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30.11.2007
Carte judiciaire : une réforme oui, mais pas celle-là !
Communiqué de presse des Verts du 28 novembre 2007
Alors que la justice est en crise, comme le révèle l’engorgement des juridictions et des prisons, que notre procédure pénale n’a toujours pas tiré les leçons d’Outreau, que les banlieues n’en peuvent plus, que le budget de la justice française est indigne d’une démocratie, Mme Dati s’attaque à ce qui marche le mieux, les tribunaux d’instance et les petites juridictions.
Derrière l’argument d’une rationalisation souhaitable, il semble que le principal objectif de la réforme soit de transférer les moyens affectés à la justice quotidienne vers les contentieux dits « nobles », et de fragiliser le statut des magistrats du siège, garantie de leur indépendance.
Si une adaptation des structures judiciaires doit certainement être envisagée, au regard des évolutions démographiques et des modes de vie, elle ne peut se faire sans une réflexion globale sur l’organisation judiciaire, et sur la place et le rôle d’une institution qui, dans ses grandes lignes, remontent à Napoléon.
Une double réflexion de fond manque cruellement : autant sur la répartition territoriale des structures judiciaires en fonction de critères géographiques, démographiques, qu’en termes de réorganisation des structures territoriales françaises, largement obsolètes.
À l’heure du réchauffement climatique, la lutte contre les déplacements superflus est une nécessité à prendre en compte parmi ces critères, surtout lorsque ces déplacements - du personnel judiciaire comme des usagers - ne pourront pas être assuré par des moyens de transports collectifs.
Il manque une réflexion sur ce qui doit ou non relever de la justice et de la conciliation, pour que le procès devienne l’ultime recours.
Il manque une législation simple, efficace et compréhensible par tous et toutes. Il manque une procédure pénale moderne à l’instar des autres pays européens, qui libère les juges, les procureurs et les policiers de la politisation outrancière des questions de délinquance et de sécurité.
Dans le but de rapprocher les services de l’Etat, les associations et les citoyens, des points d’informations et de consultations juridiques (comme les PAD et les MJD) doivent prendre leur place dans tous les quartiers de France.
Pour assurer une égalité devant la justice digne d’une démocratie, les Verts estiment que le doublement du budget du ministère de la Justice est une nécessité.
09:25 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, carte judiciaire, réforme, justiciables
29.11.2007
Présidence du CESR Ile-de-France : la CGT refuse l'unité
La nouvelle mandature du CESR d’Ile-de-France s’est ouverte jeudi 22 novembre par l’élection de son Président.
Conformément à la décision du Bureau régional du 12 novembre, la CFDT Ile-de-France a présenté la candidature de Dominique Fabre, Secrétaire régionale et membre de la délégation sortante.
Cette candidature, une première pour la CFDT Ile-de-France, s’inscrit dans la continuité de notre engagement croissant dans l’assemblée consultative régionale et marque notre volonté d’y faire entendre plus encore les positions et les réflexions de la CFDT Ile-de-France sur les grands sujets qui touchent l’ensemble des salariés et des habitants de notre région.
Les candidats se sont présentés au premier tour et ont obtenu :
Jean-Claude Boucherat (Président sortant) pour le MEDEF : 53 voix
Dominique Fabre pour la CFDT : 32 voix
Benoît Quilici pour la CGT : 24 voix
Les 32 voix obtenues par Dominique Fabre montrent que la CFDT est capable de fédérer au-delà du collège syndical parmi les représentants de la société civile, associative et de l’économie sociale.
La logique démocratique aurait voulu que la CGT, arrivée en 3ème position, retire sa candidature au profit de celle de la CFDT.
La CGT a refusé ce choix, s’est maintenue, permettant ainsi au candidat du MEDEF de l’emporter dès le second tour.
Le résultat du premier tour marque néanmoins un véritable souhait d’alternance, exprimé par l’Assemblée, face à un MEDEF qui monopolise la présidence depuis 25 ans.
Il conforte la CFDT dans sa volonté de voir évoluer la représentation du CESR dans un sens plus conforme aux réalités de la société civile francilienne.
Une évolution qui devrait passer nécessairement par une alternance entre les représentants patronaux et ceux des autres composantes.
09:10 Publié dans Institutions | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicalisme, CFDT Ile de France, CESR, territoire, dialogue social
27.11.2007
Pouvoir d’achat, égalité professionnelle : pour les banques AFB , c’est non !
La deuxième réunion annuelle sur les salaires à l'AFB s'est tenue ce lundi 26 novembre.
Comme le laissait présager la première réunion, la délégation patronale de l'AFB (Association Française des Banques) est venue avec "un panier vide", tant pis pour "la ménagère" :
- Aucune augmentation salariale collective
- Petite revalorisation des minimas de 3 %
- Renvoi du bilan de l'évolution des salaires Hommes / Femmes en fin de 1er Semestre 2008 avec hypothétiques mesures à prendre pour niveler l'écart.
L'accord AFB sur l'égalité professionnelle du 15.11.2006 obligeait les signataires à "établir un diagnostic sur la situation comparée des femmes et des hommes en matière de rémunération.
L'objectif était identifier les axes de progrès en matière d'égalité de rémunération au moment des négociations salariales annuelles de branche.
- Rien sur l'évolution de la garantie salariale individuelle
- Rien sur les primes de transport, les carrières ...
En clair, l'AFB se moque de nous. C'est une véritable provocation. Devant ce comportement inacceptable, l'intersyndicale, après une suspension de séance, a fait une déclaration et a quitté la séance en demandant une nouvelle date de négociation.
Communiqué de l’interfédérale CFDT, CFTC, CGT, FO, SNB-CFE-CGC
Pouvoir d’achat, égalité professionnelle : pour les banques, c’est Non !
Suite à la réunion de ce 26 novembre, l’interfédérale constate que l’AFB ne fait aucune proposition d’augmentation générale, ni aucune autre proposition notamment en matière de suppression des écarts salariaux Hommes/Femmes, dans un contexte où les partenaires sociaux sont invités à traiter des questions du pouvoir d’achat et de l’égalité professionnelle.
Les 5 fédérations considèrent que l’AFB ne prend pas ses responsabilités et refuse délibérément tout rôle à la branche.
Devant cette provocation, les 5 fédérations ont quitté la séance et ont demandé une nouvelle date de négociation, renvoyant la délégation patronale face à ses mandants.
09:15 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : AFB, salaires, banques, minimas, égalité professionnelle, négociations
26.11.2007
Les Batignolles, vitrine de la future politique parisienne du logement
LE MONDE | 24.11.07
Aux Batignolles, à l'extrême nord-est de Paris, une forêt de bureaux et de logements devrait sortir de terre à partir de 2010, tissant un lien entre le périphérique et les immeubles haussmanniens du 17e chic. L'aménagement des 40 hectares de cette friche de la SNCF a été officiellement lancé, lundi 12 novembre, par un vote au Conseil de Paris. Autour d'un parc de 10 hectares, de trois écoles et deux crèches, devraient venir vivre et travailler jusqu'à 15 000 personnes, presque autant que la population du 1er arrondissement.
Ce futur éco-quartier carburera aux énergies renouvelables. En plein coeur du territoire de son adversaire UMP aux municipales, Françoise de Panafieu, maire du 17e arrondissement, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, devait faire des Batignolles une vitrine de sa politique. Les logements occuperont plus de 50 % de la superficie de la zone d'aménagement concerté (ZAC), contre 35 % en moyenne dans les grandes opérations de la Ville. Sur 3 500 logements prévus, 1 750 seront privés, 950 sociaux, 800 réservés aux étudiants.
Les Batignolles représenteront ainsi plus d'un tiers des 9 000 logements que la Ville espère construire sous la prochaine mandature dans les 70 grandes opérations d'urbanisme lancées depuis 2001. "Quand nous sommes arrivés, en 2001, la construction était en panne dans tout Paris, raconte Jean-Yves Mano, l'adjoint (PS) de M. Delanoë, chargé du logement. Nous avons ouvert à l'aménagement 10 % du territoire de la ville, soit environ 1 000 hectares."
L'effort financier - "sans précédent", souligne la Ville - pour réaliser des logements sociaux n'a pas pour autant permis de réduire la liste des demandeurs. Dans la capitale, 109 000 personnes sont en attente d'un appartement à loyer modéré, contre 100 000 en 2001. Le maire sortant n'ignore pas l'enjeu que représente la crise du logement pour les municipales de 2008. A droite comme à gauche, l'idée s'impose que la relance de la construction à l'intérieur et à l'extérieur de Paris doit être la priorité.
M. Delanoë a déjà pris le virage. Alors qu'en 2001 16 % des crédits consacrés au logement finançaient des programmes neufs, leur part est passée à 64 % en 2007. Les créations de ZAC, l'achat de terrains privés ou l'aménagement d'enclaves communales ont permis de construire 11 912 logements sociaux entre 2001 et 2007. Soit un tiers des 30 000 logements financés sous la mandature. S'il est réélu, M. Delanoë promet que la part des logements sociaux neufs atteindra 40 % des 6 800 logements qu'il prévoit de financer par an.
POUR LES CLASSES MOYENNES
Candidat des Verts à la mairie de Paris, Denis Baupin vise un objectif plus ambitieux de 9 000 logements sociaux par an, dont environ 3 000 neufs. "La Ville a l'argent et les terrains", plaide René Dutrey, le président du groupe des Verts à Paris. Il suffirait, selon lui, de puiser davantage dans la manne des droits de mutation, qui ont quadruplé en sept ans, et de construire moins de bureaux et plus d'appartements, à loyers vraiment modiques, dans les ZAC notamment, pour répondre à la demande "non satisfaite aujourd'hui des couches populaires".
Françoise de Panafieu estime, à l'inverse, que, pour tarir le flot des demandeurs de logements sociaux, il faut accroître l'offre de loyers intermédiaires pour les classes moyennes, qui ne peuvent plus se loger dans le privé. La candidate UMP propose de construire 4 000 logements neufs par an, dont 1 000 seulement en HLM.
Le PCF, de son côté, propose notamment de s'affranchir de l'interdiction de construire au-delà des 37 mètres de haut, pour créer des immeubles d'habitation sociaux ou privés de 50 mètres (environ 16 étages).
Les élus parisiens s'accordent en revanche sur la nécessité de sortir des frontières de Paris pour résoudre la pénurie de logement. Mme de Panafieu propose de créer un syndicat intercommunal du logement, qui réunirait Paris et les communes alentour. Les socialistes n'y sont pas hostiles. Mais ils craignent d'être accusés de "faire comme Chirac", qui, du temps où il était maire de Paris, "envoyait les pauvres" en banlieue, glisse un élu socialiste parisien.
Béatrice Jérôme
Article paru dans l'édition du 25.11.07.
09:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : logement, Paris, Batignolles, éco-quartier
25.11.2007
PAC : le projet annoncé par la Commission manque encore d’ambition !
Communiqué de presse des Verts
Les Verts ont pris connaissance des premières orientations proposées par la Commission européenne pour la réforme de la Politique agricole commune (PAC).
Ils prennent acte et se félicitent, en premier lieu, des propositions visant à augmenter le volume des aides directes dédiées au développement rural. La volonté de la Commission de réduire les inégalités de subventions par l’écrêtement des plus hauts versements et l’instauration d’un niveau plancher d’aides publiques est également considérée comme une avancée notable. La révision des normes de conditionnalité pourrait également s’avérer intéressante, selon son niveau d’ambition.
Les Verts déplorent toutefois le maintien d’une orientation libérale de la politique agricole, essentiellement basée sur la dérégulation, soumise à l’OMC. La fin des quotas laitiers ou le découplage (dans le cas par exemple des troupeaux allaitants) constituent l’abandon d’outils d’orientation des politiques et des productions agricoles. Les effets - économiques, sociaux et environnementaux - de tels choix, qui structurent les réformes de la PAC depuis 1992, ne semblent pas bien évalués.
La PAC est devenue de fait un assemblage de politiques nationales sans grande cohérence au niveau européen, et dont la juxtaposition entraîne des différences croissantes entre les politiques agricoles des Etats, à l’origine de distorsions de concurrence entre les agriculteurs. Malgré la réforme de 2003, la PAC favorise toujours de manière prioritaire un modèle d’agriculture intensive, concentrée économiquement et géographiquement. L’application de la PAC n’incite pas systématiquement, loin s’en faut, les agriculteurs à des changements de pratiques favorables à l’environnement, la sécurité et la qualité des produits et le bien être animal.
Les propositions de la Commission ne sont pas suffisantes a priori pour permettre pas l’émergence d’une agriculture à haute performance environnementale pourtant souhaitée par la société. Par leur manque d’ambition elles maintiennent les effets négatifs de la PAC : disparition de dizaines de milliers d’exploitations chaque année dans l’UE, concentration des aides sur un nombre restreint d’exploitations, de productions et de régions, impacts déplorables sur la qualité des eaux et sur les pays en développement.
Les Verts rappellent toutefois que le gouvernement français a dès aujourd’hui les moyens de traduire en actes la volonté exprimée par le Président de la République en clôture du Grenelle de l’Environnement. Il suffirait de renforcer ou d’activer certains outils permis par la PAC (conditionnalité des aides, article 69, aide au maintien de l’agriculture biologique...) pour réellement favoriser des pratiques et des modes de production plus respectueux de l’environnement.
11:06 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, agriculture, PAC, Commission, subventions
23.11.2007
Valoriser son parcours militant par la VAE
Lors de la présentation de la formation Management que je suis en train de suivre, il a été question de la difficulté de recruter de nouveaux militants à cause de l'impact qu'un tel engagement pouvait avoir sur une carrière professionnelle.
Je suis alors intervenu pour soutenir le fait qu'au contraire, un parcours syndical bien mené avec des prises de responsabilité et de solides formations pouvait permettre à un syndicaliste d'évoluer sur le plan professionnel plus efficacement.
Ce n'est pas bien sûr systématique et cela dépend du type de responsabilité mais cela existe et ce peut être uargument en matière de syndicalisation.
La CFDT est un syndicat qui prone l'émancipation pour les salariés mais aussi pour ses militants syndicaux.
C'est pourquoi l'Union Régionale Ile de France va lancer le 6 décembre 2007 son propre dispositf de Valorisation des Acquis de l'Expérience (VAE).
Celui-ci sera donc destiné aux militants afin que leurs compérences acquises dans le cadre de leur engagement syndical soient reconnues dans le domaine professionnel.
Cette démarche s'inscrit bien dans l'une des priorités revendicatives de la CFDT : la sécurisation des parcours professionnels dont la VAE est l'un des outils.
La Valorisation des Acquis de l'expérience : qu'est-ce-que c'est ?
C'est la prise en compte des compétences acquises dans une activité, professionnelle ou non, y compris militante, pour l'acquisition d'un titre, d'un diplôme ou d'un Certificat de Qualification Professionnelle.
C'est une voie d'accès à la certification au même titre que la formation (code du travail, code de l'éducation).
Aujourd'hui, il existe environ 15000 titres, diplômes et certificats, répertoriés dans le Répertoire National de Certification Professionnelle (RNCP). Ce répertoire est établi par une Commission Nationale de Certification Professionnelle (CNCP).
Tout organisme délivrant une certification inscrite dans ce répertoire a l'obligation légale de mettre en place une procédure de VAE.
La VAE est ouverte à toute personne quel que soit son statut. La seule condition est d'avoir exercé une activité, professionnelle ou non, en rapport avec le diplôme recherché, pendant au moins trois ans, en continu ou non.
Le candidat doit être volontaire et une validation partielle est valable 5 ans.
Le ou la candidat(e) dépose un dossier composé de deux livrets :
- livret 1 : destiné à vérifier la recevabilité de la demande,
- livret 2 : contient les fiches descriptives des activités et emplois, qui complètent les éléments du livret 1.
Quels sont les détails du dispositif de la CFDT Ile de France ?
Il repose à la fois sur un travail collectif et individuel.
Sur le plan collectif, une 1ère réunion est programmée le 6 décembre 2007 sur les objectifs des candidats, l'expérience professionnelle et militante, les activités exercées et les compétences acquises.
Une 2ème réunion est prévue le 24 janvier 2008 destinée à faire le point de l'avancée des travaux et à choisir le diplôme.
A titre individuel, il y aura des entretiens avec un consultant ainsi qu'un travail personnel de recherche et de formalisation.
09:15 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicalisme, militant, formation, VAE, sécurisation, parcours professionnel, ile de france
22.11.2007
Réformer, mais avec qui ?
Derrière les mobilisations actuelles au sein de la SNCF, de la RATP ou d'EDF, se pose la question du rapport des syndicats aux évolutions de la société et aux réformes conjoncturelles ou de structure que celles-ci appellent. Le problème interpelle les grandes confédérations. Mais il interpelle aussi le pouvoir politique. Réformer, oui, mais avec qui ?
A priori, la volonté de réforme s'applique aujourd'hui à des domaines étendus et variés : le marché de l'emploi, le temps de travail, les régimes de retraite, les revenus sociaux, la gestion du chômage, la formation professionnelle, l'insertion des jeunes dans l'entreprise, la représentation syndicale, la négociation collective, les normes de production du droit du travail, la démocratie sociale... Mais comment penser de telles réformes sans l'apport de partenaires convaincus de leur bien-fondé, prêts à les contester certes mais aussi à contribuer à ce qu'elles prennent vie et surtout pouvant influer en profondeur, de façon quasi hégémonique sur le terrain des rapports sociaux et contractuels ?
En l'occurrence, le pire serait d'être à nouveau confronté à ce qui s'est produit avec le PARE lors de la " Refondation sociale ". D'un côté un Medef ou un gouvernement bien en place, de l'autre des organisations approuvant la réforme mais minoritaires voire isolées, se limitant à l'influence de la CFDT et de la CFTC.
En fait, la faiblesse du réformisme syndical ne découle pas seulement de lointaines traditions culturelles, politiques et sociales liées au passé. Il découle d'un héritage plus récent et qui marque en profondeur, aujourd'hui, l'état du syndicalisme français. Il s'agit des trois échecs du réformisme lors des années 1980-1990. Et ces échecs sont d'autant plus patents qu'ils s'appliquaient déjà à des domaines d'interventions : la modernisation de l'emploi, l'unité syndicale ou... les régimes spéciaux de retraite, qui demeurent toujours d'actualité.
À la recherche du temps perdu ? Dans cette recherche, trois dates comptent plus que d'autres : 1984, 1988, 1995.
1984, c'est tout simplement l'échec des négociations sur la flexibilité, officiellement intitulée : " Négociations sur l'adaptation des conditions d'emploi ". Face à un pouvoir politique qui envisage de réviser l'ordonnance de 1982 sur les contrats de travail à durée déterminée et de statuer sur l'emploi à temps partiel et le " travail choisi ", certaines organisations patronales et syndicales optent pour la négociation collective et une démarche contractuelle. Outre le contrat de travail, le travail intérimaire, les négociations portent aussi sur les mutations technologiques et leurs effets sur l'organisation des entreprises et du travail, la réduction et l'aménagement du temps de travail, les procédures de licenciements, le travail différencié, entre autres. Les échanges durent plusieurs mois et sont souvent vigoureux. L'accord ne verra jamais le jour même sous une forme partielle. Les organisations réformistes d'alors, la CFTC, FO, la CFDT, après de longs débats internes voire des débuts de crises, renoncent à s'engager plus avant. Dans ce contexte une politique contractuelle voulait à la fois s'affirmer face à l'État et impliquer d'authentiques réformes. Elle échoue et une part importante des problèmes abordés alors se retrouvent... toujours aujourd'hui, à l'automne 2007, lors des négociations du " vendredi matin " entre le Medef et les syndicats.
1988 marque la fin d 'une tentative de recomposition syndicale visant à créer un front syndical réformiste. Au début des années 1980, le syndicalisme français demeure très divisé. Malgré la gauche au pouvoir, il s'affaiblit, perdant notamment nombre de ses adhérents. Le pacte d'unité d'action entre la CGT et la CFDT s'est effondré à la fin des années 1970, notamment lors de l'échec du " programme commun de gouvernement " défini par la gauche politique. C'est dans ce contexte que se crée une dynamique à laquelle prennent part à divers degrés, la CFDT, la FEN (de l'époque) et FO alors dirigé par André Bergeron. Il s'agit de tenter un rapprochement entre les grandes organisations réformistes françaises. Pour certains, ces efforts impliquent à terme une transformation radicale du paysage social et des pratiques syndicales. D'un côté, une CGT contestataire et isolée, de l'autre une sorte de " cartel " d'organisations réformistes, majoritaires voire hégémoniques. Mais les différends issus de l'histoire et les divergences d'orientations sociales voire sociétales ou politiques pèseront sur le projet et ne seront pas toujours dépassés. Plus immédiatement, la succession ratée de Bergeron en 1988, la prise de pouvoir de Blondel sur FO, l'orientation contestataire qu'il lui assigne, la scission de la FEN et la naissance d'une FSU très oppositionnelle, mettront fin à la recomposition réformiste du syndicalisme français.
1995 voit l'un des plus importants conflits sociaux que la France ait connus. La grève alors ressemble à s'y méprendre à celle d'aujourd'hui. Elle concerne, on le sait, des projets de réformes de certains régimes spéciaux de retraite. Elle débouche sur d'importants mouvements de grèves notamment à la SNCF où le conflit dure du 24 novembre au 18 décembre et à la RATP. Pour certains, là encore, le " particulier " se lie intimement au " général ". Le conflit sur les régimes de retraite ne concerne pas seulement, ni exclusivement les cheminots et les traminots. Avec Pierre Bourdieu beaucoup signent le 4 décembre 1995 un texte où il est écrit : " en se battant pour leurs droits sociaux, les grévistes se battent pour l'égalité des droits de toutes et de tous : femmes et hommes, jeunes et vieux, chômeurs et salariés, travailleurs à statut, salariés du public et salariés du privé, immigrés et français. C'est le service public, garant d'une égalité et d'une solidarité aujourd'hui malmenées par la quête de la rentabilité à court terme, que les salariés défendent en posant le problème de la Sécurité sociale et des retraites ". À la sortie du conflit, un autre type de recomposition syndicale apparaît. La recomposition d'un front réformiste et déjà loin dans le temps voire dans les esprits. Lui succède, un " conglomérat " d'organisations contestataires voire radicales allant de Sud à la FSU en passant par la CGT ou FO " tendance Blondel ".
Certes, depuis plus d'une dizaine d'années, certaines évolutions ont eu lieu. À divers niveaux, dans l'entreprise ou certaines branches, la négociation collective a pris plus d'importance. Au sein de certaines centrales, de nouvelles orientations sont apparues. Reste que l'héritage des années 1980-1990 façonne toujours le contexte syndical. La CGT tente un " aggiornamento " qui parfois n'est pas évident et qui se heurte souvent aux traditions culturelles ou idéologiques de l'organisation. Force ouvrière rompt avec un certain discours radical mais son discours porte peu. Avec de lointaines traditions historiques, l'héritage des années 1980-1990 explique à sa manière, les difficultés d'adaptation du syndicalisme français. Et ce faisant, l'absence d'un authentique réformisme syndical en mesure d'assurer une réelle hégémonie dans le champ des relations professionnelles, d'influer réellement sur les évolutions de l'économie, de l'entreprise voire de la société et de faire face au pouvoir politique.
D'où une " société syndicale " frappée d'une triple impuissance : celle d'organisations dont la radicalité relève du " ministère du verbe " et qui rêvent de révolution sans jamais oser le dire ni l'avouer ; celle d'organisations qui veulent rompre avec les gangues du passé mais sans toujours y parvenir ; celle d'organisations authentiquement réformistes mais dont les choix demeurent souvent minoritaires ou mal assumés, incompris de beaucoup de militants voire des pouvoirs publics
Guy Groux
Directeur de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof)
Artticle publié sur le site de Telos
09:05 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicats, réformes, emploi, conflit, grève
21.11.2007
le cycle Management : une formation pour les militants de la CFDT en responsabilité
Malgré la grève dans les transports, cette semaine est pour moi entièrement consacrée à la formation syndicale.
En effet, je suis en train de suivre la 1ère session du cycle Management, une formation de 20 jours organisée par l'IREFE l'institut de formation de l'Union Régionale CFDT de l'Ile de France.
Cette formation particulière, répartie en 4 sessions de 5 jours chacune, est destinée à améliorer les compétences des militants qui prennent des responsabilités dans les structures de la CFDT (section syndicale, exécutif de syndicat, d'union départementale ou régionale). Ce module que la CFDT cherche à faire reconnaître dans le cadre d'une valorisation des acquis de l'expérience (VAE) doit aider les stagiaires à mieux prendre en charge leur nouveau mandat.
Cela fait un moment que je pense à suivre ce cycle mais j'hésitais à franchir le pas car dégager 20 jours dans un emploi du temps déjà chargé, ce n'est pas évident.
Le fait d'avoir l'accord de mon syndicat a facilité la prise de décision car faisant partie d'un exécutif qui se met en place, il est nécessaire de mettre tous les atouts de mon côté pour y participer pleinement.
En plus d'un consultant de l'IREFE, l'animation de la formation repose sur des intervenants internes à la CFDT ou sollicités à l'extérieur en fonction de leurs compétences (universitaires, professionnels, spécialistes de la CFDT)
Les thèmes abordées lors de cette formation sont variés car les militants en situation de responsabilité sont confrontés à une multitude de situations.
C'est ainsi qu'il sera question de l'histoire du mouvement ouvrier et de la CFDT, de communication, d'économie, de paysage et de droit social, d'écriture, de prospective, de sociologie etc ... Une formation vraiment éclectique.
Quant à la méthode pédagogique, elle est basée sur des travaux individuels ou en petit groupe, sur des jeux de rôles, sur des études de cas, des apports théoriques et méthodologiques.
Cerise sur le gateau, si je peux m'exprimer ainsi, il sera demandé à la fin de la formation la rédation d'une note de synthèse sur un sujet librement choisi et qui donnera lieu à une soutenance devant le groupe.
En ce qui me concerne, j'ai déjà une petite idée du thème dont j'ai envie de parler mais chut, c'est encore un secret.
Le matin de la journée de lundi a été consacréé à la présentation des enjeux de cette formation par Françoise Lareur, secrétaire générale de la CFDt Ile de France, elle-même une ancienne de l'IREFE.
Elle a notamment expliqué les raisons qui ont conduit l'Union Régionale à mettre en place un tel module qui existe depuis un certain temps. Celui-ci doit répondre avant tout à la nécessité de créer un formation pour les responsables CFDT et combler ainsi un vide dans l'offre de l'IREFE trop tournée sur les formations de bases.
L'après-midi a été consacré à des travaux sur la définition de la responsabilité pour un militant syndical quelque soit la structure dans laquelle il est.
La définition donnée à la fin de ces réflexions est assez juste : un responsable est une personne qui doit remplir un engagement, prendre des décisions à des moments donnés et assumer ses actes.
Le matin d'hier mardi a été l'occasion d'assister à la passionnante intervention de l'historien Franck Georgi maître de conférence à l'université de Paris I et spécialiste du syndicalisme et des questions sociales. Il a écrit sa thèse sur les années 60 et la création de la CFDT.
Sa 1ère intervention a concerné l'histoire du mouvement ouvrier et du syndicalisme tout en comparant le modèle syndical français aux modèles britannique et allemand, ceci afin d'en souligner les différences.
Concernant l'historique du syndicalisme français, il est allé de la révolution française jusqu'à la fameuse charte d'Amiens de 1906 ce qui a permis d'évoquer les influences marxistes et anarchistes qui ont marqué les débuts du syndicalisme en France. La suite sera abordée aux prochaines sessions.
Cette genèse permet de mieux comprendre comment s'articule aujourd'hui les relations sociales et l'importance du poids de l'histoire dans le paysage syndical.
L'après-midi était consacré à la communication et plus particulièrement les relations avec la presseen présence d'Evelyne Blot journaliste.
Cela a commencé par une rapide présentation du métier de journaliste, de l'organisation d'une rédaction, présentation qui a été suivie d'un dévat sur la situation de la presse française.
Le prochain stage sur le sujet mettra à contribution les stagiaires qui travailleront sur un bulletin d'information et sur la rédaction d'un communiqué de presse.
08:18 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicalisme, formation, IREFE, militants, exécutif
20.11.2007
Finances mondiales : des régulations à mettre en œuvre
La Fédération CFDT des banques a participé récemment, dans le cadre d’UNI-finances, à une rencontre avec la commission européenne.
A cette occasion, la CFDT a réclamé l’intervention de l’Europe pour assurer davantage de transparence du secteur financier, s'agissant en particulier des obligations que contractent les entreprises, des cadres réglementaires adaptables et à long terme qui tiennent compte de la capacité d'innovation des acteurs du marché financier, un système mondial de surveillance, un système dans lequel les agences de notation sont elles-mêmes notées.
En effet, la crise financière qui a débuté cet été, et dont l’issue n’est pas encore connue, ne peut qu’interpeller le monde syndical, et le monde syndical des banques en particulier.
D’abord parce qu’à son origine, il y a des salariés pauvres, que des banques ont sciemment surendettés, en leur octroyant des prêts en contrepartie de garanties hypothécaires dont la valeur s’est effondrée.
Cette tendance au surendettement des individus en contrepartie de garanties réelles était un mécanisme tentant, La crise nous interpelle aussi par son mode de propagation : la titrisation. La titrisation est un levier du financement des entreprises. Elle n’est donc pas à condamner d’emblée mais elle a un défaut majeur : elle déplace le risque vers des acteurs inconnus, diffus. C’est bien ce qui s’est produit cet été, les victimes de deuxième rang de la crise sont des « porteurs », petits ou grands, d’OPCVM vendues par… les banques. D’où les interrogations légitimes, des acteurs syndicaux notamment, sur les réelles capacités d’alerte des agences de notation sur ces risques.
Certaines banques européennes sont touchées de plein fouet, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse. Les banques françaises, moins touchées, subissent tout de même des conséquences sur leurs résultats, et continueront d’en subir en 2008, d’où la chute des cours des entreprises bancaires, même en France.
Au bout de la chaine, il y a donc aussi les salariés des banques : ceux de la Northern Rock ou d’UBS sont sévèrement touchés. En France, les conséquences seront, a priori, moins dramatiques, mais des réorganisations ne sont pas à exclure.
07:28 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finances, régulation, titrisation, crise, banques
18.11.2007
Agenda-festival du livre et de la presse d’écologie
Pour la 5ème année, le festival du livre et de la presse d'écologie se tiendra de 11h00 à 19h30 le 18 novembre 2007 au théatre du Trianon dans le 18ème arrondissement de Paris (80 boulevard Rochechouart).
Au programme, des rencontres avec des éditeurs spécialisés dans les questions d'écologie qui viendront présenter leurs oeuvres, avec des auteurs qui dédicaceront leurs ouvrages, des conférences avec notamment Albert Jacquard, les forums des associations et de la presse d'écologie.
Les plus jeunes ne seront pas oubliés :
- une librairie spécialement réservée,
- la remise du Prix Jeunesse du Festival, décerné par un jury d’enfants, qui distingue le livre parlant le mieux, selon eux, d’écologie et d’environnement aux enfants de 9 à 14 ans,
- un stand sur les formations et des métiers de l’environnement avec une table ronde,
- des magazines et des associations qui s’adressent tout particulièrement à la jeunesse,
- un espace avec un atelier de dessins permettant aux parents de visiter le Festival en toute tranquillité.
08:45 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : festival, littérature, médias, écologie





