation de la nouvelle convention collective des banques. A l’époque, près de 70 personnes avaient fait grève ou débrayé.
Cela démontre le fort mécontentement des salariés qui ont fait de la question des salaires la plus importante de leurs revendications. Les organisations syndicales ont depuis longtemps alerté la direction et l’avaient enjoint d’être offensifs sur ce dossier. Une enquête auprès du personnel sur le climat social avait d’ailleurs révélé les fortes lacunes de la DRH sur la question des rémunérations. Il est intéressant de noter que celle-ci avait prévu un plan d’action dans tous les domaines abordés dans l’enquête sauf celui des salaires : édifiant !
Grâce à la mobilisation du personnel, l’intersyndicale souhaite également remettre en cause la politique salariale de la direction. En effet, celle-ci consiste à négocier tous les 2 ans une augmentation collective en alternance avec une prime qui a souvent fait suite à une décision gouvernementale (prime dite « Villepin » ou « Breton »).
Cette pratique que l’on peut retrouver chez BNP-Paribas et dans d’autres filiales, doit théoriquement s’accompagner d’augmentations individuelles censées compenser l’absence de mesure pérenne. La direction a clairement annoncé à plusieurs reprises vouloir privilégier ce système au détriment des augmentations collectives. Les syndicats ont été unanimes pour dénoncer cette politique synonyme d’injustices. Les règles d’attribution ont été mises en place sans aucune concertation avec les organisations syndicales (ce n’est pas faute de demander). De plus, elles manquent cruellement de transparence.
Ce système a particulièrement montré ses limites en 2007, une année qui a donc vu la direction refuser de négocier une augmentation générale alors que les résultats 2006 n’avaient jamais été aussi élevés. Ils voient comme une injustice le fait de ne pas profiter du fruit de la croissance de l’entreprise alors qu’ils ne sont pas avares de leurs efforts. De plus, le fait de ne pas bénéficier d’augmentations individuelles accentue le phénomène d’exclusion qui alimente leur rancœur.
Voici le résultat des précédentes négociations :
- 2007 : prime exceptionnelle d’intéressement de 800 €
- 2006 : augmentation générale de 1,2 % et une prime de 650 €
- 2005 : 2 primes pour un montant total de 400 €
- 2004 : augmentation générale de 1,9 % pour les bas salaires
- 2003 : aucune mesure
En fonction du taux annuel d’inflation, on constate que le pouvoir d’achat n’a pas été garanti.
Cette question du pouvoir d’achat est, comme dans d’autres secteurs d’activité, un facteur important dans le mécontentement actuel.
Les augmentations du prix des produits pétroliers, des biens alimentaires, des loyers pèsent de plus en plus dans le budget des ménages qui sont à la recherche de moyens supplémentaires pour boucler leur fin de mois.
D’après les échos de ces derniers jours, la direction n’a pas logiquement apprécié la perspective d’être confrontée à un mouvement social. Elle a organisé avec des responsables de service à une campagne afin de convaincre les salariés de ne pas suivre l’appel à la grève.
L’intersyndicale a de son côté constaté que les diverses pressions exercées avaient plutôt convaincus des réticents à se joindre à l’action.
A mercredi pour les résultats.

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