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30.09.2007
Pénibilité au travail : comment l'évaluer ?
LE MONDE-28 septembre 2007
C'était l'une des contreparties de l'allongement de la durée de cotisation de 37,5 années à 40 ans pour tous les salariés du public et du privé. Parmi les critères de départs anticipés, la réforme des retraites de 2003 a reconnu la pénibilité au travail. Quatre ans plus tard, la négociation s'est enlisée. Patronat et syndicats ne sont pas parvenus à s'entendre sur la définition et la nature des risques, le nombre de personnes concernées et le financement.
"La vérité, c'est qu'il existe des régimes spéciaux de retraite qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et des métiers pénibles qui ne correspondent pas à un régime spécial de retraite" : le 11 septembre à Rennes, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a relancé la controverse pour justifier la remise à plat de la quasi-totalité des régimes particuliers de retraite.
En attendant un allongement du temps d'activité à 41 ans, que le premier ministre a fixé à 2012, la CFDT estime que 500 000 salariés devraient pouvoir bénéficier de départs anticipés en contrepartie de la reconnaissance de la pénibilité de leur travail. La CGT, pour sa part, estime qu'il faut multiplier ce chiffre par trois, pour tenir compte de l'ensemble des activités des secteurs publics et privés.
Comment évaluer la pénibilité d'un métier ?
Un ouvrier a une espérance de vie de cinq à sept ans inférieure à celle d'un cadre ou d'un représentant d'une profession libérale. Cette inégalité persistante recouvre des réalités diverses. Le président de la République a justifié le régime spécial des mineurs et des pêcheurs. Mais la liste est loin d'être établie des activités, professions ou entreprises particulièrement exposées.
Dans un rapport de référence réalisé en 2003 pour le Conseil d'orientation des retraites (COR), Yves Struillou, maître de requêtes au Conseil d'Etat et ancien inspecteur du travail, a dressé une typologie des risques "objectivables" ayant une incidence sur l'espérance de vie. Ce seul critère n'est pas suffisant. Il a aussi pris en compte les symptômes d'usure et d'incapacité qui laissent des séquelles graves sur la santé et altèrent la qualité de vie durant la retraite.
Le travail de nuit, en horaires alternés et postés, reste une des premières causes de vieillissement prématuré. La pénibilité physique, le travail à la chaîne et cadencé, la manutention de charges lourdes provoquent des troubles physiques aux conséquences souvent irréversibles. Enfin, l'exposition à des produits dangereux ou à des substances toxiques est à l'origine de pathologies parfois à retardement, ou de cancers à évolution lente, comme les mésothéliomes provoqués par l'exposition à l'amiante.
Ce critère est-il déjà pris en compte pour certains salariés ?
En 1996, certains chauffeurs routiers, puis les convoyeurs de fonds et les conducteurs de bus ont obtenu de partir à 55 ans. Des accords de cessation anticipée d'activité (CATS) pour des dizaines de milliers de salariés ont été signés depuis 2000 dans 24 branches et près de 150 entreprises pour des départs à 55 ou 57 ans. Avec les pensions d'invalidité, les entreprises ont utilisé ces dispositifs pour accélérer leur restructuration.
Avec des départs à partir de 55 ans, voire de 50 ans, les régimes spéciaux (EDF, GDF, SNCF, RATP) sont menacés. Enfin, l'Etat reconnaît les contraintes de ses propres salariés fonctionnaires affectés à des tâches spécifiques (infirmiers, aides-soignants, pompiers, militaires, policiers, surveillants de prison, égoutiers...), qui bénéficient de départs anticipés.
Quelles sont les divergences entre patronat et syndicats ?
Mercredi 24 septembre, lors de la douzième réunion depuis le 20 février 2005, les syndicats ont enregistré "une évolution" du point de vue des organisations patronales, jusqu'alors réticentes à fixer un "cadre collectif normatif". La nouvelle mouture des propositions patronales reconnaît un droit à cessation anticipée au bout de quarante ans, quand il y a eu trente années d'exposition à des contraintes ayant laissé des traces "identifiables et irréversibles", dûment validées par une commission médicale. Cette approche "personnalisée" inquiète les syndicats, qui attendent toujours l'élaboration de critères précis et surtout les modalités de "réparation du préjudice".
Qui va payer ?
Pour la première fois, les représentants des entreprises ont accepté d'engager, le 13 novembre, une réflexion sur le stress et les conséquences des contraintes psychologiques de l'organisation du travail. La France, il est vrai, doit transposer d'ici à la fin de l'année un accord-cadre européen de 2004 sur ce thème.
Résolus à conclure un accord, les partenaires sociaux sont encore loin de s'entendre sur les modalités de financement des départs : par les entreprises, l'assurance-maladie ou la solidarité nationale. Ce sera une des questions centrales de la révision de la réforme des retraites en 2008.
Michel Delberghe
09:30 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : conditions de travail, pénibilité, négociations, partenaires sociaux, retraites
29.09.2007
Le "chiffre" tue
Communiqué commun du 26 septembre
Vendredi 21 septembre, Chulan Zhang Liu, chinoise résidant en France, est décédée après s’être défenestrée lors d’un contrôle de police boulevard de la Villette à Paris.
Cette mort tragique, qui a été dissimulée tout le week-end, n’est pas un malheureux accident dû au hasard. C’est la cinquième défenestration d’un étranger sans papiers en deux mois. La mort de Madame Zhang Liu est la conséquence d’une politique inutile et dangereuse qui se met en place contre les étrangers en situation irrégulière.
Les lois se multiplient pour fermer toutes les voies à la régularisation, et ôter aux personnes le droit de vivre en famille. On veut imposer des tests ADN à l’usage exclusif des immigrants. On met en place des fichiers classant les personnes selon leur origine ethnique. Le droit d’asile est de plus en plus menacé. Le gouvernement somme les préfets de faire du chiffre et de remplir des quotas d’expulsion. Les rafles se multiplient, les gens n’osent plus sortir, circuler, aller travailler. Les jeunes partent à l’école la peur au ventre. La peur et l’absence de perspective conduisent à des gestes désespérés, qui peuvent se reproduire.
Nous ne pouvons pas admettre cette politique discriminatoire et violente, qui provoque des drames. Combien de morts faudra-t-il pour que s’arrêtent les contrôles, les perquisitions, les arrestations et les expulsions ? La politique du chiffre doit cesser. Les étrangers doivent être accueillis dans le respect des droits fondamentaux de la personne, conformément aux principes de la République et des conventions internationales, ce ne sont ni des délinquants ni des criminels. Les signataires demandent solennellement au ministre de l’immigration de cesser de fixer aux préfets des quotas de reconduite aux frontières, politique du chiffre aux conséquences inévitablement dramatiques.
Signataires :
ACORT-RACORT, ALIF, ATMF, AUTREMONDE, CIMADE, CEDETIM, Coordination des Groupes de femmes Egalité, CSP 11, 19e, CSP Montreuil, FASTI, FCPE, GISTI, LDH, MRAP, RACORT, RESF, UCIJ CFDT, CGT, FSU, SOLIDAIRES, SUD-EDUCATION, UNSA-EDUCATION ALTERNATIVE LIBERTAIRE, LCR, MJS, PCF, PCOF, PS, LES VERTS, Le Maire de Paris
09:25 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : RESF, les Verts, CFDT, sans papiers, régularisation, discriminations
28.09.2007
Manifestations en Birmanie, La CFDT se mobilise
Depuis plusieurs semaines, des milliers de personnes manifestent pacifiquement en Birmanie pour protester contre la hausse du prix de l’essence et ses répercussions sur le coût de la vie.
Malgré les appels au calme lancés au régime par la communauté internationale, la junte a commencé à réprimer les participants, et on compte déjà plusieurs morts et des centaines d’arrestations.
Les forces de l’ordre ont aujourd’hui dispersé les manifestants en menaçant de tirer à vue sur la foule. Il est à craindre que la répression s’intensifie au cours des prochains jours.
La Confédération syndicale internationale (CSI) appelle ses affiliées à maintenir une pression constante et maximale, et à organiser manifestations et rassemblement devant les représentations diplomatiques birmanes à l’étranger.
La CFDT condamne avec la plus grande fermeté les mesures de répression exercées par les militaires à l’encontre des manifestants ne faisant qu’exercer leur droit le plus fondamental à la liberté d’expression et de rassemblement.
Elle se félicite qu’une réunion d’urgence ait eu lieu au Conseil de sécurité sur la situation birmane. Il est néanmoins à déplorer que ses membres n’aient pu s’accorder sur une condamnation ferme et officielle par l’ONU du recours à la force.
La présidence de la France au Conseil de sécurité lui confère une responsabilité particulière. La France doit jouer un rôle de premier plan afin que l’Union européenne s’exprime d’une seule voix. Mais il est également primordial de s’assurer du soutien de la Russie et de la Chine, ainsi que des voisins asiatiques de la Birmanie.
Un courrier a été envoyé en ce sens à Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.
La CFDT a également sollicité le Représentant permanent de la France auprès des Nations unies à New York, et l’Ambassadeur français en Thaïlande, pour recevoir des représentants de la FTUB (Federation of Trade Unions – Burma), syndicat birman en exil et organisation associée à la CSI.
A l’appel de plusieurs ONG (FIDH, RSF, LDH, Info Birmanie), un rassemblement a eu lieu hier en face de l’Ambassade de Birmanie à Paris. La CFDT était représentée à ce rassemblement, en solidarité avec le mouvement de protestation, et pour s’opposer à tout nouvel acte de répression de la part des autorités birmanes.
09:30 Publié dans Liberté d'expression | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Birmanie, droits de l'homme, CSI, CFDT, manifestations
27.09.2007
Retraites : l'Etat se contredit, la dialogue social trinque ?
Difficile en ce moment de se faire une opinion sur la méthode que va employer le gouvernement pour piloter la concertation sur les retraites.
D'un côté, vous avez un Président de la République, s'occupant de tout, qui affirme que tout sujet social fera l'objet d'une négociation préalable entre partenaires sociaux, tout en prévoyant un cadre et calendrier très serrés.
De l'autre côté, il y a un 1er ministre, cherchant à exister, qui n'arrête pas de se mettre à dos les organisations syndicales en annonçant à l'avance des mesures sans aucune concertation.
On peut considérer ce curieux manège de deux façons.
Soit il s'agit d'un grave dysfonctionnement de communication au plus haut somme de l'Etat, soit c'est une subtile distribution de rôles comme dans une série policière avec Sarkozy dans le rôle du bon flic et Fillon dans celui du méchant flic.
Après avoir parlé de service minimum dans l'Education Nationale, imposé les franchises médicales en 2008, le 1er ministre s'attaque maintenant au retraites et notamment à sa propre loi votée en 2003.
C'est ainsi qu'il a indiqué vouloir revoir le dispositif des carrières longues qui autorise les salariés ayant commencé jeune à partir avant 60 ans, une véritable mesure de justice sociale imposée par la CFDT mais jugée trop cher par le 1er ministre.
Or, Fillon ne s'arrête pas et décrète que la durée de cotisations pour percevoir une retraite à taux plein passera l'an prochain à 41 ans, mesure pour lui conforme à la loi de 2003.
La CFDT n'a pas tardé à réagir en indiquant son opposition à toute remise en cause de la mesure sur les départs anticipés qui aura profité à près de 500 000 salariés.
Une position normale étant donné que la CFDT s'est battue en 2003 au cours des 35 réunions de négociations pour faire adopter un dispositif que ni le gouvernement de l'époque, ni les autres syndicats ne voulaient.
Quant à l'augmentation de la durée de cotisation, la CFDT rappelle que la loi prévoit la mise en place en 2008 d'une large concertation afin de faire un point sur la situation des retraites et un bilan de la loi.
Des dispositions ne pourront être négociées et validées qu'à l'issue de cette concertation.
Il est néanmoins intolérable d'entendre dans les propos du chef de gouvernement une volonté de ne pas appliquer les lois votées par le Parlement : un vrai dénie de démocratie.
En tout cas, la CFDT demeure particulièrement méfiante quant aux réelles intentions de l'Etat.
17:00 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : retraites, protection sociale, négociations, dialogue social, syndicalisme, sécurité sociale, paritarisme
26.09.2007
Mobilisation contre les franchises médicales


Elles sont inacceptables parce qu’elles sont injustes. Elles vont pénaliser une fois les plus démunis en rendant plus difficile l’accès aux soins et contribuer ainsi à dégrader l’état de santé de la population.
Elles sont inacceptables parce qu’elles sont maintenant associées à la lutte contre la maladie d’Alzheimer, alors que la lutte contre cette maladie doit être financée, comme la lutte contre toutes les maladies chroniques, par le budget de la santé et non pas par les malades eux-mêmes.
Elles sont inacceptables parce qu’elles ne répondent pas à la crise du système de santé. Cette crise est due à l’augmentation des maladies chroniques et non comme veut le faire croire le gouvernement à l’irresponsabilité des assurés. En effet, 12 % des malades en affections de longue durée représentent 60 % des dépenses. Et le nombre de ces malade a progressé de 74% en 10 ans.
Dans les faits, ce gouvernement montre son incapacité à comprendre que la crise du système de santé est principalement une crise sanitaire.
Myope, il poursuit la fuite en avant en détricotant petit à petit le système d’assurance maladie pour mieux le livrer ensuite aux assurances privées. L’exemple calamiteux des Etats Unis montre pourtant que ce n’est pas la solution.
Pour les Verts, il faut refonder le système de santé en agissant sur les causes environnementales et comportementales des maladies. Il faut passer d’une logique de soins à une logique de santé. Il faut créer un vrai système de santé de proximité et coordonné entre ville et hôpital, qui soit indépendant de l’industrie pharmaceutique.
Les Verts participent au collectif contre les Franchises Médicales et appellent au rassemblement du 29 septembre au Gymnase Japy à Paris.
Communiqué de presse des Verts du 25 septembre 2007
10:00 Publié dans Les Verts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : assurance maladie, protection sociale, sécurité sociale, santé, mutuelles, franchises
25.09.2007
Santé : place au débat
La création d'une nouvelle franchise médicale ne répond à aucun des défis de notre système de soins. Celui-ci a d'abord besoin d'un pilotage cohérent.
Nicolas Sarkozy a ouvert le débat sur le financement de la santé le 18 septembre. En responsabilité, nous y prendrons part. Avec une réserve toutefois, qui ne sera pas une défausse : comment débattre du financement sans échanger d'abord sur les finalités et l'organisation de notre système de santé ?
Nous savons que les besoins de soins vont s'accroître avec l'allongement de l'espérance de vie. Effet de génération, augmentation des pathologies lourdes et dépendance concourront au dynamisme de ces dépenses. Le grand enjeu n'est donc pas leur maîtrise, qu'elle soit médicalisée ou comptable. A l'évidence, cet effort est nécessaire, mais il sera souvent insuffisant. L'enjeu, c'est bien l'organisation de notre système de santé et son accès ouvert à tous. Et cette organisation doit répondre aux défis de la démographie et du progrès médical.
L'annonce de la création d'une nouvelle franchise, à la seule charge des assurés sociaux, ne répond en rien à cet enjeu. Nous ne l'approuvons pas. De surcroît, un tel dispositif à exonérer les professionnels de santé de leurs responsabilités. Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les médecins qui prescrivent les médicaments – responsables de la plus forte progression des dépenses, les actes techniques et soins paramédicaux. Qui pense vraiment que les malades sont les ordonnateurs des dépenses engagées pour les soigner ?
En outre, l'affectation – toute théorique – du produit de ces franchises aux plans cancer et alzheimer introduit un début de rupture dans le principe de solidarité. Dorénavant, ce ne sont plus les bien-portants qui sont solidaires des patients. Ce sont les malades qui paient pour les malades.
Dans le discours du président de la République , nous avons apprécié l'accent mis sur l'importance de l'organisation des soins de ville et l'appel à la responsabilité des acteurs du système de soins. C'est vrai : l'organisation des soins de ville est déterminante. En revanche, nous sommes plus réservés sur l'appel à l'assurance individuelle pour couvrir le risque dépendance, voire opposés si cette solution ne s'inscrivait pas dans une démarche de prise en charge solidaire. Poser le débat ainsi, c'est considérer, dans le champ de la dépendance et peut-être aussi dans celui de la santé, qu'il faut transférer ce qui est pris en charge par la solidarité vers ce qui relève du marché. A la CFDT comme à la Mutualité française, nous posons la question autrement : comment piloter l'articulation entre le régime général et les régimes complémentaires, pour instaurer un parcours de santé enfin digne de ce nom ?
En 2004, le médecin traitant et le dossier médical personnel étaient présentés par les pouvoirs publics comme les piliers du parcours de soins coordonné. Nous étions d'accord. Trois ans après, le dossier médical personnel n'est toujours pas en place et le parcours de soins coordonné n'est plus qu'un parcours tarifaire, qui a ouvert un espace aux dépassements d'honoraires pour les spécialistes de secteur 1.
Le problème, finalement, c'est l'absence d'une politique cohérente d'organisation du système de santé et de prise en charge de ses coûts, visant à assurer à tous l'accès à des soins de qualité. La solution, ce serait de « mettre enfin un pilote dans l'avion ». Rêvons un instant. Imaginons que le malade devienne le centre de toutes les attentions, qu'il puisse recevoir les soins de qualité qui lui sont nécessaires, quelle que soit par ailleurs sa situation sociale. Par exemple, qu'un parcours de santé lui soit garanti, sans redondance d'examens, sans risque de contre-indication médicamenteuse pouvant provoquer des actions iatrogènes, et qu'il puisse bénéficier d'un dépistage périodique qui pourrait éviter des traitements curatifs pénibles et onéreux.
L'Etat et l'assurance-maladie obligatoire ont vocation à mettre en place ce pilotage qui manque aujourd'hui cruellement à notre système de santé. Une franchise de plus ou moins ne pourra jamais en tenir lieu. Manager un système de santé réclame un peu d'humanité, un sens du temps long, un souci constant – osons le mot – de l'intérêt général.
La réorganisation à laquelle nous appelons est une mission de service public. Certes, cette belle notion de service public est mise à mal aujourd'hui par des intérêts catégoriels. Nous pouvons comprendre que des médecins veuillent améliorer leurs revenus. Que des généralistes souhaitent réduire l'écart entre leurs honoraires et ceux de leurs confrères spécialistes. Qu'il soit plus agréable d'exercer près du littoral méditerranéen que dans les régions moins ensoleillées, où le manque de professionnels de santé est patent. Mais nous savons aussi combien nos professionnels de santé sont capables de courage et de hauteur de vue. Les infirmières libérales, par exemple, ont su les premières apporter une réponse positive au problème de leur inégale répartition géographique.
Notre système de santé ne saurait négliger durablement sa fonction : assurer à chacun l'accès de ses soins de qualité, en fonction de ses besoins et non pas de ses moyens. Il est urgent, par delà les intérêts catégoriels, de servir enfin l'intérêt général. A la Mutualité française comme à la CFDT , nous invitons à cette rupture. Et si cette rupture nécessite une coopération plus importante qu'aujourd'hui entre l'assurance-maladie obligatoire et l'assurance-maladie complémentaire, alors favorisons cette coopération pour mieux répondre aux attentes des patients !
Autant nous sommes opposés à l'instauration d'une nouvelle franchise, autant nous sommes prêts à travailler, ensemble et avec toutes les bonnes volontés, à la réorganisation de notre système de santé et de protection sociale.
Tribune de Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française et de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT publiée dans Le Monde - 25 septembre 2007.
10:00 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : assurance maladie, protection sociale, sécurité sociale, CFDT, paritarisme, mutuelles, franchises
24.09.2007
Agenda-Grand Meeting interrégional au Zénith
Dans le cadre de la semaine de mobilisation nationale du 8 au 12 octobre, il s'agira de rendre visibles les positions de la CFDT et peser dans les négociations qui seront en cours.
Ce meeting se tiendra le mercredi 10 octobre de 13h30 à 16h30 au Zénith de Paris avec la participation de François Chérèque.
Il rassemble les militants d'Ile-de-France, du Centre, de la Champagne-Ardenne, du Nord-Pas de Calais, de la Basse Normandie et de la Haute Normandie.
5000 militants sont attendus !
Programme :
14 h 00 – Accueil de l’Union Régionale cfdt Ile-de-France par Françoise Lareur, Secrétaire générale
14 h 15 – Table ronde : Emploi, la situation des salariés et objectifs CFDT, constats, témoignages et débat
15 h 40 – Pouvoir d’achat et emploi : analyse et objectifs CFDT
16 h 00 – Intervention de clôture par François Chérèque, Secrétaire général de la CFDT
13:40 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : meeting, emploi, travail, négociations, interprofessionnel, Ile de France
23.09.2007
La formation syndicale, un atout pour le développement de la CFDT
Ca y est, Le catalogue 2008 des formations de l'IREFE vient de sortir. Au chapitre nouveautés, une plus grande importance accordée au développement syndical.
Mais, me direz vous, qu'est ce que l'IREFE ?
Créé par la CFDT Ile de France, l'IREFE (Institut Régional d'Etudes de Formation et d'Expertises) est un organisme agréé chargé de monter et d'animer des modules de formation destinés non seulement aux représentants du personnel de la CFDT mais aussi des autres syndicats et les non syndiqués.
Cette démarche illustre la volonté de la CFDT de faire de la formation syndicale un axe majeur de son développement tant en nombre d'adhérents que sur le plan de leurs compétences.
Cette politique est aujourd'hui indispensable si nous voulons être en capacité d'assurer nos missions dans un environnement socio-économique en constante évolution.
L'IREFE propose donc un grand nombre de sessions qui couvrent notamment l'ensemble des institutions représentatives du personnel (délégués du personnel, comité d'entreprise, CHSCT, délégué syndical), permet de découvrir les valeurs et le fonctionnement de la CFDT sans oublier des formations plus thématiques comme la pratique de la négociation ou plus ciblées en direction des élus prudhommes.
Elle est aussi capable d'élaborer des formations spécifiques en fonction des besoins des syndicats ou des équipes d'entreprise.
La méthode pédagogique utilisé par l'IREFE repose sur deux principes : une forte interactivité avec les sessionaires pour rendre attrayantes les formations et la co-animation avec la présence d'un militant plus expérimenté aux côtés du formateur.
Impliqué dans les questions de formation dans mon syndicat, j'ai été sollicité pour faire partie de ce réseau.
C'est ainsi que j'ai suivi une formation particulière l'année dernière pour ensuite animer, pour l'instant, deux sessions, l'une sur la découverte de la CFDT et l'autre sur le rôle et les missions du comité d'entreprise.
Ce fut des expériences à la fois enrichissantes et difficiles, enrichissantes car j'ai rencontré des adhérents issus d'un milieu professionnel différent, difficiles car cela m'oblige à être constamment à leur écoute et à laisser de côté mes éventuels préjugés.
De plus, la question du nombre de sessionnaires présents est très importante car elle influe sur la manière de conduire l'animation de la formation.
Etant également militant au sein des Verts Paris, je souhaitais transposer ce système chez les Verts qui manquent cruellement de formation malgré l'existence d'un organisme interne.
C'est pourquoi je me suis présenté en 2006 au Secrétariat Exécutif des Verts Paris pour m'occuper du dossier de la formation et de l'accueil des nouveaux adhérents.
Ce sera éventuellement pour une autre fois car je n'ai pas été élu.
09:05 Publié dans CFDT | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : IREFE, formation syndicale, Ile de France, interprofessionnel, syndicalisation, syndicalisme
22.09.2007
Polémique entre le CE et la DRH de Cortal Consors sur la fête de Noël
Le Comité d'Entreprise a tenu jeudi dernier sa réunion plénière comme chaque mois.
Elle promettait d'être agitée car devait être abordée l'attitude de la direction vis à vis des élus du CE et des décisions qu'ils prennent quant à l'utilisation du budget des oeuvres sociales.
Pour bien comprendre le contexte de la situation, il faut remonter quelques mois en arrière lorsque la direction nous a annoncé la création d'un service dénommé la Conciergerie.
Cela consiste à fournir, via un accueil dédié et une plateforme téléphonique, un ensemble de prestations de proximité aux salariés afin de leur faciliter soi-disant leur existence. Cela va du pressing au lavage de voiture en passant par la réservation d'un restaurant etc ...
La gestion de cette Conciergerie a été externalisée et confiée à la société Accor Services qui a remporté l'appel d'offres.
Ce service est destiné au personnel de Cortal Consors et d'Arval, une autre filiale du groupe BNP Paribas, les deux entreprises occupant le même immeuble à Rueil Malmaison.
Ne reculant devant rien, la direction de Cortal Consors a demandé au CE de participer au financement du projet à hauteur de 8000 €, un projet qui s'est monté sans aucune concertation avec les représentants du personnel.
De plus, il ne faut pas oublier que Cortal Consors est une société largement profitable.
Les élus ont refusé à l'unanimité d'accéder à cette demande et ceci pour deux raisons :
- n'ayant pas été associé à la mise en place, ce n'est pas notre projet, un projet que nous ne considérons pas comme étantsuffisamment porteur
- nous n'avons pas les moyens financiers étant donné que notre budget des oeuvres sociales est totalement absorbé par nos autres prestations qu'il aurait fallu réduire pour la Conciergerie, c'était hors de question.
La direction aurait souhaité que nous ponctionnons les fonds sur notre budget de fonctionnement ce qui illégal.
Leur ultime argument est le fait que le CE d'Arval ait accepté le co-financement, nous avons répondu que ce n'était pas une raison et que le CE était indépendant.
Même si savions que la Direction n'avait pas apprécié particulièrement notre décision, nous pensions que le dossier était clos : nous avions tort.
Tout a commencé par des rumeurs au mois d'août comme quoi la direction allait réduire sa subvention accordée dans le cadre de la fête de Noêl organisée pour les enfants des salariés.
En effet, chaque année, le CE offre des cadeaux aux enfants du personnel mais n'ayant pas les moyens de financer la fête correspondant, c'est la direction qui la subventionne.
Or, celle-ci n'a rien trouvé de mieux que de réduire ce budget du même montant que la somme demandée au CE pour la Conciergerie. C'est ainsi qu'au lieu des 18000 € habituels, le budget ne serait plus que de 10000 € soit quasiment la moitié
Cette décision a été officialisée lors de la réunion du CE d'août en précisant que le budget d'origine serait restauré si le CE revenait sur sa non-participation au financement de la Conciergerie : un véritable chantage !
Etant en vacances au mois d'août, je n'ai pas pu participer aux débats et c'est en lisant le projet de procès-verbal de la réunion que j'ai pris connaissance de la situation.
J'ai donc profité de la réunion de jeudi dernier pour "monter au créneau"et dénoncer l'attitude de la direction qui pratique le chantage vis à vis des partenaires sociaux. Cela consiste également à remettre en cause la légitimité d'une décision souveraine prise par le CE qui est, faut-il le rappeler, une institution indépendante.
Cela augure mal du dialogue social au sein de Cortal Consors, un dialogue social qui reste très fragile à cause d'une direction qui ne pratique pas une politique sociale digne de ce nom, on l'a vu avec les négociations salariales 2007.
Cela est d'autant plus inquiétant que nous devons ouvrir prochainement des négociations sur l'égalité femme/homme puis sur l'emploi des personnes handicapées.
En ce qui concerne la Conciergerie, les chiffres de fréquentation donnés par la direction sont plutôt médiocres puisque seulement 15 % des salariés de Cortal Consors et d'Arval ont utilisé le service, pas de quoi sauter au plafond.
Comme la direction campe sur ses positions, les élus auront à s'interroger sur les suites à donner à cette attitude manifeste de punir le CE.
Etant minoritaire, la CFDT n'a pas la possibilité de faire adopter son point de vue mais nous avons, pour commencer, la possibilité d'alerter les salariés sur les méthodes de la direction : à eux d'ouvrir les yeux et de se mobiliser mais ceci est une autre histoire.
09:35 Publié dans Syndicalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cortal Consors, CE, CFDT, dialogue social, budget, oeuvres sociales
21.09.2007
La CFDT juge inutile et dangereux le nouveau projet de loi sur l'immigration
À l'occasion de l'examen en première lecture à l'Assemblée nationale du projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration et à l'asile, la CFDT tient à affirmer son opposition à ce nouveau texte inutile et dangereux
Ce texte qui a pour objectif de limiter l'immigration familiale va à l'encontre du droit national et international qui garantit la possibilité de vivre en famille pour chacun. Il risque d'orienter vers la clandestinité des migrants qui veulent légitimement rejoindre leurs familles.
Deux amendements risquent encore d'aggraver les conséquences de cette loi pour l'ensemble de la société :
• proposer un test ADN pour prouver le lien familial franchit un seuil inacceptable dans la surenchère législative. Cette disposition remet gravement en cause le droit de la famille qui dans la législation française n'est pas uniquement basé sur le lien biologique de parenté.
• proposer de conduire des études sur la mesure de la diversité ethnique des origines des personnes ne peut s'inscrire dans un projet de loi consacré à la maîtrise de l'immigration sans être assimilé à une démarche d'instauration de quotas entre « bons » et « mauvais » émigrés selon l'origine ethnique.
La CFDT s'adresse aux parlementaires pour les inviter à se saisir de la question de l'immigration sur la base d'un débat responsable et serein dans le respect des principes fondamentaux de la République et des conventions internationales.
Déclaration de Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT
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