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20.05.2008
Les syndicats refusent de signer l’accord salarial chez Cortal Consors
La question du pouvoir d’achat est une préoccupation majeure des salariés qui voit leur rémunération stagner depuis quelques années. Cela est d’autant plus problématique que l’inflation n’a jamais été aussi élevé : 3 à 3,2 % à cause de l’augmentation du prix des matières premières, de celui du baril de pétrole ainsi que des loyers.
Sans attendre les hypothétiques promesses du gouvernement, les organisations syndicales, y compris la CFDT, se mobilisent dans les entreprises pour une répartition des richesses plus juste envers les salariés à travers des augmentations collectives. Ces revendications se heurtent le plus souvent à la logique différente des employeurs qui préfèrent privilégier la rentabilité de l’entreprise, sous les pressions des actionnaires.
Rémunération des salariés contre rémunération du capital : voilà un combat que mène depuis longtemps les syndicalistes.
Cortal Consors n’y dérogent pas et sa politique salariale illustre la difficulté de maintenir le pouvoir d’achat du personnel alors que les résultats croissent régulièrement.
Si l’on examine d’ailleurs l’historique des négociations salariales dans l’entreprise, les mesures négociées ne compensent jamais la hausse des prix.
Autre élément important de ces négociations, le fait que la direction souhaite appliquer une augmentation générale tous les 2 ans, en alternance avec une prime. Ce principe n’est pas du au hasard car il a été également retenu par BNP-Paribas l’actionnaire à 100 % de Cortal Consors. Difficile dans ces conditions d’assurer le maintien du pouvoir d’achat surtout si l’on doit compter sur des augmentations individuelles accordées sans concertation.
En 2008, l’ensemble des organisations syndicales (CFDT, CFTC, SNB/CGC, FO) s’est constitué en intersyndicale pour faire face à la direction. Cela est du au fait que les syndicats partagent les mêmes revendications, à savoir une mesure pérenne significative sous forme d’une augmentation collective qui favoriserait les bas salaires.
L’intersyndicale a tout d’abord demandé d’avancer les négociations normalement prévues en juin. La direction a été d’accord pour les programmer à partir d’avril.
Cela ne voulait pas signifier automatiquement que le dialogue allait être facile et que nous arriverions très vite à un accord. Nous nous en sommes très vite rendus compte lorsque le directeur général s’est invité à la première réunion pour faire le point sur la situation économique. Il en a profité pour nous mettre en garde afin de ne pas mettre en péril l’équilibre financier de Cortal Consors. Nous avons été unanimes pour dénoncer ce procédé qui voulait nous faire croire que des revendications trop radicales allaient mettre en danger la pérennité de l’entreprise. Nous avons aussi rappelé que Cortal Consors restait profitable même si les statistiques de l’activité étaient inférieures aux objectifs fixée en début d’année.
Les discussions ont ensuite porté sur une augmentation générale qui s’articule autour de deux critères : le niveau de salaire et l’ancienneté.
Dans un premier temps, un taux de base est déterminé en fonction du niveau de rémunération puis dans un deuxième temps, s’ajoute une bonification calculée selon l’ancienneté passée dans le groupe BNP-Paribas.
En ce qui concerne le critère de la rémunération, 3 échelons ont été déterminés en fonction du plafond de la sécurité sociale qui se monte à 33 276 € :
1er échelon = salaire brut annuel < ou = 33 276 € soit un effectif de 250 personnes
2ème échelon = 33276 € < salaire brut annuel < ou = 49 954 € (1,5 fois le plafond) soit un effectif de 192 personnes
3ème échelon = salaire brut annuel > 49 954 € soit un effectif de 52 personnes
Pour le critère de l’ancienneté, 4 seuils ont été finalement mis en place :
0 à 2 ans (108 personnes), 3 à 7 ans (169 personnes), 8 à 16 ans (126 personnes), au-delà de 17 ans (91 personnes).
Le principe est que le taux de base est plus important pour le 1er échelon par rapport aux 2 autres afin de favoriser les salaires les plus bas. Parallèlement, plus l’ancienneté est importante, plus la bonification est élevée.
La vraie négociation a porté sur le taux de base que l’intersyndicale voulait au moins égale au dernier taux d’inflation déterminée par la direction. Comme à son habitude, la direction a inauguré les discussions avec un proposition ridiculement basse avec un taux de base de 1,00 % pour les bas salaires. Devant le refus unanime et catégorique de l’intersyndicale, la direction a revu à plusieurs reprises sa proposition a la hausse avec une dernière proposition allant de 1,95 % à 2,10 % pour la 1ère tranche.
Conformément à ses engagements pris en début de négociation, l’intersyndicale s’est tournée vers les salariés pour les informer de la situation et pour recueillir leur avis.
C’est ainsi qu’une assemblée générale s’est tenue la semaine dernière avec la participation d’une centaine de personnes, un chiffre record qui illustre les grandes attentes du personnel.
Je fus chargé, au nom de l’intersyndicale, d’introduire les débats en faisant le point sur les négociations et leur contexte. Pour la 1ère fois, un nombre non négligeable de salariés se sont vivement opposés à la proposition de la direction et se sont prêts à s’engager dans une action pour obtenir davantage.
Lors de la dernière réunion avec la direction, la CFDT et les autres organisations syndicales ont refusé de signer le projet d’accord de la direction. Chaque camp a ressorti les mêmes arguments : la direction considère avoir fait un geste significatif au regard des résultats moins bons du 1er trimestre 2008 alors que les syndicats jugent qu’il n’y a pas maintien du pouvoir d’achat. Le fait que la direction de Cortal Consors ait refusé de négocier une augmentation collective en 2007 malgré des résultats excellents reste en travers de nos gorges.
09:15 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cortal Consors, négociations, salaires, dialogue social, pouvoir d'achat, intersyndicale







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