03.07.2009

Retour sur le congrès de la CFDT Ile de France

1024284887.jpgComme je l’avais annoncé dans un billet précédent, j’ai participé la semaine dernière au 53ème congrès de la CFDT Ile de France qui se tenait à Conflans Sainte Honorine dans les Yvelines.

Organisé tous les 4 ans, le congrès est l’occasion pour les syndicats de donner son avis sur le travail réalisé par l’exécutif au cours de la mandature passée. Il s’agit ensuite de débattre des orientations politiques à venir et d’élire les instances qui seront chargées de les mettre en œuvre.

Après avoir été accueillis par le maire de Conflans et la secrétaire de la CFDT des Yvelines, nous sommes entrés, le 1er jour, dans le vif du sujet avec la présentation du rapport d’activité par la secrétaire de la CFDT Ile de France en poste avant la tenue du congrès. Le rapport d’activité est un document qui relate toutes les actions entreprises par l’union régionale et les unions départementales entre le dernier congrès de 2005 d’Issy Les Moulineaux et celui de cette année. C’est un travail de fourmi car l’Ile de France est, pour la CFDT, la région la plus importante en nombre d’adhérents (environ 96000) et la 1ère au regard de son poids économique. De nombreux sujets sont abordés, tant structurel que conjoncturels : la formation syndicale, la syndicalisation, les transports, le logement, l’aménagement du territoire, les institutions régionales, les élections prud’homales etc. Un panorama complet qui traduit la grande diversité de l’action interprofessionnelle de la CFDT Ile de France ainsi que l’importance de son réseau de militants.

Après ce tout d’horizon de l’activité passée, les syndicats qui le souhaitaient sont montés à la tribune pour faire le point sur leur propre situation et, plus important, pour indiquer s’ils vont approuver, via un vote, le rapport d’activité.

Même si c’est un passage obligé et traditionnel, c’est toujours un moment que j’apprécie dans les congrès car il permet de savoir ce qui s’est passé dans les autres syndicats et de voir comment ils jugent la situation. Le syndicat des Banques Ile de France, mon syndicat, a fait partie des intervenants en évoquant bien sûr la crise économique actuelle et ses conséquences pour les salariés du secteur bancaire. Nous avons également mis en avant nos bonnes relations avec l’union régionale qui nous a apporté une aide précieuse dans notre processus de restructuration entrepris depuis juin 2007. Pour conclure notre intervention, nous avons fait part de notre volonté de participer aux futurs débats sur la structuration de la CFDT, débats qui vont s’engager dans l’ensemble de l’organisation depuis la diffusion du rapport confédéral « Osons le changement ».

La suite de ce 1er jour a été consacrée à des débats entre les congressistes et François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT. Ce dernier avait décidé d’être présent tout au long de la 1ère journée afin d’écouter ce que les syndicats avaient à dire. J’ai trouvé les débats particulièrement intéressants grâce notamment à un François Chérèque en grande forme et à des débatteurs posant des questions de fonds : représentativité, travail du dimanche, Responsabilité Sociale des Entreprises etc. J’ai particulièrement apprécié le regard positif porté par François Chérèque sur le projet porté par Europe Ecologie lors des élections européennes. Ce fut pour moi sa meilleure prestation à laquelle j’ai assisté.

Après la réponse de la secrétaire générale de la CFDT Ile de France aux syndicats intervenants, ces derniers ont commencé à voter le matin du 2ème jour en donnant tout d’abord un avis très largement favorable au rapport d’activité avec 85,97 % des mandats.

Dès que le président du Conseil Economique et Social Régional ait terminé son allocution, l’élection du Bureau Régional, l’instance politique de l’union régionale, avait lieu. Je fus partie prenante du processus en étant membre du bureau de vote chargé de superviser les opérations y compris le dépouillement. Les syndicats devaient se prononcer sur 34 candidats et candidates répartis en 3 collèges : le 1er au titre du Bureau Régional sortant, le 2ème au titre des unions départementales et le 3ème au titre des syndicats. Tous les candidats furent élus sans problème et il est important de signaler que les femmes sont majoritaires au sein du nouveau Bureau avec 19 membres contre 15 pour les hommes : un progrès notable pour la mixité.

L’après-midi de cette 2ème journée fut consacré à de nouveaux débats portant cette fois-ci sur l’Europe face à la crise avec la participation de Jacques Delors, ancien président de la commission européennes et de Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT. Jacques Delors a particulièrement insisté sur le manque de coopération des états surtout dans la lutte contre la crise économique. Cela a pour conséquence néfaste l’impossibilité pour le fédéralisme européen de se développer.

De son côté, Gaby Bonnand a mis l’accent sur la nécessité d’approfondir la construction sociale de l’Europe tout en s’interrogeant sur le rôle du syndicalisme européen à travers la CES (Confédération Européenne des Syndicats) qui semble se cantonner à du lobbying.

Comme la veille avec François Chérèque, ce fut un débat de qualité avec un Jacques Delors toujours bon pied, bon œil à près de 84 ans.

La fin de la journée nous a permis d’écouter l’intervention de Jean-Paul Huchon, président du Conseil Régional d’Ile de France. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler encore une fois qu’il avait crée un syndicat CFDT au sein de l’ENA lorsqu’il était étudiant. Il a ensuite évoqué l’action du Conseil Régional et les difficultés rencontrés face au désengagement de l’Etat sur certains dossiers comme les transports. Il a également évoqué la convention tripartite passée avec les partenaires sociaux, l’Etat et la région afin de lutter contre les conséquences de la crise sur l’emploi, un modèle de dialogue social territorial soutenu d’ailleurs par la CFDT.

Le projet de résolution nous a occupé la plus grande partie du dernier jour du congrès. Le texte présenté à ce 53ème congrès était particulièrement complet. Il abordait plusieurs thèmes mais le plus important était certainement la mise en œuvre de la sécurisation des parcours des salariés en Ile de France. Si les syndicats en sont d’accord, ce sujet sera au centre du projet politique de la CFDT qui tournera bien sûr autour de l’emploi mais aussi à la vie hors travail comme le logement, les services publics, les transports, des éléments essentiels pour sécuriser les salariés. Les 2 autres dossiers qui seront pris en compte dans la prochaine mandature concernent le développement durable et le développement syndical de la CFDT. De plus, la CFDT Ile de France veut se positionner encore plus comme un soutien des syndicats et des sections syndicales.

Les syndicats avaient d’abord à voter sur plusieurs amendements au texte censé correspondre aux orientations de l’union régionale pour les 4 ans à venir. Le principe est que l’équipe dirigeante en place propose un projet que les syndicats peuvent modifier à travers des amendements qui peuvent être refusés, intégrés ou proposés au débat lors du congrès.

Les 6 amendements retenus portaient sur les sujets suivants :

-          le développement syndical et la question de la fidélisation

-          la sécurisation des parcours professionnels

-          le travail de nuit et le travail du dimanche

-          l’étalement urbain et la densification de l’habitat

-          le développement syndical et les services aux adhérents

Je ne rentrerai pas dans les détails mais cette liste dénote une volonté de débattre sur des thèmes importants pour la CFDT Ile de France touchant à la fois l’actualité immédiate et l’activité normale.

Le projet de résolution fut finalement voté à une large majorité avec 88 % des mandats.

Au final, ce congrès fut très bien organisé, surtout pour les repas, et s’est déroulé dans une très bonne ambiance. Les débats ont été de grande qualité à l’image de ce qui se passe dans une CFDT cohérente et désireuse d’avancer.

Il s’agit maintenant de travailler pendant les 4 prochaines années afin de faire progresser les droits des salariés en Ile de France et de renforcer la CFDT sur le territoire francilien.

27.06.2009

Agenda-Marche des Fiertés à Paris le 27 juin 2009

615301279.jpgSi vous aimez à la fois faire la fête, vous engagez pour l'égalité des droits et contre l'homophobie, je vous invite à participer à la traditionnelle Marche des Fiertés qui aura lieu aujourd'hui à partir de 14h00. Elle partira de la place Montparnasse pour se rendre à la place de la Bastille.

Contrairement aux années précédentes, je ne ferai pas partie, au nom des Verts, du service d'ordre chargé de la protection du carré de tête qui sera placé en début de cortège. Ce service d'ordre sert d'ailleurs plutôt à canaliser des journalistes parfois trop pressants que protéger les personnalités de personnes mal intentionnées.

Cette fois-ci, je serai présent comme simple participants désireux de manifester ma solidarité avec des citoyens et des citoyennes venus réaffirmer leur droit à l'égalité, leur droit à vivre comme ils l'entendent au sein d'une société censée être démocratique. Il s'agit pour moi d'un acte militant contre les discriminations.

La Marche des Fiertés est l'occasion également de vivre un moment festif en musique avec des dizaines de milliers de personnes réunies pour les mêmes causes : la fête et la liberté. Si vous n'avez pas de rendez-vous particulier, je vous conseille d'accompagner le char de la CFDT Ile de France qui participe régulièrement à la Marche dans la cadre de son combat contre l'homophobie dans le monde du travail. Sauf erreur de ma part, il devrait être situé en 26ème position dans le cortège.

- Pour information, ci-joint le communiqué de presse d'Anousheh Karvar secrétaire nationale de la CFDT :

Pour la 7ème année consécutive, la CFDT participera à la marche parisienne avec le char de la CFDT Ile-de-France, et aux côtés des fédérations des Services, du Sgen et de la F3C.

La Confédération sera représentée par Anousheh Karvar, secrétaire nationale.
 
La CFDT est également présente dans plusieurs des marches organisées en province. Cette présence témoigne de l’engagement de la CFDT dans la lutte contre toutes les formes de discriminations, en premier lieu en matière d’accès à l’emploi et d’évolution professionnelle. La lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en fait pleinement partie.
 
C’est pourquoi elle se retrouve complètement dans le mot d’ordre de cette Marche 2009 « 1969-2009 : fière(s) de nos luttes, à quand l’égalité réelle ? ».
 
Dans plusieurs secteurs professionnels, la CFDT mène des actions concrètes, notamment en partenariat avec des associations comme « SOS Homophobie », « Homo-Boulot » et « L'autre Cercle ». L'objectif de cette collaboration est d’agir pour l'égalité des droits dans l'entreprise, la sensibilisation des acteurs et la formation.
 
Rappelons que la CFDT s’est associée, dans le cadre de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai dernier, à l’appel du comité IDAHO (International Day Against Homophobia & transphobia) adressé aux Nations Unies « refusons la transphobie, respectons l’identité de genre ».
- Voici le communiqué de l'Inter LGBT rédigé sur l'évènement :
Quarante ans après Stonewall, un demi-million de personnes sont attendues demain, samedi 27 juin, pour une nouvelle édition de la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Cette année encore, la Marche promet d’être tout autant festive que revendicative. Reposant à 100% sur le bénévolat, non subventionnée, peu sponsorisée, cette marche s’inscrit dans une histoire des luttes que nous revendiquons pleinement.

Avec pour mot d’ordre « 1969 – 2009 : Fier-e-s de nos luttes, à quand l’égalité réelle ? », l’Inter-LGBT consciente de ce que les lesbiennes, les trans, les bis, et les gais doivent aux mouvements féministes et aux luttes des lesbiennes et des trans, fière de cette histoire collective, souhaite attirer l’attention sur la nécessité de faire avancer l’égalité des droits pour les LGBT, mais aussi s’adresser à la société tout entière pour mieux faire connaître le vécu des lesbiennes, des transsexuel-le-s et des homosexuels dans la France d’aujourd’hui. Elle souhaite aussi rappeler que dans 75 pays encore, homosexualité et transidentité sont pénalisées, voire, pour cinq d’entre-eux, punies de mort. Enfin, les trois minutes de silence observées par l’ensemble de la marche à 16h30, en hommage aux victimes du SIDA et à leurs proches, sont aussi le vecteur d’une nécessaire prise de conscience que l’épidémie n’est pas terminée, loin s’en faut. Avec un tiers des nouvelles contaminations en France, les gays restent particulièrement affectés.

La présence à la Marche des Fiertés LGBT de Liza MINELLI qui, à l’occasion de son passage à Paris au Palais des Congrès pendant sa tournée européenne, a souhaité être à nos côtés pour assurer de son soutien nos luttes pour l’égalité des droits et contre les discriminations est pour nous un grand honneur et un grand bonheur, qui nous va droit au cœur. Après les prises de parole associatives qui commencent à 13h30, elle fera un discours à 14h sur le podium situé place du 18 juin 40, et annoncera le départ du cortège.

Dans la nuit du du 27 au 28 juin 1969, à New York, dans un bar homosexuel du Greenwich Village, The Stonewall Inn, une émeute éclata entre les forces de police et la clientèle du bar, composée de gays et de drag-queens.

Ces émeutes et leurs commémorations annuelles suivantes marquèrent une étape importante en matière de symbole de l’émancipation des homosexuels, des lesbiennes et des transsexuel-le-s. Elles sont précurseur de ce qui deviendra la gay pride (fierté gay), puis la lesbian and gay pride, et en France la Marche des Fiertés LGBT. C’est en hommage à cette émeute que de nombreuses marches des fiertés LGBT dans le monde ont lieu le dernier week-end de juin. En France, parallèlement, à la fin des années soixante, les luttes féministes inclurent très vite les combats contre l’homophobie et la lesbophobie et les féministes, lesbiennes ou non, furent aux avant postes des luttes LGBT.

La lutte contre les discriminations nécessite la lutte contre les préjugés. Combien d’hommes, de femmes hésitent à faire connaître leur homosexualité dans leur environnement familial, professionnel ou au sein de leurs activités de loisirs ? Comment les lesbiennes, les transsexuel-le-s, les bisexuel-le-s, les homosexuels sont-ils perçus dans l’espace social ? Comment vivre son homosexualité ou sa transidentité sans risquer d’être agressé ? Le mal-être d’une partie des LGBT dans leur quotidien, dû aux agressions ou à la stigmatisation dont ils font l’objet, témoigne de la nécessité de lutter toujours et encore contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie ou la transphobie.

Malgré un gouvernement qui refuse le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, refus revendiqué par Nicolas SARKOZY pendant sa campagne pour les présidentielles, l’Inter-LGBT maintient la pression pour faire avancer les droits des LGBT jusqu’à l’égalité. Le gouvernement, appuyé par la majorité présidentielle, acceptera-t-il d’enfin de reconnaître la réalité sociale de nombreuses familles homoparentales, pour leur donner la sécurité juridique qu’elles méritent ? L’avant-projet de loi d’un statut du tiers ressortira-t-il des tiroirs de la commission parlementaire Léonetti, que l’Inter-LGBT a rencontré hier et, si oui, y maintiendra-t-il les avancées que nous avions soulignées ? Les revendications fortes des trans, après l’annonce saluée de déclassification de la transsexualité des maladies mentales, seront-elles entendues, qu’il s’agisse de l’accès au changement d’état civil sans nécessité de réassignation sexuelle chirurgicale obligatoire ou d’un accès facilité à un parcours de soin où les personnes prennent toute leur place ?

Même si le gouvernement vient d’accomplir un geste fort pour l’égalité , que l’Inter-LGBT salue avec vigueur pour l’avoir porté à de nombreuses reprises et encore récemment auprès des pouvoirs publics, en accordant enfin la transmission du capital décès dans la fonction publique d’Etat et hospitalière, à l’instar de ce qui se fait déjà dans le régime général et la fonction publique territoriale, la revendication d’égalité subsiste en matière de pension de réversion, de congés pour événements familiaux, de signature en mairie et d’acquisition de la nationalité, mise à égalité promise par Nicola SARKOZY pendant sa campagne pour les élections présidentielles ?

Pendant cette campagne, Nicolas SARKOZY avait également déclaré : « si vous êtes persécuté pour votre orientation sexuelle, vous devez pouvoir bénéficier du droit d’asile », et il ajoutait : « les critères de l’OFPRA doivent donc pouvoir évoluer sur ce point ». Il concluait « Être persécuté en raison de sa sexualité, c’est choquant et inadmissible. La France doit faire sienne cette position chaque fois qu’un homosexuel est martyrisé parce qu’il est homosexuel ».

La réalité française est plus crue, et à l’heure où est écrit ce communiqué, des personnes sont en centre de rétention administrative et s’apprête à subir une expulsion contrainte, vers des pays où l’homosexualité et la transidentité sont punies. Il est temps que cesse ce scandale !

L’Inter-LGBT tient pour feuille de route les engagements de Nicolas Sarkozy, candidat en 2007 devenu Président de la République. Ceux-ci arrivent au compte-goutte. Il est temps d’accélérer le mouvement.

25.06.2009

Les contradictions du Président de la République

693804197.jpgSuite à la loi du 23 juillet 2008 réformant la Constitution de la 5ème république, le Président de la République s'est exprimé pour la 1ère fois lundi dernier devant l'Assemblée Nationale et le Sénat réunis en congrès à Versailles.

L'objectif de cette conférence de presse à 300000 €, selon l'expression de la députée verte Martine Billard, était d'insuffler une nouvelle dynamique à l'action de l'omniprésident Sarkozy alors que nous connaissons la crise la plus grave de notre histoire. Il s'agissait en fait de copier sur les USA et son président qui chaque année se retrouve devant les députés et les sénateurs pour le discours de l'état de l'Union. La grande différence entre les 2 pays est contrairement à la France, les Etats-Unis ont accordé des contre-pouvoirs beaucoup plus puissants aux parlementaires afin de rééquilibrer la présidentialisation du régime.

Alors que nos élus étaient privés de débats, pour une grande première, le discours de Sarkozy se révéla être un coup d'épée dans l'eau. Le président s'est effectivement contenté de délivrer un catalogue de mesures pour la plupart déjà plus ou moins connues. La seule grande nouveauté fut d'annoncer la mis en place d'un emprunt national destiné à mieux combattre les effets de la crise actuelle. Cette proposition donne vraiment l'impression que Nicolas Sarkozy n'est pas en phase avec les attentes et les inquiétudes des français face à une crise économique dont on ne voit toujours pas la fin. Ce n'est pas la 1ère fois que les pouvoirs publics font appel à l'épargne publique pour faire face à des situations particulières mais il faut avoir bien conscience que ce genre d'opération creuse encore plus une dette déjà colossale. Personne n'a oublié, par exemple, les effets de l'emprunt Balladur sur les finances publiques. Ce genre de mesure est totalement incohérente car elle va grever encore plus l'avenir des futures générations alors que des marges de manoeuvre existent à condition de supprimer l'injuste bouclier fiscal et l'inefficace defiscalisation des heures supplémentaires. De plus, la crise actuelle a démontré la nécessité de mettre en place des réponses coordonnées à l'échelle de l'Europe alors que les plans de relance se cantonnet aux états. Par conséquent, c'est l'Union Européenne qui devrait contracter cet emprunt dans le cadre d'un budget véritablement européen et non pas constitué de l'addition des budgets des nations.

Autre fait marquant dans les déclarations du Président, c'est l'absence totalement d'engagements vis à vis de l'urgence écologique alors que le Grenelle de l'environnement a de plus en plus de mal à exister. Cette lacune est d'autant plus inadmissible qu'elle est totalement contraire aux préoccupations des citoyens qui se sont exprimés lors des dernières élections européennes.

Pour conclure, cette initiative n'a été qu'une énième opération de communication et qui en plus discrédite un Parlement réduit au silence.

Ci-joint l'éditorial de François Chérèque qui sera publié dans le prochain numéro de Syndicalisme Hebdo, le magazine de la CFDT à destination de ses militants :

Devant les parlementaires réunis en congrès, le président de la République s’est employé à délivrer un discours solennel de politique générale aux accents volontaristes cherchant à donner une vision de la France de demain. De ce fait, il n’a pas parlé de la France d’aujourd’hui. Celle où, dans des bassins d’emplois ou des secteurs d’activité sinistrés, les salariés subissent la crise de plein fouet et attendent des mesures concrètes pour améliorer leur situation. Le lancement d’un emprunt national est la seule annonce d’un discours empreint de contradictions. Ainsi, le président déclare ne pas vouloir transmettre la dette aux générations futures ni augmenter les impôts. Mais un emprunt supplémentaire n'estrien d'autre qu’une nouvelle et future dette. Il dit aussi vouloir s’attaquer aux niches sociales. Mais il ne touche pas à la plus injuste d’entre elles, le bouclier fiscal, qui exonère les plus hauts revenus d’une partie du financement de la protection sociale. On ne peut pas vouloir remettre en cause les inégalités et ne pas supprimer celle-là.

Nicolas Sarkozy dit vouloir accentuer la maîtrise des dépenses de santé alors qu’intervient cette semaine le vote définitif par le Parlement de la loi Hôpital, patients, santé et territoire qui, justement, ne répond pas à cet objectif. Par exemple, la liberté d’installation des médecins n’est pas touchée, alors que certaines régions sont désertées par les praticiens, ce qui désorganise le système de santé et génère des dépenses supplémentaires. Comment, par ailleurs, trouver une cohérence entre la dénonciation du «rationnement aveugle» des dépenses publiques et l’objectif réaffirmé du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux? S’agissant de la question des retraites, on notera au passage une avancée du calendrier avec une réforme globale en 2010.Mais, nous l’avons dit et nous le répétons, on ne pourra pas aborder cette réforme sans avancer au préalable sur les questions de la pénibilité au travail et de l’emploi des seniors que l'on exclut actuellement des entreprises par milliers.

Enfin, la CFDT ne peut qu’approuver que tout licencié économique puisse, pendant un an, conserver son salaire et recevoir une formation. C’est bien pour répondre à cette exigence que nous avons demandé et obtenu la création du Fiso (Fonds d’investissement social) qui doit être alimenté à la hauteur de ce qu’exige la situation. Mais en se limitant aux seuls licenciés économiques, on laisse sans réponse la question des intérimaires et des CDD qui ont, les premiers, fait les frais de la crise.

Le 1er juillet, Nicolas Sarkozy reçoit les partenaires sociaux pour faire le point sur les mesures mises en œuvre durant ce premier semestre de l’année. Nous lui réaffirmerons notre détermination à obtenir les moyens d’accompagner les plus vulnérables face à la crise, en particulier les 650000 jeunes qui vont arriver en septembre sur le marché du travail.

 

 

23.06.2009

Agenda-53ème Congrès de la CFDT Ile de France du 23 au 25 juin 2009

2112564440.jpgEn tant que membre de l’exécutif du syndicat CFDT des Banques Ile de France, je serai amené au cours des moins prochains à participer à plusieurs congrès de la CFDT.

Moment très important dans la vie d’une organisation, un congrès est l’occasion de débattre pour élaborer un projet et de désigner les hommes et les femmes qui auront à la porter.

La structuration de la CFDT repose sur 2 types d’organisations :

-          les fédérations qui traitent des questions nationales sur un secteur d’activité déterminé,

-          les unions régionales interprofessionnelles (URI) qui traitent des sujets transversaux touchant l’ensemble des branches professionnelles sur une région

La Confédération chapeaute l’ensemble pour tout sujet interprofessionnel à l’échelon national.

Tous les syndicats locaux sont rattachés à une fédération et à une union régionale. C’est ainsi que mon syndicat dépend à la fois de l’Union Régionale de l’Ile de France et de la fédération des banques et des sociétés financières.

Eléments centraux de l’organisation politique de la CFDT, les syndicats décident de l’orientation des URI et des fédérations sans oublier la Confédération, ceci à travers les congrès.

Que ce soit la Confédération, une région ou une fédération, un congrès se prépare d’abord en amont au sein des syndicats. Ces temps d’échanges et de débats permettent le cas échéant d’amender le projet de résolution proposé puis de donner un avis qui devra être donné lors du congrès.

Etant donné que les structures travaillent toutes sur un période de 4 ans, les congrès se succèdent en 2009 qui marque la fin d’un mandat commencé en 2005.

En ce qui me concerne, le cycle commence dès aujourd’hui avec l’ouverture du congrès de la CFDT Ile de France qui se tiendra jusqu’au 25 juin à Conflans Sainte Honorine dans les Yvelines.

Ce sera au tour de la Fédération des banques qui organisera son congrès en décembre prochain à Nîmes. Ce sera la Confédération qui viendra en dernier en juin 2010 avec un congrès qui se situera à Tours mais la délégation de mon syndicat n’a pas encore été arrêtée.

Un congrès répond à des règles strictes avec des moments obligés comme, par exemple, le vote des amendements au projet de texte d’orientation ou l’élection des instances exécutives (ici le Bureau Régional). Il arrive parfois que les organisateurs permettent à des invités extérieurs de prendre la parole ou mettent en place un débat sur un sujet important lié à l’actualité.

 

2093108839.jpgVoici l’ordre du jour détaillé du congrès :

 

Mardi 23 juin 2009 :

 

Le matin de 8h30 à 12h15

-          retrait des mandats et accueil des délégués

-          Intervention de Philippe Esnol, maire de Conflans Ste Honorine

-          Ouverture du congrès par Maud Billon secrétaire générale de la CFDT des Yvelines

-          Présentation du bureau de vote et élection de la commission des mandats

-          Présentation du rapport d’activité par François Lareur, secrétaire générale de la CFDT Ile de France

-          Intervention des syndicats sur le rapport d’activité

 

L’après-midi de 14h15 à 18h15

-          Rapport de la commission des mandats

-          Suite des interventions des syndicats sur le rapport d’activité

-          Intervention de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT

-          Motions d’actualité

 

Mercredi 24 juin 2009 :

 

Le matin de 9h00  à 12h15

-          Réponse de Françoise Lareur aux interventions des syndicats

-          Vote du rapport d’activité et annonce des résultats

-          Intervention de Jean-Claude Boucherat, président du Conseil Economique et Social Régional

-          Election du Bureau Régional

 

L’après-midi de 14h00 à 18h00

-          Table ronde sur le thème « l’Europe face à la crise » avec la participation de Jacques Delors, Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT et de Lahouari Boubekeur, secrétaire régional.

-          Annonce des résultats de l’élection du Bureau Régional

-          Présentation de la résolution d’orientation par Philippe Lengrand, secrétaire général adjoint

-          Intervention de Jean-Paul Huchon, président du Conseil Régional

-          Cocktail et réunion du Bureau Régional

 

Jeudi 25 juin 2009 :

 

Le matin de 9h00 à 12h15

-          Annonce des résultats de l’élection du secrétariat régional

-          Débat et vote du 1er amendement

-          Débat et vote du 2ème amendement

-          Interventions des délégations étrangères

-          Débat et vote du 3ème amendement

 

L’après-midi de 14h00 à 17h30

-          Débat et vote du 4ème amendement

-          Débat et vote du 5ème amendement

-          Suite des interventions des délégations étrangères

-          Débat et vote du 6ème amendement

-          Vote de la résolution d’orientation

-          Clôture du congrès