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18.04.2008
L’alimentation, enjeu majeur du développement durable
Editorial de Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT – Syndicalisme hebdo du 17 avril 2008
Pour les pays pauvres, la hausse des prix du blé, du riz et du maïs rend ces denrées inaccessibles à des millions de familles dont l’alimentation représente plus de la moitié de leur budget. Cette situation insoutenable est au cœur du développement durable qui signifie, pour nous, un mode de développement répondant, sur toute la planète, aux besoins fondamentaux de l’ensemble de ses habitants.
Les raisons de la flambée des prix des denrées agricoles sont multiples : mauvaises récoltes, accroissement de la demande, pratiques spéculatives, utilisation abusive des céréales, production d’agrocarburants… En toile de fond de ces phénomènes, une croissance démographique des pays en voie de développement qui reste toujours importante.
Toutes les matières premières de base se négocient sur des marchés boursiers classiques et il n’existe aucun mode de régulation. Face à cette situation, la CFDT plaide depuis longtemps pour des régulations de la mondialisation. Elle demande que l’ONU, la Banque mondiale et le FMI jouent ensemble un rôle central dans la coordination de la gestion des stocks de céréales. Ces organisations doivent agir pour revaloriser le rôle de l’agriculture dévolue à l’alimentation locale au détriment des cultures destinées à l’exportation. Mais l’urgence impose aux pays développés de débloquer dès aujourd’hui les aides qui permettent d’éviter des catastrophes alimentaires.
Il faut surtout à terme bouleverser le modèle agricole des pays en voie de développement et privilégier l’autosuffisance alimentaire. Trop longtemps, les institutions internationales ont favorisé les activités économiques s’insérant dans le marché mondial. Le cas du coton, avec ses conséquences dévastatrices pour l’alimentation locale, est emblématique de cette tentative d’insertion des pays pauvres sur un marché mondial.
De son côté, l’Europe doit réformer sa PAC et utiliser ses nombreuses compétences agricoles pour appuyer une révolution verte respectueuse de l’environnement que l’on attend depuis si longtemps. Elle doit, comme pour le réchauffement climatique, être à l’initiative.
Pour le monde entier, c’est un gage de paix et de justice sociale. C’est aussi une approche efficace du développement durable que de vouloir concilier les impératifs sociaux et une agriculture qui respecte son environnement.
Face à l’urgence, le syndicalisme doit réagir. Nous demandons, avec la Confédération européenne des syndicats et la Confédération syndicale internationale, un autre type de croissance mondiale qui tienne compte des besoins alimentaires de base des populations les plus démunies. Cette exigence, nous l’adressons aussi aux responsables politiques de notre pays alors que va être débattue la loi qui fait suite au Grenelle de l’environnement et que, dans quelques mois, la France présidera l’Union européenne.
08:25 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, alimentation, matières premières, développement durable, CSI, CES, CFDT
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Que s'est-il passé sur tous ces sujets depuis mai 68 ? Grand événement de la CFDT diffusé sur Public Sénat le mardi 22 avril 2008 : Colloque de la CFDT sur Mai 68. Quarante après, la CFDT revient sur l'héritage de Mai 68 et sur sa place lors des événements. Pour en savoir plus, allez sur www.publicsenat.fr
Ecrit par : Public Sénat | 18.04.2008






