25.02.2008
Gros plan sur le jardin de Sainte Périne
Le jardin de Sainte Périne dans le 16ème arrondissement est un des plus vieux espaces verts parisiens. Il faisait autrefois partie de la résidence de campagne des moines de Sainte-Geneviève, qui occupaient ces terres depuis 1109. Après la Révolution, le domaine, considérablement réduit, échut dans les mains des filles de la comtesse d’Aubusson, qui le cédèrent à l’Assistance Publique en 1858. Aujourd’hui, c’est un très beau jardin à l’anglaise, légèrement en cuvette, doté d’un théâtre de verdure et d’un belvédère. Il est planté d’arbres aux essences variées : platanes, érables, frênes, tilleuls, marronniers, auxquels s’ajoutent un sophora, un mûrier à papier, un cerisier de Sainte-Lucie, un nerprun… Les pelouses y sont libres d’accès et accueillent de nombreuses collections de plantes : iris, dahlias, cléomes, azalées, rhododendrons nains etc…
La totalité des espaces verts protégés sur le site ont une superficie de 50 000m² mais la partie jardin public n’a qu’une superficie de 30 000 m². L’AP-HP projetait d’empiéter sur 4000 m² d’espace vert protégé pour réaliser une opération de 210 logements destinés à son personnel.
En juin 2006, au moment de l’adoption du Plan local d’urbanisme, les Verts se sont opposés au projet de déclassement de cet espace protégé.
Il y aurait dit-on incohérence à demander davantage de logements, et notamment de logements sociaux, et à préserver des espaces verts. Quelle est l’incohérence ?
1) Concernant la programmation d’opération de logements sur les espaces verts, "Les Verts" sont cohérents avec leurs positions antérieures Compte tenu du manque d’espace vert à Paris, il est inconcevable de sacrifier 4000 m² d’espace vert protégé. A Paris, le déficit d’espaces verts est criant. L’UNESCO préconise 10 mètres carrés d’espaces verts par habitant dans les territoires urbanisés. Nous n’en sommes à Paris en moyenne en incluant les bois, en incluant les arbres d’alignement le long des rues, qu’à 2,5 mètres carrés par habitant.
Qui plus est, Paris est une des villes les plus denses du monde. La préservation de ses espaces verts y est fondamentale pour la qualité de vie des Parisiens. Les jardins et les espaces verts protégés doivent être sanctuarisés.
De ce fait, Les Verts se sont mobilisés avec les riverains sous la précédente mandature pour préserver l’intégralité du jardin Villemin, seul jardin du 10e arrondissement, où l’A.P.-H.P. prévoyait des barres d’immeubles de luxe et un bâtiment pour son personnel.
Le personnel finalement, après le succès de cette bataille, a obtenu les parcelles et y compris l’une qui est sur le canal Saint-Martin pour pouvoir réaliser les logements que lui avait promis la direction de l’A.P.
Sous cette mandature, Les Verts se sont mobilisés avec les riverains contre un autre projet de construction sur un jardin de l’O.P.A.C., cité des Frères Flavien. Là encore, le projet a finalement été abandonné et le programme sera réalisé sur une autre parcelle.
2) Sur la priorité à accorder au logement, Les Verts sont cohérents et le resteront.
Sur le développement du logement social, suite aux dépôts de nos vœux et amendements, nous avons obtenu lors du Conseil de Paris de juin 2006 consacré au P.L.U. que la part des logements soit augmentée sur les opérations d’aménagement où la moitié des surfaces programmées sont allouées au bureau et à l’activité. Les amendements de l’Exécutif, en réponse à nos demandes, induisent un gain de 65.000 mètres carrés de logements représentant au moins 800 logements sur ces opérations. Par ailleurs, sur la Z.A.C. "Paris-Rive gauche", 8.000 mètres carrés de logements sociaux gagnés sur des logements libres, soit au moins plus de 100 logements sociaux. Les chiffres sont là.
Les Verts ont permis d’augmenter la part des logements programmés à Paris lors du débat sur le P.L.U.
A cette augmentation du nombre de logements obtenus lors du vote du P.L.U. pourraient en outre être ajoutées les avancées antérieures.
Sur Paris nord-Est, Les Verts, dès le lancement de l’opération, ont demandé un rééquilibrage en faveur du logement. Entre le premier projet et le vote final du P.L.U., grâce aux Verts, la part du logement est passée de 14 %, soit 99.500 mètres carrés, à 30 % après le premier vote du P.L.U., et enfin à 40 % soit 440.000 mètres carrés, ce qui correspond à un gain de 4.260 logements environ par rapport au projet initial.
3) Que dire enfin de l’A.P.-H.P et de son projet de construire sur un espace vert protégé dans le 16e arrondissement alors que, parallèlement, elle vend son patrimoine à tour de bras dans l’arrondissement ?
Sur l’îlot de Sainte-Périne, l’A.P.-H.P. a déjà réalisé de juteuses opérations immobilières. Au 11, rue Wilhem, en bordure du jardin, à quelques dizaines de mètres de la parcelle qu’elle veut aujourd’hui bétonner, elle a ainsi mis en œuvre, avec STIM Batir, une filiale de Bouygues, une opération achevée en 2000 de 42 logements de luxe. En 2000, on fait du luxe et en 2006, on veut faire du social en bétonnant un jardin.
De même, à quelques centaines de mètres de là, rue du Ranelagh, l’A.P.-H.P. a vendu en 2003 un immeuble pour 13,6 millions d’euros. Bref, l’A.P.-H.P., 4e propriétaire foncier parisien, se comporte comme un promoteur spéculateur, tentant par tous les moyens y compris en construisant sur des jardins, de faire fructifier son patrimoine immobilier. L’objectif affiché par la direction de l’A.P.-H.P., fin 2002, était ainsi de céder pour 170 millions d’actifs.
En juillet 2002, avaient déjà été vendus à la COGEDIM les 3,8 hectares de l’hôpital Laennec pour 80 millions d’euros.
Après Laennec, ont été vendus les terrains de Boucicaut pour 65 millions d’euros et les lots de Broussais. L’A.P.-H.P. s’est ainsi ouvertement engagée dans une politique de valorisation foncière ayant pour conséquence de diminuer l’offre hospitalière de proximité à Paris. Politique qui, de plus, ne prend pas en compte la difficulté grandissante pour le personnel hospitalier de se loger à Paris, compte tenu de la flambée du foncier.
Par ailleurs, ainsi que l’a révélé le rapport de la Chambre régionale des comptes de décembre 2005, 26 % des 9.300 lots sociaux appartenant ou réservés à l’A.P.-H.P., soit plus de 2.400 logements - rapport de la Chambre régionale des comptes - sont occupés par des ménages sans lien avec elle.
En juillet 2006, les élus Verts ont proposé un vœu demandant que le Maire de Paris intervienne auprès de l’A.P.-H.P. pour demander que la politique de valorisation foncière menée depuis 2002 soit réorientée dans le sens d’une meilleure prise en compte des besoins des Parisiens en équipement hospitalier et des besoins en logement du personnel de l’A.P.-H.P., que le Maire de Paris intervienne de même pour que le plan de logement du personnel de l’A.P.-H.P. prévoie prioritairement la création de logement dans les immeubles appartenant à l’A.P.-H.P. et refuse par conséquent la construction d’immeubles sur des espaces verts bénéfiques à l’ensemble des Parisiens. Vœu rejeté.
09:00 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Baupin 2008, Paris, municipales, écologie, politique, jardins, espaces verts













Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://christopherieuze.rsfblog.org/trackback/1493450
Écrire un commentaire