09.01.2008
Présidentielles US : Obama, la surprise démocrate ?
Depuis début janvier, la campagne des présidentielles aux USA a changé d’échelle tant du côté des démocrates que des républicains.
Jusqu’à présent, il s’agissait pour les candidats de récolter un maximum d’argent afin de financer leur campagne électorale et surtout leurs spots publicitaires qui vont inonder les écrans télés.
Il s’agit aujourd’hui de la 2ème étape qui consiste en la désignation par les militants et les électeurs des deux camps lors de primaires ou de caucus âprement disputées. Cette élection avec ses débauches d’énergie et les gros moyens déployés n’a rien à envier au big scrutin de novembre.
Un système électoral compliqué
Pour obtenir le droit de représenter les démocrates ou les républicains, le candidat doit obtenir une majorité de délégués dans les 50 états. Ces derniers sont désignés par les électeurs en fonction de leur couleur politique ou de leurs affinités.
Le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de délégués est désigné de façon formelle lors de la convention du parti lors d’un grand show médiatique qui fait le bonheur financier de la ville qui doit l’organiser.
On arrive ensuite à la 3ème phase avec le véritable vote de la population, une élection en fait indirecte. Dans chaque état, ce sont des grands électeurs dont le nombre est calculé en fonction de l’importance de la population qui élise à la fin le président.
Suite au vote des citoyens, le candidat arrivé en tête remporte tous les électeurs (pas de place pour une proportionnelle)
Ce système totalement différent de celui que nous connaissons en France ne permet forcément l’expression d’un vote pleinement démocratique.
C’est ainsi qu’en 2000, Al Gore, le candidat démocrate, avait devancé en nombre de voix, Georges Bush, le candidat républicain. Or, le recomptage des bulletins de vote en Floride accompagné de gros soupçons de fraude a permis à Bush de remporter la victoire finale grâce à un nombre plus important de grands électeurs.
Depuis, des enquêtes, dont celle de Michael Moore, ont mis en lumière les magouilles des républicains et le fait que c’est finalement Al Gore qui aurait gagné si le recomptage avait été mené à son terme : la démocratie aux USA mis à mal ! Avec les conséquences que l'on sait.
Les principaux candidats démocrates
- Hillary Clinton : 60 ans, sénatrice de l’état de New-York, femme de Bill Clinton président des USA de 1993 à 2000.
Atouts : incarne les années fastes Clinton, grosse expérience politique, soutien des femmes
Faiblesses : une certaine froideur, de trop s’appuyer sur son mari, a voté en faveur de la guerre en Irak
- Barack Obama : 46 ans, sénateur de l’état de l’Illinois, avocat, ancien travailleur social à Chicago
Atouts : jeunesse, charisme, renouvellement, n’a pas voté pour l’invasion de l’Irak, sa candidature rappelle celle de John Fitzgerald Kennedy.
Faiblesses : inexpérience politique et internationale, manque de précision dans son discours, le fait d’être métis pourrait le pénaliser dans une Amérique encore marqué par le racisme et les discriminations.
- John Edwards : 54 ans, ancien sénateur de l’état de Caroline du Nord, avocat, co-listier de John Kerry lors des élections de 2004.
Atouts : discours plus à gauche (selon les standards américains) susceptible de séduire les classes moyennes et populaires, correspond à la fameuse « règle » qui affirme qu’un candidat démocrate ne peut gagner que s’il est originaire d’un état du sud (Clinton vient de l’Arkansas, Jimmy Carter de Georgie mais Kennedy venait du Massachussets et Franklin D.Roosevelt de New-York).
Faiblesses : a perdu les élections de 2004, rhétorique parfois populiste, décalage entre sa situation financière très aisée et son discours en faveur des plus pauvres, faible expérience internationale, ne siège plus au Sénat.
Obama crée la surprise dans l’Iowa
L’Iowa est le 1er état à organiser son caucus, c’est un état rural du Middle West dont la population est blanche à 95 %.
Alors qu’il était en retard dans les derniers sondages, Obama a finalement remporté le vote avec 37,6 % des voix devançant Edwards (29,7 %) et Hillary Clinton (29,5%)
La surprise vient non pas seulement de l’écart entre Obama et les autres candidats mais aussi de l’humiliante 3ème place d’Hillary Clinton alors qu’elle était en tête dans les enquêtes d’opinion.
Les électeurs démocrates de l’Iowa ont donc privilégié la jeunesse, le renouvellement à l’expérience. Ils ont ainsi montré leur grande soif de changement pour enfin en terminer avec les années catastrophiques de Bush.
De plus, les femmes, un traditionnel soutien de Clinton, ont cette fois-ci voté majoritairement pour Obama.
La couleur de peau du sénateur de l’Illinois n’a pas été finalement été un handicap dans un état peuplé majoritairement de blancs : un signe des temps ? Seules les primaires suivantes permettront de dire si le clivage racial est réellement dépassé sachant que ce n’est qu’une étape avant le scrutin de novembre au cours duquel il faudra convaincre l’ensemble du pays.
Or, les résultats de l’Iowa semblent avoir déclenché un dynamique pour Obama car celui-ci est maintenant en tête dans les sondages pour les primaires du New Hampshire qui auront lieu le 8 janvier.
Beaucoup de spécialistes pensent que si Clinton ne remporte pas le New Hampshire, elle peut dire adieu à sa candidature car l’élan créé par Obama fera irrésistiblement boule de neige.
Ce que je peux espérer est que les démocrates présentent le meilleur candidat possible pour battre les républicains en novembre.
Il faut mettre un terme à la politique néfaste du camp de Georges Bush qui a totalement discrédité les USA et plongé une part croissante de ses habitants dans la précarité et la pauvreté.
09:10 Publié dans Amérique anglophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : USA, présidentielles, primaires, Iowa, démocrates, Obama, Clinton





